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12.11.15

REFLEXIONS AUTOUR DE L'ÉCHEC

ryan mcginley

Photo, encore et encore de Ryan McGinley 




Ca fait des années que j'ai ce post dans un coin de ma tête et que j'ai jamais pris le temps de l'écrire. J'ai pas forcément plus d'idée aujourd'hui, mais en écrivant ça va peut-être venir.

J'aimerais vous parler de l'échec aujourd'hui. Plus précismeent de la valeur pédagogique de l'échec et du regard que j'ai appris à porter dessus.

Je vous renvoie, au post assez récent d'Eléonore Bridge sur cette même question. Nous n'avons strictement pas la même histoire avec l'échec mais lire son expérience a été un bon boost pour moi pour enfin aborder cette notion, finalement chère à mon coeur.

Post RTT les copains où je vais vous raconter ma vie, notamment un des échecs que j'ai vécus avec le plus de dureté et surtout je vais vous dire ce que cela m'a apporté.

Il parait que pour réussir il faut "doubler son taux d'échec".

Mais dans la réalité des faits, l''hypothèse même de l'échec est ce qui paralyse le plus. Comme si l'échec était révélateur de notre valeur même. Un bon c'est quelqu'un qui n'échoue pas. Un mauvais si. J'avais la naïveté de croire que c'était simple comme ça.

Jusqu'à 29 ans j'avais un rapport paralysé à l'échec. Je n'entreprenais que des choses que j'étais sûre de réussir, par peur d'être complètement bloquée face à un éventuel échec.

Je ne déambulais que dans ma zone de confort (ce qui est encore assez vrai maintenant et je le déplore mais je reste convaincue que, même si ça peut être un événement "violent", le plantage reste une des meilleures choses qui peut nous arriver).

Il y a plusieurs années, j'ai entrepris l'été de diriger ma première "vraie et grosse colonie de vacances".

J'avais déjà dirigé des petites structures, mais là, 3 semaines, 90 gamins, 2 adjoints, une quinzaine d'animateurs, une équipe technique importante, une dizaine de personnes (qui avait pour la plupart, le double de mon âge)... ça commençait à faire beaucoup de gens et j'avais envie de voir que j'étais capable de le faire.
Pour ceux qui n'ont jamais bossé en colo, il y a une hiérarchie de responsabilités, comme partout quoi. Le directeur c'est le chef, c'est à dire que si ça se passe mal, même en cuisine alors qu'il n'y connaît rien, il est responsable. Obligation de moyens mais pas systématiquement de résultats, mais tout de même, les mômes, ça crispe un peu, c'est un peu LE truc précieux dont tu dois t'assurer qu'il est en totale sécurité...
Bref, avec ma petite (lolilol) tendance à l'angoisse, j'avais complètement négligé l'impact que cette expérience aurait sur moi.
J'ai péché par arrogance, je ne voulais pas savoir si j'en étais capable j'en étais sûre quand j'ai abordé cet été là. Alors que je n'en étais pas capable (en tous cas "pas encore").

Je formais des animateurs et des directeurs depuis plusieurs années, donc en gros, je me voyais comme capable de tout gérer et surtout n'importe quelle équipe (l'équipe c'est un peu le nerf de la guerre, quand tu la drive bien, c'est très tranquille pour toi... Sinon, c'est la mort sa race...).
Bon c'est très anecdotique finalement comme contexte, la colo mais comme c'est là que ça c'est passé je vous raconte un peu des trucs vaguement techniques.

J'ai fait TOUTES les erreurs possibles sur cette colo. Absolument toutes:

- Un degré d'exigence trop élevé au vu de mon investissement initial et de ma préparation
- J'ai angoissé mon équipe.
- Un relationnel déplorable.
- J'ai pas recruté mon équipe (ce qui est la base comme dans n'importe quel taf) vu que j'étais sûre de savoir gérer n'importe quoi (... La petite prétentieuse que je suis, a bien été rattrapée par la réalité, t'inquiète! )
- J'ai oublié de faire des trucs élémentaires en animation
- J'avais peur que les gamins meurent (ouais c'est compliqué), alors je surprotégeais les mômes...

Et j'ai tout eu:

- Fugues d'enfants (plus grand moment de solitude et de panique de ma vie)
- Equipe pédagogique dissidente et fin énervée
- Plaintes d'enfants contre un animateur
- Animateurs bourrés...


3 semaines. 3 semaines à dormir 3 heures par nuit, à pleurer TOUS LES JOURS dans ma chambre avant de dormir, 3 semaines à remonter l'équipe, à chercher ce que j'avais pas bien fait, à me remettre en permanence en question. 3 semaines à lutter contre moi-même pour ne pas me barrer et disparaître.
J'ai mis 2 mois à m'en remettre, et n'ai pas fait de colo pendant 2 ans après celle-ci alors que j'adorais ça.

Le plus grand échec de ma vie alors même que je pensais être en terrain conquis.

Mais (ouais sinon ce post n'aurait aucune utilité) cette expérience m'a appris à devenir directrice. Avant je ne l'étais pas. Avant je singeais un truc alors même que je n'avais pas été confrontée au nerf de la guerre.

Mon ami Karim m'a un jour expliqué qu'une personne bonne en technique, genre Photoshop, c'était quelqu'un qui avait été confronté à toutes les erreurs et qui avait été capable de les résoudre.
C'est ça la compétence, ça n'a rien à voir avec le talent ou une fluidité d'action, c'est gérer tous les problèmes après les avoir tous rencontrés.

Comment être bon autrement que comme ça.

Cette expérience a été la plus importante dans mon rapport au travail.

J'en parle toujours comme de ma plus grande chance. Et je vous jure que je le pense. Toutes les erreurs commises pendant ces 3 semaines là (vu que j'en avais fait un paquet et c'est pas fini), la violence que j'ai ressentie, mon incompétence totale, mon orgueil, ma naïveté, ma honte (putain j'avais honte d'avoir fait autant la maligne et de me retrouver à chouiner comme une gamine dans ma piaule), mon angoisse totale face à l'hypothétique drame parce que j'avais merdé sont les éléments qui m'ont le plus appris.
Plus jamais ces choses ne me sont arrivées.
J'ai compris en me pétant violemment la gueule et suis devenue, depuis, une fevernte défenseuse de l'échec.

J'étais une môme qui pensait que les VRAIS bons n'échouent jamais, que la réussite ne nécessite pas d'étapes antérieures, qu'elle est un processus fluide et sans heurt.

La réussite (ou semi-réussite) n'est pas une chance (elle peut mais c'est exceptionnel), c'est une répétition d'échecs. Et c'est pas grave. Et ca veut pas dire que t'es nulle, ça veut juste dire qu'il faut vraiment doubler, peut-être même tripler ton taux d'échec.

Je vous parle beaucoup ici de mes travers (c'est peu dire) pas parce que je ne suis constituée que de ça non, je suis aussi forte que les autres (enfin pas tout le temps mais quand même je ne suis pas un petit oisillon tremblotant) mais je ne suis pas que ça.

Je vous parle de mes ratés et échecs parce que j'en ai pas honte. Mes échecs ne définissent pas ce que je suis intrinsèquement, non, ils sont des étapes.
Je crois même que c'est depuis que j'ai vu à quel point il y'avait un lien entre l'échec et l'évolution que je le vis maintenant comme une chance.

Il faut pas avoir peur de l'échec, la seule chose qu'il faut c'est une confiance en soi importante pour être capable de ne pas se laisser dévorer par son échec (ne pas croire qu'un échec est la valeur que l'on a, c'est tout bonnement absurde... Je le fais parfois encore mais c'est de la paresse intellectuelle de penser comme ça, il ne faut pas glisser vers ce genre de pensée). Et ne pas se laisser dévorer par son échec c'est se donner l'occasion d'analyser les dysfonctionnements (qui ont conduits à cet échec) et optimiser ses pratiques.
Un échec c'est une chance de faire mieux, c'est tout ce que c'est.
Un échec, c'est se rapprocher un peu plus de sa réussite.

Ne vous laissez pas intimider par la réussite des autres, les autres ne disent pas si souvent qu'ils se sont galéré avant d'en arriver là, ils font comme si c'était facile, parce que ça a plus de panache de faire comme si c'était facile.
Mais du coup, toi (ou moi) si ça te prend plus de temps, si tu stagnes, si tu n'y arrives pas, si ça te demande des efforts, tu dis que tu n'y arriveras pas... C'est faux. Si les autres ne parlent pas de leurs efforts ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas eu à en fournir.

L'occasion de vous placer une des phrases le plus importantes pour moi "À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire".

T'as vraiment envie de ne pas ressentir la gloire toi (pas l'orgueil, la gloire "genre le kiff total" pas la gloire de la célébrité, non, celle de soi à soi) tu préfères avoir un coup de bol? Tu penses que tu la vivrais avec autant de force ta réussite?
Moi non, je veux pas de ça, pas de la chance parce que la chance j'y peux rien, très mauvaise idée de compter là-dessus.

Comme toujours, je serais curieuse de savoir ce que vous en pensez.

Voilà, je vous embrasse et vous dis à très vite


24 commentaires

AmélieA a dit…

Pfiou Marie, comment tu fais pour être aussi juste. J'ai même envie d'imprimer ton article et le foutre sous le nez de ma psy qui me suit depuis 10 mois et lui dire: c'est pas compliqué non?, pourquoi tu ne me dis pas ça toi? pourquoi tu ne me rassures pas plus? Parce que, oui la lecture des tes articles m'aident plus que les 40 balles que je claque toutes les semaines... et que oui, j'ai clairement un rapport à l'échec défaillant... (je rentre pas dans les détails,ce serait trop long, puis j'ennuierais tout le monde, ;) )
Merci Marie. Merci d'être là depuis toutes ces années. Ton blog et toi m'aident à mieux structurer mon esprit.
Love, love, love...

Margaux a dit…

Ce post est en totale adéquation avec mon actualité du moment ! Je suis en train de passer mon permis, je l'ai passé deux fois, à chaque fois j'ai échoué car je me mettais moi-même dans l'échec (genre j'ai fait des fautes ENORMES que je ne faisais habituellement pas en cours de conduite, comme si je voulais le louper). Du coup je suis un peu dans une spirale de l'échec là, dans un cercle vicieux, je suis persuadée que je n'y arriverai jamais. Je viens de commencer une thérapie EMDR (thérapie par le mouvement des yeux, qui consiste à "reprogrammer" notre cerveau en séparant un souvenir des émotions négatives qu'on y a associées). La psy m'a justement parlé de ce "niveau d'exigence trop élevé". Ton post est super intéressant et m'a fait beaucoup de bien, du coup. Bravo à toi, c'est une vraie force de tirer parti de ses échecs.

Anne (Micheline) a dit…

Décidément, il y a une mode en ce moment ! ^^ Et c'est super ! Valorisons l'échec !!

Il y a le Marché Parlé de Navo sur ce sujet (qui dit, en gros, se lancer c'est se planter, et c'est très bien) : https://soundcloud.com/radionavo/marche-parle-5-bien-sur-que-tu-vas-rater

Et puis moi aussi j'en ai parlé sur mon blog :
http://naiepaspeurmicheline.blogspot.fr/2015/10/la-mise-en-pratique-de-lechec.html

Des bisous !

Anne (Micheline) a dit…

Et @Margaux : moi aussi, j'ai fait une faute ridiculement énorme la première fois que j'ai passé le permis !! C'était mon premier VRAI échec... Dur à encaisser, mais ça m'a marqué !! Le fait de l'avoir la deuxième fois a été encore plus savouré que le bac (par exemple...)

Charlotte a dit…

J'avais beaucoup aimé l'article d'Eléonore Bridge sur le sujet et j'aime tout autant le tien !
Je trouve la définition de ton ami Karim "une personne bonne en technique, genre Photoshop, c'était quelqu'un qui avait été confronté à toutes les erreurs et qui avait été capable de les résoudre" très juste.
Pour l'instant je n'arrive pas à me motiver à ma sortie de ma zone de confort comme tu dis, au niveau professionnel.
La peur de l'échec y est pour quelque chose c'est certain, mais j'y travaille petit à petit.. et lire ce genre d'article fait du bien.

Laurence G a dit…

Hello Marie,

Comment te dire... Je peux t'embrasser ?! Merci de partager ça avec nous, avec beaucoup de justesse, d'humilité sans renier ta confiance en toi et ton égo. Je crois que c'est très culturel encore une fois, dans les pays anglo-saxons l'échec a toujours été valorisé, apprécié à sa juste valeur. Celui qui échoue, c'est celui qui a eu le mérite d'essayer, qui apprend, qui n'a pas eu peur de viser haut et de dépasser ses limites... En France c'est un gros looser, un raté.

Je viens de vivre l'un des plus gros échecs de ma vie (un projet entrepreneurial qui n'a pas abouti), et je réalise que jusque là les choses avaient été plutôt "faciles". C'est intéressant car c'est dans les moments difficiles que l'on apprend vraiment à se connaître, que l'on touche du doigt nos limites. Ça fait très mal à l'égo, mais ça permet d'avancer, et même si je sais au fond de moi que l'échec est bénéfique, je dois me le répéter plusieurs fois par jour pour ne pas perdre toute la confiance en soi qu'il me reste (surtout quand je sors d'un entretien d'embauche face à un connard, qui me demande ce que j'ai foutu ces 2 dernières années - Je te confirme que l'échec est très mal perçu en entreprise !)
Donc merci pour cet article, car c'est grâce à des témoignages comme le tien et celui d'Éléonore que l'on fait bouger les mentalités ;)
D'ailleurs j'ai très envie de lire ce livre qui parle des bénéfices de l'échec : http://www.amazon.fr/Very-Good-Lives-Importance-Imagination/dp/1408706784/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1447342015&sr=8-1&keywords=very+good+lives

Ah, et perdre un enfant c'est le truc le plus horrible qui peut arriver ! Mon fils une fois a pris la mouche dans un parc, et s'est barré... je peux t'assurer que j'ai vécu les 45min les plus horribles de toute ma vie. Donc avoir la responsabilité de 90 mômes, respect Marie ;)

Lucie a dit…

Perso c'est les échecs scolaires que j'ai enchaîné (triplé mon bac, quintuplé mon bts...) et à force j'ai appris à prendre l'échec pour ce qu'il est : une des 2 issues possibles à l'aboutissement d'un projet.
Mais de ce que tu as écris, je retire (me concernant) que je n'ai jamais cherché à comprendre d'où viennent mes échecs, et je commence même à me demander si je n'ai pas évité inconsciemment d'y penser. Je serais finalement quelqu'un qui fait semblant de gérer l'échec, par obligation, mais qui n'en retire rien de précis parce qu'au fond je me dis que je n'ai pas réussi parce que je n'avais pas les capacités pour... on en revient donc au jugement de valeur, et donc tu remets tout en question chez moi à ce sujet tout d'un coup...
heureusement que t'es là, je te jure ;) bises

The last but not least a dit…

Merci encore une fois Marie!
Je suis totalement paralysée non pas par l'échec, mais par la peur de l'échec..Résultat, je préfère me dire que je suis capable de faire quelque chose, mais surtout surtout ne jamais le faire hein, je risquerais de m'apercevoir que je n'en suis pas capable! Donc je reste au stade du fantasme, et je ne fais rien de ma vie alors qu'il y a tellement de choses que j'aimerais faire. Ma dernière claque en date c'est quand j'ai fait développer des photos prises avec un appareil type lomographie, parce que je me la pète avec mes photos instagram, alors je me suis dit que j'allais avoir le même résultat. Ahahahahahahah. La cruche. Ben ouais avec instagram on se prend tous pour des photographes. Sauf qu'en vrai c'est pas aussi simple! J'ai ouvert plusieurs fois le boitier alors que la pellicule était pas rembobinée, j'en ai pleuré de rage, j'ai eu des résultats horribles. J'ai dépensé beaucoup d'argent, j'ai abandonné très vite, j'ai recommencé, j'ai encore raté mon coup. J'ai failli tout envoyer balader. Et puis finalement, j'ai beaucoup discuté avec des pros, j'ai écumé les forums, j'ai pris des infos à droite à gauche. Ma dernière pellicule n'était pas parfaite, mais il y avait du mieux. Et le plus important, mon envie est toujours là, alors au lieu de chouiner et d'enrager en allant voir des photos de malade sur internet, je continue, en avançant tout doucement. En apprenant de mes ECHECS.
Bise :)

Helene a dit…

Bonjour Marie
Ton article est très bien écrit et complètement juste. En tous cas il résonne en moi. Je suis instit et j'ai beaucoup appris de mes premières annees d'enseignement qui étaient a chier, il faut bien l'admettre. J'ai fait un stage catastrophique dans une école difficile, ou j'avais du mal à gérer les élèves. En plus la directrice était barge et j'ai eu droit à des remarques sur mon "incompétence" qui m'ont enlevé toute ma confiance en moi. Ma première annee a été compliquée aussi, probleme de gestion des eleves, du boulot... Et pareil des remarques, tout sauf constructives, de la part de collègues. Bref, j'ai fini sous somnifères et a bout de nerfs. Mais, avec du recul, je suis ressortie beaucoup plus forte et plus sûre de moi qu'au debut. J'ai appris de mes erreurs: je sais maintenant gérer mes eleves, je bosse plus efficacement, et je n'hésite pas a m'affirmer face à mes collègues. J'ai gagné confiance face aux collègues/parents/eleves/supérieurs hiérarchiques... Que du positif finalement.
Et comme je le dis aux eleves, faire des erreurs ce n'est pas grave, et c'est meme normal quand on apprend!
Bisous

Sophie - Boudu Toulouse a dit…

Merci Marie. Vraiment.
Je crois que j'avais besoin de lire ça, surtout en ce moment. Faire le choix de la non-facilité dans la construction de sa vie implique de nombreuses phases d'échec. Parfois, c'est dur à gérer. Et c'est dans ces moments-là que nous avons besoin de lire des choses comme ça. J'ai envoyé ton article à mes deux "associés" - trop pompeux ce mot mais je n'en ai pas trouvé d'autres.
Encore merci.
Sophie

Amandine a dit…

Bonjour Marie et merci pour ce post qui s'aligne complètement la philosophie que j'essaye d'adopter en ce moment.
Pas évident lorsque l'on a du mal avec l'échec et que l'on aborde ça comme une fin en soi. Alors qu'en fait c'est juste une expérience, parmi d'autres. Ca ne remet pas en cause l'intégralité de qui tu es et ce que tu vaux. Alors dit comme ça, ça paraît super easy, mais en réalité l'autre jour quand j'ai servi de pushing ball à mes homologues italiennes alors que je venais en terrain conquis (bah quoi je représente la maison-mère, non mais oh...), j'avais juste envie de pleurer comme un bébé et de leur cirer "LEAVE ME ALONE". Mais à la place j'ai pris sur moi et je me suis dit que "c'était juste une expérience". Avec tout ce qu'il y avait de mauvais, certes, mais une expérience qui me permettrait de ne pas refaire les mêmes erreurs par la suite.

Par chance pour le moment je ne connais que des bébés échecs du haut de ma vingtaine mais en adoptant cette façon de voir les choses j'espère pouvoir anticiper le jour où je me prendrai un bon gros échec.

A bientôt Marie et encore merci !

louloucitron a dit…

Je suis une petite fille de 10 ans, bonne élève, gentille, douce. Je pense que le monde est bon et que tout ira toujours bien car ma mère me protège.
J'apprends la danse classique et le piano car c'est ce que font les petites filles modèles.
Je vois bien que je suis un peu trop grande et les genoux un peu trop en dedans pour être la meilleure du cours mais je veux faire des efforts.
Et puis en fin d'année, l'examen pour passer en classe supérieure arrive. Et je dois redoubler, car je n'ai pas le corps principalement et parce que je danse devant les examinateurs pétrifiée par l'échec qui est possible pour la première fois dans ma vie.

De cet épisode, je tire quelques leçons, d'abord je n'ai jamais arrêté la danse (j'ai 28 ans), c'est devenu essentiel dans ma vie et le plaisir de danser sans être jugée est très grand.
Je suis aussi persuadée qu'il est bon de ne pas être trop bon, parce que ça apprend la persévérance et l'humilité. Et paradoxalement ça donne confiance d'échouer.

Sophie - Playfully a dit…

Bonjour, Je suis arrivée par hasard ici et c'est avec grand plaisir. Merci pour ce beau témoignage. J'ai connu un échec professionnel il y a qqs années mais... Ca n'était pas vraiment un échec ! J'ai en fait beaucoup appris sur moi-même, mes envies etc... Le fait de sortir de sa zone de confort me parle beaucoup aujourd'hui car c'est ce que j'essaye de faire. Pas facile du tout, donc encore en progrès ;-) Au plaisir de vous relire.

Maud a dit…

En fait j'ai juste envie de pleurer en lisant ton texte... car je ressens exactement ça fasse à l'échec; je le prend dans la tronche , je m'effondre et c'est tout... et c'est dure de reprendre le dessus.

Je compare aussi mes échecs aux réussites des autres, très mauvais car ça me conforte dans ma prétendue nullité.

la zone de confort, idem, je me dis que je n'ai pas le courage d'affronter l'inconnu par peur de l’échec pourtant Dieu sait que j'ai envie d'autre chose.

bref ces trois points cumulés= spirale infernale de l’échec stérile. Et je suis en plein dedans :(

alors ton texte il me fait du bien et me donne envie de pleurer et de reprendre le dessus sur ma vie.

Merci

Mentalo a dit…

On apprend tellement plus de nos échecs que de nos réussites. La première, et d'ailleurs tu le fais progressivement (inconsciemment?) dans ton texte, c'est de dépasser le terme "échec" pour le remplacer avantageusement par "expérience".

cash cash a dit…

Ca me fait penser à cette phrase de Miles Davis:
"N'ayez pas peur des erreurs - Il n'en existe pas."

Ou cette autre de Colette:
"Vous allez faire des choses stupides, mais faites-les avec enthousiasme!"

Bisouxx

dominique a dit…

Bonjour Marie,
Ton article me fait penser à l'ouvrage d'Herman Melville " le bonheur dans l'échec" mais peut-être l'as tu lu? D'un réconfort absolu,

Carole Sternicha a dit…

c'est bien vu. il faut aussi avoir l'éducation et l'entourage qui te permette de te relever et d'apprendre de tes erreurs. Parfois c'est plus compliqué. J'ai trouvé ça aussi sur un blog (café mode?)
https://youtu.be/j9I95BJsINc
c'est assez instructif. comment s'en remettre ?
Mais sinon oui, apprendre de ses échecs est très formateur et permet de réussir, quel que soit son but. Et surtout ne rien regretter. ça aussi ça paralyse.

Anonyme Amande a dit…

Ca me fait trop plaisir de lire ceci aujourd hui, car je reviens d un gros voyage en asie ou j ai du faire des presentations a des directeurs tres impressionnants pour mon boulot, et malgre l habituelle apprehension cela s est BIEN passé.
Et si ca c est bien passé, c est parce qu il y a quelques annees au Mexique, sure de moi, de mon charisme naturel (mdr), j ai vecu le pire moment de solitude de ma vie, a presenter un fichier de 50 pages, que je n avais pas realise moi meme, et que j avais a peine regarde - devant une assemblee de 20 personnes qui m ont prise pour une imposture et une bille en anglais (j avais tellement perdu mes moyens que je n arrivais meme plus a retrouver mon vocabulaire !).
C est bien moins grave et sressant que ce que tu as vecu, mais c est exactement le meme processus, celui qui fait qu aujourd hui j arrive toujours avec MA presentation, que je l ai repete et calcule 50x avant, non sans avoir lu et regarde rien que des trucs anglais pour me refamiliariser avec l anglais avant de partir !

Plein de bisous !

mirabelle a dit…

comme l'a dit une autre avant moi, j'ai envie de l'imprimer cet article, et même, de le faire lire à un "petit" gars que je connais (12 ans le môme) pour lui expliquer avec d'autres mots qui ne sont pas les miens ce que c'est aussi que la vie, que ne pas réussir un truc du premier coup ça vaut pas dire qu'on est pas bon, ça veut juste dire qu'il faut essayer une autre fois, au moins une autre.... et avancer comme ça...
Merci Marie, un grand merci, vraiment...

Anonyme a dit…

moi c ' est les gents qui m ont mis des battons dans les roue .

anne sb a dit…

Hello Marie et aussi bonjour à ton ami Karim qui dit souvent des choses extrêmement justes! :)
Ton post me parle et ô combien! Je suis anxieuse et perfectionniste de nature (la combinaison fait rêver...), apprendre à gérer les échecs et se considérer avec bienveillance, c'est un challenge au quotidien.
Et même si, parfois, je suis fatiguée d'être moi-même, je ne voudrais pas changer de peau...
Des biz

Peggy L a dit…

cet article la va vraiment m'etre tres utile pour mon chéri qui bloque depuis des années sur son permis, il a raté trois fois le code, et il n'arrive plus a se remettre en selle pour continuer il flippe tellement il part dejà perdant...
moi par miracle ou Chance je n'ai pas connu l'echec scolaire ou pro ( ou pas encore ), et du coup je n'arrivai pas a trouver les Bons mots pour le rebooster, la ca peut etre m'aider a lui faire voir les choses Sous un autre angle.

Noellgr a dit…

Cette semaine, j'ai mangé pour la première fois seule au restaurant , et j'ai pensé à toi :)