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4.7.16

LA BASE

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Salut à tous, j'espère que tout le monde va bien.

J'ai un peu changé la présentation du blog, même si je suis encore à la recherche d'une en-tête qui me plairait plus.

Dans le billet précédent, j'ai vachement pris de plaisir à partager avec vous des "petits trucs" qui font que la vie est plus douce et, pour tout vous dire, j'ai un peu envie de continuer parce que plein d'idées me sont venues en tête depuis.


Je me suis rendue compte surtout que je vous avais pas parlé des deux trucs les plus essentiels pour moi pour rendre la vie plus douce (et un poil plus intense et "productive" mais ça on y reviendra plus tard... ).

Ces deux choses sont le lien et l'action (phrase de très très belle gosse :-) ).

RELIER SUFFIT

J'étais tombée il y a plusieurs années (via le Facebook de Mai si ma mémoire est bonne) sur un article très intéressant sur les mécanismes d'addiction à la drogue.
L'article est écrit par Johann Hari auteur de Chasing The Scream: The First And Last Days of the War,  on Drugs ( vous pouvez lire l'article ici ).

Le travail de Hari consistant à comprendre le mystère fondamental de l'addiction avait à l'époque complètement déconstruit ce que je pensais de la drogue et de l'addiction.
Brièvement (vraiment je vous conseille la lecture de l'article c'est édifiant), il ne suffit pas de consommer des stupéfiants pour devenir drogué, ce qui compte vraiment c'est la "cage" (vous comprendrez à la lecture de l'article) dans laquelle vous vivez.

"L'être humain est une créature qui a besoin de créer des liens, d'être en relation avec les autres et d'aimer".

E.M. Foster "Relier suffit".

Il est possible que vous trouviez la teneur générale de l'article un peu "naïve", de mon côté, son argumentation m'a largement convaincue.

Du coup l'idée pour aller mieux voire bien, c'est de se relier aux autres. Et on est tous d'accord que pas besoin d'être toxico pour se rendre compte que le lien à l'autre est quelque chose qui aide franchement.
Lui parler, l'aimer, lui faire des bisous (dans la bouche mais pas que), l'étreindre, l'écouter, rire, se réjouir pour lui, partager, même s'engueuler si ça se trouve.

Cela suffit parce que c'est énorme.

Se relier à ses amis, sa famille, son amour, la société tout entière. Être en lien. S'apprivoiser quoi (avez-vous lu cette année Le petit Prince? On a dit tous les ans hein... ).

Avec la seconde chose dont on va parler juste après, se relier aux autres est clairement la base.

PASSER À L'ACTION

Là on atteint le niveau 12587852 de défonçage de porte ouverte je le sais bien, mais c'est marrant de voir comme on sait mais comme on ne le fait pas!

Vous avez devant vous (moi quoi!) un spécimen qui pratique la tristesse depuis très longtemps, tellement longtemps qu'on est quasiment dans le réflexe pur.

Un jour je discutais avec un psy comportementalisme (j'avais pratiqué plus la psychanalyse et n'étais pas coutumière du fait) et il m'expliquait qu'il y avait rarement quelque chose de bon à retirer de la tristesse.
Elle n'aboutit quasiment jamais à rien (il excluait les moments où les raisons d'être triste et parlait bien des moments de petites tristesses dans lesquelles on aime bien parfois barboter (genre le spleen, genre kiffer aller mal... oui ça existe...)).

Il avait pris l'exemple des militaires et me disait que la tristesse était un sentiment à proscrire chez eux parce qu'elle n'aboutissait qu'à l'abattement et à la prostration (et du coup à la mort en cas de combat... ouais c'était bonne ambiance cette discussion).

Alors que dans le même temps, la colère ou la honte (autres sentiments pas super sympas) faisaient passer l'action et permettaient à l'individu de rester en vie.
Il n'arrêtait pas de dire "l'important c'est de passer l'action. Il n'y a rien à attendre de la tristesse,  il n'y aura rien dans ta tristesse, cette idée qu'au fond du trou tu trouveras une clé ou une réponse est un fantasme. Sors de la torpeur, agis. Même sans conviction, agis. Le cerveau c'est le mouvement, agis, bouge".

C'est con pour sûrement plein d'entre vous, mais ça m'a fait vachement cogiter.

Et c'est vrai que ça marchait déjà sans que j'ai vraiment mis de mot là-dessus.
Pour le sport, j'avais compris qu'en cas de démotivation extrême, le seul effort que je devais faire c'était de mettre mon legging et de sortir. Le premier pas dehors, c'est tout, le reste viendrait après.

Du coup, si on sent une vague tristesse venir et vouloir s'installer, bim, on fait des trucs.
Fini le barbotage dans le spleen...

Le lien et l'action quoi!

Je vous embrasse et vous dis à bientôt. 





11 commentaires

ziloa a dit…

Au niveau de la tristesse, c'est très bizarre, mais en arrêtant la pilule et en passant au stérilet cuivre, elle est partie. Je reste super sensible, mais suis clairement moins mélancolique qu'avant (une fois passé le premier mois d'arrêt, où les hormones étaient chamboulées dans mon corps).

Marie a dit…

ziloa: Je prends plus la pilule depuis des lustres, mais ouais clairement ce truc me rendait triste comme toi

a dit…

bonjour Marie
merci pour tes posts toujours très éclairants pour moi. je te suis également sur Instagram et j'adore tes photos très douces et très poétiques! merci de partager ton univers

Lucie a dit…

Pour moi qui n'arrive pas bien à me débarrasser de mon addiction à la clope, l'article en lien fait sens ! Déjà parce qu'en déménageant pour retourner temporairement vivre chez mes parents (et donc quitter ma solitude bien ancrée) j'ai réduit ma consommation de moitié sans même avoir décidé quoique ce soit. J'ai moins envie, moins besoin.
Quand à l'action pour virer le spleen, j'approuve aussi, mais c'est fréquent que le spleen revienne à toute allure lorsque l'action prend fin. (Oui parce que j'ai pas encore trouvé comment enchaîner les actions sans pauses, et pendant ces pauses, c'est un peu l'angoisse). Si t'as une idée ou technique pour ne pas redescendre, n'hésites pas, je prends ! ;)
Bises

mirabelle a dit…

ça résonne furieusement
mais je n'ai pas la force
la tristesse je la connais
je la côtoie
je m'y complais parfois
essayer d'agir
essayer encore

merci Marie de tes mots qui font mouche...

Emma a dit…

Bonjour Marie,
Cela fait des années et des années que je lis ton blog. Je voulais juste te dire que tu trouves les mots justes à chaque fois. Les mots que je n'arrive pas à mettre sur ce que je pense. C'est drôle comme on ne se connait pas mais comme je me sens proche de toi parce qu'à chaque fois j'ai l'impression que c'est de moi dont tu parles.
Voilà, ça n'apporte rien ce commentaire mais c'était juste pour te dire à quel point j'aime te lire.
Emma

Cécile a dit…

Merci Marie pour cet article, plein de sens, de bon sens, bref de volonté de changement positif. Merci pour ce partage et aussi: c'est joli par ici j'aime beaucoup beaucoup cette simplicité qui est très cohérente avec tout ce que tu partages: droit à l'essentiel et franchise sans détours j'adore!

Floflo a dit…

Je sais bien que la pilule c'est pas vraiment le sujet de ce texte mais moi aussi, ca m'a mis un peu parterre.
Je l'ai pris jeune pendant quelques années, sans problèmes. Et pus j'ai arrêté. Quelques années plus tard j'ai voulu la reprendre. Oulala j'ai tenu 2 mois. Envie de pleurer tous les jours. J'ai arrêté, c'était fini. C'est très étrange. Je sais que il y plusieurs types de pilules, tout ca. Mias j'ai pas du tout envie de recommencer l'experience. Peut-Être que tout ca aussi c'était dans ma tete. Je pourrais pas dire.

Anonyme a dit…

Ma grand mère avait l'habitude de dire :
"l'oisiveté est la mère de tous les vices".
J'ai pu constater a quel point elle avait raison. La vie est dans l'action. Faire. Du vélo, la cuisine, du yoga, de l'aquarelle, du macramé ou street art on s'en fout, l'essentiel est de se lancer.
Myriam, lectrice très silencieuse

Marie a dit…


Gé: Oh merci <3

Lucie: Ne pas se laisser happer par la descente et remonter en scelle tout de suite (même sans conviction, même en faisant semblant) Et après y a 3 armes qui marchent bien pour moi; l’amitié (la vraie la profonde, pas celle qui des fois te laisse un goût amer) / la musique / le rire (ça guérit tout)

Mirabelle: <3

emma: Merci Emma ça me fait super plaisir
Détrompe-toi, ce commentaire apporte vachement

Cécile: Merci <3

Floflo: je comprends, pas du tout envie non plus perso

Myriam: Mais je suis grave d’accord. D’ailleurs quand je mate de la télé réalité, quand je vois à quel point les pulsions de tout le monde se répandent, je repense toujours à cette phrase « l’oisiveté mère de tous les vices ».

Lucie a dit…

Faire semblant, oui, l'amitié faut trouver, la musique ça c'est sûr, et le rire, je me dis que c'est un truc dont on parle pas assez, qu'on ne partage pas assez. En tout cas merci Marie, je vais creuser pour pas redescendre (hahaha) <3