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27.5.15

RANGÉ, SUITE DE LA RÉFLEXION

modern-minimalist-home


Même si les chaises ont l'air de faire vachement mal au cul, Dieu que cet intérieur est beau



La musique que fait Blood Orange est tellement cool

Après le billet d'hier où je vous parlais de mon constat face aux limites des armoires et intérieurs épurés, je pense qu'il faudrait un peu creuser parce que je suis la première surprise de ma lassitude face au phénomène.

J'avais commencé l'expérience Dead Fleurette il y a 4 ans parce que j'en avais marre d'acheter trop de vêtements et que le blog de la jeune fille en question (Dead Fleurette, elle a depuis arrêté) me parlait vachement. De la mode contrôlée, simple, adaptée à ma morphologie, semblant sortir du cycle infernal des tendances, bref un truc super bien pour la fille dépassée que je semblais être.

Mes goûts vestimentaires sont figés depuis très longtemps ce qui ne veut évidement pas dire que j'ai fait le tour des achats mais cela veut dire que je sais depuis de nombreuses années quelles sont mes préférences.
Elles sont très faciles à lister:

- T-shirt col débraillé, rond ou V c'est selon mais le rond doit impérativement être dégagé pour laisser de la place à mon cou et surtout à l'épaisseur de mes cheveux sinon c'est moche. Blanc, gris, noir, kaki rarement plus excentrique

- Pulls, gilets, que j'ai pour la plupart tricotés

- Jeans, larges, moins larges, plutôt délavés, gris ou bleus

- Sweat à capuche aka le hoodie qui est une pièce ultra sportwear et que j'aime beaucoup. Gris moyen, gris clair, noir.

- Sweat ras du cou, gris, sport (ressemblant à celui de Stallone dans Rocky 1). Gris chiné souple étant mon préféré, il est difficile à trouver.

- Jogging, même en ville. Surtout en ville.

- Veste en cuir petit volume. Veste en jeans petit et moyen volumes

- Baskets, sobres c'est moins teenage mais quand même un peu. Baskets street, grosses, montantes, héritages du basket

Et ça fait longtemps que ça dure, donc a priori je devrais déjà en avoir fait le tour vu que ces pièce sont les plus simples du monde et qu'elles se trouvent partout et à petits prix. Et c'est le cas, j'en avais plusieurs exemplaires. 

Donc si j'ai entamé l'expérience, comme je vous l'expliquais c'était pour sortir les vêtements de mon esprit vu que c'était bon, j'avais déjà tout. 

Et donc si j'avais déjà tout, qu'est-ce que je pouvais bien encore chercher vu que je cherchais encore? 

Le phénomène d'épuration ou de "minimalisme" si on doit lui donner un nom (même s'il n'est pas adapté puisque le minimalisme c'est autre chose, d'un peu plus complexe)  qui existait déjà s'est de plus en plus généralisé. Et puis la crise était là, la mode est devenue plus sobre pour devenir plus vendable, moins indécente, la sobriété gagnait la partie au moins pour le moment mais il ne faut pas se leurrer il n'y a pas de démarche éthique derrière ce phénomène, c'était simplement une manière pour continuer à vendre. J'étais contente, perso, du sobre partout et enfin je pourrais avoir cette armoire parfaite. 

Hier en écrivant le post, je trouvais que mon changement de regard là-dessus était assez dingue, genre  la meuf qui n'a pas de personnalité. 

Et puis j'ai analysé cela sous le prisme du phénomène de mode. Ca fait 4 ans que je m'interroge là-dessus et je crois que j'en ai marre c'est tout. 
Ajoutons à cela un certain snobisme, que je ne nie pas, la sobriété, les apparts "propres", le phénomène capsule, se sont sûrement trop généralisés à tout le monde pour que je les trouve encore aussi séduisants. En d'autres termes, mon revirement est peut-être tout simplement une lassitude pour une mode qui a fait son temps. Vous en pensez quoi? 
Que certaines et certains continuent à être séduits c'est normal, comme pour toute mode il y a des gens qui restent dedans parce qu'elle leur correspond  tout à fait indépendamment du caractère "mode", ils l'aiment tout court. 
Dans mes goûts propres, spécifiquement en mode, ça ne bougera pas, ils étaient ceux-là avant et pour tout vous dire j'ai hâte que les gens remballent leurs Stan Smith pour que je puisse reporter les miennes au-delà du phénomène (il s'est nettement atténué, je suis pour le moment la ringarde qui porte encore ses Stan Smith vivement que plus personne n'en porte qu'on passe enfin à autre chose... Marie aka la conasse). 

Donc, et je pense que c'est une piste intéressante, si le phénomène commence un peu à décliner (certains de vos commentaires confirmant cette pensée, celles et ceux revenus de leur garde-robe idéale et autre Dominque Loreau. C'est d'ailleurs intéressant que vous ayez pointé le caractère moralisateur de L'art de la simplicité ) c'est tout simplement parce qu'il commence à être passé de mode. Instagram et Pinterest ont tellement démocratisé cela qu'il aurait été difficile de ne jamais se lasser, non? 

Vous en pensez quoi de cette piste? 

Bisous et à demain (oui on est dans une période la meuf elle poste) 


25 commentaires

EMI. a dit…

Je pense que c'est exactement ça. Encore une fois, tu vises juste par rapport à mes idées. ;-)
J'aime beaucoup le ton que tu utilise dans le post. C'est totalement serein.

Bisous Marie

amelstos a dit…

Hello Marie,

A mon avis c'est exactement ça. Un phénomène de mode repris d'ailleurs en phénomène marketing par quelques marques qui ont bien compris le mécanisme et on choisit des ambassadrices qui représentent cette tendance. J'ai plongé à 100 % dans ce phénomène sans même réaliser que ce n'était qu'une mode et que comme toutes les modes, tout cela finirait par disparaître. Du coup je ne sais pas si mon moi profond a vraiment envie d'une "capsule wardrobe" ou si j'ai été totalement lobotomisée par les blogs et instagram. Je trouve ça d'ailleurs très déprimant puisque ça me donne l'impression de n'avoir aucune personnalité !
Je trouve pourtant toujours aussi intéressant les articles de Balibulle ou de Walinette sur le sujet. Cette approche quasi scientifique de la sape poussée à l'extrême chez Charlotte me fascine. Reste à savoir ce que moi je veux vraiment et ce qui me convient vraiment (très superficiel, c'est vrai). Bisous

Raph a dit…

Décidément c'est un sujet polémique ;) et si on prenait le problème à l'envers ? Si tu n'étais pas revenue du minimalisme mais arrivée à destination après 4 ans de voyage ? Parce qu'au final le but c'est quoi ? De se connaître, de savoir ce qui nous convient et de ne plus s' engouffrer dans chaque tendance espérant devenir ce qu'on n'est pas et qu'on ne sera jamais. Perso je suis encore en plein "voyage" et je me prends encore pas mal la tête à compter et optimiser mes possessions. Mais quand un sujet à été traité ça roule tout seul. Exemple : les fringues. J'ai arrêté de courrir après ce que je ne suis pas. Oui je ne porte quasiment que du noir et des jeans bleu délavé ... j'ai aussi découvert que les baskets et les bottes motardes c'est la vie et que les stiletto au quotidien c'est pas moi. Oui mon look est chiant à mort mais c'est moi ... et c'est déjà beaucoup. Il y a une réelle différence entre atteindre son équilibre perso et vouloir ressembler aux images du net.

EMI. a dit…

C'est intéressant ce que dit Raph, parce que oui on peut considéré que c'est un phénomène de mode, mais celui-ci m'a apporté une certaine maîtrise. peut-être que j'achète toujours, mais mes achats sont plus réfléchis. Et sur le point vestimentaire l'épuration et la simplification de mon armoire m'a permis de comprendre ce qui me va, ce que j'aime porter et à ne plus courir et m'éparpiller partout. Car oui, même si je connaissais mes préférences, et que je n'ai toujours fais une différence entre une capsule wardrobe et épurer ma penderie. Je me suis retrouvée.

Les fringues restent par période une vrai problématique. Période de doute ou d'ennui souvent. Mais même dans ces périodes là, quand je souhaite trop, j'arrive (en étant frustrée certes) à me freiner ou à optimiser mes achats. Chose que je ne faisais pas tout un temps.

Je pense que toute expérience est bonne. Et en voir ses limites n'est pas une mauvaise chose non plus.

Clue a dit…

salut Marie

le sujet est vraiment passionnant. Pour moi, il est vraiment intéressant de se poser ces questions par rapport aux objets. On meurt seul et on n'emporte rien, c'est la seule chose que je sais. Alors pourquoi tous ces objets autour de nous? C'est plutôt comme ça que je perçois le sujet...
Et donc observer comment je suis reliée à ce matériel ça me passionne. Clairement il y a beaucoup de choses dont je me suis débarrassée, d'autres dont je perçois combien elles sont nécessaires. J'aime "savoir" de quoi cette relation est faite.
Pour les vêtements, c'est aussi une bonne illustration. j'achète moins mais des choses qui me vont mieux, et j'ai enfin pu apprécier la joie de n'avoir le choix qu'entre des choses que j'aime et qui me vont depuis très très peu de temps.
J'aime aussi l'idée de dépenser mon argent plutôt pour des expériences que pour des choses. Disons que je sais mieux ce dont j'ai besoin, et du coup les actes que je pose sont plus réfléchis.

Pas parfait, loin de là. Mais cette effervescence autour du sujet du rangement me plait car elle pose la question du matérialisme, plutôt que du fait d'être ordonné, je trouve. Et d'après moi ce qui est important, crucial même, c'est d'être conscient de ça. Après, chacun est comme il est par rapport aux choses, je connais plein de gens qui ont besoin de beaucoup de choses autour d'eux pour satisfaire leur besoin de beau, leur besoin de confort. Le principal pour moi est de ne pas subir le matériel, mais au contraire de le dominer. Tout doit rester une affaire de choix. Si tu vies dans l'ascétisme parce que tu es pauvre et non par choix, c'est hyper triste et dur. Si tu vies dans la surabondance parce que tu consommes sans conscience, c'est triste aussi parce que tu perds du temps et de l'argent alors que la vie est courte.

J'ai conscience de l'aspect border line de tout ça. Pour moi, ce n'est qu'un chemin de plus vers la conscience des choses. Faire les choses par choix, et non en les subissant, nous rend plus heureux.

Des bises

Anonyme a dit…

J'ai lu "L'art de la Simplicité" car je vivais mal l'accumulation d'objets de toute sorte chez moi. J'ai fermé le livre, j'ai réfléchi, et puis zut, j'ai pris la décision (inverse) de ne pas jeter tous ces objets qui sont chargés émotionnellement : je me souviens dans quelle circonstance j'ai acheté une fringue, un parfum, un cendrier, un bijou, c'est un peu ma mémoire. Autant j'accroche très peu de photos, autant les objets sont des photographies de ma vie personnelle ou familiale ou professionnelle. Surtout les cadeaux. Pour moi, c'est jeter des souvenirs.
J'aime ranger, mais je n'aime pas jeter, et parfois, tout cela me paraît dérisoire, attacher autant de valeur à des choses inertes. Mais les brocantes sont des moments tellement rares d'échanges.
C'est quand j'achète en double que la limite apparaît et que je me calme.
Alors pourquoi toujours chercher l'approbation dans le regard d'autrui de notre façon de vivre, d'acheter, de ranger, de manger...ou la désapprobation moralisatrice...
Tu soulèves des questions qui touchent vraiment à la raison d'être.

Daphné a dit…

Personnellement, le truc de faire un tri drastique dans ses possessions que je pratique avec plaisir actuellement, ça me reviens, je faisais ça d'instinct étant toute gamine ! Un coup de folie, j'en avais marre de mes accumulations (héritage familial ce caractère…), je virais tout et faisais des tas "poubelle" "à ranger" "à conserver" etc, ça me faisait un bien fou !
Avec l'adolescence, les nouvelles découvertes j'avais complètement oublié.
Tout cela est très personnel, il faut que ça nous touche au plus profond. Si l'on n'en ressent pas le besoin, alors on ne fait pas ! On oublie trop souvent de suivre son instinct dans nos sociétés actuelles…

Anne a dit…

Niveau sape, je ne sais pas, mais niveau musique tu es toujours au top !!

(commentaire le plus constructif du monde)

HappyLilly a dit…

Quand je vois les photos de ces intérieurs blancs maculés parfaits, je dis à mon mec "oh c'est beau". Il me répond invariablement "ah un appart de blogueuse et où ne vit". Si je lui dis "je tente d'épurer mon dressing? Il répond "faut que tu rachètes tout alors? Et après, tu ne seras plus marrante du tout à acheter des conneries?". Parce qu'évidemment, je serai toujours à la recherche du parfait pull marine col V loose, du parfait jean boyfriend pas déchiré et vraiment piqué à mon mec. Je suis sensible aux détails donc forcément, nouveau détail, nouvel achat.
Chouette garde-fou ce mec. Puisque moi, toute seule, si je n'avais pas eu d'autres trucs à lire, j'aurai acheter le livre sur "comment que tu ranges ton appart et que tu maitrises tout, tout et TOUT".
Mais finalement, il faut que je le dise: je suis bordélique, j'amasse, j'ai du mal à jeter et j'ai des goûts complètement hétéroclites.
Je commence à en avoir assez moi aussi de tout ça: du bien manger, du bel appart... Je me disais "au prochain appart" (prévu dans quelques mois), je m'y mets. Et puis je suis allée dans la nouvelle fabuleuse baraque de ma frangine. J'ai laissé choir mon sweat sur le superbe canapé en rentrant. J'ai eu droit "tu peux le remonter dans votre chambre?". A ma question pourquoi, j'ai eu "parce que ça fait moche".
Là, j'ai commencé à en avoir marre de ces apparts parfaitement parfaits, des ces IG tous tout blancs et pour contre-balancer tout ça: tous ces jeans troués. Je t'en foutrai du cool maitrisé!
Pour les Stan Smith, j'attends d'en voir moins pour ressortir celles que je portais avant la mode (ne me demande pas pourquoi, je crois que j'ai des restes de snobismes de connasse!). Et pour les sweats gris/marine/... un peu mous et parfaitement bien coupés, je te conseille le rayon homme de chez UniQlo où ils sont à 25€ en ce moment. (Si t'as pas de UniQlo, on peut en causer si tu veux). Par contre, ils ont un défaut, tu ne peux pas les laisser sur le canap' de ma frangine, ça lui fracture la rétine!

HappyLilly a dit…

* où personne ne vit
Si je suis parfaitement honnête, cette mode "minimaliste" m'a quand même permis de comprendre quelque chose: je ne veux pas avoir de sacs à main à la mode. J'en veux un beau (et donc très très cher) et je veux qu'il me suive partout. Pareil pour une montre.

Flocon a dit…

Effectivement, le fait que ça devienne une "mode" peut expliquer cette lassitude. Surtout quand on a l'impression qu'on nous dicte une façon de faire et qu'on essaye de nous faire culpabiliser si on n'adopte pas le même comportement. J'ai l'impression que c'est aussi un peu lié à notre esprit de contradiction (puisque tout le monde a décidé de faire comme ça, je vais faire autrement !) Mais je me dis que lorsque ça correspond vraiment à ta façon de penser, peu importe que ça se répande, non ?
Visiblement, tu as développé ta propre conception du minimalisme. Chez toi, ça touche sans doute plus les fringues que le reste mais on n'est pas obligé d'appliquer le concept d'épuration à tous les domaines non plus. Même si l'idée paraît séduisante sur le papier, on ne se sent pas tous à l'aise dans un intérieur épuré, tout bien rangé et avec très peu de biens matériels.
Et puis, tu le dis toi-même, quand t'as commencé l'expérience "Dead Fleurette", c'est parce que tu achetais trop de fringues et que tu consacrais trop de temps à ça donc ta démarche était utile pour te "libérer" de quelque chose qui n'allait pas et puis après, elle s'est étendue aux produits de beauté qui s'accumulaient eux aussi. Du coup, c'est plutôt logique que ta démarche se concentre sur ces points-là je pense.
Bisous Marie.

aemi a dit…

Je ne sais pas Marie, je ne sais pas si c'est tant que ça une mode ou si ce n'est pas toi qui ne t'es entourée que de cela au point de penser que c'est tout ce qui existait. Car au même moment, un mec comme The Selby était au sommet de sa gloire et clairement, on ne peut pas dire que the selby soit minimaliste, hein! je dirais même que c'est tout le contraire. C'est peut être un syndrome de la voiture rouge (tu sais celui où quand tu achètes une voiture rouge, tu en croises plein alors que tu n'en croisait jamais avant). Voilà, c'est juste un besoin à un moment M. Tu t'en imbibes, tu t'en satures et tu passes à autre chose si tu n'y as pas trouvé ton bonheur. Voilà... Je crois aussi qu'il ne faut pas penser que les choses vont être "réglées", "terminées" dans n'importe quel processus, rien n'est jamais fini. On evolue, les choses changent, ON change, on est en mouvement, permanent. Tu es en mouvement! Bisous AEMI (qui n'a pas encore atteint la satisfaction minimaliste de passer à autre chose)

Fabignou a dit…

Je crois que comme pour tout phénomène de société qui prend un peu d'ampleur il y a ceux qui pratiquaient depuis longtemps et qui regardent tout ça d'un oeil amusé, ceux qui se sont jetés dans une nouvelle tendance et qui laisseront tomber au bout d'un temps plus ou moins long, et ceux qui ont découvert au passage un truc qui leur convenait vraiment et qui continueront, mais sans doute de façon moins poussée que les purs et durs.
Regarde la "mode" du sans gluten ou du sans lactose, il y a plein de gens qui ont arrêté d'en consommer en ce moment alors qu'ils n'en ont pas vraiment besoin, je pense que ça énerve sensiblement les gens qui ont une vraie intolérance et qui savent que les autres recommenceront à en utiliser dès qu'il y aura une nouvelle mode culinaire ou du moins un relâchement de celle-ci. Et il y a les gens comme toi qui ont découvert, grâce à l'ampleur du phénomène, une nouvelle façon de consommer qui leur convient mieux que la précédente, et qui continueront à en appliquer certains principes au-delà de la tendance du moment.

Killy a dit…

Tu as tout à fait raison Fabignou, et si tout ça ne réflètait qu'en mal être plus qu'une philosophie, pendant que je cherche à être minimaliste, j'oublie que je m'ennuie profondément, quand je vois le coté chronophage de ceux qui cherchent.... on pourrait meme leur donner un doctorat en recherche de minimalisme et curieusement il y a en a de plus en plus, phénomène de mode, de tendance, j'en suis sûr il n'y a qu'à lire sur la toile, dans quelques années on passera à autre chose. Les vrais minimalistes dans l'âme, n'ont pas attendu cette tendance, ils l'étaient avant, ne s'achète pas des objets "minimalistes", et n'oublions pas que la crise est passée par là, ne serait ce pas une façon de se dire j'ai peu de choses car je suis devenue minimaliste ? au lieu de je ne peux pas suivre la mode vestimentaire, la déco d'une maison avec piscine, le super cabriolet... alors je vais me revendiquer minimaliste ça sonnera mieux que fauché ? et puis à bien y regarder ceux qui continuent à acheter soi disant mieux, en disant j'ai enfin trouvé la passoire à légumes que je cherchais tant ??!!! heu... moi je passe mon chemin j'ai autre chose à faire que de passer des heures à choisir une poubelle ou une casserole, et pourtant je n'ai que très peu d'objets, ils ne sont pas parfaits mais je fais avec, viendra le moment de les remplacer quand ils seront cassés... et puis je ne me revendique pas minimaliste, tout simplement je vis !! sans me prendre la tete à donner un nom à ma penderie, comment on dit en mode minimaliste ? capsule robe ? lol bienvenue au club...

kali a dit…

Je me demande s'il n'y a pas deux choses distinctes dans ce phénomène d'épure, minimalisme ou simplicité

- En effet je pense qu'il existe un effet de mode dans l'esthétique minimaliste (intérieur scandinave, blanc, bois, mini terrarium en verre et cactus et triangles partout etc.), certaines marques se sont lancées dans ce truc parce que la "sobriété" est revenue dans l'esthétique ces derniers temps. Et peut-être qu'il y a eu un effet de mode dans la capsule wardrobe, à la suite de ce truc - les nanas qui se mettent à acheter des pulls gris, des pantalons noirs et des bottines Isabel Marant (en tout cas c'était ça en 2011 quand j'ai découvert la blogosphère minimaliste). Mais ça reste hyper superficiel, effet de mode, c'était "chic" de penser qualité plutôt que quantité, de se targuer de posséder 30 fringues comme on se targuait quelques années avant de chiner toutes ses fringues au lieu de les acheter plein pot au magasin neuf.

- Et ensuite il y a le chemin de la simplicité - le mouvement slow, le minimalisme, toutes les formes qu'elle prend. Et ça, ce n'est ni nouveau, ni terminé. Et ça va bien au-delà de compter ses fringues et ranger son appart. C'est un mouvement dont le but est de se rendre compte à quel point on vit en mode semi-automatique la plupart du temps, de prendre conscience des moment qu'on passe, de la vie qu'on mène, des choix qu'on fait. En vrai c'est pas tellement orienté vers le matériel, au contraire le but est de mieux se connaître pour pouvoir trouver les objets qui nous vont et les laisser faire leur truc en arrière plan pendant que tu profites de la vie. Ca rejoint ce que dit Raph plus haut finalement - tu as le processus qui permet de te connaître mieux, et ensuite tu passes à autre chose que le matériel, à autre chose que les modes.

J'étais plutôt contente quand j'ai vu que le phénomène d'épure avait commencé à se répandre chez certaines blogueuess Françaises, qu'elles remettaient leur vie en question et qu'elles évoluaient en tant qu'être humain grâce à ces réflexions. Ce serait hyper dommage que ce ne soit finalement qu'un effet de mode...

Anonyme a dit…

Hello !

Le truc avec cette histoire de rangement c'est qu'on en revient toujours un peu aux mêmes problèmes de monomanie collective (je dis collective même si ça ne concerne que celles qui lisent les blogs concernés ;) Qu'il s'agisse du sac Balenciaga de 2009/2010 ou d'étagères suédoises, c'est pareil. C'est de la démonstration de soi : regardez comme ma vie est GÉ-NI-ALE jusque dans mon bocal à smoothie.

Si je suis totalement tombée dans les fringues en 2008 quand j'ai commencé à lire les blogs de mode, j'avoue que le trip du rangement/déco me laisse dubitative depuis que j'ai vu Walinette s'y mettre. Je me suis lassée des fringues "naturellement". Je craque toujours sur les fringues des blogueuses mais au moment d'arriver sur le site pour commander, je suis envahie un grand "Ouais, à quoi bon ?"

Perso, je ne crois plus du tout (je deviens vieille :))) à "l'éducation de soi même par la force". Tout ce que je me suis imposée (régime, rangement, sport...) et qui venait de "nulle part" (blog, magazine, télé...) a toujours terminé en eau de boudin. (Relégué dans un placard au bout d'un mois)

Par contre, si une chose fait vraiment sens, que je comprends profondément la raison et le bienfait d'une chose. Si j'ai un vrai déclic en m'acharnant comme un boeuf je peux exceller dans ce domaine et ne jamais me lasser.

Désolée si je fais un peu vieille conne donneuse de leçon (?) c'est pas mon but :)))

Plein de bisous

Anonyme a dit…

Est ce que quand on est minimaliste on tient un blog sur ça en étalant les objets comme des graals ? n'est ce pas une manière de s'autocongratuler d'avoir le Saint des Saints et de le faire savoir sur un blog ? où est le minimalisme ? meme si certaines s'en défendent, non on ne devient pas minimaliste en cherchant à l'être, les gens simples le sont par nature, la différence c'est qu'ils le sont suffisamment pour ne pas le dire eux mêmes, quand j'entends dire je suis en route pour devenir minimaliste ou je suis minimaliste, je sais d'emblée que ça sonne faux et que derrière tout ça se cache une recherche d'identité, d'appartenance et de reconnaissance.

ELISE R. a dit…

Marie,

Je n'ai jamais voulu jeter la moitié de mes fringues. J'ai mille sapes, pour chaque saison, beaucoup trop. Je le sais, j'en suis consciente. Je mets toujours les mêmes trucs au final, et j'aime ça. Je me dis que je me laisse le choix.
Cela dit, ces trois dernières années, j'ai BEAUCOUP moins acheté car j'ai rayé de la carte certains magasins. A commencer par Zara, cela fait trois ans que je n'y ai pas mis les pieds. La raison principale? Un jour, j'ai acheté un énième haut fait d'une matière chelou, tout coloré, rayé (alors que je mets que du kaki et du marron) et en le passant en machine (en programme délicat toussa), il a entièrement décoloré sur ma robe préférée de chez Petit Bateau. Irrécupérable, je n'étais que rage et j'ai dit PLUS JAMAIS.
Sans blaguer, ça m'est arrivé genre douze fois de me retrouver avec un tshirt que j'aimais plus car il se lavait mal chez Zara. Je me suis dit que tout simplement, c'était de la merde. Ou qu'en fait, il me faut des fringues d'entretien facile.
Alors ouais, je vais encore chez H&M mais plus jamais chez Zara, Bershka et compagnie. Je me fais un petit plaisir soldesque de temps en temps chez COS et Petit Bateau. Je me dis que mes achats sont plus raisonnés, et surtout y'a pas de secret : c'est mon type de fringues et c'est ça qui compte.

Jt'embrasse et te dis à demain, youhou !

Raph a dit…

Perso je trouve le commentaire 17 carrément agressif ... je fais partie de ces filles qui étalent leurs affaires sur la toile et qui aspirent à minimiser leurs possessions .... est-ce que je m'autocongratule à chaque billet clairement non ! ce blog c'est un peu mon journal, il me permet de réfléchir sur un sujet qui me tient à coeur. A sa création je ne pensais même pas avoir de lecteurs (personne ne connaît ce blog dans mon entourage .... je suis timide).
Avec ce genre de raisonnement on peut direct conclure que toutes les bloggueuses son des conasses exhibitionnistes parce que c'est quoi un blog sinon déballer sa vie, ses pensées, ses réflexions, ses coups de coeur ?

Marie a dit…


EMI: Merci Bisous

amelstos: J’adore les articles de Charlotte aussi (et de Walinete aussi bien sûr), je le trouve très intelligent dans leur mécanique.
Bise

raph: C’est possible effectivement. La question d’un extrême à un autre… Et après vient la modération, oui c’est fort possible!
Merci pour ton com.

Clue: Je n’avais pas forcément envisager ça sous le prisme des objets. Pourquoi j’en accumule et ce que ça dit.
Comme mon point d départ était une déviance, je ne l’ai envisagé que comme un mauvais comportement, pas une révélation personnelle
Et comme tu le dis, ces choses sont tout à fait personnelles.
Merci pour le com, bise

Anonyme: Une forme de rebellion, finalement comme si tu avais constaté que tu ne vivais pas ce truc si mal que ça…
C’est très intéressant de voir comment nous réagissons à ces choses là

Daphné: Oui Yassine, mon pote, fait comme toi, ça révèle quelque chose de son état du moment.

Anne: ahaha cool que tu aimes

Happylily: Mais tu as raison, je suis comme toi, spontanément je me dis, whaou c’est beau!
L’épisode chez ta soeur est tellement drôle…
je n’ai pas d’Uniqlo près de chez moi, j’ai regardé sur internet et le gris chiné est parfait. Il est mou tu dis? Matière souple? Tu peux faire un truc pour moi? Ils taillent comment? Je les aime très très larges, le L n’est pas en ligne mais je me demande si ça ferait trop grand…
Dis moi (unechicfille@gmail.com)

Flocon: Oui tout à fait, je parlais bien dans mon cas spécifique (et dans le cas d’autres j’imagine), ça peut tout à fait faire écho réellement chez certains.
Et oui tu as raison ça ne touche que les sapes dans mon cas!
Je t’embrasse

aemi: Alors ça c’est tout à fait possible et je n’y avais pas pensé. L’exemple de The selby est tellement probant!
Merci de me faire penser à ça. T'embrasse

Fabigou: Oui c’est vrai, ça va forcément décliner. Et puis ça répond au désir humain de se différencier de la masse, ce qui, on le sait tous, la chose la plus commune et la moins « différenciante ».

Killy: J’avais souvent parlé du lien entre mon ennui et mes achats compulsifs, c’est évident qu’il y a une piste à creuser là-dedans.
Après que certains y prennent du plaisir ça ne me dérange pas, je ne trouve pas que mon temps soit mieux employé, il est juste différemment employé.

kali: Oui tout à fait, il y a deux choses distinctes.
Le mouvement slow pourrait être coloré, chamaré, qu’importe c’est la quantité qui compte, avoir moins parce que c’est mieux pour tout un tas de raisons. L’écologie en premier.
ce que je pense être un effet de mode (mais je peux tout à fait me tromper) c’est la sobriété excessive qui s’est à ce point généralisé. Je ne m’en plains pas, c’est dans mes goûts, mais ça, je pense que ça va évoluer…

anonyme: Non, je suis de plus en plus comme ça, par la force je n’y crois plus!
Bise

Anonyme: Il existe de blogs réellement minimalistes, qui montrent (et ça ne me gêne pas du tout perso) une certaine manière d’envisager sa garde-robe avec peu de choses, comment les faire bouger. Ce n’est pas s’auto-contratuler plus que sur n’importe quel blog, si?

Elise R: Si t’élimines Zara comme déjà… C’est fou cette histoire de top -__-
Je t’embrasse aussi

Raph: Oui je suis d’accord avec toi, c’est une manière de noter pour toi et de partager tes méthodes, t’inquiète c’est cool ;-)
Bise

Léa Marruecos a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Putain Marie ça fait longtemps (tout est relatif) que je te lis sans jamais dédaigner poster un commentaire par manque de motivation/temps.

En réalité, je me retrouve tellement dans tout ce que tu écris (message de kikoo).
J'ai 20 ans, la vie devant moi et il y a deux mois après des semaines de réflexions j'ai décidé d'arrêter mes études pour me réorienter l'année prochaine. Me réorienter dans quelque chose qui m'intéresse vraiment mais qui paye peu alors que j'étais dans une école assez "réputée" qui assurait un métier bien "reconnu socialement" mais que j'avais choisi par défaut. Peut-être aussi pour prouver aux autres que j'étais capable. Ridicule, je conçois.
Je précise que je viens d'un milieu bien modeste à la base. Je ne te raconte pas l'incompréhension de certaines personnes de mon entourage quand ils ont appris la nouvelle... Mes parents, eux, me soutiennent quoi que je fasse. "Du moment que tu es heureuse".

Bref, je me reconnaissais pas dans tout ça, j'avais l'impression de me mentir à moi même. Je crois que je me suis acceptée tel que j'étais, sans non plus revoir mes motivations à la baisse mais juste accepter ma classe sociale. Ces derniers mois j'ai donc eu beaucoup de temps pour moi, je lis, je me cultive, je médite (big up), et en réalité j'ai jamais été aussi heureuse je crois.
Quand tu écris des billets sur la motivation, le travail, la volonté je trouve que tu fais ça avec une grande justesse.
Le travail (celui qui t'amène à un but), c'est surtout de la discipline, de la régularité et ça implique de se sortir les doigts du cul tous les jours. La motivation et la volonté servent à démarrer la machine mais pas à la faire avancer. Peu importe ce que tu fais dans la vie, il faut le faire avec le cœur, avec de la passion et ça comptera forcément.

Bref, j'arrête mon commentaire décousu, désoléee pour les fautes je suis pas une littéraire dans l'âme. Je voulais juste marquer une petite trace ici. C'est super ce que tu fais dans ce blog, les réfléxions que tu peux amener, les échanges avec tes lectrices. C'est vrai et c'est agréable.



Léa

Adèle Eastmacott a dit…

Re-bonjour (ou bonsoir)

Je lis ton billet, et je me demande si la lassitude par rapport à cet effet de mot (en plus de l'envie de nouveauté), est-ce que ce ne serait pas aussi du narcissisme de la différence ? Sans te jeter la pierre (je suis la première à ne pas vouloir acheter un truc parce que j'ai l'impression de le voir partout), je me demande si en matière de style on n'est pas tenté d'avoir des phases où on rejette une mode en bloc. Parce que le but d'un style ce serait de nous aider à approprier une mode / la mode. Au final si tout le monde s'approprie un code vestimentaire, il nous devient impossible d'être encore nous-mêmes, non ?

Enfin je crois qu'il y aurait des pistes sociologiques là-dessus, mais c'est ni le lieu ni le moment ou l'état de fatigue.

Anonyme a dit…

Bonjour Marie,

A regarder quelques minutes la photo que tu partages en début de post, je me dis que ce qui est extraordinairement beau finalement ce n'est pas tant cet "intérieur" que cet "extérieur"... Tout ce qu'il propose et suggère.
Sortons le nez de nos placards, de nos maisons, l'essentiel est ailleurs!

Je suis une fidèle lectrice de tes articles, je profite de ce commentaire pour te dire que ce que tu écris m'intéresse souvent et suscite toujours un flot de réflexions!

Anne

Agnès a dit…

Je sais pas pourquoi ce post, et ce sujet des possessions, de l'épuré, du 'less is more' et bin ça m'a fait penser à ce film que j'avais vu y'a pas mal de temps : Ma vie sans moi (2003) je sais pas si tu l'as vu, il y a un passage où le personnage principal est dans un super marché à l'américaine, leur fameux Mall et elle dit un truc du genre: les gens courent partout et achètent pour se distraire et oublier qu'ils mouront un jour.

Tu en avais déjà parlé à plusieurs reprise, outre le côté phénomène de mode - mieux être - ou plutôt quête d'un certain équilibre quelque part, est-ce qu'on n'achète pas tout simplement pour feindre l'ennui et oublier que l'on va tous être appelé à disparaître ? J'sais pas je vais peut-être un peu loin là..

Bisous

Agnes