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3.11.15

THE TRUE COST

h&m



Ca fait une éternité qu'on a pas parlé de mode ici.
On ne va pas vraiment parler de look rapport que je me sape toujours pareil, ça en est fatigant cette histoire,  mais plutôt du documentaire The True Cost sur le quel je suis tombée sur Netflix.

The True Cost s'interroge sur l'impact humaine et écologique du marché de la mode et je vous conseille vivement de le regarder. C'est instructif et en terme prise de conscience cette petite chose est très très efficace.

H&M, Zara, Primark, les prix ridiculement bas de la fast fashion sont déconstruits pour nous montrer à quel point, il y a un vrai coût pour que je puisse m'acheter un t-shirt à 4 euros. Je me cachais plus ou moins les yeux pendant un certain nombre d'années parce que le vrai coût, au bout du compte, ce n'était pas moi qui le payais. Et puis c'était loin, et puis il y avait d'autres discours nous expliquant qu'après tout oui, les employés (essentiellement féminines) du textile étaient mal payés, mais c'était toujours mieux que rien (la condescendance occidentale n'a aucune limite), que notre société est par essence de consommation et donc, pour être une "bonne personne" de ce monde là, il faut y adhérer...
J'ai entendu ou dit ces choses là.

The True Cost montre, explique, fait parler les gens, réfléchit, rien de nouveau sous le soleil en vrai, je n'y ai rien découvert mais je sais pas... Cette fois sur moi ça a pris, parce que j'ai vu les yeux des gens, la manière dont les femmes avaient fabriqué mes t-shirts pas chers que j'ai achetés pour m'appauvrir un peu plus et permettre leur exploitation, et d'un  coup j'ai eu un peu honte. Non pas un peu. Honte tout court, la honte est bénéfique dans ce cas là vous noterez!

J'ai consommé beaucoup, j'ai largement eu ma part et je ne vais pas continuer à faire semblant que je ne sais pas, que je m'en fous, que c'est pas moi le pire (quel argument tout pété), que ça changera rien de toutes les façons...

Je voyais une fille parler, une ouvrière du textile d'une usine au Bangladesh, et pour la première fois de manière aussi claire, je voyais que cette fille ça aurait pu être moi.
Les géants de la fast fashion font baisser les prix à un point inimaginable, les chefs d'atelier qui veulent garder leurs contrats acceptent, diminuent les salaires des employés qui, dans certains cas, s'ils résistent peuvent être battus, et qui se retrouvent à devoir accepter l'inacceptable juste parce que moi, je ne peux pas me tenir et continue à acheter encore et encore... Des choses accumulées qui en plus ne m'apportent rien de bien dans ma vie, en tous cas rien qui s'approche à du mieux-être.

Bien sûr que j'enfonce des portes ouvertes, vous savez tous déjà ces choses là, certains ont même déjà agi en fonction, mais moi The True Cost m'a donné la possibilité de ne plus faire genre je me cache et j'ignore le véritable prix des choses que j'achète quand je vais chez H&M.

Bref, du coup j'y vais plus, et quand je sens que je faiblis, je revois le regard des femmes dans les ateliers et ça me calme bien.
Donc je ne veux plus acheter de fast fashion, alors je rentre plus dans les boutiques pas encore tout à fait sûre d'être capable de tenir à long terme (vu qu'en fait, toutes les boutiques en ligne sont aussi concernées par cette problématique)... Mais en vrai, j'ai déjà largement abuser du système pour pas me sentir concernée... Emmaüs et la fripe sont mes uniques amis pour le moment mais je vous retiendrai au courant.


Allez salut, bisous smack sur ton cou

16 commentaires

Anne (Micheline) a dit…

On peut le voir que sur Netflix ce documentaire ? Parce que c'est aussi une problématique à laquelle je pense beaucoup...
Sinon, je crois qu'à part les friperies etc (qui sont de super alternatives) il faut mettre le prix pour avoir de la qualité faite de façon décente et qu'on gardera longtemps (donc : écolo et éthique)
Il y a le blog que Coline avait conseillé sur son Share a Square : http://www.happynewgreen.com/ qui est plutôt bien foutu !

Lucie a dit…

Ce dont on parle peu c'est que certaines marques moins low cost, font exactement la même chose au début de la chaîne de fabrication pour se faire un plus gros bénéfice. Pour un manteau à 120€, c'est l'enseigne qui s'enrichie avec 100€ de marge, et il ne reste que 20€ pour"les autres". C'est pas parce que c'est plus cher que le salaire des petites mains qui l'ont fabriqué est meilleur. Mais comme c'est moins flagrant, moins facile à repérer et prouver, on ne connait pas ces marques.
J'en profite aussi pour dire qu'on parle souvent des fringues, et rarement des chaussures, alors que c'est le même délire.
Ne pas consommer n'est peut être pas la solution, mais consommer en sélectionnant me paraît plus juste. Parce qu'il y a des marques qui se respectent quand même ;)
bisous

ziloa a dit…

Salut Marie,
Merci pur ce post, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup!
Sans vouloir casser le propos - du tout! - quelque chose me chiffonne à propos de cette émission (mais je ne me base que sur ton post car je suis au boulot et ne peut pas la regarder avant ce soir): pourquoi est-ce que ça tape surtout sur les géants de la fast fashion? Moi ça me sidère d'apprendre que Versace est moins éthique que HM par exemple... Pour moi ces émissions qui tapent sur les grand groupe c'est pour qu'on oublie de regarder ailleurs + entretenir l'idée que les habits chers signifient habits éthiques.

En Belgique nous avons l'asbl Achact (clean clothe campaign) qui réalise plus ou moins tous les deux ans un audit sur les marques présentes dans mon pays et c'est vachement intéressant à lire, surtout quand on se demande "comment" consommer une fois qu'on est au courant des problèmes (les réponses sont minces quand on à un budget riquiqui comme le mien, mais du coup j'achète moins, je contrôle beaucoup la matière première et je vais privilégier le t-shirt "conscious" plutôt que l'autre en me disant que même si c'est une goute d'eau, j'envoie un "signal" à la marque).

Application mobile Fair Fashion: http://www.achact.be/Archives-events-34.htm

Dossier 2014 Achact http://www.achact.be/upload/files/Devenez_achACTEURS_2014.pdf

Exemples issus de ce rapport:
H&M: Depuis fin 2013, H&M a redoublé d’efforts et a fait part de son soutien à un « salaire vital équitable ». Toutefois, un référentiel de salaire vital manque encore à sa stratégie. Les augmentations de salaire actuellement possibles grâce aux négociations chez les fournisseurs, lorsque le point de départ n’est qu’une fraction du montant nécessaire, ne permettront pas d’atteindre le niveau du salaire vital qui permet de nourrir et de faire vivre une famille. L’autre élément de la stratégie de H&M (le renforcement des capacités chez les fournisseurs, la promotion d’une révision à la hausse du salaire minimum, et un ajustement des pratiques d’achat) peut aider, mais l’engagement envers un référentiel de salaire vital est la prochaine étape à réaliser pour faire du salaire vital une réalité

Gucci: Gucci affirme produire 100 % de sa marchandise en Italie où,
selon lui, les droits sont respectés. Au côté de 400 fournisseurs
directs, l’entreprise a cependant plus de 3 000 fournisseurs
sous-traitants. Des enquêtes ont par le passé révélé que certains produits Gucci (uniformes des employés) étaient confectionnés en Turquie. Nous ne voyons pas clairement quelle politique l’entreprise met en œuvre afin de faire respecter les droits sur ces lieux de travail. Une simple déclaration dans un document de principe ne suffit pas.

Esprit: Un autre géant international : Esprit possède plus de 1 000 magasins à travers le monde et emploie directement plus de 10 000 personnes. Son chiffre d’affaires annuel dépasse les €2,3 milliards.
Pourtant l’entreprise n’a qu’un aperçu très limité de ses filières d’approvisionnement et n’a élaboré aucune stratégie pour
améliorer les salaires ou les conditions de travail chez ses fournisseurs. Au lieu de cela, elle n’évoque que le travail du BSCI et s’appuie sur un système d’audits obsolète.

Primark:Les données fournies par Primark témoignent d’un travail réel pour améliorer les salaires des travailleurs fabriquant ses vêtements ainsi que d’un haut niveau d’engagement et de pratiques. Toutefois, pour ce qui est de la stratégie, les projets en sont encore au stade de pilote ou de recherche. Ils dépendent lourdement du code de base d’Ethical Trading Initiative (ETI) plutôt que de constituer une stratégie de long terme intrinsèque à l’entreprise.

Catiopine a dit…

Tiens troublant, je viens de lire un article d'une autre blogeuse qui en parle justement de ce film dans un article sur les soubresauts de la mode ces derniers temps ( Raf Simons, Alber Elbaz...). J'ai netflix depuis peu je le regarde de suite.
Depuis 6 mois, je suis dans une démarche ZERO WASTE HOME. Dans son chapitre sur la mode, l'auteur préconise une garde de robe limitée mais multifonctionnelle et le recours aux fripes afin de réutiliser et non continuer les marques à produire autant avec tout ce que cela engendre.
Depuis que je suis dans cette vision, naturellement, j'ai réduit ma consommation au sens large du terme: consommation de viande, de mode, de biens en général et tout les sous que je récupère dans ce nouveau mode de vie va dans des achats d'expérience.
Y'a peut être un truc à creuser pour celles que cela intéresse...

Lobe a dit…

Moi j'ai arrêté. Je veux plus, plus me dire que j'y participe. J'ai aucune idée de combien de temps ça va durer (ça dure déjà depuis une bonne année,et demie peut-être même), je sais pas si c'est une crise de post-adolescence ou juste une saturation pas pérenne du tout. Mais ça participe d'un truc général qui s'est passé chez moi, de réduction des besoins. Stop la viande, le poisson, les oeufs, les produits laitiers (dans ce que j'achète pour moi, dès que l'aspect social entre en ligne de compte je suis souple [j'espère] sauf pour la viande). Stop parce que ça va de pair avec un "système" que je ne veux pas cautionner, avec un détraquement global, avec de la tristesse, avec de la mort. Du coup friperie, vide-greniers, récupération chez des amies/famille. L'habitude d'aimer porter de vieilles choses, de les aimer sur moi, de connaitre toutes les associations possibles, d'en jouir. Je n'arrive pas du tout à me dire que c'est extrême, parce que ça ne me coûte pas. C'est plus libérateur qu'autre chose: H&M, Zara & co n'existent plus, sont complètement hors de ma zone de projection, de désirable. Comme si tu te baladais au rayon prothèse de prostate d'un supermarché (si ça existait ;) ), ben juste, t'es pas concernée, peut-être un peu curieuse, un peu triste que d'autres en aient besoin, que ce serait mieux sans, que ce serait mieux si personne avait de souci de prostate, mais que c'est ainsi.
Bon, beaucoup trop long.
Et je t'aime Marie.

Noellgr a dit…

Un docu Arte récent a traité aussi de ce sujet récemment. Ce serait génial que les gens sortent de leur zone de confort, ouvrent les yeux, toutes les infos sont là (média, documentaire, étiquettes sur les vêtements)... Et pas qu'au niveau de l'industrie de la mode, au niveau environnemental aussi, agro-alimentaire... J'ai pas envie de me dire (en réaction au propos d'aurri quand je fais part de mes points de vu) que c'est idéaliste, que c'est ma jeunesse qui parle... On me dit souvent ; mais il faut profiter de la vie, tu peux pas te prendre la tête avec tout... Est ce que c'est vraiment mieux de vivre dans le déni ? C'est vrai que le sentiment d'ambivalence idée-prise de conscience/comportement et de dissonance cognitive n'est pas très agréable. Est ce mieux d'évoluer dans notre petit confort d'occidentaux aveuglés par la sur-consommation ?

The last but not least a dit…

J'avais écrit ça il y a un an, après avoir vu le doc 'Le monde selon H&M', ça fait froid dans le dos..Malheureusement, le 100 % made in France c'est trop cher, il m'arrive encore d'aller acheter dans toutes ces grosses enseignes de fast fashion (trop régulièrement à mon goût). Emmaus et les friperies c'est un peu au petit bonheur la chance, donc je n'ai pas encore trouvé de solution adaptée à mes envies...

http://andthelastbutnotleast.blogspot.fr/2014/09/la-rentree-au-placard.html

Caroline a dit…

un autre truc aussi qui me rend malade... l'iphone et pourtant j'ai honte de le dire mais qu'est ce que je l'aime ce put*** de telephone. Je vais devoir me reequiper prochainement et j'ai commence a me renseigner sur les smartphones made in "on n'a pas tue des enfants pr que tu puisses jouer a candy crush"... je ne me suis pas encore decidee

Anonyme a dit…

Un article très intéressant sur la production des vêtements... En fait, il faut acheter à des entreprises qui ont leurs propres usines (si possible pas trop loin du lieu de vente) :
http://highline.huffingtonpost.com/articles/en/the-myth-of-the-ethical-shopper/

Anonyme a dit…

Hello,
Pour l'instant je ferme les yeux et les oreilles. J'ai bien peur de perdre toute ma foie en l'humanité en regardant cela de plus près.

Marie a dit…


Anne (Micheline): j’en sais
je vais jeter un oeil sur le blog dont tu parles, merci!

Lucie: Ouais je sais c’est super craignos. je suis moins concernée puisque je ne suis plus une consommatrice qui vais vers ces marques là
Pour le moment, j’ai clairement de quoi faire!Bisous

ziloa: Merci pour tes précisions, le doc parle de la mode au sens large, les images sont régulièrement des fashion week ce qui implique les marques au sens large.
Merci en tous cas, bisous

Catiopine: Ah oui? C’ets quoi le blog? Et tu considères que le Zero Waste Home c’est réalisable? Plus simple que ce que tu aurais imaginé?

Lobe: C’est très intéressant ce que tu dis, tu as exclu tout ça de ton champ de vision… Merci pour ton com, je le trouve vachement instructif.
Je t’embrasse

Noellgr: Tu as tout à fait raison, la question du confort occidental est quasiment de l’ordre du conflit interne, tout le monde sait, mais les actions (même si elles coûtent moins que ce que l’on croit) ne sont pas vraiment engagées.


The last but not least: Je pense (je parle pour moi bien sûr) que le travail doit être fait en amont, au niveau des désirs.

caroline: Mais ouais… J’avais jamais pensé à ses conditions de fabrication

Anonyme: Merci pour le lien

Anonyme: … je comprends

Rosalie a dit…

salut marie !

moi aussi j'ai eu un déclic, en lisant un article écrit par une ouvrière textile et adressée aux consommateurs occidentaux - glaçant t'imagine bien (et j'ai plus le lien, c'était il y a quelque temps...)
et puis une émission américaine, Last Week Tonight, je sais pas si tu connais ? le présentateur John Oliver parle chaque semaine de sujets d'actualité très sérieux, de façon très marrante : du coup on reste captivé et attentif. Je te mets le lien de l'émission sur la mode qui est super bien faite
https://www.youtube.com/watch?v=VdLf4fihP78

bon moi je suis étudiante, autant te dire que mon budget est pas énorme. tant mieux ! j'achète beaucoup moins de fringues qu'avant après avoir ouvert les yeux sur le mode de fabrication des 3/4 de ma garde robe. j'économise pour des grosses pièces, des bons basiques que je garderai longtemps... mais quand j'ai besoin d'un t shirt blanc, c'est parfois difficile de mettre 50€ pour qu'il soit fait en France... c'est dur d'être tout le temps cohérent avec ses idéaux.
en tout cas, j'irai voir The True cost sur Netflix, merci !

xx

Marie a dit…

Ca fait un peu plus d'un an que je me suis appliqué des règles de conso. Uniquement fabrication européenne (même pas tous les pays), ou japon, US. Si possible français, évidemment plus cher, encore que pas toujours.
Ou alors fabrication dans d'autres pays façon 'éthique' (bon je sais que les étiquettes, les labels etc, ne sont pas toujours fiables, mais difficile de faire une enquête à chaque fois :/)

Et sinon c'est de l'occasion : emmaus, vide-dressing etc.

Et franchement alors oui en général chaque fringue me coûte plus cher, mais j'achète 10 fois moins alors non globalement ça ne coûte pas plus cher.
ET, cerise on ze cake, j'aime chaque chose que j'ai achetée pour de vrai !

Souvent j'entends que 'mais j'ai pas les moyens'. Mais souvent aussi, les placards sont remplis. Donc OK pas les moyens d'acheter mieux, mais pas non plus besoin d'acheter plus...
Parce que moi non plus je n'ai pas les moyens... Les gros achats (genre manteaux) je les achète d'occasion. Evidemment on ne trouve pas toujours alors j'attends la perle rare. Et en attendant ça va, j'ai un manteau faut pas déconner. Oui il est un peu vieux, oui il est un peu usé, oui j'aimerai bien un neuf, mais j'ai un manteau, en avoir un nouveau n'est pas vital.
(et très souvent on a tous ce dont on a besoin)





Caroline a dit…

pour info http://rue89.nouvelobs.com/2014/11/05/mines-mort-espions-chinois-docu-degoute-smartphones-255889

Benedicte a dit…

Entièrement d'accord, mais il n'y a pas que la fast fashion qui fabrique au Bangladesh. Je veux bien acheter moins pour acheter plus cher et plus éthique ; le problème c'est que même le moyen de gamme, voire le haut de gamme (que je ne peux pas me payer) fabrique au Bangladesh (et pire, ne le dis pas toujours). Alors, moi aussi, je m'habille pas mal dans les vide-greniers et cie (je n'ai pas de mérite, j'adore ça), mais ça a ses limites

cash cash a dit…

Les consciences se réveillent de plus en plus en occident, et c'est exponentiel ce truc là!
Voilà qui redonne confiance en l'humanité...
Il me semble que les gens ont de moins en moins envie de servir le système vampirique dont tu parles dans ton article.
C'est un premier pas. Gardons confiance, le reste suivra <3