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31.3.16

DECONSTRUCTION DE CERTAINS TRUCS TENACES

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C'est en lisant un des billets de Anne-Solange  sur le bonheur (la tournure que prend son blog d'ailleurs est vachement intéressante) que je me suis souvenue que j'avais assez envie d'aborder avec vous certaines légendes avec lesquelles je ne suis pas tout à fait d'accord et qui, je trouve, ont la dent un peu dure et ne font pas forcément du bien...

Aujourd'hui  une notion dont j'aimerais parler avec vous,  «la peur de réussir».

✔︎ On ne peut pas avoir peur de réussir, on ne peut avoir peur que d'échouer

Pendant très longtemps, quand j'analysais ma capacité stratosphérique à me tirer des balles dans le pied, je ne pouvais absolument pas penser que c'était lié, de près ou de loin, à une quelconque peur de réussir (ou de briller mais c'est du pareil au même).

C'était un non sens complet pour moi.
Peur d'échouer d'accord, dans ce cas , si on y va pas c'est parce qu'on préfère vivre dans le fantasme d'une éventuelle réussite, ça, ça pouvait encore avoir un sens pour moi, mais la trouille de réussir... Non mais restons sérieux, comment peut-on avoir peur qu'il nous arrive un truc bien?


Donc ça a été longtemps (genre 25 ans) ma pensée dominante et du coup les balles dans le pied que je me kalashais dans le pied n'étaient que le produit de ma trouille de me planter, c'est comme ça que je le voyais.

Ne pas faire les choses de peur de se planter et continuer de vivre dans le fantasme c'est l'expression de notre orgueil qui, hypertrophié, ne supporterait pas la moindre déconvenue. On a déjà abordé l'échec ici et vous savez que je porte à cette notion un regard tout à fait bienveillant.
Je le maintiens, pour réussir il faut avoir beaucoup échoué, tâtonné, failli, ré-ajusté, et souvent, ça ne suffit toujours pas. Alors on recommence, en tous cas si ça nous tient à coeur.
C'est comme ça. Il ne faut pas voir cela comme une mauvaise chose ou une chose fragilisante (il est plus utile de renforcer son égo et de ne pas y mettre trop d'enjeux personnels plutôt que d'éviter l'échec).
Bon on parlait pas de ça et puis surtout j'ai déjà abordé cette question.

Mais en fait, dixit une meuf qui a un un nombril et qui a pas mal réfléchi à tout ça, la peur de réussir existe vraiment. Mais genre vraiment. Elle a même dominé majoritairement les choix de mon existence pendant longtemps...
Dans mon cas, parce que je me suis traînée de longs mois (années mais j'ai une dignité du coup je minimise ) de loose intergalactique, je me suis rendue compte que mes coups de kalash (j'en peux plus de cette métaphore) étaient bien plus liés à ma peur de réussir, de "briller", que d'échouer. Ca j'étais habituée du coup ça ne m'effrayait pas, mais la réussite et ses conséquences, c'était une autre histoire.
J'avais peur des conséquences, des trucs que ça pouvaient provoquer... Que ça pouvait provoquer chez l'autre essentiellement.
La position de "loosse" n'est pas bien brillante pour soi mais elle ne pose pas problème pour l'autre. Dans ce cas là, nous ne sommes jamais un éventuel "danger", pour les névroses narcissiques de l'autre. Enfin pas vraiment. Si vous êtes entourés de bienveillance, de force de caractère, et de peu de névroses dans votre entourage, ce que je vous raconte dont vous sembler hallucinant.
Malheureusement, les êtres humains sont complexes et ils peuvent peut-être vous aimer mais avoir des difficultés à vous voir soit vous émanciper soit réussir.
Ce qui peut pousser des individus à prendre des décisions étranges pour ne causer aucun dommage (enfin qu'on croit...). Pire, on peut prendre des décidons, étranges, parce qu'on projette des choses chez l'autre qui peut-être n'existent même pas.
On agit sur une projection d'une projection.
Plusieurs expériences dans mon vie ont acté que "réussir" pouvait être mal vécu par les autres.
Et ça... Ca visiblement ça m'était insupportable.

Ne pas faire, ce n'est pas forcément ne pas se confronter à l'échec (perso j'm'en fous un peu, je n'ai jamais été aussi bonne que quand je m'étais violemment pété la gueule), mais ça peut aussi être ne pas se mettre dans une position valorisante.
Après les raisons sont personnelles, mais je suis maintenant convaincue que la peur de réussir est un concept qui tient vraiment la route et auquel on peut être confronté sans même, s'en apercevoir!


Je reviens vite avec une autre déconstruction d'un autre truc tenace que je trouve... un peu bébête, le concept de «bonne» et de «mauvaise» personne.

Bisous love! 

14 commentaires

Charlotte a dit…

Réflexion intéressante comme toujours.
J'ai hâte de lire ton prochain texte sur les bonnes et mauvaises personnes, je déteste tellement ces termes, cette notion.
C'est un truc qui revient toujours dans les séries US, les bonne comme les moins bonnes, et ça me fatigue tellement !!!!

amaranthe a dit…

Très intéressant en effet.
Je suis tout à fait convaincue aussi que la peur de réussir est un vrai truc, pas seulement lié à la peur d'échouer.
Il y a la peur de ce que cela renverra de nous à l'Autre, clairement, de l'évolution que son regard sur nous pourrait avoir et que cela soi négatif. Rapport au préjugé qu'on n'aime pas trop les gens qui réussissent (pourquoi eux et pas nous, pourquoi *lui* et pas moi, c'est suspect et en plus il va devenir imbuvable etc etc). Et qu'on ne veut pas être la cible de ça.
Et puis aussi je pense que dans la peur de réussir il y a ce que ça implique pour soi. Je parle professionnellement ici. Plus de responsabilité, plus d'attentes, l'obligation d'être en permanence présent, d'apporter des solutions ou autre selon le cas. Par exemple, parfois je me dis que j'aimerai bien diriger un service, manager des gens, tout ça, et ce n'est pas inaccessible mais en même temps.. je ne peux pas être "chef" par intermittence, si je le suis, il faut assumer les longues heures, les responsabilités, les doléances, les problèmes et le statut qui change. Moi ça me fait un peu peur, pas forcément par peur de ne pas être capable mais par peur de ne pas être épanouie, de ne plus avoir le luxe de se mettre sur pause.
J'imagine que ça marche aussi pour des questions de réussite type "célébrité", au-delà du regard des autres, tu as la responsabilité de ton image à gérer, l'obligation d'être en représentation constante, pas de off là non plus.
Bon bref voilà, c'était ma contribution du jour! #lafilelquiposteunefoisparan

Lucie a dit…

Il y a une autre dimension à la peur de réussir : ne pas savoir "quoi faire après" "pour quelles raisons se battre maintenant". Les gens qui ont tout d'un coup "réussi" ont en général le vertige de ne plus avoir de but.

Ashtrid a dit…

Bonjour Marie, à mon avis la peur de réussir existe sur de "triomphes" qui perdureront dans le temps, ceux qu'impliqueront un changement plus ou moins permanent, genre obtenir une promotion au boulot. Car cela implique plein de changements nouveaux qui font peur, des nouvelles responsabilités, défis, problématiques qui vont nous obliger à sortir de notre zone de confort et nous bouger les fesses pour de bon et pour la durée, et pas que pour un instant.
Aussi comme tu le soulignes si bien, le changement d'autrui. Machine va être jalouse car elle convoite le poste, bidule va râler car je vais gagner plus qu'elle, trucmuche dira que j'ai eu un "promotion canapé", et ainsi de suite. Normal, on fait quoi avec un clou qui sort plus que les autres? Bam! Coup de marteau. Je pense que la peur d'échouer n'existe pas, et que tout se réduit à la peur de réussir, mais on le déguise car il nous semble plus logique l'un que l'autre.
Dans le comptoir de psychologie à deux balles je vois la peur enfantine de bien se mener, bien se comporter, ne pas attirer l'attention, ne pas faire des bêtises, bref, l'obligation de faire ce qu'il faut, comme il faut, d'être comme les autres et surtout pas attirer l'attention, sinon les adultes cesseront de nous aimer, nous approuver, nous accepter.

Je sais pas si c'est très clair mon pavé, mais moi aussi je me questionnais depuis longtemps sur ça et j'arrive enfin à trouver des raisons qui me semblent plausibles.

velouria a dit…

C'est vrai, en lisant ton article, je viens de réfléchir à ma situation et je pense que pour moi réussir c'est vieillir un peu en fait.

Sophie a dit…

et bien en voilà une réflexion qui me parle. Et moi aussi , je pensais que tout ce que j'entreprenais inconsciemment pour me barrer la route étaient le résultat de la peur d'échouer. En réalité, c'était la peur d'avancer et de toucher le ciel comme dirait Amel bent.
La semaine dernière chez mon quelqu'un, je lui raconte ô comment je suis heureuse, là, à cet instant précis. C'était une semaine où toutes les choses que l'on a osé espèrer se matérialisent. Et je lui dis "oui mais... ( déjà ça commence mal…) c'est TROP".
Chez moi ce n'est pas l'autre le problème mais le après. Et après , une fois que mes désirs, après avoir eu la difficultés de les matérialiser et d'oser les prononcer puis les formuler et les assumer . Une fois que les désirs deviennent réalité et quand on a galère comme moi juste pour les faire siens. Il y'a quoi après?.
Bon généralement schéma général, chez moi c'est la mort. Direct,précis, efficace.
On est pas rendus….

Nadeshiko a dit…

Merci Marie, ce billet me parle beaucoup et me fait réfléchir. Il est vrai que la jalousie des gens, que la réussite peut notamment engendrer, fait peur et peut empêcher d'être soi-même...

Julie & Anthony a dit…

Ce billet m'a également fait réfléchir. Et je me retrouve complètement de dans en ce moment. j'ai peur d'échouer du coup je me cache derrière des excuses... Et en attendant le temps passe et je n'agis pas :/ Tu me remotives :)

Petits bras a dit…

Très joli article, j'aime beaucoup ta plume.. Toujours un plaisir de lire des articles. Au passage, ta dernière vidéo est super cool (oui ça fait un peu années 2000 mais bon, j'aime bien le mot cool moi), ta voix est cool aussi.
Hâte de te lire bientôt,

Petits bras

Anonyme a dit…

Bonjour.

Merci pour ton partage. Merci aussi aux autres intervenant(e)s.
Oui, moi aussi j'ai peur...de réussir ! Le regard des autres, la jalousie, la peur de grandir etc.... La liste peut être longue.
Se sentir moins seule, face à cette peur -qui peut être mal comprise par ceux qui ne la vivent pas (ou qui ne la conçoive même pas)- est déjà apaisant.
Bonne journée :-)

KaB




Anonyme a dit…

Comme c'est vrai.
Et pour moi réussir c'est forcement qu'a un moment ou un autre je vais me prendre un méchant retour de bâton. J'essaye de me dépasser de faire mieux, mais un truc dans ma tête me dit toujours " pourquoi ne te contentes tu pas de ce que tu as ? " " c'est mal de vouloir toujours plus " " Et en plus tu es une imposture à toi toute seule, c'est juste de la chance ta réussite, ensuite tu seras démasquée " " et si ta vie et trop parfaite il te tombera une grosse tuile dessus : cancer, mort .....donc faut bien échouer ailleurs " BREF. Ma vie est un enfer. Je dois aller décrocher un concours lundi prochain à Paris(j'habite Strasbourg), je ne croyais pas du tout à la valeur de mon dossier mais j'ai été sélectionnée, et du coups me dis que je vais crever dans un attentat en prenant le train car c'est PAS NORMAL que je réussisse ! je suis à deux doigts de ne pas y aller !!!!!comme ça je n'aurais pas cette promotion et mes enfants et moi on restera vivants et en bonne santé !!!! tu vois le genre ??Horreur.
Ne me remercie pas, tu sais maintenant qu'il y a 10 000 fois plus angoissée que toi. Ha Ha
Bonne journée !!
Cécile.

Laurine a dit…

C'est vrai que ce billet fait réfléchir ..... Mais ça me remotive

Emma a dit…

ce billet me parle beaucoup et me fait réfléchir. Il est vrai que la jalousie des gens et leur vie de couple, que la réussite peut notamment engendrer

vigaline france a dit…

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