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5.11.17

RÉ-INVENTION

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 Salut à tous.
J'avais envie de vous parler de la notion de ré-invention de soi.

L'idée est venue après avoir lu une interview de Virginie Despentes (que j'admire depuis toujours. Au-delà des livres qu'elle écrit, tout ce qu'elle dit est, je trouve, particulièrement inspirant, notamment dans le regard qu'elle porte sur le fait d'être une femme. Tellement intelligent, tellement rafraîchissant).

Bref, donc elle racontait dans cette interview le moment, où, aux alentours de la trentaine, elle avait pris la décision d'arrêter de boire de l'alcool, alors même qu'elle avait toujours adoré ça.
Il avait fallu à un moment donné qu'elle pense à se "ré-inventer".

Le style de vie qu'elle avait toujours eu allait, à son sens, mal s'accommoder avec le fait de vieillir et avec le fait d'écrire.
Ce qu'elle avait adoré faire, boire et la fête, n'était plus aussi joyeux que ça et ses lendemains de beuveries étaient de plus en plus des moments de gêne pour elle.
Elle a alors décidé d'arrêter de boire imaginant que ça aurait des conséquences intéressantes pour elle en tant qu'individu.


Environnement différent (cause) = Ré-invention de soi (conséquence)

(Alors c'est basique mais je ne compte plus le nombre de fois où moi et mes congénères on a pensé qu'une cause similaire, que l'on répète inlassablement, aura des conséquences différentes ... Et puis "pleurer" de constater qu'en fait non, ça n'a toujours pas marché)



Pour Despentes, ça allait au-delà du "j'arrête de boire pour pas vivre ma vie bourrée et mourir jeune", il y'avait derrière cette décision une vraie démarche, une modification générale de son système.

J'ai trouvé ça très intéressant et ça a particulièrement fait écho en moi.

Je devais bien être admettre que certains fonctionnements dans lesquels j'étais figée et que je prenais même pour des composantes de ma personnalité, ne marchaient plus vraiment et faisaient un peu peine plutôt qu'autre chose.

Un peu comme quand vous découvrez que le maquillage que vous avez fait toute votre vie d'un coup ne marche plus et qu'il ne vous flatte plus du tout. Le visage a un peu vieilli, les traits un peu changés et ce qui était évident ne l'est plus.

Deux choix se présentent alors : 1) chialer sur ce qui n'est plus ou au contraire 2) voir ce qu'il est possible de faire avec ces toutes nouvelles données.

Mais le vrai problème qui se pose face à ce "dilemme" (qui dans le fond n'en est pas vraiment un, qui a envie de pleurer sur ce qui n'est plus plutôt que d'envisager l'après) c'est que le second choix, même s'il semble idéal, ne dit rien de la voie qu'il faut emprunter. Et devant la grande inconnue on a souvent tendance à privilégier l'insatisfaction.

Si certains restent dans leurs fonctionnements aussi destructeurs ou "vaguement pourris" soient-ils, c'est, peut-être, parce qu'englués dans leurs habitudes, ils ne savent pas comment s'y prendre.

C'est pas facile de sortir de ce qui nous a toujours constitué ... Même si on peut basculer dans la pathétique, et qu'on le sait, si on ne connait pas la route à prendre, on ne bouge pas !

L'exemple de la consommation d'alcool est parfait.
Un jour on vieillit et consommer de l'alcool à outrance devient moins cool et commence à nous foutre tellement la honte et à nous mettre dans des situations tellement nazes qu'on voit bien que ça serait bien d'arrêter. Pourtant, ça ne change pas toujours ...

Je ne crois pas que les gens n'y voient pas de problème (j'exclus évidement les malades alcooliques de  cette réflexion vu que c'est une maladie, les choses y sont conséquemment très différentes), je pense que la piste à creuser se trouve plutôt du côté de la promesse de la suite ... "Arrêter de boire, ok, mais pour faire quoi ? Qu'est-ce que je gagnerais à le faire ?" (je vous ai à mort teasé sur la motivation, je vais faire des billets là-dessus courant du mois, mais j'ai un premier dossier à rendre à la fac le 13 novembre, du coup j'attends que ça passe avant de m'y mettre).

J'ai connu pas mal de gens autour de moi qui ont continué à beaucoup boire malgré cela (je ne les juge pas chacun fait comme il veut) mais ça serait mentir de dire qu'ils vivaient leurs beuveries avec la même insouciance à mesure que les années défilaient. De toutes façons, le corps, à sa manière, dit de plus en plus à quel point c'est un comportement qui lui pose problème.

Alors parfois, les ré-inventions s'imposent à nous (des ré-inventions dont les causes seraient extrinsèques) et la parentalité en est un excellent exemple.
Notre identité face à ce type de bouleversement est forcément en mouvement. On est plus "l'enfant de", on est "responsable de", "un individu dont on a la charge porte un regard sur nous" (...) tout un tas d'éléments qui modifient forcément notre rapport au monde et à nous-même.

Alors ça ne veut pas dire pour autant que les parents prennent à bras le corps ces modifications d'environnement et les optimisent, ça peut parfois (souvent même) intimider tellement que la ré-invention à effectuer semble ne pas être à notre hauteur. Mais j'ai beaucoup d'exemples autour de moi d'amis devenus parents qui ont su se ré-inventer dans ce nouveau rôle (savoir que nos actions n'ont pas que des conséquences directes sur nous mais influe sur un individu autre que nous-même c'est tout de même une sacrée pression... Et c'est pas comme s'ils pouvaient se défiler).

Moi je n'ai pas d'enfant et n'en aurais probablement pas, du coup, la parentalité je ne sais pas ce que c'est, alors c'est vite fait de vivre toute sa vie comme à 15 ans et rester figé dans un état insatisfaisant mais pour autant maintenu.

Il faut être vigilante et savoir reconnaitre les signes. Des inconforts naissent quand on vieillit, on sait que les choix faits auront des conséquences directes et continuer à le nier ne règlera rien.

Ce concept de "ré-invention de soi" n'est en rien un truc à la mord moi le noeud de la meilleure version de soi-même (ouais je traite mais les dérives libérales autour de ce type de concept me pose de plus en plus de problème). C'est pas ça du tout, c'est plutôt lié à une évolution qui n'est pas là pour rendre plus productif ou je sais pas trop quel autre truc, c'est plus quelque chose qui consiste à continuer à être en mouvement et à ne pas continuer à rester dans des comportements inadaptés à soi et qui ne font que se scléroser à mesure que le temps passe. Notre insatisfaction est un excellent baromètre et apprendre à s'écouter sincèrement et sans complaisance une bonne piste de résolution.
C'est plutôt quelque chose qui consiste à être en accord avec soi et en accord avec soi dans le temps qui bouge. Admettez que rester le même individu entre 12 et 80 ans ça fait moyen rêver ...

Comme ces histoires de bonheur, la ré-invention n'est pas un phénomène de "normalisation" consistant à faire rentrer les individus dans des cases pré-définies, non et c'est bien sa difficulté, se ré-inventer est phénomène on ne peut plus singulier.

Il nécessite de se questionner profondément sur soi, de comprendre ce qui inhibe notre "puissance d'être" (vous noterez que je suis dans l'emballement le plus total ... L'enthousiasme est on ne peut plus premier degré).

Comme j'étais plus longue que prévu, je vous fais un billet rapidement pour vous parler de ce qui pose problème dans mon cas à moi ( c'est pas l'alcool mais c'est plutôt quelque chose autour du "divertissement" qui me prend trop de temps et qui ne m'en laisse pas pour les choses qui comptent pour moi).

Je vous embrasse



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29.10.17

EACH AND EVERY ONE

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Je viens juste d'apprendre que mon père adorait le premier album de Everything but the girl, Eden, celui où il y'a le très beau  Each and every one.


Pour tout dire, je ne pouvais qu'apprendre des nouveaux trucs sur lui, puisque je ne savais, dans le fond, pas grand chose à son sujet, juste quelques souvenirs en désordre :

Il aimait les mots croisés, Hendrix, les chaussures Paraboots, les pantalons en velours, la moustache, les chemises à carreaux et celles pas à carreaux, lire, pas montrer qu'il était fier de ses enfants même s'il l'était (c'est les autres qui me l'ont dit), être bougon, pas être tout seul, le groupe Ange, Michel Jonasz, Aznavour, la bière (trop  !), Reggiani, ses copains, le bistro, voyager, une jeune fille blonde à qui il lisait des poèmes de Baudelaire quand il était au lycée et qu'il regardait transi d'amour, se balader en peignoir Yves Saint Laurent, les photos qu'il accrochait partout, absolument partout. Et cuisinier aussi.
Et il aimait aussi Everything but the girl visiblement mais ça je l'aurais jamais deviné.

J'essaie de reconstruire un portrait un peu différent de celui que je m'étais imaginé enfant.

J'arrête pas de me demander, depuis que je suis sûre qu'on ne pourra plus jamais en discuter, si j'ai des regrets, si j'avais des trucs sur le coeur dont je devais absolument me soulager ... Mais je ne vois rien papa.
Pourtant j'avais entendu ça toute ma vie, "dis bien ce que tu as à dire... C'est important de ne pas regretter, une fois que les personnes ne sont plus là, on ne peut plus revenir en arrière".

Pourtant je ne le sens pas comme ça papa.
C'est juste que la rencontre s'est jamais faite entre toi et moi. On a essayé, chacun pensant y mettre de la bonne volonté, mais c'est pas aussi simple de le vouloir que de le faire en vrai.

Papa, je crois qu'il y'a des tristesses qui engourdissent les gestes et qui rendent incapable de parler, de dire ce qu'il ne va pas, ou même de vouloir arranger les choses.
Y a même des tristesses dont on ne sait pas qu'elles en sont.
C'est comme ça papa.
Je suis désolée qu'on ne se soit jamais vraiment rencontré.

On était gauche, empoté l'un avec l'autre, c'est comme ça même si j'ai l'impression qu'on était au max.

On était pas vraiment fâché, peut-être un peu remontés l'un contre l'autre, se renvoyant nos reproches mutuels imaginant que "c'était toujours la faute de l'autre et que l'autre ne faisait pas d'effort, même pas celui de la compréhension...". C'est juste que ça c'est pas fait papa, à quoi ça servirait de regretter ?

De la pudeur, un peu de colère et beaucoup d'incompréhension, je crois que c'est jamais très simple les familles tu sais, même celles où on est pourtant sûr que ça se passe bien (ils mentent papa y'a pas que nous qui avons raté, eux aussi c'est juste qu'ils le disent pas toujours et qu'ils se font un malin plaisir à nous démontrer que "la vie est belle et que la clé de tout ça c'est la communication"... Ouais on se doutait bien de ça toi et moi mais bon on y arrivait pas que veux tu... Alors leurs techniques à la mords moi le noeud on pouvait pas en faire grand chose).

C'est bizarre tu vas penser que je bloque sur ce morceau de Everything of the girl mais c'est parce qu'il est tellement éloigné de l'image que je me faisais de toi ... T'es plus cette évidence paternelle, ce cliché que je croyais.

D'un coup t'as de nouveau 7 ans, 16 ans, 25 ans et t'es autre chose  que ce père qui "s'en foutait de moi et qui pensait qu'à lui". Avec une chanson ? Tu te dis que c'est bizarre ... ouais je sais, je ne me l'explique pas non plus.

Toutes ces histoires qu'on m'a raconté ces derniers jours sur toi m'ont montré à quel point t'étais aussi autre chose que tout ce que je m'étais toujours raconté à ton sujet.

J'avais oublié que les choses sont souvent plus nuancées que ce qu'elles semblent être quand on les regarde trop vite papa,.

Je t'embrasse fort. 

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2.10.17

LACONIQUE #6 EDDY DE PRETTO / FÊTE DE TROP

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Yassine hier au téléphone ( si vous êtes nouveau sur le blog,  Yassine c'est mon poto de la vie) : "Tu devrais écouter Eddy de Pretto. Tu vas voir c'est vraiment bien!"

Moi : "Ouais ouais ..."

(Normalement c'est moi qui parle des trucs nouveaux du coup je l'écoute un  peu que d'une oreille. Que d'une oreille snob en plus c'est la pire)

Lui : "Non mais si vas-y parce qu'à chaque fois tu fais ça, tu mets du temps à écouter et puis après c'est relou" (argument imparable contre lequel je ne peux plus lutter).

Moi, docile : "Ok"

Il avait raison, Fête de trop de Eddy de Pretto est une chanson qui fait méga plaisir.

Je l'écoute un peu en boucle depuis hier du coup.

Bonne journée et à demain !





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26.9.17

JOURNAL D'UNE APPRENANTE PHASE 2

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Bonjour à tous, ça fait méga longtemps que j'avais commencé cette série de billets "Journal d'une apprenante", dans laquelle je tentais de vous expliquer quelles avaient été les phases de ma reprise d'études.

Le premier épisode (zarma le truc c'est Les Soprano) est disponible ici au cas où.

Dans le billet d'aujourd'hui je vais rentrer dans le dur, aborder les difficultés que j'ai rencontrées et les changements "identitaires" qui en ont découlé.


 Phase 2 / EGO ET DECONSTRUCTION : 

Si comme moi, vous envisagez de reprendre vos études après un certain nombre de mois (années) de loose sociale et professionnelle, vous allez peut-être vous apercevoir  que vous vous serez construit une carapace identitaire dans laquelle tout n'est pas joyeux mais dans qui vous aura empêché de ne pas trop vous lamenter.

La mienne (de carapace) s'est construite à l'aide de certaines certitudes que j'avais et qui me permettaient de ne pas trop perdre la face.

Ces constructions ressemblaient à une petite mythologie qui me tenait chaud quand ça caillait : 


Une meuf qui certes n'est pas dans une réussite flamboyante (ni dans le taf, ni dans le blog d'ailleurs mais ça je vous en reparlerai un autre jour, c'est pas le propos) mais qui de toutes façons ne donne pas tout ce qu'elle a alors ça ne veut rien dire. ( Ouais on pourrait s'en foutre de réussir et être à peu près peinard avec cela mais je vais arrêter de me mentir. C'est important pour moi de réussir ce que j'entreprends ).
Oui parce que je vous bassine avec Spinoza et ma croyance très relative au libre-arbitre, mais la vérité c'est que dans ma chair à moi, alimentée par des années de culpabilité, je suis loin, de ressentir les choses avec le cool nécessaire.

Donc je disais, ne pas être à fond dans ce que l'on fait, ne pas donner son maximum  maintient dans l'illusion confortable du : " Je ne donne pas tout, ceci expliquant donc cela. Un jour ce putain de déclic je l'aurai et ça changera tout".
Je me vivais comme une personne douée mais en sommeil. ( Je suis un peu gênée et vaguement honteuse de vous l'écrire tant je vois que c'est ridicule mais quitte à analyser autant y aller franchement ... ).

J'ai vécu la majeure partie de ma scolarité comme cela, en n'étant clairement pas à fond. Je pense que si j'ai donné 20 % c'est bien !
Vite fait, mi-figue mi raisin. J'ai grosso modo pas foutu grand chose mais ça passait toujours. Ca passait moyen mais ça passait. Alors pourquoi j'aurais fait plus ?

Le côté "moyen" de mes résultats me suffisait bien, j'ai toujours aimé la glande et ai une franche propension à la procrastination.

Mais en reprise d'études, le côté, "j'ai 10, ça passe, ça me va" ne me suffisait, d'un coup, plus du tout.
Je devais me prouver que je pouvais le faire. Voir ce que ça fait quand je travaille pour de vrai.
J'sais pas c'est devenu important pour moi ... J'ai arrêté de croire que la réussite était un truc inné et ai considéré que c'était le bon moment pour voir de quoi j'étais capable en faisant plus. Pas un peu plus, nettement plus.

La relative sensation d'échec que je me traînais m'avait comme qui dirait radicalisé et a surtout été le point de départ de ma "vrille".

Je me suis trop longtemps cachée derrière des conditions pas réunies et une hypothétique réussite pour continuer à me raconter des mythos.

En plus d'apprendre un métier, cette formation est devenue aussi, un questionnement profond sur ce qui j'étais et sur la notion même d'identité.

Reste-t-on la même personne toute sa vie ? Change-t-on ? Avons-nous la capacité de la faire ?
C'est ces choses là que je questionnais, étais-je la même personne que celle qui était rentrée en 6ème ?

Bon là, vous vous dites que "ben cool du coup c'est quoi son problème ?   (enfin j'imagine).

Le problème c'est que vouloir réussir mon année était une chose, mais les conditions pour y arriver c'était autre chose.
Il m'a fallu passer par une vraie mise au travail "scolaire" que le glandeuse procrastineuse n'avait jamais vraiment expérimenté et franchement j'avais du retard.

Cette mise au travail ne s'est pas naturellement faite, elle s'est faite dans la douleur et l'humiliation (petite mais quand même).

Je vous raconte ce qui s'est passé.

(Ci-dessus un post RTT )


Novembre 2016 

Qui dit retour à l'école dit notes et évaluations.
Alors que je m'en suis toujours plus ou moins battu le coquillard des notes, là ça a pris une importance hallucinante.
J'ai tout mélangé dans ma tête : l'apprentissage et la performance.
Je voulais de bonnes notes (histoire de justifier ma mythologie).

Et comme toute élève qui a vaguement bossé durant sa scolarité, je n'avais aucune notion de ce que travailler VRAIMENT voulait dire.

Du coup, j'ai augmenté la quantité de travail que j'avais toujours fait en me disant que ça suffirait.
Effectivement ça suffisait, pour avoir le moyenne en tous cas... Mais je vous rappelle que j'avais envie de plus... Et plus nécessitait plus de travail que je n'en avais jamais fourni ...

Contexte : une présentation orale devant deux profs.
Je suis modérément préparée.
Voire très modérément.
Mon oral n'est pas catastrophique mais clairement pas transcendant !

C'est mon premier oral et sincèrement j'avais abordé cette année scolaire en me disant que l'oral était mon point fort.
J'ai donc pris cet exercice par dessus la jambe.
Même si j'ai l'habitude de l'oral, je retombe dans mes travers en imaginant que je peux me passer de travailler et que mon "oralité" suffira le cas échéant.

(Erreur de débutante continuer à croire que le "don" dispense de travailler. Être bon c'est être bien préparé.)

Alors c'est pas le pire parce qu'il y a une suite.
Quelques jours plus tard, la prof en question nous distribue les notes et j'ai la moins bonne de ma promo (ce que j'avais clairement envisagé) et elle vient me voir.
Et là, alors que je suis déjà un peu au bout de ma vie en me disant que je me suis surestimée, que cette formation c'est trop pour moi, qu'une fois confrontée au réel, ma mythologie a nettement moins de gueule (le tout les larmes aux yeux et la gorge serrée #DramaQueen) ma prof vient me voir, devant le reste de ma promo avec une mine de circonstance et me dit "Ah ouais donc toi Marie, trop émotion dans ton oral . Et c'est marrant parce que tu donnes l'impression de tout comprendre... " (le hors champ de sa pensée là c'est "en fait pas du tout tu comprends rien")

Je me décompose, elle continue (ma pote de promo tourne la tête et se barre sentant bien que ça pue ...) "Tu sais si tu es trop en difficulté, tu peux faire le M1 en deux ans... "

(Marie pleure pas pleure pas t'es digne putain de putain de putain)

" Bon, cet oral nous a aussi permis de cibler les capacités de chacun (en 12 minutes sans pression donc. Ca fait 30 ans que j'essaie je suis à peine sur une piste, ces mecs sont forts #LaSeumarde) et de vous attribuer un directeur de recherche. Comme tu es en difficulté ( -__- #EnPutainDeRoueLibre) on a décidé de te mettre avec M. 
Comme le directeur de mémoire ne note pas les étudiants qu'il a suivis et que M. est très exigeante,  ça te permettra d'être évaluée moins durement".

Et c'est comme ça qu'elle m'a achevée. Putain... 12 minutes qui m'ont fait passer de l'espoir à l'idiote.

Le tout annoncé, sans pression,  à 9 heures du mat' un lundi matin.
Au vu de mon sens du drame il était évident que j'étais niquée pour la journée (aka être au bout de la honte et donner le change pour ne pas passer, comme à l'instant,  pour la reine des seumardes auprès de ma promo que j'adore et qui me regardait avec des yeux ronds et l'envie de me prendre dans ses bras #PeutÊtreJeMemballe ).

La journée, comme prévu, a été bien pourrave.

Là je me marre mais ce jour là j'ai failli arrêter.
Mais M. (la fameuse directrice de mémoire) m'a aidé à y voir plus clair.

Mais ça ne s'arrête pas là bien sûr sinon ma fin pétrie de honte est pourrie.

On est qu'en novembre et j'ai déjà été longue.


Je suis sortie de ce mois de novembre là l'ego en miette et ma mythologie à terre. (En plus avec mon amoureux c'était le bout du bout et je suis sûre que je devais être en SPM comme la moitié de mon cycle #LaVieCetteChienne).

Donc cette phase, m'a permis de comprendre que je n'étais pas ce que je croyais être depuis des années. Je n'étais pas une" douée en sommeil" (#Crâneuse), j'étais autre chose  ("une limitée" dixit ma prof).

Mais sur le moment je voulais juste que ça s'arrête pour retourner au chaud dans mon fantasme.

Mais ça a continué et je vous raconte ça bientôt (Re-zarma Les Soprano).

Love et bonne journée la jeunesse









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19.9.17

LA MUSIQUE DE CES DERNIERS TEMPS


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1000 ans qu'on a pas parlé de musique et vu que j'étais partie longtemps, j'ai pas mal de trucs à vous raconter. Ce billet sera découpé en plusieurs vu qu'on a pas toute la vie un mardi matin


BIGA RANX, LIQUID SUNSHINE

Je me suis vachement fait surprendre par le Liquid Sunshine de Biga Ranx sorti sur son album, 1988.
C'est hyper ensoleillé, un peu sexy (la base de toute la musique que j'écoute) et vraiment très très bien.


 




IAN ISIAH, 247  ♥︎♥︎♥︎

Bon là c'est un énorme coup de coeur (probablement le plus de toute la liste) que j'écoute en boucle depuis des mois (grâce à un billet de Sekhmet ) et que j'aime d'amour.
247 est une chanson absolument magnifique. Vraiment magnifique.





JULIETTE ARMANET, PETITE AMIE


Bon comme plein d'autres gens, je suis tombée sous le charme de Juliette Armanet cette année.
J'adore chanter Alexandre dans ma voiture, très premier degré ejusqu'à ce qu'elle se termine. Et la remettre. Qu'elle se finisse. Et la remettre encore.





MICHEL BERGER / LAURENT VOULZY / FRANÇOISE HARDY 


Embraquée par la varietoche de Juliette Armanet (et même s'il ne faut pas me pousser) j'ai écouté beaucoup, beaucoup de Berger (À ce propos, cet article de Slate sur l'influence de Michel Berger sur la chanson française actuelle est très cool).

Et puis ça m'a emmenée vers Françoise Hardy et le sublime Première rencontre...




Et me suis retrouvée, ni une ni deux, toute première degré à écouter My song of you le coeur palpitant et le sourire aux lèvres (non mais Voulzy ça fait chaud au coeur, non?)






Vangelis, Bande-originale Blade Runner



Au mois d'avril, j'étais un peu au comble du taf à la fac et j'avais pas mal de dossiers à rendre.
Un peu par hasard je me suis retrouvée à écouter la bande originale de Blade Runner (qui est un film que j'adore ... Et c'est parce que je l'adore que je suis ô combien dubitative sur sa suite Blade Runner 2049 (même si secrètement j'y crois très fort) .

Et finalement, je me suis retrouvée à n'écouter que ça pendant des jours et des jours.
L'avantage des bandes-originales de film, c'est que ça ne monopolise pas tellement la pensée et dans mon contexte, c'était précisément ce qu'il me fallait.
Et depuis, quand je mets Blade Runner, je peux me mettre au travail (et cette année, j'ai adoré travailler avec ça dans les oreilles... Même si là, après la rentrée, je suis un peu dans le doute mais j'imagine que c'est normal).


         New kids On The BlockStep By Step




Ne me juge pas ! Step By Step absolument !!!! 
En vrai je me suis un peu enjaillée sur les New kids On The Block cet été sans que je ne comprenne très bien pourquoi.
(Au lieu de traiter, écoute là assez fort et dis moi que ça t'a rien fait ;-) )

Frank Ocean (Feat Jay Z et Tyler, The Creator), Biking



Je suis atrocement prévisible.
Je n'aime pas tous les projets de Frank Ocean ces derniers temps (après vous avoir de maintes fois seriné avec sa musique si chère à mon coeur) mais je dois vous avouer que Biking fait quand même plaisir.


Nitin Sawhney, Tides




J'imagine que je vous ai déjà parlé de Nitin Sawhney dans le blog (je ne suis pas méga sûre) et notamment de Tides, son sublime morceau (sur l'album Beyond skin qui est probablement l'un des 5 albums que j'ai le plus saignés dans ma vingtaine, j'étais folle de ce genre de musique... Des trucs dérivés de massive Attack, Tricky et autres Portishead). 
Dans Tides, il y'a du Craig Armstrong (tmtc si t'es dans le truc sinon, je dois parler chinois). 

Ecouter Tides c'est être dans  mon petit appartement Cours Léopold à Nancy 
C'est les soirées, les cap's, les appartements bruyants et mal nettoyés, les clopes que je fumais beaucoup trop, les rues humides de Nancy, la musique fort, la fac mal gérée, des sandwich au Made in France, des coup à boire sur la Place Stan. 

Et je ne sais plus vraiment comment mais cet été j'ai ré-écouté Nitin Sawhney, et même loin de la Place Stanislas, le piano marche toujours très bien !


Bon je m'arrête là pour le premier volet. 

Je vous souhaite une très bonne journée. 

A très vite ! 

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18.9.17

LACONIQUE #4 BJÖRK / THE GATE

Ah Björk ...
C'est toujours quelque chose !


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6.9.17

LACONIQUE #2 SAMPHA

Salut à tous, j'espère que vous allez bien !

C'est un peu la reprise pour tout le monde, du coup je suis pas méga présente cette semaine mais je voulais quand même balancer ici un morceau de Sampha , (No One Knows Me) Like the piano qui est, je trouve, magnifique
C'est Yassine qui m'a parlé hier de Sampha et de l'album (très réussi) Process que j'écoute depuis en boucle.

J'espère que ça vous plaira.

On se retrouve très vite... La vérité ...



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30.8.17

120 BPM

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Bien ... Ben c'est chaud qu'est-ce qu'on peut dire après avoir vu 120 Battements par minute ?

Sachant que j'ai déjà chialé quand j'ai vu la bande-annonce lors de sa présentation à Cannes, ça sentait  franchement la petite madeleine dans la salle de cinéma.



Et ?

Et 120 BPM est beau. Et dur. Vraiment très dur. Vous voilà prévenus. Mais c'est pas une raison pour ne pas le voir.

C'est pas parce que les choses finissent mal qu'elles valent pas la peine.

Je ne sais pas trop quoi vous dire (mais j'avais quand même envie de dire, vous noterez l'absurdité du billet) si ce n'est que c'est un film vif, magnifiquement filmé, intelligent, sensible, difficile, percutant.

Je vais pas vous faire le coup du "Film nécessaire" mais si vous me lisez depuis le tout début, vous savez à quel point c'est un thème qui me touche et à quel point, en tous cas de mon point de vue, c'est un film nécessaire.

Je vous invite vivement à aller voir cette boucle, du collectif, à l'individu, au collectif et de voir des vies envisagée à ce point sous le prisme politique est clairement inspirant (voire intimidant).

Pour conclure, je tenais aussi à dire que je ne crois pas avoir déjà vu un fin de film aussi percutante que celle de 120 BPM.

Incroyable !

Je vous embrasse 


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28.8.17

LACONIQUE #1

Comme le titre l'indique, aujourd'hui bref billet.

Je viens de regarder cette vidéo de la chaîne Kurzgesagt et comme je l'ai adorée, je vous la partage.

Figure-toi que j'ai eu un peu les larmes aux yeux sur le final !





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FAIRE SIMPLE

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(Magnifique photo de Tom Bianchi)






" Au commencement, d'abord faire simple " 

Petit post RTT pour fêter cette rentrée qui approche ...


En à peu près 15 ans (à la louche, à quelques mois près) j'ai traversé un nombre de crises existentielles colossal.
Vous en savez quelque chose puisque le blog était mon lieu privilégié pour en parler.


À la Montaigne, "Ma vie a été constituée de grands malheurs dont la plupart ne sont jamais arrivés" (vous avez lu cet article de Slate qui se demande si Montaigne n'a pas été le premier blogueur de l'histoire?).


De toutes ces "crises" de gens qui font des crises sans raisons apparentes "solides" (aka moi) il ne me reste pas grand chose ... Je les ai pour la plupart oubliées.

M'ont-elles rendue plus profonde ? Plus lucide ? Mieux armée ?
Dans le fond, je ne crois pas tellement.

Le problème de ce vide d'ennui, c'est qu'il a l'apparence de la profondeur voire de l'intelligence, ce qui peut empêcher de le prendre pour ce qu'il est probablement : un état d'insatisfaction plutôt simple, lisible et évident et sûrement pas ce truc alambiqué, et mystérieux qu'on n'arrive pas à déchiffrer et dont on se sent victime.

Ce vide là a tendance à se donner des grands airs et peut même adopter, dans ses fucking drama queen jours, un look à la Baudelaire ô combien poseur ( aka le spleen, cette douce mélancolie douloureuse et plaisante dans laquelle on peut vite se complaire).

C'est peut-être pour ça que c'est un état dont il est difficile de sortir puisqu'on peut facilement le prendre pour tout autre chose que ce qu'il est (genre un état dénotant une intelligence d'être par exemple, voire une sensibilité au monde toute particulière).
Parce qu'aussi relou que soit le coeur lourd, il est toujours plus facile de l'accepter que de regarder directement les choses et les insatisfactions de notre vie pour les prendre en main.

Je ne crois pas qu'il y ait ("de bonnes ou de mauvaises situations") de magie là-dedans, en tous cas dans mon cas, juste une absence de pragmatisme (je suis pas forte pour le pragmatisme).

En fait j'allais mal. Ouais c'est vrai . Mais en fait, pourquoi j'allais mal ? Parce que je ne méditais pas assez ? Ou parce que je ne me levais pas assez tôt ? Vous vous marrez, mais j'y ai cru.
Mais en fait, ça n'était pas cela, c'était plus simple, ma vie du côté pro ne me plaisait pas parce que je m'y ennuyais .
Pas de simplisme, il y'a d'autres choses mais cet ennui en moins a été un soulagement sans nom.

Cette année aura été, en plus du plaisir pris à ré-apprendre des tas de trucs, une année où la simplicité s'est imposée à moi. Cette année, j'allais bien. Pas un truc béat où tout roulait, non, mais j'ai diminué mes angoisses par 5 au moins (ouais les angoisses c'est comme les maths) et ça, c'était très cool.

Mon coeur lourd, mon vague à l'âme, ma flemme triste (meilleure définition je crois) c'était de l'ennui, notamment intellectuel. Je le sais pourtant que l'ennui craint parfois mais je l'oublie à chaque fois ...

Cet ennui là a été fatal, il m'a diminuée et m'a rendue triste... Tu sais ces conneries de "sens de la vie" ou alors ce truc " qui te fait lever le matin", ben ouais ces trucs triviaux, ces trucs normaux, ces trucs de la vraie vie, ce truc des vrais gens, et bien ces trucs là, ils sont importants pour moi comme pour les autres. Cette année a été l'année de la renormalisation, d'un retour à la vie simple. Je suis descendue de mon estrade (qui m'a rassurée quand ça n'allait pas) et j'ai accepté d'être comme tout le monde, plus de hiérarchie, plus (trop) de snobisme et de connasserie.
Je ne réussissais pas à trouver du sens, de l'envie dans le rien, dans l'ennui, dans la flemme triste (comment je l'aime celui-là), ce sens s'est imposé à moi dans la vie normale.


Il y a quelques mois, je vous ai parlé des fond de teint, du pouvoir du marketing Ici
et sur ma prise de conscience tardive de mon incapacité à ne pas tenir compte de ce qui me saute aux yeux.

Et bien là, c'est pareil. Avant de regarder très simplement les choses pour tenter de comprendre ce qui n'allait pas dans ma vie, j'ai :

- Tenté la morning routine

- Essayé de méditer tous les jours

- Tenté de trouver un sens à la vie dans des livres

- Essayé de me "recentrer" sur moi

- Discuté / Analysé / Rediscuté

- ...



Devinez quoi ? Ca n'a pas vraiment marché.
Je ne dis pas que ces choses ne fonctionnent pas, dans le fond sûrement que si, des gens semblent le vivre autrement, mais mon problème c'était que je cherchais des améliorations de "détails" alors que le gros du gros, je ne l'avais pas. Je chipotais !

Un peu comme si j'hésitais entre le gris taupe et le marron pour les murs de ma maison alors que, je n'avais ni maison ni même de projet de maison.

C'est mon amoureux qui m'a mise sur la piste (évidente) à chaque fois que je lui faisais part de l'inefficacité de mes "traitements" quotidiens ... et lui qui me disait " Tu sais je pense que le fond du fond de ton insatisfaction, c'est que tu ne fais pas ce que tu aimes ..."
"Mais je sais ce que je veux, c'est écrire des livres ..."
"Mais là, tu as du temps et pourtant, tu n'en écris pas des livres. Peut-être que ce n'est pas ça ce que tu veux, là maintenant !"

C'était vrai, je me suis cachée derrière le "grand rêve" pour ne pas vivre la vie de tous les jours et de réussir à en faire un truc que j'aime. Vivre agréablement plutôt que de rêver et d'attendre. Parce que du temps disponible j'en avais mais je l'utilisais à regarder des vidéos Youtube souvent déprimantes (j'ai travaillé cette année sur les ressorts de la motivation, rapport que ça m'intéresse, et je vous en parlerai tant ça a été instructif sur mes mécanismes).

En vous le disant, je me rends compte à quel point c'était évident, mais dans mon quotidien, j'avais du mal à regarder cette réalité droit dans les yeux.
J'avais pas envie de renoncer mais c'était vrai, je ne mettais rien en place pour le réaliser ... Mettre cela sur le compte de la "lâcheté" ou de la "paresse" n'a aucun sens. Je me trouvais inlassablement des excuses, c'était autre chose.

Et puis il y a eu cette année qui, au-delà même du plaisir pris, m'a appris l'endurance "intellectuelle" dont je ne savais rien et des méthodes de travail qui marchent sur moi (j'y reviendrai dans un futur proche sur le blog).


Alors si je devais "théoriser" ce que cette expérience m'a appris, je dirais qu'il "faudrait" tâcher d'être objectif et sincère avec soi. Ne pas affronter le "véritable" problème par peur / lâcheté / angoisse et trouver des solutions sans rapport ne peut pas marcher.

Si on ne le fait pas, c'est parfois parce qu'on est  gêné de ressentir certaines choses, comme par exemple que telle relation nous empêche d'être bien. On a peur de blesser, peur parfois même de regretter alors on fait diversion et on cherche la solution ailleurs tant régler ce problème là nous parait au-dessus de nos forces...
Mais il ne faut pas être dupe, la solution à un faux problème n'améliorera rien.

En tous cas, ce que je voulais vous dire c'est que ma flemme triste était juste une manière assez simple qu'avait trouvé mon esprit pour me dire qu'il s'emmerdait franchement et que de mes espèces de solutions-subterfuges, il n'était pas dupe.
L'esprit était moins mystérieux qu'en apparence, il disait très simplement qu'il était insatisfait à cause de l'ennui et que mon "rythme de vie" ne lui convenait pas.
J'ai juste mis du temps à le comprendre.


Je vous embrasse et vous souhaite une bonne semaine. 

À très vite !






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