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8.8.16

WORKING GIRL

romy, les choses




L'autre jour, en bossant, je me disais que le travail avait la capacité à révéler des trucs en moi qui, si je les réalisais systématiquement dans mon quotidien, me faciliteraient vraiment, mais alors vraiment la vie.

On a souvent tendance à voir et à parler du côté aliénant que peut avoir le travail, mais dans mon cas, il peut avoir tendance à révéler les côtés les plus chouettes de moi, parce qu'ils sont les plus pragmatiques et les plus rationnels.

Je ne dis pas que cela s'applique à tout le monde évidement.

Je vais vous lister les trucs que je fais ou pense naturellement dans le travail et que je ne fais pas nécessairement dans mon quotidien, alors que bordel ça rendrait la vie plus douce:

J'ai un très haut degré d'exigence à mon égard et en ai assez peu à l'égard des autres personnes avec qui je travaille

Ca n'a pas toujours été le cas, mais quand j'ai été directrice de colo, j'ai vite vu que si je n'amplifiais pas mon degré d'exigence à mon égard, j'allais le payer.
Quand t'es "chef", peu importe le degré, tu es le responsable et  si les choses se passent mal, tu en seras en grande partie responsable.
Et bien sûr, je veux que cela se passe bien. Alors je vérifie, je demande, je revérifie, ça me coûte p eu et ça m'assure que je n'aurais pas à courir parce que j'aurais été négligente sur tel ou tel point.

Je rencontre encore beaucoup de gens qui continuent à ne pas doublement, triplement vérifier et qui se retrouvent, parfois, à courir alors qu'ils auraient gagné en sérénité à contrôler.
Ils sont surpris que les autres ne soient pas comme "eux", consciencieux comme eux, vérifiant comme eux.
Je pars du principe que mon potentiel d'action n'agit que sur mes compétences et même si ça me fait perdre un peu de temps, j'ai tout intérêt à considérer l'autre avec moins d'exigence que je ne me considère moi.
Ce qui m'évite:
1) de m'enerver après les autres et ils sont pour moi rarement décevants
2) de courir inutilement et d'anticiper
Être exigent à son égard et moins à l'égard des autres est une piste intéressante dans la vie courante pour ne plus être déçue inutilement et prendre la responsabilité maximum ( même si bien sûr les aléas existent ) de ce qui nous arrive.

Anticiper. Anticiper. Anticiper

Bien sûr il m'arrive d'avoir envie de glander, mais je ne suis jamais tout à fait décontractée tant qu'il me reste un tout petit truc à faire.
J'achète ma tranquillité de cette manière!



                               ✓ Ne jamais rien prendre personnellement

Ca c'est venu au fur et à mesure, au tout début de ma vingtaine, dans le moindre travail que je faisais j'étais une petite chose très, très, susceptible.
La moindre réflexion remettait en question tout ce que je faisais et tout ce que j'étais.
La vérité c'est que le problème ne venait pas de ce que les autres disaient ou pensaient de moi, mais ce que moi j'en pensais.
Il n'y a jamais plus troll que nous-même!
Ma rigidité et ma susceptibilité ne disaient qu'une seule chose, que je n'étais pas sûre de moi... Et les réflexions de l'autre trouvaient écho en moi pour cette raison.
Dans ma vie de tous les jours je n'ai pas toujours cette décontraction, ce blog a pu en être un exemple, je peux prendre des choses bien trop à coeur mais ça ne dit rien de l'autre, ça dit uniquement que je ne suis pas à l'aise avec l'idée de passer pour telle ou telle chose.
Au travail, je suis très tranquille. C'est pas que je me sente la meilleure du monde, mais je sais que je ne suis pas un imposteur, ce que les autres en pensent, ou ma réputation comme pourrait le qualifier Epictète si on en discutait ensemble, n'est pas mon problème et ne me concerne pas.
Ca repose.


         
             ✓ Il y a un temps où il ne faut pas questionner son envie 

Dans n'importe quel taf, même que vous aimez, il y'a des choses que vous aimez moins faire. C'est plutôt naturel.
J'évite au maximum de questionner mon envie.
Les trucs que je n'aime pas faire je le fais sans réfléchir, sans pester, sans me dire "putain c'est grave relou", parce que je sais que ça me rendrait doublement mal de le faire. Ca rajouterait de la "souffrance"  au fait que ça soit déjà bien bien relou.
Je pose mon cerveau, je fais diversion, mais surtout, SURTOUT, je ne les repousse pas.
Je fais les trucs le plus relous, pénibles, désagréables, le plus vite possible. Je m'en débarrasse. Si j'attends, je les garderais en toile de fond. Ces trucs ne partiront pas, j'y penserais toujours d'une manière ou d'une autre.
Un problème ne se règle jamais tout seul, sans rien faire.
Anticiper, faire le trucs relous, est pour moi une excellente manière d'optimiser mon quotidien.
Est-ce que je le fais dans ma vraie vie?
Non pas du tout, je fais tout le contraire!
Pourquoi?
Pas une foutue idée sa mère!
Mais je sais que c'est une excellente solution!


                     ✓ Ne jamais prendre l'échec pour ce qu'il n'est pas

L'échec n'est pas une option. Vous voulez être compétent peut-être même le meilleur? 
Préparez vous à remballer votre égo, vous allez vous péter la gueule, échouer, recommencer, re-échouer... Pendant longtemps! Et c'est à cette condition que vous deviendrez bon. 
L'échec ne dit rien d'autre de vous que vous en phase d'apprentissage. Il ne dit pas que vous êtes un "nul", un "raté" ou un "incapable". Vous apprenez, c'est tout.
L'échec n'est la fin de rien.
Je vous renvoie à un billet que j'avais écrit il y a un petit temps sur l'échec et qui résume toujours plutôt bien ma pensée.
L'échec est une étape, c'est tout ce qu'il est, ne portez aucun regard moralisant ou psychologisant sur lui, il n'a rien à voir dans cette histoire!

Voilà, c'est le premier jet, j'ai d'autres trucs en tête, si ça vous plaît, je referais un billet là-dessus.

J'espère que vous avez passé un bon week-end, bon lundi à tous!


8 commentaires

Lucie a dit…

"na pas prendre personnellement" et "l'échec" sont 2 choses que je n'arrive pas à appliquer, ni au boulot ni dans ma vie perso... et même si ça fait 10 ans que je travaille dessus, c'est un noeud, comme instinctif, que je n'arrive pas à détendre... Mais tes mots apaisent déjà un peu. Et ne parlons même pas du syndrome de l'imposteur, lui qui colle si bien à la peau des chefs devenus chefs presque trop vite ^^
ça fait du bien de te lire l'été, bienveillance et bisou :)

renardeau a dit…

Super cet article on se croirait sur le blog d'un investment guru venu d'outre-antlantique pour nous expliquer que le capitalisme c'est trop bien, qu'il faut tous etre des entrepreneurs dans la vie et savoir s'auto-optimiser pour etre plus performants car que le travail c'est COOL hinhin.

Vive le beurre de cacahuetes

Cécile a dit…

de belles paroles pleines de sagesse !
j'essaie d'appliquer certaines choses (ne faire confiance qu'à soi, anticiper, etc.) parfois y'a qd mm des couacs, mais comme tu dis, on apprend ;)
merci en tout cas pour ça :)

Karine D a dit…

L'échec et son acceptation pour passer plus haut a été la meilleure école pour moi(et j'en ai pris un paquet...), je te remercie de me le rappeler aujourd'hui, car je n'y pensais plus, pourtant cette humilité ressentie alors est si salvatrice parfois!

Flo a dit…

Bonjour Marie,

Tout premier commentaire pour moi qui te lit pourtant avec admiration et plaisir depuis des années.
En te lisant aujourd'hui je ne peux pas ne pas te remercier pour la justesse de ton analyse, le choix des mots, l'humilité dont tu fais preuve en parlant de toi qui témoigne aussi d'une grande maturité (tu es sûre qu'on a le même âge?? ;).
Ton article me rassure, m'apaise et surtout m'incite à ne pas me décourager, j'ai un rapport au travail qui colle complètement à ce que tu décris comme compliqué à mettre en oeuvre dans ta vie personnelle, moi c'est l'inverse: je suis plutôt sereine dans mon quotidien de maman, copine, fille de et pote fidèle, alors qu'au boulot je manque de confiance, d'intelligence relationnelle quand je dois manager, d'indulgence envers certains collègues et je me retrouve toujours à bosser plus que les autres avec une image de gamine trop sensible auprès de ma hiérarchie.
Je prépare ma reconversion professionnelle,mais j'essaie de voir ça plutôt comme une évolution, je me prépare aux échecs (je redémarre à zéro sur un métier nouveau à 35 balais), sans perdre de vue l'épanouissement auquel j'aspire.
Merci, tu as une vraie plume, en te lisant ou en matant tes vidéos on s'interroge, on pige des trucs,on découvre des trucs (sons, bouquins, labellos, cheveux, tricot...) et on se marre (enfin pour ma part).

Zéphine (aka Malvi) a dit…

@renardeau:
Marrant ça, j'ai pas l'impression qu'on ai lu le même texte...
Et ce qu'il y a de bien, c'est que comme ton commentaire est détaillé et construit, c'est une bonne base pour entamer une discussion intéressante!
Allez, des bises va!

@Marie et les autres:
Je pense que dans notre société et au vu de la conjoncture actuelle (putain, je kiff d'écrire ça, j'ai l'impression de savoir de quoi je parle!), le travail est un mal nécessaire.
Alors autant essayer que ça se passe le mieux, parce que comme le dit si bien Marie, même dans le meilleur des jobs, il y a des trucs pas cool qui nous font chier...
Qu'on partage ou pas son analyse, le fait est que Marie nous propose des pistes intéressante pour améliorer notre situation. À nous de voir si on souhaite que ça change, où si on préfère râler éternellement sur nos collègues / nos boss / la société-elle-a-que-des-problèmes en gromelant que c'est trop pas juste et qu'on vaut mieux que ça.
Moi, mon choix est fait: jái un job qui est relativement cool mais qui est loin du job de mes rêves, j'accepte de subir les aspectsmoins sympas parce que je sais qu'il y a un revers positif, et je fais de mon mieux pour que tout se passe bien. Râler sans agir n'a jamais fait que me rendre malheureuse!

Linda Misskall a dit…

Il n'y a jamais plus troll que nous-même!!!!! Merçi Marie!!! Rien que pour ces mots là merci. .. et pour les utres aussi... ;-) Magnifique billet que celui-ci!
Lovebzoos et take care
Linda

Laurine a dit…

La susceptibilité au travail et tout remettre en question après une petite critique je connais bien ... Je me sens parfois imposteuse car pas sûre de moi alors qu'au fond je pense produire du travail de qualité mais je ne sais pas toujours un petit sentiment d'insécurité ..