
LA VIE, LA MODE, LE CAPITALISME, LA CRISE ET AUTRES PARAMETRES...
Ca fait bien 6 semaines que la couverture du Elle fait l'apologie au:
* Look pas cher, on est content ça fait plaisir. On vous dit comment ça marche. Tout et même plus encore...
*Comment être looké sans pour autant manger des pommes de terre tout le reste du mois... Voire du semestre, pinaillez pas.
Et si vous n'êtes pas sages, ça risque même d'être pire... Genre heuuuuu... Genre du topinambour... Alors arrêtez de crâner.
*Le style ça ne s'achète pas bande de nunuches, c'est pas comme les pains au chocolat. (Oui je suis d'accord il est nul ce dernier titre...)
Hummmm, ok je suis parfois un peu nunuche, mais ça ne serait pas une manière de nous dire "bon ok c'est la crise, c'est tout pourri on va tous mourir dans d'atroces souffrances financières, MAIS, (et ouais les filles et les gars) on peut tout de même continuer à consommer pas cher... Non parce que faut quand même pas déconner, si vous avez peur , et bien après vous n'achetez plus. Et si vous n'achetez plus, ben là c'est la merde... Pour nous aussi..."
... L'autre soir je pensais à ce que je voulais vraiment.
Quelles sont les objets modesques qui me font vraiment envie en ce moment (mis à part l'ultime t-shirt blanc qui sera la quête de ma vie... )?
Quels sont ceux qui pour lesquels je suis capable de me serrer la ceinture (oui, enfin on se comprend) ou de me mettre bêtement à découvert... Ouais parce que des fois j'aime bien la précarité dans laquelle je me suis mise.
... Et bien rien..
...Si, en fait, je mens...
Je veux un appareil photo de compet'.
Mais ni jeans, ni pompes, ni débardeur débraillé. Plutôt du "ni" que de l'envie en fait...
La crise ne me fait pas consommer différemment, non, elle me fait changer d'avis sur la consommation et sur les fringues. Elle met un nouveau filtre sur ma vision. Elle transforme ce qui était strictement évident en de nouvelles alternatives. Me demander si finalement tout n'était pas, au bout du bout, que point de vue. Se dire que les choses pourraient être différentes voire, ne pas être du tout.
C'est peut-être à force de voir de plus en plus de minettes (et de minets ne soyons pas sectaires, restons désinvoltes et ouverts) faire de la débrouille une élégance à part entière.
Plus les jours passent, plus les modes arrivent, plus les envies devraient pointer le bout de leur langue (moi quand j'ai envie, ça se traduit surtout par un mouvement de langue... Pas vous? Tiens bizarre... ) et pourtant ce que je vois de plus en plus dans la frénésie, c'est la vulgarité. La bonne grosse vulgarité attention, pas celle qui fait semblant. La vulgarité d'une botte en cuir de skaï blanc défoncé avec du crayon à lèvre marron et du bleu irisé sur la paupière... La bien trashos quoi!
Les gens qui ont beaucoup d'argent ne sont pas devenus pauvres en 6 mois, alors, a priori, le marché du luxe ne devrait pas mal se porter... En revanche ce qui est sûr et, ce sur quoi il va falloir taffer, c'est la manière de redonner l'envie (d'avoir envie, je ne pouvais pas ne pas la faire hein!!) d'acheter "sainement", avec classe.
Faire le coup du "consommer mieux, moins nocif, plus écolo, plus responsable de la planète", n'est qu'une manière différente de tenir exactement le même discours: CONSOMMEZ.
Je ne suis ni pire ni meilleure que le social grégaire consommant, ceci dit ce qui me saute de plus en plus au cerveau c'est vraiment la non-logique élégante de la consommation sapeste. Tout mon environnement tient à me le faire comprendre.
Voir de la débrouille, du refus délibéré de luxe, de l'absence radicale d'ostentation ouvre de nouvelles perspectives... Tout cela a toujours existé mais il y a, dans l'air du temps, comme un goût de branchouille. Et ça, c'est plutôt nouveau.
Il est de bon ton de s'enorgueillir du dépannage sapeste...
Le reste paraît plus vulgaire (deux fois que je l'utilise ce terme dans un même post, mais c'est le plus approprié je trouve...).
C'est comme si maintenant, le vrai luxe se définissait comme une manière d'être en accord avec soi tout en étant light de la silhouette. Par light j'entends discrète. Le luxe moderne, à l'heure de la crise, c'est le recyclage d'accessoires et de vêtements de l'an 2005, la customisation de t-shirts (ça revient fort l'asymétrie en ce moment, non?), les jeans lacérés, les pulls tricotés à même nos blanches mains... Le luxe en 2009 c'est un peu comme s'il ne s'achetait pas. Et s'il s'achète, faute de créativité, il est has been.
La crise permet d'attribuer à César ce qui revient à César.
L'argent n'achète pas le style mais en facilite l'accès, et là c'est comme s'il n'était plus question de caste, simplement de "talent" à se composer des silhouettes et des élégances avec trois fois rien...
Je trouve cela très excitant... Ca me donne presque envie de ressortir ma langue...
EDIT: comme je suis pas la seule à en avoir parler, ben je vous laisse deux liens qui parlent, eux aussi de la même chose... Et ça c'est bien, et en plus, ça prouve bien que... Vous voyez quoi!!!
Qu'est ce qui me force à finir mes phrases, rien... Strictement rien.




























