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3.6.16

REFLEXION AUTOUR DE "L'EXPOSITION"

Tournage Girls



J’espère que tout le monde va bien.

Je souhaitais  revenir avec vous sur une problématique que j’ai déjà abordé sur le blog sous un angle que l’on pourrait qualifier « d’émotionnel » mais que j’avais, maintenant, plutôt envie d’aborder sous un angle plus réflexif pour comprendre ce qui s’y cache de manière sous-jacente. 


Quand tu tiens un blog, une chaîne Youtube, un compte instagram, tu es confronté à ce qu’on appelle,  les conséquences désastreuses et vexantes de « L’exposition ». 

De ton plein gré, tu parles, te montres, digresses, analyses, qu’importe ce que tu y fais, qu’importe qu’il s’agisse de ton âme, ton coeur, ta réflexion ou ton visage, tu t’exposes à plein de gens qui sont, pour la plupart, des inconnus. 

Cette exposition n’est pas mesurée a priori, impossible de deviner ce que les autres vont dire ou penser de toi, ce qui est d’ailleurs préférable j'imagine, ça pourrait, sinon, calmer les ardeurs de beaucoup. 

Dans mon cas personnel, la question du narcissisme n’avait jamais été tout à fait pensée en amont. 

J'ai compris qu’elle est inhérente à la démarche mais il n’empêche que je ne le mesurais pas et surtout  ne mesurais pas le regard que porteraient les autres sur mon supposé et assumé narcissisme. 

Parce que les autres n’aiment pas ça, pire, certains te trouvent ridicule et ont envie de te le faire savoir. 

Mon blog a commencé à exister à l’époque où Facebook n’était pas pour tout le monde, et je me recevais un nombre « important » de remarques concernant ma soi-disant exposition de la part des gens autour de moi. Ils ne comprenaient pas... 
Je prenais cette prise en flagrant délit de narcissisme de manière un peu honteuse, ils avaient peut-être raison, et si j’avais un problème… 

Et puis… Facebook est arrivé, et avec lui la fête aux nombrils a explosé. 

Les mêmes qui s’interrogeaient sur la « moralité » de la mise en scène de l’égo se sont répandus à raconter leur vie, ont montré leurs photos et ont créé des mises en scène de leur propre quotidien. Que des petites blogueuses mode partout ;-)


J’ai compris que comme on trouve que l’égoïste c’est celui qui ne pense pas suffisamment à nous, le narcissisme ne nous gêne que quand ce n'est pas le nôtre. 
On ne constate son caractère déviant que lorsqu’on le voit  chez l’autre (paille, poutre dans ton oeil tout ça tout ça...)

Je ne vous apprends rien si je vous dis que l’internet c’est lire sur soi des encouragements, plein, des réflexions pertinentes aussi, mais également des trucs bien nazes. 

Intéressons-nous à eux, à leur intérêt voire à leur pertinence. 

On ne peut tolérer les élans d’amour des lecteurs (parfois disproportionnés au vu de ce que toi tu penses et de toi et de ce que tu produis) et, dans le même temps, censurer le moindre truc qui ne nous plairait pas ou qui pourrait ternir la teneur générale des commentaires. Ca ferait de son blog un espace étrange... 

La plupart des blogs sont modérés pour cette raison et on constate que la censure peut vite y devenir impitoyable parce que sujette à l’avis d’une seule personne qui peut parfois prendre les choses bien « trop » à coeur et voir de la critique acerbe dans ce qui n'est strictement pas le cas! 


Ta démarche originelle étant, dans la tête d’une partie de ton lectorat, ton narcissisme suintant, tu n’as pas le droit de te plaindre des « insultes » , des « remarques », des procès d’intention, de la part de tes lecteurs, c’est le jeu en quelques sortes. 

Tu t’exposes donc ne te plains pas. 

Les mecs (au sens général) se comportent comme des gougnafiers mais on te dit, en substance, que c’est toi la coupable de ça, tu l'as un peu cherché… 
Bien sûr que ces lecteurs acerbes, choqués, mécontents, bien sûr qu'ils peuvent se barrer , bien sûr qu’ils peuvent, en y réfléchissant un peu plus de 20 secondes, comprendre que les gens sont comme eux, qu’ils sont parfois plus en forme que d’autres et qu’ils produisent, conséquemment, du contenu de qualité variable, mais ils préfèrent te faire savoir ce qu'ils pensent de ta personne sur laquelle ils ont porté un bref  jugement, ils préfèrent trancher.

J’ai longtemps cru ça, qu’il fallait de tout et tout accepter sinon ça aurait de la malhonnêteté.

Vos avis en commentaires sont d’ailleurs ambivalents sur cette question, certain.e.s trouvant que c’est bien de laisser toutes les réflexions et d’autres suggérant qu’un peu de modération ne ferait pas de mal vu que ça fout une ambiance de merde (c’est vrai que ça fout une ambiance de merde c’est même à ça que ça sert). 

De mon côté, c’était clair, même si j’étais touchée, parfois blessée, il était hors de question de faire autrement. 
C’était le prix à payer, blablabla, on enlève pas les reflexes masochistes comme ça et puis merde c’est vrai ça, je m’expose, je leur donne donc le droit de. 

Le droit de quoi exactement? D'émettre un avis? Me juger et me le dire? M'agresser? 

(J'utilise le "je" mais on s'en fout, c'est vraiment dans le cadre de la réflexion au sens générique du terme... Là on parle de blog mais vous allez pouvoir vite remplacer les contextes et vous mettre à cette place là pour savoir ce que vous vous  feriez)

Si je pensais comme ça c’est parce que, au fond, intrinsèquement, je me pensais coupable d’une faute, j’étais narcissique, c’était mal je devais donc payer. 

Mais je voyais bien que mon nombril était un peu le même que les vôtres, c’est même à ça que mon blog servait du coup, même si l’impulsion était personnelle, elle l’était au fil des années de moins en moins. 

Ce dernier mois (ouais j’ai pas beaucoup posté), j’ai essayé de repenser à cela de manière moins engagée affectivement, j'ai sorti mon cerveau et me suis mise à ne plus y voir un automatisme, une réalité à accepter, un truc "normal". 

Y en a qui disent qu'internet c'est pas la vie, mais moi je pense la contraire, c'est grave la vie internet vu que y a de gens derrière.  Du coup, les questions éthiques, la bienveillance par exemple, ne sont pas exempt de ce type de relationnel, comme dans ton quotidien. 

On ne peut plus se cacher derrière ce "relatif" anonymat, il dit quelque chose de vous. Même si c'est a  priori inconséquent, c'est réel, le mépris / la colère / l'envie / sont des véritables sentiments, même sur internet. 

Les trolls ou les condescendants sont des étranges spécimens. 

Si vous souhaitez tenir un blog et que vous craignez les remarques et / ou critiques, ne faites surtout pas comme moi. N’en parlez pas. 

Deux choses à faire sur internet (deux choses que je ne fais bien sûr pas, je suis ta mère qui ne veut pas que tu fumes alors qu’elle fume un paquet de clopes par jour) : 

  • Ne nourrissez pas les trolls (pas de réponse)
  • Never Explain, never complain (à dire avec ta couronne de reine)

Et c’est tout. 


Rationnellement ce truc de « tu t’exposes c’est le prix à payer  » tient-il la route au-delà de la tristesse / vexation immédiate de celui qui s'est "exposé"?


Exposition: Fait d’être montré, exposé


Montrer ses jambes en jupe dans la rue, est-ce de l’exposition? 
Être en maillot de bain sur la Côte d’azur, est-ce aussi l’exposition de son corps? 

La réponse est oui bien sûr. Le champ d’action y est plus réduit que sur internet mais ça ne change rien à ce que c’est, c’est s’exposer (en plus de vivre sa vie on est d’accord, mais je vis aussi ma vie avec mon blog). 

Se mettre à son avantage dans la rue est une exposition de soi au monde, non? 

Imagine, t’es en maillot de bain sur la plage, un mec que tu croises te dit que tu serais mieux en deux-pièces, une meuf que tu ne connais pas te dit que le bleu irait mieux avec tes yeux, un autre qu’avec le cul que tu as, tu ferais mieux de rester chez toi… Tu le prends comment du coup? 

Moyen, normal, je ferais comme toi. 

Un peu énervée,  tu t’en plains et imagines que tu ne récoltes que du: 
« Et oh, t’as mis exprès un maillot de bain voyant … En plus la plage est bondée, et tu le savais. T’es même pas dans une crique où y aurait personne, alors c’est un peu bien fait pour toi, t’avais qu’à pas t’exposer ». 

-__-‘ 

Ben ouais séchée que tu es, t’as beau expliquer que non, du tout, tu le fais pas pour ça, t'as pas envie que les autres émettent un jugement, personne ne te prend au sérieux, y a un nombre incalculable de trucs que tu aurais dû faire pour bien montrer que non, tu n’attendais l’approbation ou l’avis de personne pour être au monde comme tu le veux.
Tu hurles ta bonne foi et on ne fait que te dire que "c'est toi qui a cherché la merde". 

J’ai conscience de radicaliser un peu le propos mais il est difficile de ne pas dire que le processus est similaire. 

Y a 3 ou 4 ans, une meuf sur Twitter que je gonfle. « Oh t’es relou,  t’avance pas, faut bouger un peu », un truc dans le genre, ils aiment bien en général, ceux-là je dois les renvoyer à un truc qu’ils aiment pas chez eux (ouais toi aussi tu le sais, que quand tu traites l’autre tu ne parles que de toi-même au fond...enfin des trucs qui te renvoies à toi et à ce que t'aimes pas chez toi!)

Moi: « Ta démarche? L’intérêt? »
Après un échange dont j’ai oublié la teneur, elle me claque le truc de l’exposition, vu que je m’expose je ne DOIS pas me plaindre, sinon je ferme mon blog blablabla. 

Vous comprenez que je ne crois pas à la validité de l’argument « je te dis ce que je veux t’as qu’à pas t’exposer », si on le remet en perspective, genre la vraie vie, on voit bien ce qu'il est, de l'agressivité  ou du mépris. 


Et concluons là-dessus ce long post, mais je me demandais, n’existe pas plus vulgaire façon de s’encenser que de critiquer l’autre? Ce qui est finalement, le comble absolu du narcissisme, non? 


Je vous embrasse et vous dis à très vite. 

21 commentaires

Elli a dit…

hyper intéressant et très bien vu l'exemple du maillot. je end sui pas blogueuse donc je ne connais pas a mais ça doit être très dur en effet !

Les causettes de Célestine a dit…

Mais oui, carrément!!

Charlotte a dit…

Article intéressant comme toujours.
Je ne suis pas sûre de trouver la comparaison avec la plage et la rue très parlante.
Même si on comprend bien le parallèle au niveau de l'exposition, il me semble que tu oublies une autre partie importante des blogs, c'est le partage, l'échange. Si tu écris sur ton blog, c'est, il me semble, pour nous faire partager tes idées mais en espérant aussi qu'il y ait une réponse, une discussion, qui s'amorce là-dessus, avec tes lectrices/lecteurs. Pas juste toi qui écrit et personne ne dit rien, non ?


ziloa a dit…

@Charlotte
Je comprends ton commentaire, mais je pense que le problème vient aussi quand les remarques n'ont rien avoir avec le sujet traité. Si elle ne poste pas pendant un certain temps et qu'on vient lui dire "faudrait te bouger", je ne pense pas qu'il y avait un vrai appel au dialogue derrière. de même, si Marie nous fait une vidéo en parlant (au pif) de la clope, de la confiance en soi ou autre.. un commentaire lui disant "ton pull est vraiment moche" n'a rien avoir avec la discussion et est juste hors sujet et malvenu.
Après, s'il s'agit d'un post avec une tenue et une question "dites moi ce que vous en pensez en commentaire", alors là on peut discuter des vêtements et autre.
Au final, l'important c'est aussi la forme, la manière de formuler le commentaire.. on peut dire les choses plus ou moins abruptement. Tournons 7 fois notre langue dans notre bouche :p

Anonyme a dit…

Bonjour Marie,

Merci pour ce post et de partager avec nous tes réflexions.

Je voulais apporter ma petite pierre à l'édifice. Je crois qu'il y a chez les trolls (et pour l'avoir déjà été) une envie de voir l'auteur du blog réagir et réaliser qu'il y a bien une personne réelle (et pas de fiction) derrière l'écran.

Je m'explique : les blogs sont ainsi faits qu'on est, je trouve, en tant que lecteur, parfois entre fiction et réalité (je me souviens à une époque avoir eu l'impression de suivre une série télé avec les blogs de Kenza, Martin Medus, India, Diego par exemple qui se recoupaient).

En trollant, je crois que les trolls cherchent aussi à réaliser/rendre concret le fait que derrière les "personnages" de blogs, il y a de vrais personnes, qui peuvent donc réagir, nous répondre, interagir avec nous (et notamment quand on les provoque).

En résumé, je me demande si avec ce genre de comportements, on ne cherche pas à tester le réel derrière les internets, si on cherche pas à toucher du doigt la personne derrière le blog et de manière plus large à appréhender la réalité numérique.

Je t'embrasse la chic fille,

Un lecteur

Marie a dit…


Elli: Merci <3

Les Causettes de Celestine: :-)

Charlotte: Pourquoi non parlant?
Alors comme le souligne Ziloa ensuite, il y a la question du contexte qui joue et les retours agressifs et hors contexte ne sont pas de l'ordre du partage. Bon ça peut paraître comme niais mais je vais refaire la distinction critique constructive (qui peut être une opposition franche MAIS en rapport avec ce que se passe) et l'insulte (ou assimilé) sur ce que tu es... C'est de ça dont je parle (et les raccourcis mais tu vois l'idée)

Ziloa: Ouais voilà :-)

Anonyme: Très intéressant, j'avais jamais pensé à cela sous cet angle. Il est vrai que c'est frappant de voir à quel point, le meilleur d'obtenir une réaction sur internet passe par ce biais là.
Vraiment intéressant, je vais y réfléchir
Merci


Charlotte a dit…

Je fais bien sur la distinction entre des remarques constructives et dites poliment et des remarques du type "t'es grosse, t'es moche" qui ne sont là que pour provoquer.
Disons que je trouve la comparaison avec la plage ou la rue, limitée car elle n'inclut pas cette notion d'échanges volontaires amorcé par le blogueur.
Mais on est d'accord bien sur pour dire que je ne parle pas d'insultes ou autres remarques acerbes.

Lilas Gisel a dit…

Je pense que face aux critiques méprisantes, il faut se tourner sur ce qu'on sait de nous-même et ce que nos proches savent de nous. Quand je suis confrontée à des personnes malveillantes ou qui simplement ne m'apprécient pas, je me dis que moi, je m'aime bien, et que j'ai des amis et une famille en or, sur qui je peux compter. Et que je n'ai pas besoin de plaire à d'autres en fait. Bon le raisonnement paraît simple mais j'ai mis des années à cesser de vouloir plaire aux autres. Parfois même, je redoute... Mais, positive que je suis, je crois que ces personnes méprisantes ne le sont que dans un certain contexte. je sais qu'on peut faire et dire de mauvaises choses et être quand même une belle personne, alors je mise là-dessus... :) Mais personnellement, si un commentaire est juste bête et méchant, je le supprime. Rapport à la mauvaise ambiance et à l'inintérêt de la chose.

Sarah LE BORGNE a dit…

Article et échanges vraiment intéressants et constructifs.
Anonyme: ton explication est intéressante mais je ne comprends pas ce but, dans un premier temps, de noter "anonyme" (en général) pour écrire des commentaires et dans un second temps, a quoi cela sert d'accabler ou d'insulter une personne (dans de nombreux commentaires et sur divers blogs) sans échanges possibles? J'ai du mal à assimiler que les personnes le fasse dans un soucis de savoir si la personne derrière est réelle. N'Est-ce pas dans une simple envie de mettre en difficulté la personne qui tient le blog? ou juste de la curiosité de lire comment la personne va réagir? J'aimerais comprendre un peu plus ton idée réel/fictif.
Je rejoins Charlotte sur le fait qu'internet et tous ses réseaux sociaux sont des moyens de communication, d'ouverture d'esprit, de curiosité, d'apprentissage. Alors à quoi sert la critique (pour ne pas dire le jugement ou la méchanceté) si elle n'est pas constructive?

Anonyme a dit…

De mon bref avis, j'en ai marre de lire des commentaires qui se disent constructifs alors qu'ils sont généralement méchants. J'en suis blasée. Ce que j'aimerais c'est d'une communauté (donc positive!) qui jacasse en commentaire pour avoir des échanges sur le vrai - le contenu d'un article / d'une vidéo etc. Une dynamique obtimiste ! Des blagues même ! xx

renardeau a dit…

Je suis en total désaccord avec toi au sujet des "trolls".

Déja avant de commencer ma diatribe, je tiens a dire que j'apprécie le fait que les commentaires ne soient pas censurés ici. Ca change des autres blogs de mode.

Cela dit et meme si tu ne censures pas, je trouve que tu te prends un peu trop la tete au sujet des "méchants" commentaires. Sois un peu plus légere avec ca... Moi aussi je trouve que certains commentaires sont débiles (parfois quand je lis ceux sous les articles de rue89 je hurle). Mais du fait de l'anonymat, c'est toujours difficile de classer la personne, de savoir si c'est un débile agressif, ou quelqu'un qui fait du 36e degré (genre le gorafi ou les fatals flatteurs), ou quelqu'un dont le fond du propos est légitime, mais dont la forme est maladroite. Et j'aime bien cette ambiguité. Je déteste les blogs lisses, ou tout le monde est ultra content dans les commentaires, ultra enthousiaste, ou il n'y a pas un mot de travers.
Apres je ne demande pas a tout le monde d'etre comme moi, c'est cool de cultiver des valeurs yogi genre "vive la bienveillance et la tolérance", mais moi je trouve qu'au bout d'un moment on se fait chier.
On veut du drama! Des morsures dans les fourrés! De la tension dramatique!

PS: arrete de tout ramener au narcissime. Moi je m'en fous que tu sois narcissique ou pas. Je laisse des commentaires quand ton propos pique ma curiosité, c'est tout. Arrete de tout ramener a l'apparence, genre les trolls c'est des males lourds qui sifflent les filles dans la rue...

Clue a dit…

Salut Marie

assez intéressant mais je ne suis pas d'accord. Ecrire un blog, c'est vouloir etre lu, et au passage, échanger.
Te prendre des retours désagréables et lourds, c'est la vie parce que tu peux pas sélectionner qui va prendre la parole. Leur justification sur le fait que tu t'exposes n'est pas si bête, c'est plutôt juste d'après moi - tu exposes une prise de parole et tu laisses les gens participer à un échange avec toi, même inconnus.
En revanche, faut-il répondre? Est-ce nécessaire de répondre à tout - de vouloir "gagner" la fin de la discussion? De vouloir montrer que l'agressivité engendre l'agressivité?
Je vois bien certains endroits où dans les commentaires, les gens se répondent, s'engueulent, tout ça est un peu pathétique.

D'après moi tout n'est pas sujet à réponse. Pourquoi passer du temps à se "défendre", au lieu de juste assumer et laisser les voix s'évanouir? parce que l'écrit reste? ... seulement si toi tu le décides. Non?

Bises
Clue

isa a dit…

Bonjour Marie et les autres,

dans ton blog tu parles beaucoup de tes questionnements psychologiques, sociologiques, etc...qui trouvent un écho chez tes lecteurs-trices, qui ont je suppose à peu près les mêmes interrogations, ce qui fait que ton blog a un petit côté "thérapie de groupe", que j'aime beaucoup.

Comme c'est toujours le cas dans ce genre de groupe, des transferts et des contre-transferts se font, c'est normal, c'est humain, le problème c'est que toi tu le livres à visage découvert, avec ton vrai nom, alors que nous autres sommes pour la plupart anonymes, alors quand un troll laisse un commentaire c'est comme si dans le groupe où chacun parle de soi un participant portant un masque refusait le principe du groupe et attaquait un membre en se servant des "confessions" faites par ce dernier pour le casser.

Dans les groupes de paroles il y a toujours un modérateur prêt à intervenir pour recadrer ce genre d'individu qui peut être très blessant , parce qu'il est malheureux, ou frustré, ou en colère, ou bouleversé...

Sur un blog je trouve que çà va plus loin, déjà parce que le troll ne fait pas la démarche de participer au groupe, et aussi parce qu'il existe malheureusement dans la vie des personnes perverses qui prennent leur plaisir ainsi.
Quand on se fait agresser verbalement dans la rue on se défend ou on porte plainte suivant le caractère des injures, je ne vois pas pourquoi on devrait tolérer ces comportements sur un blog, surtout comme le tien qui est bienveillant (on n'est pas sur le site du Parisien à la rubrique politique quand même ).

Il n'y a que toi qui peut décider, pas évident de débattre en étant participant et modérateur, de garder un espace non edulcoré avec des avis contraires, mais quand je lis le commentaire d'un(e) con(ne) ça m'agresse (je sais ça devrait pas mais je me soigne).

Bise,
isa

ienabene a dit…

Très intéressant. Moi je trouve la comparaison avec le maillot de bain sur la plage plutôt pertinente.
Ecrire un blog ne signifie pas qu'on demande aux autres un jugement ou une validation de ce qu'on est et ce qu'on pense. Lancer un sujet de discussion, recevoir des réponses en commentaire, en accord ou en désaccord, c'est une chose ; mais des commentaires genre "le sujet de ce post est à chier, tu le traites mal et de toute façon t'es naze", c'est autre chose. Dans la "vraie" vie, quand on est avec des gens et qu'une personne parle de trucs qui ne nous intéressent guère, est-ce qu'on lui balance à la gueule "pffff tu m'emmerdes, je t'aime pas, et en plus ton nez est immonde" ? Non, je ne crois pas, à moins d'être sociopathe.
J'avais une collègue, cela dit, qui était capable de me dire "mon Dieu mais ton porte monnaie est l'objet le plus moche que j'ai jamais vu" ou alors "j'aime vraiment pas ta robe aujourd'hui", alors que je ne sollicitais absolument pas son avis. Ce qu'elle considérait être de la franchise, était pour moi juste la preuve d'un manque d'éducation absolu.

Anonyme a dit…

Article intéressant !!
Je suis du genre à ne pas m'exposer (je ne suis pas sur Facebook, ni insta, ni rien... je ne suis que sur Ravelry =) )et je suis fascinée par ceux et celles qui sont tout le contraire de moi.Je me demande ce que ça leur apporte de montrer leur repas de midi ou leurs baskets avant d'aller faire du sport...Je ne critique pas, je ne juge pas : juste, je ne suis pas comme ça...
L'image du maillot de bain n'est pertinente qu'en partie je trouve. Sur la plage les regards glissent, comme dans la rue, on est dans une forme de relation d'indifférence (plus ou moins) avec les gens, ce qui n'est pas le cas sur un blog .
Lorsque je suis un blog c'est bien sûr parce qu'il porte sur un ou des thèmes qui m'intéressent, et au final bien sûr je peux éprouver de l'attachement ou de la sympathie à l'égard de l'auteur. Mais j'apprécie les auteurs qui réfléchissent aux limites de ce qu'ils veulent montrer, par exemple qui ne montrent pas le visage de leurs enfants; qui ont une vie en dehors d'internet et qu'ils n'exposent pas.

Anonyme a dit…

Ou comment détourner les critiques de ta dernière vidéo en en faisait un pseudo sujet philosophique et de débat. Ceux qui critique sont des narcissiques? Quelle superbe conclusion pour ne pas se remettre en question. Ok les troll c'est mal mais quand plusieurs personnes disent, récentent la meme gêne, ne faut-il pas mieux considérer leur remarque et reconnaitre les choses...?

Marie a dit…

Lilas Gisel: Radical mais efficace.

Sarah le borgne: <3 <3

Anonyme: Ah c’est pas toujours gagné mais ça doit être sympa effectivement!

renardeau: Alors je ne doute pas que ta démarche ne soit pas que toxique, malgré tout, je ne comprends pas où tu veux régulièrement en venir? Ah quoi servent tes interventions qui sont à 80 % vaguement désagréables...
L'impression que tu donnes c'est que tu es le censeur et le régulateur de tout discours et ça me gène un peu parce que (et c'est peut être pas ta démarche) perso, je n'y vois que du mépris et de la prétention.
Et donc, du coup tu "mords" pour qu'il y'ait plus d'aspérité et parce que tu te fais chier, j'ai bien compris?
Tu pratiques l'art du "pic" par pur divertissement (et aussi un peu pour faire de la pub j'imagine?) donc? Explique moi parce que vraiment je comprends pas, ça doit être trop éloigné de mon système de pensée.

clue: Je ne suis pas du tout d’accord avec toi Clue comme tu t’en doutes bien.
Le lecteur a besoin de penser que son avis est nécessaire au blogueur (voire qu’il attend son approbation) et que celui-ci attend son retour mais je ne suis pas convaincue que ça soit réellement sa motivation. Je n’ai pas encore de réponse précise à ça, mais je te répondais à chaud mais ce dont je suis sûre, c’est que, non, je ne demande rien (sauf quand bien sûr c’est explicitement demandé).
Bisous.

isa: J’ai bien aimé la comparaison « groupe de parole », j’avais jamais envisagé sous cet angle.
J’avais déjà senti le caractère « thérapie de groupe » et étais assez peinée des interventions difficiles parce que je les trouvais assez lâches et surtout inappropriées.
Mais ça c’est en voyant les choses sous mon prisme à moi, bien sûr!
T’as vraiment mis des mots sur un truc que je comprenais qu’à moitié. Merci en tous cas.

ienabene: ahahahahaha ta collègue est énorme:-D Quelle horreur…

Anonyme:Je le comprends tout à fait et c’est même plutôt normal.
Du coup tu apprécies les auteurs auxquels tu peux un peu t’identifier (notamment sur la question de l’intime?).
Merci pour tes retours


Anonyme: "Récentent" ça veut dire "Ressentent"?

Anonyme a dit…

Oui ressentent

GUS a dit…

Même si je suis d'accord et que je comprends très bien cette réflexion, la dernière remarque me gêne et m'agresse. ... comme si terminer ton article en disant: "vous critiquez, vous êtes narcissique" était une sorte de "vengeance" un peu enfantine envers ton lectorat. Ça m'a gênée. Peut être parce que de mon travail, je suis amenée à critiquer constamment, de façon objective, parce que j'ai le devoir de corriger, faire avancer les choses, les rétablir. Et en critiquant, je suis toujours bienveillante et objective. Le terme "critique" n'est pas adapté. Dire "tu fais trop la belle", c'est pas une critique, c'est une insulte gratuite. Donc insulter,c'est être narcissique, pourquoi pas, (même si je ne suis pas tout à fait d'accord) mais les trolls ne sont pas des critiques, ce sont des insultes.

renardeau a dit…

Je suis trop content d'etre qualifié de "toxique" (ca me fait penser aux articles péremptoires des magazines féminins genre "mon male est un pervers narcissique, que faire").

Allez a plus les victimes

PS: http://www.vanityfair.fr/culture/livre/articles/bret-easton-ellis-disseque-la-generation-chochotte/15831

Anonyme a dit…

Je voulais aussi dire que oui, on peut prendre tout cela emotionnellement. cette société veut que rien nous touche mais merde, les choses "touchent", faut militer pour avoir le droit d'argumenter par "ça me touche, ça me fait de la peine" et je trouve que c'est une raison à laquelle il n'y a rien à rajouter.

C'est pour ça que j'admire Xavier Dolan, il l'avoue, il l'assume... ce que tous on essaye de cacher: que les critiques... ben merde, ouais, c'est pas facle à encaisser: fuck! Alors revenons à des modes d'exprions - pas faux-cul ni hypocrites!!!! non non, la critique est bien pour avancer- mais à prendre le temps de bien réfléchir et bien tourner et bien formuler tout ça pour créer ensemble, partager, réfléchir, avancer.... Et non blesser!

des bisous Marie!


Maude