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16.4.15

L'ENVIE D'AVOIR ENVIE (ON PEUT AISÉMENT CONSIDÉRER QUE JE SUIS EN ROUE LIBRE)

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Photo de Hugh Holland


Je te sens bien sarcastique en regardant le pantalon / string paillettes à la la Britney  que porte Johnny dans ce live de L'envie. Et comme je te comprends...

Mais il se trouve que j'adore cette chanson, fin du débat ;-)

Je profite de ce post pour vous dire que je suis assez fan d'Eddy Mitchell et que Aznavour, alors même que j'ai une sympathie tout à fait relative pour le bonhomme, m'émeut aux larmes. Voilà, on peut passer à autre chose.

Bon en vrai je trouvais cette chanson assez juste pour illustrer ce billet où je vais vous parler de l'intérêt que peut présenter le manque.

Johnny nous explique (enfin en l'occurence notre Jean-Jacques Goldamn national qui l'a écrite) que pour pleinement profiter des belles choses de la vie, il faut d'abord être passé par son exact contraire.


Revenons-en à la chanson dont les paroles sont une succession de concepts opposés:

- Obscurité / Lumière

- Faim et soif / Festin

- Froid / Flame

sensés nous expliquer qu'il ne faut pas obtenir les choses avant même d'en avoir eu envie.
Grosso modo, cette chanson est une pub pour le désir et contre le bouddhisme.

Donc, quand t'as toujours eu chaud, pour quelque raison que cela soit, tu n'apprécies plus la chaleur à sa juste valeur.

Je suis très amoureuse depuis plusieurs mois (je vous en parle régulièrement).
Il se trouve que, et j'en ai déjà parlé, ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé comme ça. Arrivé tout court en fait.

Le coeur plein était devenu une sensation tellement éloignée de mon quotidien que j'étais à la limite de me dire que je devais céder sur mon désir même si je sentais que c'était pas l'idée du siècle  (#LacanVoice).

En gros mon désir amoureux a toujours été (comme celui d'une adolescente peut-être): je m'en fous d'être avec quelqu'un pour être avec quelqu'un et que seuls le sentiment amoureux et l'amour dans sa construction m'importent.
Hors de question de se mettre avec quelqu'un par peur ou par dépit.
Un peu radical et peu subtil, je suis assez d'accord avec vous.

J'ai défini ces règles à 20 ans et parce qu'à 20 ans on ne transige pas, on sort ces grands principes en étant sûre qu'ils vont régir votre vie sentimentale pour toujours.

Et puis mes principes (appelons les mes ambitions amoureuses) n'ont plus rencontré la réalité adaptées à leur grandeur (appelons ça mes moyens). Plus simplement, je n'ai plus eu les moyens de mes ambitions.

J'ai commencé à avoir froid et donc à considérer que mes ambitions étaient devenues obsolètes et qu'il fallait en changer.

Je racontais aux gens que plus jamais je ne tomberai amoureuse et que j'allais devoir me contenter de certains renoncements parce que ça valait toujours mieux que ce que je vivais.
J'ai même pensé que finalement les choses changeaient et que oui, même si j'avais longtemps fait ma grosse maligne, j'étais dans des liaisons qui n'avaient ni queux ni tête (ni même envie d'ailleurs) dans lesquelles je prenais un plaisir très relatif et surtout dans lesquelles je ne m'amusais pas (m'amuser priorité number 1, non?).

Un ex à moi racontait ce genre de trucs pour expliquer les ramollissements de certains de ses rêves. Les choses changent, qu'ils disaient et c'est comme ça.
Si elles changent dans l'imprévu et que ce n'est pas entièrement satisfaisant, il faut parfois s'en contenter parce que ça peut aussi être bien pour nous.
Et bien à un moment, je me suis dit que cet ex dont j'avais outrageusement traité (et moqué, oui je suis parfois une vraie connasse) le manque d'audace et le renoncement avait peut-être raison (et peut-être qu'il avait raison pour lui après tout, les choses évoluent, certaines s'abandonnant sans trop de regret et d'autres naissant et que ça pouvait être une très bonne chose).

Mais la direction que je prenais ne ressemblait vraiment pas une "très bonne chose pour moi", même de loin.


J'ai traversé ma vingtaine tout au chaud de bras amoureux et de regards tendres alors quand les choses  se sont inversées et que je n'aimais plus (d'amour j'entends) et que je n'étais plus aimée,  j'ai commencé à m'interroger sur la place qu'occupait l'amour dans ma vie (J'en ai parlé plus en profondeur dans ce post ). 

Et puis ça m'a rendue triste. Et puis ça a duré alors je compensais dans des simulacres d'histoire d'amour.
Et je me suis enfin détendue, j'ai fait autrement l'amour devenant autre chose que ma priorité, et c'était même mieux que ce que je m'étais imaginée. J'y trouvais de vraies contreparties à ça et me sentais mieux seule plutôt qu'à faire semblant d'être dans des relations qui étaient peu épanouissantes et surtout chronophages.

Mode gnan-gnan ON je préviens! 

Avoir froid est finalement une belle chose qui m'est arrivée. D'abord parce que comme je le disais dans le post linké au-dessus, ça m'a libérée, je pouvais être seule et bien mais aussi parce que j'allais enfin mesurer la chance qu'est l'amour dans une vie.

Si j'avais tout le temps eu chaud, j'aurais jamais pu connaître la rareté du sentiment amoureux.
Sans la rareté je ne serais pas heureuse comme je le suis maintenant.
Le froid de ma vie sentimentale passée est comme un énorme projecteur sur la chance que j'ai aujourd'hui d'aimer et d'être aimée.

Le manque est devenu "mon envie d'avoir envie" en d'autres termes, ce qui donne de la force à l'existence et c'est qui m'empêche d'être blasée.

Chaque jour je me sais chanceuse, chaque jour je sais que ce qui m'est offert n'est pas une normalité mais bien un cadeau. Et je suis très gâtée.


Mode gnan-gnan OFF!

Comprendre ça, ça aide à patienter quand il fait froid. Et même s'il refait froid dans mon coeur un jour, savoir que la période de disette sentimentale sera le futur projecteur de ma chance est une bonne manière de ne pas basculer dans le pessimisme le plus absolu (ma putain de spécialité).
Comme pour tout, c'est une question de point de vue et l'optimisme et la chance n'échappent pas à la règle.

Bisous smack  et à demain, j'ai vu un film qui m'a émue et qui est ma préférence de 2015 pour le moment. 






17 commentaires

Charlotte a dit…

J'adore cette chanson !
Ton texte est très beau. Je suis comme toi, penser qu'il vaut mieux être seule que mal accompagnée, mais ce n'est pas toujours évident de l'accepter surtout quand on a goûté au confort qu'offre une relation de couple.

Clo a dit…

Bonjour Marie,
Ne crois-tu pas que ce bonheur dans l'amour ne tient-il pas dans la personne que tu aimes plutôt que ce que tu appelles le "froid". Un peu comme si tu avais trouvé LA bonne personne ?

Marie a dit…


Charlotte:Merci <3 Oui une relation de couple est très confortable...

Clo: Tout à fait, c'est lié à mon amoureux mon bonheur c'est lui dans cette histoire

Elli a dit…

quel est ce film ?

Clo a dit…

D'accord avec vous, Marie et Charlotte, c'est confortable mais paradoxalement, contraignant. A tel point qu'après une histoire d'amour de presque 15 ans (qui s'est soldée par un divorce), je n'ai pas envie d'une vie de couple avec mon mec actuel. J'y vois trop de contraintes et d'abnégation. Et ça pèse plus dans la balance que le confort.

Marie a dit…


Elli: Niquage de teasing ;-)
Les châteaux de sable

Clo: Alors si ça pèse plus lourd ça ne sert à rien effectivement. Il faut du temps, parfois beaucoup pour solder des histoires.

aemi a dit…

bon moi je ressens aussi tout ce que tu dis, mais je manque tellement de confiance en moi que je ne sais même plus si j'ai envie d'avoir envie... Je crois que je traverse la pire phase de ma vie où toutes mes copines post-divorce se sont recasées sauf moi. Je mets évidemment ça sur le compte de ma mochitude et de ma nullité... (tu vois quoi) et que donc jamais personne ne voudra plus jamais de moi... J'attend désespérément que quelqu'un veuille bien me contredire mais je ne sais pas si ça arrivera un jour! On connait toutes le cas de "la" meuf qui reste seule éternellement et j'ai un peu les boules que ça soit moi...

Jess a dit…

Pardon, pas grand chose à voir avec ton post, mais je viens de découvrir cet acoustique... très beau.
https://www.youtube.com/watch?v=pS_OOvPn54I

chloé a dit…

Salut Marie et les filles

Je réagis à ce post et au comm d'ami, à sa "nullité" et sa "mochitude". Même si c'est difficile, ne t'autorises jamais à penser ce genre de choses sur toi. C'est le meilleur moyen pour retrouver quelqu'un qui ne te conviendra pas.
Longtemps célibataire, je n'ai connu le véritable amour qu'à 24 ans et à aujourd'hui 29, il reste mon unique... jusqu'au prochain! Nous nous sommes séparés il y a bientôt un an, plus de son fait que du mien, et après m'être bien amusée, je retrouve depuis quelques mois l'envie de retomber amoureuse. Mais comme tu le dis Marie, je suis incapable d'être avec un mec gentil, mignon, drôle, attentionné... si je ne l'aime pas. Je n'ai jamais su faire de simulacres de relations, c'est aussi pr ça que je suis restée celais si longtemps avant lui. Donc je couine un peu, mais pas trop, parce qu'on a le célibat qu'on mérite. Je me souviens d'une parole de ma mère, au moment où mon ex me baladait: "ne te brade pas, ma fille". C'est aussi ça, je crois, apprendre à avoir froid. C'est apprendre qu'on n'ira pas se réchauffer au premier feu venu.
J'ai moi aussi peur que cet état dure trop longtemps. Mais d'une, je sais que je n'ai pas franchement de marge de manoeuvre là-dessus, de deux, je sais que cette rupture, aussi douloureuse soit-elle (sans dec, comment se défaire de quelqu'un qui était devenu le grand tout? comment accepter que le grand centre qui nous rassemblait devienne un total inconnu? ça, je n'aurai sûrement jamais la réponse..), cette rupture donc, m'aura aussi appris à aimer "mieux", dans le futur.
J'ai parfois froid au coeur. Mis j'ai réchauffé tant d'autres endroits que j'avais laissé tiédir, considérant que cet amour suffisait lui seul à mon bonheur.
Comme me le disait un ami psychanalyste, "il faut comprendre et accepter que dans la vie, on est toujours seul. Une fois qu'on a compris qu'on est seul, et celui que l'on aime l'est également, là on peut commencer à s'aimer".
Je pensais n'être plus seule grâce à lui. Je sais désormais que j'avais juste u compagnon de solitude, et ça, tu as bien raison Marie, c'est déjà énorme.

lilas a dit…

Coucou à toutes

Ce froid que tu as ressenti pendant quelques temps, en ce moment je le subis chaque jour. Et pourtant je l'ai désiré pendant longtemps, je l'ai même supplié de me trouver. Après une grande histoire d'amour de 15 ans que j'ai laissé pourrir à la fin l'envie d'être seule, de m'assumer, de me prouver que je pouvais aussi être quelqu'un d'indépendant. Ca fait maintenant 4 ans, j'ai bien profité de mon célibat, j'ai fais la fête, j'ai couché avec les mecs que je voulais et aujourd'hui ... Bah aujourd'hui le vide, je me suis vite lassé des relations éphémères, le père de mes enfants s'est depuis recasé et va se marier dans quelques mois. La solitude finalement me pèse et malgré quelques avantages, j'ai vraiment envie de retrouver la chaleur d'une personne sur qui je vais pouvoir poser mon ptit menton. Et la ou je te rejoins c'est effectivement si je n'avais pas connu ce froid qui m'étreint je n'aurais pas non plus mesurer tout ce que la chaleur a de bon. Car embourbée dans une histoire qui faisait uniquement mal j'en oubliais le reste. La complicité, pouvoir compter sur l'autre, les rires partagées et tout ce qui met de la couleur sur les joues.

Marie a dit…


aemi: ni moche ni nulle, c’ets stérile.
Même si tu continues à le penser, fais semblant que c’est pas le cas, le cerveau est facilement convaincable ;-)
au cas où:
http://www.ted.com/talks/amy_cuddy_your_body_language_shapes_who_you_are

je t’embrasse

Jess: très très beau

chloé:ne pas se brader c’est la base. mais, je suis passée par cette période, comme un mal nécessaire.
merci pour ton commentaire et le final autour de la solitude, c’est très beau.

lilas: Je l’avais désiré comme toi. J’étais partie, assez sûre qu’après la période d’amusement obligatoire je repasserai rapidement dans la case amoureuse quand ça me chanterait… Mais finalement non, ça a pris du temps!
C’est très étrange finalement cette impression de subir une situation qu’on a voulue.


Anonyme Amande a dit…

c est chouette Marie ! je suis tres heureuse pour toi.
Je pense qu il y a aussi ca, l envie de se re laisser une chance après avoir beaucoup doute.
Ca fait 3 ans que je ne laissais pas bcp de chance a ma relation post "maritale", et je pense aujourd hui que j avais reellement besoin de ces 3 ans sans vivre en couple pour que l envie revienne.
Demain on part en vacances tous les 3 avec lui et ma fille en Italie, et si tout va bien, il emmenage avec nous en Juin.
Genre, c est enorme ! j ai a nouveau envie de revivre a 2, de partager, et je me sens plus amoureuse que jamais.

LOVE on you

Domi a dit…

c'est très beau, très vrai cet article et ça me mets du baume au cœur. 2 ans et demi après la rupture, rien ne vient, mais je commence seulement à en avoir envie, le temps de se reconstruire toussa toussa...la peur d'être "celle qui restera toute seule" me donne des sueurs froides, tout comme l'idée que peut-être je ne connaitrai plus jamais ça, que je lui ai tout donné, que j'ai eu ma part avec lui...bref, j'ai ressenti un souffle d'optimisme en te lisant...Merci

Mamino a dit…

Je suis une très jeune femme. J'ai 23 ans. J'ai toujours eu peur de l'amour. J'ai vécu une belle histoire, simple et très saine. ça fait déjà trois ans que c'est fini... Trois ans et toujours pas d'amoureux, parce que, pas envie de me réchauffer au premier feu venu... Je ne suis pas de celle qui font une fixette... c'est surtout la société... c'est tellement anormal d'être seule et d'être bien que je commence à me poser des questions... Ce n'est pas l'envie qui me manque, oui, moi aussi j'ai envie d'avoir envie, mais attendant, je ne peux pas forcer le destin, alors je vis ma vie simplement et doucement. Je commence à avoir froid...Le chaud reviendra un jour, hein?

Anonyme a dit…

Marie!!
Je commente tardivement..
Je n'ai pas lu Proust (mais un jour, un jour!), mais j'ai lu une analyse de son oeuvre écrite par Alain de Botton ("Comment Proust peut changer votre vie"), et dans ce petit bouquin il passe en revue quelques enseignements qu'il a reçu de Marcel.
Il y a un chapitre qui s'appelle "Comment réussir ses souffrances", et en gros dedans il explique que Proust était convaincu qu'on ne peut rien apprendre vraiment avant l'apparition d'un problème, avant de souffrir, avant que quelque chose ne se passe pas comme on l'avait espéré. "Un peu d'insomnie n'est pas inutile pour apprécier le sommeil", "On peut établir une relation entre le degré de souffrance vécue par un individu et la profondeur des réflexions qui en découlent", "C'est comme si l'esprit était un organe craintif qui refuse d'accepter des vérités difficiles s'il n'y est encouragé par des évènements difficiles", et enfin, "Le bonheur seul est salutaire pour le corps, mais c'est le chagrin qui développe les forces de l'esprit".

Voilà, ton article ça m'a fait pensé à ça... Je t'embrasse Marie ;)

Mary a dit…

Merci pour cet article ...
il me fait "chaud au coeur" ;)

Je suis très contente pour toi.

Olivia a dit…

très heureuse que tu sois de nouveau amoureuse Marie!