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16.2.16

LE SILENCE SENTIMENTAL

adjani


( Existe-t-il une fille plus adorable qu'Adjani sur cette photo?)


(Du coup je me suis dit que j'allais maintenir le premier degré du truc en mettant Pull marine qui est une chanson que j'aime beaucoup)

Aujourd'hui billet.... billet sentimental je dirais... Enfin pas vraiment sentimental romantique mais plutôt sentimental "relations amoureuses ou assimilées".

La semaine dernière je suis tombée sur un article de Slate qui traitait du sujet ô combien essentiel "Pourquoi attendre des réponses à vos textos rend fous"?

L'article est cool, je l'ai partagé allègrement avec certaines et certains de mes potos parce que cette petite chose me parlait bien.

Notamment ce passage


“ Sur la base de nombreuses études psychologiques, ils expliquent aussi que l’absence de réponse rapide crée un sentiment de rareté, et donc de manque. Ce qui laisse de la place à toutes les questions ou explications possibles. Un principe simple: moins l’on est disponible, moins l’on donne de soi, plus l’on en devient attirant. Et répondre instantanément rend moins séduisant. Tout comme il a été prouvé que les animaux apprécient davantage la nourriture qu’on leur donne s’ils ne sont pas sûrs d’en avoir systématiquement. À ces réactions classiques, viennent s’ajouter de nouveaux usages et pratiques. Le «ghosting» (pour parler de ces gens qui ne répondent jamais) est un comportement avéré. Et nos téléphones, que nous n’avions pas il a dix ans, indiquent désormais si nous avons lu ou sommes en train d’écrire un message: vous savez ces «petites bulles anxiogènes» lorsque quelqu’un écrit une réponse. Avant parfois de renoncer. ”


Maintenant je suis dans le love et plutôt sécurisée mais il y a de ça quelques années j'ai vécu un truc assez étrange avec un mec (qui n'était pas vraiment mon mec mais plutôt un mec que je voyais parfois... Ce qui est, pour moi et non de manière générale, une petite définition du dépit. Mais je crois vous avoir déjà parlé de l'état affectif des filles qui redeviennent célibataires sur le tard... Enfin de mon état à moi en tous cas, il faut que j'arrête de généraliser c'est pas bien... Donc en ce qui me concerne, ça m'a rendu aussi objective et lucide qu'une petite pucelle romantique... C'est dire...).

Le mec était pas mal, pas de ouf, mais pas mal. L'oeil un peu vif, pas de ouf non plus mais le mariage n'était pas au bout du chemin (ici c'était un "petit cheminou" avéré et mutuel) du coup l'enjeu était quasi inexistant.
En fait, il ne me plaisait pas. Enfin pas vraiment. Enfin on s'en foutait mais malgré tout j'ai créé une mythologie autour de ça.
Il me plaisait surtout quand je n'étais pas avec lui. De loin laisse tomber, j'étais quasi love, de près j'étais très dubitative.
Et le schéma se reproduisait, de près un vague ennui, de loin "le coeur qui palpite".

WTF!

Le point fort de ce jeune homme était qu'il ne répondait pas vraiment aux textos. Le mec mystérieux qui a toujours un truc à faire et ça, ça me rendait folle. D'autant plus que j'étais pas très habituée...
J'avais prévenu, le sens de la mesure d'une pucelle sentimentale...
Folle dans tous les sens du terme d'ailleurs parce qu'en sa présence j'ai vite compris que c'était un contexte qui me plaisait mais pas lui. Enfin pas vraiment.
Je n'étais pas une victime de la situation vu que je continuais à le voir parce qu'il singeait (ou était sincère) l'éloignement et qu'en soi c'est pas super correct pour lui aussi.

Alors je n'ai pas forcément d'analyse pertinente à apporter au débat mais c'était pour dire que même si je savais que c'était le caractère spécifique de son comportement qui créait mon attachement et pas ce qu'il était intrinsèquement, j'ai trouvé que cet article de Slate résumait bien mon ressenti de l'époque.

Le problème avec cette histoire de rareté c'est que ça biaise la relation. Mon attachement s'est créé sur son apparent détachement, il était "rare", pas sa personnalité, mais bien ses interventions, du coup, s'il était rare je le pensais précieux. La réalité me rappelait vite que c'était idiot (dieu que c'était ennuyeux la plupart du temps) mais j'avais créé une mythologie dans laquelle il était bien plus que ça.
L'espace qu'il me laissait (avec ses silences) m'avait laissé toute la place pour le construire autrement.

Le plus étrange c'est qu'à chaque fois, après l'avoir vu, je me sentais "guérie" de cette imposture.
Et quelques jours plus tard (la nature a horreur du vide) bim, je refantasmais...

Il nous arrive souvent des construire des histoires qui n'en sont pas sur des mensonges que l'on se raconte à soi. J'ai plein d'histoires autant chez moi que dans mon entourage qui valident ce forcing mental.
On veut tellement, petits narcissiques que nous sommes parfois, que ça marche comme on l'a projeté , que l'on s'invente des histoires très étranges (des contes en fait)...
Des histoires qui peuvent même se construire sur le l'impalpable relationnel ultime, le silence.

Bisous love, à très vite. 

13 commentaires

Lisa a dit…

Mais c'est tellement vrai !!!

Anonyme a dit…

Pffffiouuuuuu mais Marie c'est tellement juste ce que tu écris...
Merci <3
Signé une fille qui construit régulièrement dans le vide

(madein)Faro a dit…

Cet analyse est tellement vraie putain ! (pardon pour le putain)
J'ai eu exactement la même chose il y a plusieurs mois...
Même si je savais qu'il n'y aurait jamais rien de sérieux entre lui et moi, je ne pouvais pas m'empêcher de fantasmer et de me poser 12000 questions quand il mettait du temps à répondre. C'est même le fait que je me torture l'esprit qui m'a fait me poser des questions débiles du genre : "Est-ce que je ne l'aimerais pas un peu ?", "Pourquoi ce manque si je ne l'aime pas ?"

Puis, comme toi, il n'y avait pas tellement d'étincelles quand je le voyais et surtout, il était si dispersé et indisponible que j'ai fini par arrêter de le voir. Sur le tard, même si ce n'était pas un méchant mec égoïste, j'ai trouvé qu'il y avait quand même un petit côté irrespectueux au fait de ne pas répondre.

Bref, je pense que tu as rendu service à certains de tes lecteurs avec cet article ;)

Bises,

Manon

Anonyme Amande a dit…

Je n etais pas venue depuis qq temps, trop de boulot, trop de prises internes, envie de moins d internet...
Je rattrape et me rends compte de tout ce qui s est passé ici ces derniers posts !
Je n ai pas grand chose a dire si ce n est que ton blog nous est tres precieux (je crois que je te dis ca depuis genre 6 ans !), c est surtout NOTRE tresor ;-)
Fais comme tu peux, comme tu veux, mais merci d y croire encore !

de la LOVE

Ele a dit…

C'est tellement ça. Je me faisais moi aussi des petites fixettes sur des mecs qui s'en battait pas mal de moi. Mais avec le temps j'ai appris à valoriser les mecs qui m'apportent concrètement quelque chose. Je pense ça vient en s'aimant un peu plus soi même aussi. On exige un minimum syndical d’intérêt, non?

Flo a dit…

Bonjour, je suis une de ces nombreuses lectrices "de l'ombre". Je te lis depuis plusieurs années, maintenant, tu as un talent d'écriture indéniable et constater que tu as écrit un nouveau post est toujours un plaisir. J'espère que la flamme ne s'éteindra pas.

ziloa a dit…

Ah étrange, j'ai lu le même article mais pas du tout sur slate et en anglais! Parfois je me dis que Slate France pompe certains sujets à l'étranger (j'ai déjà eu ce ressentis par le passé, mais si ça tombe ils ont des accords).
Ma source à moi c'était ici: http://nautil.us/issue/33/attraction/shell-text-me-shell-text-me-not

Marie a dit…


Lisa: : :-)

Anonyme: je t’en prie ça m’a fait du bien aussi ;-)

(madein)Faro: Comme toi, tout ce que tu décris, difficile de sortir de ses tergiversions
Bisous Manon

Amande que j’aime: Merci ma beauté <3 du love plein dans ton cou…

Ele: C’ets clair…

Flo: Oh merci ça me fait hyper plaisir :-) Je t’embrasse

ziloa: Tu as complètement raison (déjà qu’ils traduisent vachement la version anglaise sur le site français…)

ziloa a dit…

Oh tiens en fait je suis allée voir sur l'article de Slate et ils citent bien Nautil.us, le texte est référencé comme "repéré par (journaliste" puis "repéré sur..."
On mourra moins bête :p

Sunshine lili a dit…

Coucou !


Parfois, on se raconte ces histoires car on a "envie" de ressentir quelque chose. Chez moi il y avait une volonté de combler un manque. Ce n'est clairement pas des vrais sentiment, je pense que j'avais besoin d'en créer.
Je ne sais plus où j'ai lu ça mais ça me rappelle une phrase qui dit qu'on est "amoureux de l'idée d'être amoureux".

C'est ce que m'évoque ton billet.

Je n'ai pas laissé commentaire sur les posts où tu questionnais ton blog, tout avait été dit. Putain: c'est typiquement pour ces articles que j'aime ton blog !
Tu réveille des sentiments, du vécu, pointe des looses ou des petits bonheurs ...

Bises la chic fille, ravie de te re-lire si régulièrement !

The last but not least a dit…

Coucou Marie,
Comme le dit Sunshine Lili, on est amoureux de l'idée d'être amoureux. Je vis un truc en ce moment qui me rend dingue. Je vois un mec depuis le début de l'année. En fait c'est le kiné chez qui j'allais cet été. THE fantasme quoi. J'ai passé l'épreuve on couche ensemble avec une boule au ventre: ça y est, maintenant qu'il m'a eue dans son lit il va disparaitre (oui j'ai une très haute estime de moi). Il n'a pas disparu, on a continué à se voir. Et lui pour le coup ce n'est pas du tout un mec téléphone, sms et compagnie, mais alors PAS du tout. Moi qui aie mon téléphone limite greffé dans la main, ça m'a donné des sueurs froides. T'imagine, 3 jours sans un seul texto? Ou des fois en pleine conversation par sms pouf! il ne répond plus. L'angoisse. Il est espagnol, et part quasiment tous les week end là bas. Résultat, on se voit une fois par semaine, voir deux grand maximum. Et comme je n'arrivais pas à savoir ce qu'il voulait, j'ai fini par mettre les pieds dans le plat en lui demandant 'et nous?'. La réponse m'a mise K.O. Il est très content de me voir comme ça, il ne veut pas de couple, le 'nous' lui coupe sa liberté, et d'ailleurs comment je peux savoir, moi que je veux me mettre en couple avec lui alors que ça fait un mois qu'on se voit? Et puis personne n'appartient à personne. Et puis mettre une étiquette sur une relation, ça tue la relation, ça enlève tout le piment, blablabla...
Donc je suis tentée entre me dire qu'il n'a pas tort après tout, que se voir sans qu'il y ait d'obligation rend la chose bien plus agréable, et me dire que je ne suis qu'une pauvre fille qui ramasse les miettes, qui accepte la pseudo relation par dépit comme tu dis si bien.
Finalement, ce qui me plait chez lui, c'est qu'il se suffit à lui-même, qu'il a choisi sa solitude au lieu de la subir, contrairement à moi, qui suis persuadée de ne pouvoir vivre qu'au travers de l'Autre.
Je suis dans la merde, on est d'accord.

Goelen a dit…

Marie, comme souvent tes mots font tilt dans mon petit cerveau embrumé par les questions et les contradictions :-)
Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis.
Il y a des moments où je me demande si tout ça ce n'est pas juste pour ressentir quelquechose car je trouve ça assez triste de ne palpiter pour personne (même sans que ce soit une grande rencontre).

De manière générale, j'ai beaucoup de mal avec le silence quand il m'est imposé (j'en ai même parlé là : http://soundofwords.tumblr.com/) même si en fin de compte il permet de réfléchir et donc d'avancer.

Ton écriture et tes propos me manqueront si un jour ton blog s'arrête mais un grand merci déjà pour ces quelques années.
Je n'ai pas commenté à chaque fois, la faute à la pudeur ou la timidité, mais tes réflexions ont souvent mis le doigt sur quelque chose que je ne définissais pas.
Alors merci, sincèrement.
Bises
Et puis buffy forever alors bon

roussecarpette a dit…

le petit commentaire tardif...
hyper réaliste comme analyse, l absence laisse beaucoup de place au
fantasme (pas sexuel on est d’accord,quoi que ça en fait partie aussi!),on investi plus ou moins cette personne avec des émotions fondées en grande partie dessus.
Je pense qu on est pas tous égaux devant ce genre "d auto supercherie", nos histoires personnelles y sont pour beaucoup, et c est toujours assez étonnant la phase d indifférence totale qui suit.