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17.4.17

CHACUN SON RYTHME

beyonce : Ryan McGinkey


Beyoncé / Ryan McGinley



Salut la jeunesse ...


Ouais je sais, c'est impardonnable, tout ça tout ça, j'avais dit que je posterai mes trucs préférés de 2016 et je vous ai salement, très salement lâchés.

J'ai hésité à vous dire que j'arrêtais le blog au vu de mon incapacité chronique à y consacrer du temps mais en fait non j'ai pas du tout envie.

(Je vais tutoyer dans ce billet alors pour les psychorigides du vouvoiement, je suis désolée mais faudra vous y faire)

Des événements récents dans ma vie m'ont fait penser que je n'avais pas passé 10 années à vous raconter ma vie, parler des fragilités, de mes peurs, des choses que je voulais faire, de mes ambitions et de conflits internes qui m'empêchaient de les réaliser si c'était pour ne pas vous dire comment l'histoire pouvait aussi continuer !

Ma vie est pas plus importante que la tienne, mais toi et moi c'est la même.  Alors si c'est pas la grande forme, que t'as envie de baisser les bras, que tu penses que ta vie est un énorme raté, accorde-moi 2 minutes pour te raconter un truc.

Un truc qui peut-être ne changera pas ce qui se passe dans ta tête, mais qui te montrera que les choses ne sont pas pour toujours comme elles sont là maintenant.


1. 
En 10 ans de blog, la question qu'on m'aura le plus posé c'est "tu fais quoi dans la vie?"

Sans nul doute la question source de plus d'angoisse pour moi... je ne répondais pas, feignant le mystère parce que d'avance je savais que la réponse serait décevante.
Je ne faisais pas grand chose en fait, point de flamboyance professionnelle alors que tout le monde commençait à s'installer, à devenir un adulte responsable, à devenir "quelqu'un", moi je vivotais dans des tafs moitié payés et je faisais des grasses mat' de tristesse et de regret.

Engluée dans une vie bien en-dessous de mes envies profondes je regardais les années passer (les années peuvent passer vite, surtout dans l'ennui) en me demandant bien ce que j'avais foutu pour en arriver là.

Les années qui défilaient me pétrifiaient de plus en plus : 31 ans, 32 ans, 33 ... 34 ans... 35 ans...
"Putain mais Marie c'est quoi le problème?
Si rien n'est arrivé à 36 ans c'est que t'as laissé passer ta chance, tu vas continuer à vivoter comme ça sans rien réaliser... Attends t'as dit que tu voulais écrire un livre, pourquoi tu le fais pas?"

Alors j'ai essayé de l'écrire. Le premier j'avais 27 ans.
Une autre tentative quelques mois plus tard... Ca n'aboutissait jamais... Je recommençais, et je n'y arrivais pas... Et puis est-ce que vraiment j'avais un truc à raconter?

Le livre c'était un rêve, un truc qui me tenait pour ne pas m'engager mais il y'a un truc que je n'avais pas mesuré c'est que c'est dur d'écrire un livre et que je n'en étais pas capable.

Pas en soi, mais dans le mode de vie que j'avais c'était nettement au-dessus de mes compétences.
Une compétence c'est pas en truc qui existe en soi, à froid, ça doit exister quelque part, savoir si je peux ou pas écrire un livre n'est pas la seule question à se poser. La question à se poser c'est si je suis capable de l'écrire ici, là, comme ça, dans ma vie du moment.

Comme j'étais pas la dernière pour me culpabiliser j'avais extrait cette nuance (de taille) de ma pensée, parce qu'elle était limitante.
Et j'avais besoin d'un grand rêve, plus grand que moi... Sauf que ça m'angoissait tellement parce que je ne le faisais pas et que je ne pouvais plus me raccrocher à ce rêve pour justifier cette vie qui ressemblait à une vie d'attente.

Les "rêves" en ligne de mire ne disent rien de nos capacités. Voir plus grand que moi ne m'aidait pas à allait bien,  pire ça m'angoissait.

Je me méfie de plus en plus des idées simplistes que l'on peut parfois trouver dans les bouquins de développement personnel (et pourtant ça a longuement été ma passion).

Vous avez vu la saison 2 de Mr Robot ? Le personnage d'Angela résume plutôt bien la situation... Lire des bouquins, écouter des mantras pour aller bien et au fond de son coeur, être irrémédiablement triste.
C'était un peu moi ça, alors même que j'avais l'impression de tout faire pour m'en sortir (spoiler, je m'y prenais mal!).

Derrière les trucs de développement personnel se cache cette idée que tout est de notre faute et que le bonheur est à portée de main... Je ne crois pas à ça, je crois même que c'est une pensée simpliste qui n'aide personne, qui peut même être néfaste, comme tous les modes de pensées simplistes.

Si c'était aussi facile que de se répéter que tout va bien et que tout est à la portée de notre main (i.e. de notre volonté d'être heureux, lol), je pense que ça se saurait...

Ce qui m'a aidé cette année, c'est de me sentir à la bonne place et de  faire (faire, c'est le verbe important dans cette histoire) des choses que j'aime faire.

Ce qui m'a aidé c'est l'action, c'est voir qu'on peut faire les choses sûrement pas imaginer qu'on peut le faire. Après tout, qu'est-ce qu'on en sait? Et puis ces conneries de "quand on veut on peut", à part nous angoisser et nous culpabiliser, ça sert à quoi exactement?

Parole de groupie de Spinoza, ça sert à rien.
N'oublie pas que les choses sont quand même plus complexes que ce qu'on veut te faire croire, alors arrête de t'en vouloir pour un oui ou pour un non... pas parce que c'est moralement répréhensible de t'en vouloir comme ça, non, ça on s'en fout, mais surtout parce que ça ne marche pas.

T'as dû noter que se culpabiliser ne te rendait pas plus performant? C'est comme les régimes, si ça marche pas, c'est pas de ta faute c'est de la faute de la méthode.


Ce désir d'écrire un livre m'a maintenue dans une existence un peu médiocre parce que je n'avais pas besoin de me réaliser autrement, j'avais un truc plus grand que moi qui me tenait la tête tout en haut dans les étoiles.


2. 

Autre révélation qu'il faut vraiment garder en tête quand tu trouves trop vieille pour enfin entamer ta vie :


CHACUN SON RYTHME


Mon rythme est plus tardif que la plupart de mes amis, je suis une ado un peu attardée qui n'a pas pris en charge ses ambitions de réussite à bras le corps plus tôt, pour tout un tas de raison, je l'aborderais peut-être un jour, mais aussi parce que c'était pas mon moment.


Tout est est mis en case, tout. L'âge de la vie, l'âge du travail, l'âge de l'amour, l'âge du canapé 3 places et tous les autres trucs.
Mais moi, je ne trouvais jamais ma case, en permanence à côté de la plaque ...

Certes on pourrait se dire que j'ai un peu perdu de temps... mais je ne me le dis pas parce que ça ne servirait rien!

Je me retrouve dans un mode de vie qui m'est spécifique, qui me va bien et que certains qualifieront d'adolescent, mais j'assume.

Je vis avec mon meilleur copain de la vie et mon amoureux.
J'ai repris un master, je bosse, j'adore la fac, je m'y sens très bien.
Je me réalise dans ce mode de vie. Et j'ai 37 ans et je te jure que c'était pas gagné pour moi. Baisse pas les bras maintenant, tu sais pas ce qui va se passer.
Je te jure t'en sais rien... Et j'ai passé des années à me lamenter, sans une once d'optimisme mais à un moment ça a tourné.

Pendant 10 ans c'était pas toujours ça (souvent c'était pourri dans ma tête), j'étais pas super bien dans ma peau, un peu aigrie, un peu en colère, des moments étaient doux et lumineux mais je gardais au fond de mon coeur le sentiment d'un immense gâchis.

Et ben je te jure, qu'en fait c'est parfois plus nuancé la vie.
La vérité c'est que c'était pas mon moment.
Et cette loose là me fait mesurer la chance que j'aie et la chance que c'est que d'être à la bonne place.

Moi aussi (t'inquiète moi aussi je me comparais même si je savais que c'était pas très utile, je ne pouvais pas m'en empêcher!) je voyais mes copains et copines et j'avais l'impression qu'ils avaient des vies que je percevais plus abouties et mieux que la mienne (t'inquiète plein de gens  font genre alors qu'en fait c'est pas aussi bien que tu le crois) et ça me pétrifiait parfois de honte. Ouais carrément...

Garde ça en tête, chacun son rythme et arrête de te culpabiliser. Et va lire Spinoza (ou des résumés parce qu'on va pas se mentir, L'Ethique, ça fait peur et c'est dur). Ca veut pas dire que t'es responsable de rien, que c'est pas de ta faute, non.

Sors de la culpabilité (guère productive) et entre dans l'ère de la responsabilisation (à mort sa mère productive). 

Et pour reprendre les mots de mon ami Karim, "Ne "t'essentialise"pas, ne te dis pas que tu es ceci ou cela, que tu es mauvaise, nulle, incapable, ça ne sert à rien (ouais entrons dans l'ère de ce qui est efficace ou non efficace pour toi) et dis toi juste que "tu as merdé"... Et si tu as merdé, tu essaieras de ne pas merder la prochaine fois..."


Je te love 

 You and I gonna live 4ever 







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