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29.4.15

L'ANGOISSE DU POWER IS IN YOUR HAND

8 stephen shore

Photo tellement cool de Stephen Shore


(Ca doit être la troisième fois que je mets ce morceau de Seu Jorge sur ce blog c'est dire)

Vous allez me dire que je suis monomaniaque de la question et je ne pourrais pas vraiment vous contredire.
J'aimerais, malgré tout, savoir quels impacts ont, sur vous et votre moral, les discours crypto-optimistes-auto-volonté qu'on voit de plus en plus se développer autour de nous? (Blogs, sites, magazines...)

Je lis des bouquins de développement personnel depuis très très longtemps (j'en parle régulièrement) et suis plutôt sensible, a priori, aux discours enthousiasmants qu'ils véhiculent.

Le premier que j'ai lu développait l'idée selon laquelle il fallait imaginer son "super soi" ( idée et livre repris dans le très réussi film de Ken Loach, Looking for Eric) et se demandait ce que ce "super soi" ferait devant telle ou telle situation.
Il m'arrive encore de penser à ce "concept d'hypertrophie méliorative" de moi-même, ça permet de voir les choses sous un autre angle et peut booster et mettre une dose de pragmatisme dans ces moments où on a un peu tendance à voir tout en noir.
Mais malgré tout, on ne peut pas nier que le système a un certain nombre de limites.

Depuis quelques mois je trouve que les discours "si tu veux, tu peux", "les belles choses arrivent si on le désire vraiment" de plus en plus pernicieux et anxiogènes. Et surtout je les trouve de plus en plus  "simplistes".
Si au départ il s'agissait d'un coup de boost utile, ça bascule de plus en plus, à mon sens, dans un concept un peu cucul la praloche.

La question du libre-arbitre étant tout à fait relative et les contextes de chacun étant à prendre dans une globalité, généraliser et faire passer pour vérité empirique ce type de raisonnement ne me paraît pas être une bonne chose pour faire avancer le débat et surtout augmenter le bien-être des gens.

Européenne cynique que je suis, je ne peux pas me résoudre à penser de manière tout à fait objective et raisonnée que le modèle de pensée américain de la win est tout à fait cohérent. Sûrement que le mental et l'envie de réussir influent sur nos comportements mais estimer qu'ils sont suffisants me parait un peu light.
Ils désengagent des paramètres plus grands que l'individu (la famille, l'état, la société, le groupe, les différents environnements) dont on sait qu'ils ont une influence réelle le laissant seul et angoissé avec sa vie, sa réussite, ses moyens, son histoire et surtout cette immense culpabilité face à un hypothétique ou réel échec.
La mise en avant de la toute-puissance de l'individu de manière aussi simpliste, sans grille de lecture et avec comme seuls compagnons la volonté et l'envie aboutit, dans la plupart des cas à un échec. Et c'est comme les régimes, si ça ne marche pas ce n'est pas forcément de la faute de individus qui s'y prennent mal ou pas assez bien mais du système lui-même qui est ou limité (incomplet) ou foireux.

Un jour alors que j'étais chez Decathlon pour acheter une combinaison de plongée je me lamentais sur mon corps qui ne rentrait pas bien dans ces mêmes combis. J'avais beau changer de taille, prendre plus grand, ça baillait à certains endroits boudinait à d'autres.
L'explication qui m'est venue dans cette cabine d'essayage, c'est que c'était mon corps qui n'était pas dans la bonne norme. Pas assez féminin dans ses courbes, trop par endroits pas assez à d'autres.
J'appelle mon ami Karim et lui raconte cette histoire.
Il m'écoute attentivement et sans jugement aucun me sort cette phrase,
"c'est marrant toutes mes potes trouvent que leur corps n'est pas assez féminin... Quand elles essaient des nouvelles sapes et que ça ne va pas, elles pensent toujours que le problème c'est leur corps, jamais les fringues. Alors que le problème c'est bien la coupe des fringues qui sont faites pour des filles irréelles et qui ne sont pas la majorité".
Sa phrase m'a immédiatement fait réfléchir... tant que je pensais que c'était mon corps qui était inadapté, je ne voyais pas que le vrai souci, c'était les fringues (mais ça vaut pour plein d'autres trucs). Qu'elles soient ou non le problème n'est pas la question, la question c'est de savoir pourquoi je pense, de manière automatique, que mon corps est le problème dans ce cas. (Je prends ici le cas du corps mais on peut parler aussi des choses plus globales, le soi tout court).
Parce que derrière ces discours là, il y a l'idée que tout est de ma faute, même ce qui échappe à mes choix.


Il y a des contextes favorables à l'épanouissement, à l'ambition, à la volonté, au travail et à la confiance en soi. Le nier c'est mentir et bien qu'il existe des contre-exemples on ne peut, honnêtement, les considérer comme la normalité, ils sont des exceptions.
Il ne s'agit pas de dire qu'il faut être une victime et reposer son système de pensée sur cette donnée en se disant que c'est nul la vie et que ça pue dans ses fesses rapport qu'on n'est pas née avec certaines facilités (on peut évidement trouver d'autres formulations) mais intégrer ces éléments permet d'aborder ces choses-là (ambition, rêve, volonté...) sous un prisme plus juste mais surtout plus personnel.
Notre fonctionnement propre n'obéit sûrement pas à ces discours abstraits teintés de bons sentiments et à la profondeur très relative.

En ce qui me concerne, je n'analyse pas ces données de vie comme des données définitives mais comme des contraintes ou des facilités. Basiquement le principe du "points forts / points faibles".
J'envisage ma progression, mes rêves et ambition avec ma propre grille de lecture et lucidité sur ce que je suis.
Dans un premier temps, analyse des forces et des choses plus "freinantes" et dans un second temps mise en place des éléments en fonction de ce que je suis. Pas de mon idéal fantasmé ou de ce que je crois être la norme (elle n'existe pas) mais bien de la réalité du moment (ici et maintenant my fucking new mantra dont je vous ai déjà parlé).

Je ne dis évidement pas que c'est le système parfait, ça bouge, mais je souhaite vraiment sortir de cette pensée binaire et inefficace du "le vouloir pour le faire..."
C'est vrai que je décline beaucoup ces thématiques ces derniers temps mais ces choses me passionnent vraiment alors je suis locace.

Si vous avez des pistes, je serais ravie d'en savoir plus sur ce que vos expériences vous ont appris.

Bisous smack et bonne journée



38 commentaires

Anonyme a dit…

A vrai dire je crois que le sujet parle à beaucoup ! Rarement, dans cette société industrialisée, aura-t-on vu conditions plus écrasantes. Chômage, écart riches/pauvres au maximum depuis… le XIXe siècle quand même, y a de quoi se décourager, surtout quand on prend en compte le fait que la génération des baby-boomer (nos parents) ont quant à eux bénéficié d’une période de croissance hallucinante. Le retour à la normalité de la violence sociale capitaliste est dur à encaisser !
Et pourtant, autour de moi je vois de petits miracles. Une amie surdiplômée qui ne trouve pas de poste, se rabat sur un job alimentaire, et trouve du coup l’énergie de lancer sa maison d’édition – pour avoir au moins le sentiment de faire quelque chose pour elle. Par exemple, mais j’en ai d’autres sous le coude. Il me semble qu’il y a trente ans, ces gens là auraient tout misé sur ces activités qui les passionnent, et auraient pu en vivre. Là, ils le font pour la beauté du geste, par passion, par désespoir peut-être de trouver ailleurs quelque chose qui les satisfasse. Parfois, « ça marche » (entendre : ça dégage un peu de profit), souvent non, et peu importe, et ça dure ce que ça dure, ils auront essayé. C’est puissant, non ?
lalectrice

NINA a dit…

Alors, vu de ma petite fenêtre de meuf qui s arrete toujours à la couverture des bouquins de développement personnel, j'ai fini par me rendre compte que le principal obstacle qui se mettait entre moi et les projets, c'était l'idée qu'il n'était pas possible de bouger de là où on avait atterri.
Une fois que j'ai intégré que ça, c'était bullshit, y avait un autre problème, le "je sais pas comment, donc j'y vais pas"
Puis je me suis rendu compte que dans la vraie vie, il y a plein de gens qui savent ce que je ne sais pas et qui, O surprise, répondaient gentiment à mes questions quand je les posais.
Bon, ça c'était fait.
Après y'a le fameux syndrome des bronzés, le "j'y vais mais j'ai peur" qui, évidemment, est commun.
Pourquoi? Parce qu on est souvent persuadés que si on se plante, c'est le drame. Alors qu'en fait ben si on se plante, c'est un peu chiant, ça fait bobo à l'ego, mais rien de grave l dedans (sauf si t'as mis toutes les économies d'un mafieux russe qui aurait ton adresse, sinon, ça va)
Donc de mes "quelques" années de frustration, de chais pas, de j'me cherche, de ça c'est pas assez bien je veux mieux mais chais pas quoi, j'ai établi quelques petites théories qui, combinées, sont pas trop mal efficaces:
la théorie du "c'est pas grave". Ben non, c'est pas grave. Si ça marche pas, ben tu fais autre chose et puis voilà. Testé et vérifé. Plusieurs fois.
la théorie du "ben essaye, on sait jamais"
et surtout la dernière et non des moindres, la théorie du "si tu kiffes et que t'écoutes ton instinct, 99% de chances que ça le fasse".
Voilà, bisous

Anonyme a dit…

Un article pertinent, une évidence..pourtant lorsque je vois l'impact de tout ces ’merveilleux concepts’ autour de moi je suis soucieuse.Force est de constater que l'histoire de chacun, sa psyché, semble inexistante,comme si nous étions tous égaux face à l'adversité. Ça me fait penser à tous ces gens qui déclare que les ’clodos pourraient bosser au lieu de faire la manche’ça laisse songeur..
D.

Clémence a dit…

Bonjour Marie,

comme il fait du bien cet article! Car je trouve que ce mantra du " quand on veut on peut" est très culpabilisant. Comme tu le dis, il y a d'un côté l'individu et de l'autre le contexte et l'un ne va pas sans l'autre. Il est vrai que certains y arrivent qu'à leur propre volonté mais il faut voir - par quel moyen - a quel moment - grace à quoi/qui.

Par exemple tous ces gens des blogs qui réussissent et créent de petites entreprises se sont lancés seuls, ils ont crié très fort et se sont mis sur leur piste de départ. Mais généralemeent se sont des gens qui ont fait des études, qui ont une famille derrière (pas forcément pour le côté financier mais du moins pour celui de l'encouragement), et qui malgré tout, on eut ou pris le pari de pouvoir vivoter sans forcément gagner d'argent pendant quelques temps. Je ne crois pas que cela aurait été aussi facile pour qqun qui n'a pas fait d'étude, avec une famille peu interessé par son projet et avec un impératif de salaire à gagner à la fin du mois sinon salut l'appart.

Et il y a aussi le contexte économique malgré tout. Moi j'ai très envie de trouver un job, je laisse des CV partout, écris 10 000 lettres de motiv mais tjs la meme réponse : " pas d'embauche pour le moment" pourtant je crève d'envie de bosser donc encore une limite de quand on veut on peut. ba non la j'ai envie mais je ne peux pas et ce n'est pas de ma faute. Alors je ne désespère pas, ça va finir par payer mais j'aimerai que ce processus se fasse sans culpabilité, parce que se répéter : "ça doit etre moi qui suis débile" je pense que ça coupe plus les jambes qu'autre chose.

Bisous !

amelstos a dit…

Bon alors déjà tout individu qui a déjà tenté de rentrer dans une combi de plongée (c'est mon cas) SAIT de quoi tu parles.

Ensuite je déteste cette mode du moment consistant à placer la volonté au dessus de tout et tous les mantras qui vont avec. Ca ne me fait sentir que plus nulle et archi nulle car si je n'y arrive pas (à travailler plus, maigrir/grossir, être heureuse) c'est que je suis une grosse naze sans volonté ?
Tout ça, à mon avis, c'est du marketing bien pensé (il n'y a qu'à voir la stratégie de Nike notamment sur instagram. Alors en ce qui me concerne je suis adepte du fais ce que tu peux mais essaie de le faire bien et surtout, surtout, ne regarde pas trop les autres pour ne pas te comparer et déprimer. Ici et maintenant pas à pas, et qui vivra verra (ça ne veut pas dire ne rien faire, juste faire en fonction de soi et des possibilités).

ziloa a dit…

"Si tu veux tu peux" c'est super mensonger.
A l'université je n'ai jamais réussi macroéconomie, malgré de nombreuses heures (semaines) d'étude. Voilà, y'a rien à faire, ça passait pas. Idem pour stat et math, j'ai toujours plafonné à 10-11/20 pas plus.. même en bossant comme une crevarde.
CE qui est paradoxal, c'est que si on n'arrive pas à valider un cours, on va toujours nous dire de travailler plus et que "si on veut on peut" "si on se donne les moyens" etc. Or on ne dira pas ça à quelqu'un qui n'arrive pas à chanter ou à être souple. J'ai l'impression que les impuissances physiques sont plus tolérées que les impossibilités mentales..

Caroline L a dit…

Salut Marie,

Personnellement, le modèle de la win à l'américaine me pose un réel problème politique. Je reste convaincue que l'amélioration de la condition de vie des individus passe par une restructuration profonde de la société, et qu'avec leurs seules mains les individus ne peuvent pas tout.

Je le vois comme une légitimation d'un modèle profondément inégalitaire et individualiste, comme un dédouanement de la société concernant le bien-être de ces concitoyens: tout est entre vos mains, la société n'a pas à s'en soucier. Finalement ça ne favorise que ceux qui sont déjà dans une position de force. Pour les plus faibles, il en sortira bien sûr quelques uns qui arriveront à se construire par eux mêmes. On pourra ensuite les citer en exemple pour justifier le système (pratique^^).

Post passionnant, comme d'hab ;)

Biz

Caroline

Jess a dit…

c'est d'autant plus vrai que ce "quand on veut on peut" mène souvent à l'idée du mérite qui selon moi est une pente bien bien savonneuse...
parce que quand quelqu'un justifie sa fortune par exemple en disant "je le mérite j'ai travaillé dur" (aka "j'ai voulu j'ai pu"), ça sous entend que tous les gens qui travaillent dur pourraient aussi devenir riche s'ils le voulaient vraiment...
on le sait bien, ça tient à beaucoup d'autres choses, oui le travail compte mais je ne pense pas qu'on puisse nier à un mec ou un nana qui fait les trois huit dans une usine qu'il ou elle travaille dur...
bref il me semble que ton approche de lucidité en vers qui tu es est la bonne, on en revient à cette fameuse bienveillance...
bienveillance envers nous même mais en vers les autres aussi.
Boris Cyrulnik était sur Canal hier soir et il a dit un truc très bien sur les inégalités de chacun face au trauma ou aux catastrophes.
on n'est pas tous construits pareils, on n'a pas tous les mêmes capacités et si on apprenait à être plus lucide et bienveillant, nous serions sans doute bien plus heureux...
Bref ça tourne un peu à la philo de comptoir!
en tous cas merci de nous faire réfléchir sur ces questions!

xsmack

ps je crois qu'on a tous besoin d'un Karim dans nos vies!

Donoma a dit…

J'ai toujours détesté les livres de développement personnel sans trop savoir pourquoi. Au départ j'ai mis ça sur le dos de ma mère, qui vante sans cesse les miracles du yoga, de l'hypnose, du Reiki etc. et dès que j'ai un petit problème me sors ces grandes phrases toutes faites "comme dit le rinpoché blablabla"... Ado je trouvais ça ultra chiant. J'ai pas besoin qu'on me sorte une grande phrase dès que j'ai un soucis, j'ai juste besoin qu'on m'écoute. surtout que la plupart du temps c'est des propos ultra simplistes et du coup j'ai l'impression d'être une débile.

Avec le temps, j'ai trouvé ça mignon quand elle me sortait un autre "miracle" auquel elle avait assisté. Bon, et au final ma mère est toujours la meuf la plus stressée que j'ai jamais vu, elle n'arrive pas à lâcher prise sur des problèmes mineurs, elle avait arrêter de fumer de façon "extraordinaire" grâce à l'hypnose mais finalement elle re-craque de temps en temps. Mais je comprends qu'elle puisse en avoir besoin pour se rassurer, se donner l'impression qu'elle progresse, même si c'est... peu le cas.

Y'avait toujours un truc qui me dérangeait dans ces discours, j'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Puis j'ai lu ce texte et je pense que c'est ça: http://www.scienceshumaines.com/le-bonheur-est-il-obligatoire_fr_25267.html
En fait, ce qui me dérange, c'est que j'ai l'impression qu'on vend du rêve. Alors que nos moments de mou, comme nos moments de joie, sont pas là pour rien. Quand je vois qu'on propose des antidépresseurs à une amie à moi qui a perdu son père récemment... Où que tout le monde la pousse à aller voir un autre psy parce que "si ça va toujours pas mieux, c'est pas normal!" J'ai envie de dire, mais merde ! Laissez là faire son deuil ! C'est pas censé être une période facile ! J'ai l'impression qu'il y'a une véritable injonction à être toujours en forme, toujours de bonne humeur, toujours heureux et fier de sa vie. Et je n'aime pas ça, je trouve ça hypocrite.

Peggy L a dit…

Tu es le seul a pouvoir changer ta vie...Le power is in your Hand... euh oui mais pas pour tout et pas pour tout le monde.
Nous ne naissons pas tous pareil et pas tous egaux...
si tout le monde avait le pouvoir de tout changer nous serions tous tres proches de la perfection avec le job parfait et la vie parfaite... et je crois qu'on est bien loin d'y etre...
c'est facile de se bercer avec ce genre de pensées mais au final tout le monde n'a pas les moyens (que ce soit Physique Mental finacier etc) de pouvoir changer sa vie pour la rendre meilleure.
moi ma vie pro de me plait pas je deteste mon job, il est rempli de contraintes vraiment pesantes mais il est bien payé...le pouvoir est certes entre mes mains pour en changer, mais quelle prise de risque enorme lorsque on est seule a assumer sa vie son loyer ses factures.... Alors je me dis ben ca pourrais etre pire.. mon job pourrait etre detestable et etre mal payé.
Je crois qu'avec cette course au succès on en oublie parfois de se contenter de ce que l'on a au final.

Clue a dit…

Salut Marie

de mon côté, je ne rejoins pas nécessairement cette vision que tu as, je nuancerais un peu.
Au fond, cette phrase "si tu veux, tu peux", elle est vraie. Mais cela sous-entend d'avoir déjà répondu à une autre question BIEEEEEEN plus compliquée : qu'est-ce que tu veux vraiment?


Je m'explique. Tu parles de ton envie d'écrire un livre. Dans la réalité toute nue, tu peux, tu le sais même. Il faut y aller, et trouver ta propre méthode, et c'est seulement si tu passes du temps à y réfléchir que tu la trouveras. Par contre, il y a sans doute plein d'autres choses qui sont pas si évidentes. Est-ce que tu veux VRAIMENT rentrer dans une combi de plongée parfaitement? Ou est-ce que tu veux pas simplement plonger, et donc voilà tu prends la combi la plus proche et basta? Il est peut-être temps d'arrêter de se battre pour des choses qu'on ne veut pas vraiment, des trucs pas importants? Tout ne peut pas se passer toujours dans la lutte.

Donc "si tu veux tu peux", oui mais à condition d'avoir choisi l'objectif, le vrai, et pas si tu l'appliques à toutes les petites merdouilles sans intérêt.

Le reste, nos inégalités face au monde, tout ça : bien sur que c'est vrai. Et c'est même POUR ça que ce type de phrase existe : pour dire encore et encore que rien n'est VRAIMENT impossible à personne du moment qu'on souhaite un truc puissamment.
Je crois que l'important dans la phrase c'est pas "volonté" - c'est "vouloir".

Tout ce qui est dit dans les autres commentaires est plutôt juste, mais pour moi le débat n'est pas sur la volonté qu'on aurait ou pas. Le débat est sur "est-ce que déjà tu sais ce que tu veux". Au départ on croit qu'on veut plein de trucs, mais au final en fait pas tant que ça. Moi je veux être moins angoissée, le fond du fond c'est ça. Et heureuse de vivre ma vie comme elle est, et d'aller et venir sans me mettre des ENORMES challenge partout mais juste essayer des choses par-ci par-là, voir ce que ça va faire, etc. Il n'est pas nécessaire de souffrir mille morts pour réussir un truc qu'on veut vraiment faire, parfois il faut déjà juste arrêter la pression et y aller tranquille.

Voilà... des bises
Clue

Chloe P a dit…

Cet article me parle énormément : pour ma part, plus on insiste sur le fait que j'ai toutes les cartes en main pour réussir telle ou telle chose difficile (exemple du moment : rédiger mon mémoire de recherche), plus j'angoisse au point de faire un blocage total qui finit par me paralyser.

Je vis très mal le fait de n'avoir aucune "excuse" pour le cas où j'échouerai et c'est paradoxalement à des moments où on m'a mis de sérieux bâtons dans les roues que j'ai le moins paniqué face au travail à accomplir. Les "problèmes", pour prendre un mot globalisant, sont autant de filets de secours auquel me raccrocher quand j'envisage l'hypothèse de la chute (ce ne sera pas complètement de ma faute si des éléments exogènes entrent en jeu).

Chez moi, c'est poussé à l'extrême. C'est ainsi que lorsque j'ai passé mon permis de conduire, j'ai su faire un bon démarrage en côte bien avant de pouvoir démarrer sur terrain plat sans caler (exemple moisi mais qui résume bien l'histoire de ma vie !).

Evidemment, je ne fais pas la promotion de ce fonctionnement qui relève presque de la pathologie : il est tout pourri, mais j'ai tendance à croire qu'il est malgré tout plus répandu que ce que chaque personne qui le subit ne le pense et que savoir que l'on n'est pas seul-e dans sa névrose fait toujours un petit peu de bien là où on a mal.

Coeur.

Les causettes de Célestine a dit…

Salut Marie,

Réflexion très intéressante, comme d'hab, et je te suis sur tous les points.
Clairement non, quand on veut, on ne peut pas toujours. Le nombre de potes qui cherchent du boulot, qui envoient des centaines de CV et qui ne trouvent rien alors qu'ils ont tout ce qu'il faut pour. Le nombre de gens qui se retrouvent sans emploi ou à la rue et qui bataillent comme des lions, tous les jours, mais ne s'en sortent pas.
Evidemment que tout est relatif, tout est à analyser dans le contexte politique, social, économique de chacun.
"Quand on veut on peut", mon cul!


PS: si tu pouvais me prêter ton pote Karim, ce serait vachement cool.

PPS: la combi de plongée, cette aberration pure et simple.

Bécot!
Célestine

Anonyme a dit…

Coucou Marie,
J'aurais plutôt tendance à interpréter le "quand on veut, on peut" comme Clue. Si on souhaite vraiment-profondément-de tout coeur réussir quelque chose/réaliser un rêve, on peut = on en a les capacités (et pour moi, ça ne veut pas dire, on veut là tout de suite, on obtient là tout de suite...ça peut prendre du temps). Les mantras m'aident d'ailleurs souvent à me bouger les fesses. Je ne les prends pas trop au pied de la lettre non plus, ils sont courts pour être percutants, mais ne disent pas tout.
Après, je suis d'accord que pour les petites choses de la vie, on a beau vouloir réussir très fort sur le moment, on échoue parfois (c'est mon cas en entretien d'embauche, même si je fais une bonne prestation, je ne maîtrise pas les autres paramètres : prestations des autres candidats, critères de sélection, feeling avec l'employeur, recruteurs frileux à cause du contexte économique, organisation interne de l'entreprise en question...).
Et je crois que nos vies dépendent aussi beaucoup de la chance que l'on a ou pas ! >> Cette phrase du film Match Point : "Celui qui a dit « Je préfère la chance au talent » avait un regard pénétrant sur la vie. "Les gens n’osent pas admettre combien leurs vies dépendent de la chance, ça fait peur de penser que tant de chose échappe à notre contrôle..."
Gros bisous
Bon week-end !
Ju

LNK a dit…

J'ai l'impression qu'on voit aussi le "quand on veut on peut" d'une seule façon, c'est-à-dire celle qu'on voit dans les films.

Exemple: la figure du looseur ne trouve pas un job de rêve/une femme de rêve/une maison de rêve et il est triste (caricature du film populaire) Et à base d'un travail HARDER BETTER FASTER STRONGER, il réussit. Il est l'illustration parfaite de cette idée de la goutte d'eau qui finit par percer le caillou, avec patience, humilité, et acharnement.

1: On oublie que tout le monde ne veut pas percer le caillou. (CF: commentaire sur le choix de ce que l'on veut)

2: Pour aller sous le caillou, on n'est pas obliger de le percer. On peut toujours passer par en-dessous.

Donc: Ce qui me dérange, c'est qu'on imagine que tout le monde a les mêmes objectifs de vie. Mais au-delà, c'est qu'on arrive à faire croire que pour accéder à cet objectif de la manière noble, il faudrait EN PLUS qu'on y accède de la MEME MANIERE, sinon c'est de la triche.
Donc on place une notion qui à mon avis n'a rien à faire dans les relations humaines (parce que c'est ce dont il s'agit, d’interactions: l'idée de justice.

Comme le dit Karl (c'est improbable, ou peut-être pas tant que ça): il n'y a pas de JUSTICE dans les relations humaines. Rien ne vous est dû, vous ne méritez rien de plus parce que vous en avez bavez plus. On nous le fait croire, mais c'est faux.

Conclusion finale: Ce qu'on entend dans le "Quand on veut, on peut", c'est en réalité souvent "quand on mérite (ou quand on est méritant), on peut).
Alors que pour moi, la vraie phrase, hyper simpliste mais qui est aussi très pragmatique c'est:

"Quand on peut, on peut".

(si je change d'avis sur la question, parce que là c'est à chaud, je reviendrais l'écrire)

Anonyme a dit…

Hello,
Je viens justement de lire 2 ouvrages de Mona Chollet, "la tyrannie de la réalité" et "Rêves de droite - Défaire l’imaginaire sarkozyste" qui expliquent très bien que l'individu n'est pas pure essence, mais qu'il existe dans un contexte bien particulier, dans un corps particulier et que tous ces éléments interagissent entre eux. Nous sommes tous des êtres singuliers. Par ailleurs, elle met également en exergue le fait que les riches forment une vraie communauté qui s'aident entre eux, en ouvrant facilement leurs carnets d'adresses par exemple tout en criant haut et fort qu'ils se sont fait tous seuls et que les pauvres sont des feignasses. La vérité c'est que personne ne se fait tout seul, donc à mon avis il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir mais surtout de bien s'entourer.
Bises

Anonyme a dit…

Marie,

Je n'ai bien sûr pas les réponses à tout ça, mais je te laisse avec deux phrases qui m'ont marquée ces dernières années:

-la première était de mon psy, alors que je lui avouais avoir des problèmes avec mon apparence et surtout mon poids. Il m'a dit: "Est-ce que vous pensez vraiment qu'on choisit notre corps, notre poids, notre apparence?" C'était provocateur bien sûr (il est bouddhiste et aime bien poser des questions qui chatouillent). Mais après m'être énervée un moment, j'ai réalisé que la réponse, pour moi, était clairement "non". Je peux influencer mon corps, bien sûr, essayer de manger sainement, faire du sport, mais mon influence s'arrête là. Ca m'a enlevé un poids énorme sur le coeur (et depuis j'ai un peu minci, comme quoi hein...)

-la deuxième phrase, je l'ai lue dans "On becoming a person", du psychologue Carl Rogers. Il disait un truc du genre "A partir du moment où on s'accepte totalement soi-même, avec tous ses défauts, c'est là qu'on peut commencer à changer".
Hein, quoi? Ca m'a profondément perturbée: comment pouvais-je m'accepter, puisque justement je voulais changer pour m'aimer plus? Mais ça s'est avéré être une des philosophies de vie les plus précieuses qu'on m'ait enseignées. L'amour de soi est la base de tout...
Mon psy serait fier :)

Cerise

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je trouve cet article et les commentaires intéressants. Comme pas mal de personnes, j'ai tendance à facilement culpabiliser, puis je trouve des excuses, je culpabilise encore plus... et enfin j'ai remarqué que le seul remède à l'anxiété était un certain "lâcher prise", accepter de ne pas toujours y arriver sans se déresponsabiliser. On se met (nous même et la société) une pression de malade. Ma mère, qui est très branchée psycho, achète pas mal de bouquins de développement personnel et me les donne... A vrai dire ça m'agace!! Genre "ça va t'aider ma chérie". Mais moi j'aime avoir des états d'âme... ça permet de réfléchir. Ces bouquins me révoltent en général, ils sont trop simplistes, je ne m'y reconnais pas. Il y a un côté "je décide d'être heureux" à la Dany Boon, qui m'exaspère. Cependant, je peux te conseiller un livre. Ce livre m'a été recommandé par plusieurs personnes de mon entourage qui sont aussi un peu angoissées de la vie. "Les quatre accords toltèques" de Don Miguel Ruiz. C'est basé sur la sagesse ancestrale d'une ancienne civilisation. A vrai dire, j'ai eu du mal à rentrer dedans à la première lecture, puis à la deuxième ça a été une révélation. Cela suppose une certaine discipline de soi, tout en cultivant de l'indulgence. Pas facile! Mais pour une fois ce n'était pas basé sur ce discours de la win attitude.

Cécile a dit…

Hello Marie,
Je pense que cet adage "quand on veut on peut" n'est qu'un adage derrière lequel doit se cacher un concept plus fin, plus intéressant. Je pense, et c'est très personnel, que tout ce qui est de l'ordre du développement personnel n'est qu'une partie visible d'un iceberg bien plus important: il est souvent repris dans tous ces ouvrages des thèmes qui ont trait à une conception de la vie et à une spiritualité à se construire sans faire forcément le choix d'une religion et qui se constituerait de tous ces éléments piochés ça et là à la découverte de soi et des autres, de la vie que l'on partage tous. Je pense qu'à partir du moment où l'on touche à cette dimension, sans se prendre pour un moine bouddhiste mais juste en considérant que cela a un réel impact sur notre conception et manière de vivre, alors là tout cela ne sonne plus creux, ou faux. Mais je suis aussi persuadée qu'il n'y a pas de mode d'emploi et que c'est à chacun de trouver ce qui lui convient et que le partage enrichit chacun dans tout ça, c'est là ce qui est génial, c'est une quête et l'on ne s'ennuie jamais! Belle référence au film de Ken Loach j'adore <3

Pascalou a dit…

On pourrait aussi prendre cet adage à rebours et là c'est carrément déculpabilisant. Si on ne peut pas, c'est qu'on ne veut pas vraiment...alors à quoi bon s'imposer soi-même des contraintes supplémentaires pour des choses pour lesquelles notre inconscient nous met en situation d'échec parce que nous ne les voulons pas vraiment.
Votre ami Karim est précieux. Parole de quelqu'un qui n'a pas des cuisses de mouche mais une taille de guêpe et qui peine à trouver un pantalon à la bonne taille.

Sof a dit…

HEllo Marie, je voulais donner un peu mon avis parce que je reviens d'un seminaire du type : vous les jeunes vous pouvez changer le monde, ou j'ai vu des gens parler super inspirants (y comprix des zamericains de TED :) et des jeunes entrepreneurs sociaux qui croyaient durs comme fer a leur projet qui gagnaient rien du tout, des gens qui travaillent dans le developpment international et le peace building a traves la meditation (le innerpeace), des gens (surtout) qui avaient quitte leur boulot-super-bien-paye-a-l'etranger pour monter une boite bancale, ou bien travailler dans des zones de conflits. Ce n'etait pas des winners au sens de l'american dream, en fait, une bonne partie d'entre eux avait choisi de ne pas suivre ce modele - et donc de renoncer a des revenus assez eleves pour choisir une voie qui leur semblait etre plus en phase avec ce qu'ils etaient. C'etait des gens inspirants parce qu'ils etaient eux-memes - et qu'ils essayaient de faire quelque chose le plus en accord avec eux-memes. Et a un moment, ma super voisine de 22 ans-lithuanienne-qui-fait-de-la-philo-et-est-trop-intelligente (ouai, bon), elle dit : tout ce que je vois depuis trois jours est liee a notre identite : le inner peace reflete le besoin de se trouver dans la meditation et d'etre en paix avec soi-meme, pour etr en paix avec les autres, le social entrepreuneurship reflete le besoin de construire un projet qui reflete nos convictions profondes sur la facon dont on veut vivre dans notre environnement. Donc, quand je vois "quand on veux on peux", ca me semble un peu bateau aussi - parce que derriere il me semble qu'il y a un dictat qui est celui de reussir financierement. C'est un peu l'output attendu du "quand on veut on peut". Alors qu'a mon avis, le plus important, c'est d'etre en paix avec soi-meme, se trouver et agir en fonction de ses convictions profondes, de ses besoins, de ses reves. Si etre en paix signifie avoir une terrasse pour prendre un cafe au soleil le matin et faire des grillades le dimanche, c'est cool. On a chacun notre appreciation de ce qui nous correspond le mieux et de ce qui nous rend heureux.

@Marjanepire a dit…

Ben...de mon côté mon expérience m"à apprise que l"on vit dans un monde capitaliste qui peut te réduire à néant (je pense aux sans... sdf, sans-papiers....aux plus pauvres) ou plus generalement à subir des diktats car c"est le processus qui alimente le système...
Après je dis ça froidement mais je vis comme tout le monde entre idéaux et petits compromis...
Par contre je reste à l"écoute, en éveil devant toutes les dérives normalisantes et dominantes.... quand je sens avec mes petites antennes ma liberté intérieure sauvage trop je lutte !....
ça vaut pour la consommation pour le travail pour les relation...

...c"est pourquoi demain je battrait le pavé....

Sof a dit…

Re-hello! Juste pour signaler l'initiative Make Sens et qui est la preuve que meme quand on veut tres fort... ben non, on ne peut pas tout faire tout seul.
Par contre, on peut essayer d'avoir un coup de main de personnes qui peuvent. Vive la team!

Stark a dit…

Un article étrange. D'un côté, tu dis qu'il a des choses qu'on contrôle pas et qu'on peut pas contrôler (coupes des fringues), de l'autre, tu parles de développement personnel et de livres à ce sujet. Je trouve ça un peu déroutant et paradoxal d'être partagé entre ces deux visions.

Pour ce qui est de mon expérience (comment ça on s'en branle?). Je pars du principe que tu peux toujours tout contrôler. Je vois juste la vie comme une multitude de variables et de données statistiques (c'est vachement étrange comme phrase ça). En gros, tu peux toujours analyser, et prendre l'option qui est la plus intéressante pour toi.

Et c'est là que je trouve ta vision des choses étranges Marie. Pour toi, on est conditionné par des variables X (famille, état, etc), alors qu'au final, c'est toi qui te conditionne et te mets des barrières.

Chaque personne a son propre destin en main, et chaque personne peut choisir ce qu'elle va faire de sa vie. Celles qui disent "j'ai pas eu le choix, blablabla." sauf très rares exceptions, c'est juste qu'elles n'ont pas de volonté, ni d'ambition (comment ça j'suis un bâtard?).

Pour terminer ce commentaire (intro, texte, conclusion), je vais juste reprendre une de tes situations. Dans un post, tu disais que tu courais, mais que tu étais en galère, et que la seule solution que tu avais, c'était d'aller à ton rythme, c'est-à-dire, plus ou moins lent. Dans ce cas, c'est pareil, on part pas tous avec les mêmes dispositions, mais au final, on peut tous réussir.

Anonyme a dit…

Bon, mon commentaire ne va pas être d'une grande utilité, mais je voulais juste dire que j'adopte aussi la technique, lorsque je me sens looseuse et flemmarde, consistant à visualiser ce que mon "super moi" ferait...
Et je trouve ça + sain que de me comparer à ces filles parfaites à mes yeux devant qui je complexe, là le défi est non entre moi et elles, mais entre moi (mauvaise version) et moi (à mon maximum).

J'espère que tu trouveras ce que tu cherches jolie Marie. Je t'embrasse!

Aurélie a dit…

Salut Marie,

Ton article soulève des questions très profondes et assez complexes. Je suis comme toi je pense, " le quand on veut, on peut " aurait tendance à m'énerver et à me hérisser le poil (expression ringarde 2000)quand elle est utilisé dans un mauvais contexte. Je pense que notre rapport à la réussite, à la motivation est biaisée car nous passons notre temps à nous comparer aux autres, à cette foutue norme. Je pense que pour vraiment se sentir bien, et pour avoir la win, l'important est de se détacher du regard de l'autre, de se détacher des normes de réussites et d'arrêter de se comparer à l'autre (sans tomber dans un narcissisme à la Kanye West). Ca prend du temps de se rendre compte que notre société occidentale impose des normes qui ne peuvent pas s'appliquer à tous (et en temps que femme, noire et de banlieue je sais de quoi je parle bien-sûr sans misérabilisme)tellement on est conditionné par ces messages de réussites, ces normes de beauté, les success story. Depuis que j'ai compris que j'étais normale avec ma taille 40, mes cheveux crépus, ma peau noire, mon revenu moyen et bien j'ai la win. Du coup, je pense qu'il faut se fixer ses propres règles de réussites tout en ayant le recul de se dire que ce que je croyais être la réussite, le bonheur était dicté par la société. S'affirmer en tant que personne et accepter ce que l'on est c'est un bon début et du coup les quand on veut on peut et autres mantras, c'est à nous de les interprétés et de les utiliser à notre convenance.

J'espère avoir été claire, car même moi à la relecture je me suis perdue.

La bise.

laure a dit…

Je pense comme ça : "si je veux, je peux". Et ça me réussi plutôt bien. Le danger de cette manière de penser est de me perdre et d'estimer que je veux ce que la société veut que je veuille (tel corps, tel mec, telle vie...). Je reste donc hyper concentrée sur ce que je veux vraiment, mes vraies envies. L'autre danger est de devenir une grosse conne car cette phrase vaut, selon moi, pour moi et dans ma tête. Je ne la prononce jamais à voix haute, ne l'impose à personne car elle est ce qu'il y a de mieux pour rabaisser et anéantir celui qui nous fait face, l'air de rien...

Anonyme a dit…

Comme d'autres l'on déjà dit avant je pense plutôt que quand on peut, on peut. La phrase de quand on veut on peut , est utile pour se motiver, essayer de se motiver, de surmonter des obstacles qu'on pense impossible a surmonter .
Mais quand on a essayé, plusieurs fois, en pansant avoir analysé correctement la situation ..ben on peut pas c'est aussi simple que ça.

J'ai été nulle en math, au lycée , au seconde ça me faisait chier, mais vraiment chier , j'étais pas habitué que quelque chose me résiste autant parce que j'avais de très bon résultats dans les autres domaines . et puis les maths m'apparaissaient une matière belle et abstraite alors je voulais y arriver .
Je sais pas pourquoi ça m'a tellement énervé et pourquoi je voulais tellement être meilleure, car mes parents se foutaient royal de mes notes.
J'ai beaucoup travaillé, j'ai essayé de m'améliorer j'ai fait des exos en plus, je bûchais des heures dessus et même si j'ai du un peu m'améliorer, je n'ai jamais été beaucoup plus loin que la moyenne.

Arrivé en terminale c'est la philo qui m'a posé problème. là pareil j'ai passé un trimestre a stresser a pleurer de rage de ne pas comprendre. Et là je m'y suis mis, et je suis passé en un an de 7 de moyenne à 15 . j'étais fière de moi j'y suis arrivée.

Mais .. ben j'ai toujours eu un profil plus littéraire , et ma façon de penser n'est pas celle de la logique mathématique, j'ai eu aussi d'assez mauvais profs de math s auparavant etc ...

Là c'est au niveau des capacités . .;
Mais il en va de même pour le moral, la confiance en soi etc ..

Il y a quelques mois , me lever , me laver et faire le moindre truc comme du dessin , lire un livre étaient impossible .. j'étais abattue, déprimée et j'arrivais à rien . Mon estime en a pris un coup. j'avais l'impression de plus rien valoir. de plus être moi avec mes ancienne possibilités.
Là ça va mieux, beaucoup mieux et je me surprends a de nouveau faire des trucs que je croyais perdus ..
en y repensant j'ai du faire face a tellement Evènements, de mauvaises nouvelles , d’échecs, de nouvelles situations que j'arrivais plus rien a faire. j'étais terrorisée, en colère etc . Dans ces cas là on peut rien faire . même pas correctement réfléchir.


Le "quand on veut on peut", ça marche pour quand on a peur . et pas trop peur . je peux dire ça a ma sœur, quand elle a peur d'envoyer un CV pour un job d'été. Je peux dire ça à mon mec qui a peur de pas avoir son diplôme parce que je sais qu'il va l'avoir . je dirai ça une pote qui voudrais demander une augmantation mais qui n'ose pas.
Je dirai pas ça à mon père qui aurait bien voulu devenir kiné mais qui est devenu comptable : il faudrait qu'il reprenne tout a fait les étude, il a du mal a retenir les chose, il paye mes etudes et celle de ma soeur etc . c'est pas impossible , mais bon c'est vraiment trés trés dur .
Ma mere a fait quelques regimes, mais finalement elle n'a jamais vraiment minci . au fond, je sais qu'elle préfère bien manger et c'est bien comme ça aussi.

Mary a dit…

"Si on veut on peut" ...j'y ai jamais cru une seconde. Donc je culpabilise pas. Ou alors très peu.

Par contre "donne moi la force de changer ce que je peux changer et d'accepter ce que je ne peux pas changer" me semble plus réaliste. Du coup elle me met à l'aise, car elle me force à me regarder en face...
Bon elle vient de la religion et a été reprise par les alcooliques anonymes mais ca ne change rien au fond. Il faudrait une version sans le "Dieu, donne moi la force"

"Si la vie te donne des citrons, fais en de la citronnade." peut être?

Faut faire au mieux avec ce qu'on a. :)

Anonyme Amande a dit…

Je n ai pas lu les derniers commentaires, mais je suis assez d accord avec Jess et Peggy. Tout n est pas affaire de volonte...

Etant d un naturel plutot negatif, j ai du mal a forcer ma nature et a tacher de voir le verre a moitie plein plutot que vide.
J ai lu aussi quelques bouquin de developpement, pour devenir un meilleur parent, pour mieux vaincre les addictions, ce que j en ai retire, c est surtout de mieux comprendre les rouages qui me menaient a tel ou tel comportement, et cela m a parfois permis d eviter un eccueil mais c est toujours reste dans des situations marginales.

Je pense qu il est deja important de se connaitre et de se comprendre, cela peut etre l oeuvre d une vie, et surtout d etre bienveillant (decidement ce mot est a la mode !) envers soi meme et envers les autres.
Je ne suis pas du tout partisane du "je me lance j ai rien a perdre", et je n aime pas non plus le plus le "no pain no gain", comme si les gens lents, plus discrets et pas forcement dans la win n avaient pas leur place dans ce monde.

Je fais partie de ses gens un peu diesel qui ont besoin de bcp de temps pour peser la situation et prendre une decision, ca m a fait rater des trains et "perdre" quelques annees mais ca fait partie de mon cheminement.
Je ne m y suis peut pas prise de la bonne facon, mais a chaque fois que j ai fait ma fonceuse, ma wineuse, je me suis toujours ramassee vraiment mechament...

Que penses tu du diesel Marie ? ;-)

Merci en tous cas.

Anonyme Amande a dit…

Pardon pour les fautes ! les correcteurs automatiques, grrrrr !

petitprunier a dit…

hey biche :-)

je discutais hier avec une amie de la notion de lutte, plus exactement de la reponse "fight or flight", combat-fuite, en francais (pas super bien traduit d ailleurs), que l on choisit d apporter à chaque situation problematique qu on rencontre.

pour moi, cette histoire de "quand on veut, on peut", si elle devient systematique et la seule facon d envisager son epanouissement, revient à tout aborder sur le mode du combat, de la lutte. et quand je dis ca, j ai une image qui me vient : jme vois tete baissée, à la facon d 'un belier, qui pousse contre un obstacle style char d assaut, le long du meme parcours circulaire, encore et encore, sans jamais faire un pas de coté, sans jamais essayer de sortir du cercle vicieux, sans jamais essayer non plus d envisager les choses sous un angle different. la fuite, c est pas forcement quelque chose de negatif. d ailleurs, dans le "flight" anglais, y a une notion d envol, de positif, qu il n y a pas dans le mot "fuite". renoncer à se battre, c est aussi avoir assez de recul pour decider de ne pas mettre de l energie dans un combat inutile. c est aussi savoir laisser une situation qui freine, ou qui fait du mal, pour prendre son envol differemment, rebondir ailleurs, vers quelque chose de bon pour soi. c est aussi pouvoir choisir la bienveillance finalement, on y revient ;-)et ce renoncement là, c est tout sauf de l evitement

(chais pas si c est tres clair mon truc, j ai un peu de mal à ordonner mes pensées en ce debut de semaine ^^)

des bisous biche

take care

Avril a dit…

AMEN Marie! (ah oui j'avais pas tilté que amen + ton prénom c'était hyper cérémonieux... :D)

je suis assez d'accord avec toi sur le côté anxiogène et TOTALEMENT culpabilisant du 'quand on veut on peut'! même si je pense que parfois il est nécessaire, dans le sens où dans le fond on est tous capables de s'accomplir, mais comme tu le dis, la volonté seule ne suffit pas!

pour parler par exemple de la vague de bien manger et de sport qui déferle depuis 1 an ou 2, selon l'état d'esprit dans lequel je suis ça peut soit me motiver et me remonter à fond, soit me déprimer totalement, me faire sentir nulle et ultra coupable..

j'ai l'impression que les gens ont parfois une vision hyper simpliste de la vie et quand je vois comment certains ont l'air d'évoluer avec facilité dans a peu près tout, je me dis qu'on doit vraiment pas avoir la même vie, car dans la mienne, tout est beaucoup plus chiant et galère que ça! ou alors ce n'est que la façade que les gens montrent...

bisous ;)

ELISE R. a dit…

Marie,
(trente ans après) ton post me fait vraiment penser à la réflexion que je me suis faite l'autre jour, en pleine errance avec mon mec dans un magasin.
On cherchait un cadeau à offrir en dernière minute et on était chez Nature et Découverte. On a fait face à toute une tripotée de bouquins de développement personnel, mais genre truc de supermarché, tu vois? "La vie pour soi" "Méditer en 5min" et compagnie. Putain, ça foutait les boules, les bouquins étaient PARTOUT, au milieu des tapis de yoga, là on dit OK... mais aussi dans les rayons de thés, de voyages, etc.
Alors finalement, on s'est posé la question : est-ce que finalement c'est pas rentable tout ça? De développer cette espèce d'estime de soi, de prendre son temps, de s'écouter... De vendre des tapis de yoga, des bouquins, des jardins zen, des livres de coloriages...
Moi, ça me fait flipper à quel point tout devient commercial, en fait. Voilà le point de mon commentaire. Est-ce qu'on a vraiment besoin d'acheter un truc pour prendre un engagement? Pour s'auto-congratuler?
Je n'ai pas la réponse, et d'ailleurs, sûrement que oui, il le faut. Mais putain, ça fou les boules.

Belle journée, petit rayon de soleil.

Bonnie Bulle a dit…

Bonjour Marie,
bien d'accords avec toi sur ces propensions à l'angoisse et la culpabilisation qui peu naitre de tous ces discours. Des livres ou des articles sur le sujets on est beaucoup à en avoir lu. Il est évidemment qu'il est essentiel de chercher à tendre vers le mieux et un soi meilleur, ainsi que de travailler sa confiance pour se donner les chances d'y tendre. En revanche le "si on veux on peux" reste pour autant assez simpliste au vus de tout les paramètres en jeu. Sur ce une émission d'inter qui rejoint d'une certaine façon le sujet et y donne un éclairage intéressant:
http://www.franceinter.fr/emission-lheure-des-reveurs-regine-detambel-les-livres-prennent-soin-de-nous
Des bises
Amelie (la fille au comm/mail de 102 km!)

ellatactic a dit…

Salut Marie,
Je réponds en retard et après le commentaire de petitprunier avec qui je suis tellement d accord. Le discours de la win est pour moi culpabilisant d autant plus qu on ne nous apprend pas a faire la différence entre un problème et un obstacle. Un problème se résoudre un obstacle se contourne.A tout aborder avec le "quand on veut on peut"on ne conçoit que des problèmes qu on s efforcé de résoudre alors que la solution serait peut être de laisser tomber, prendre du recul, voir que c est impossible et prendre l autre voie, contourner et reprendre plus loin. Pas sûre d être claire...
Dans mon ça tres personnel mon problème c était mon couple.j ai essayé de résoudre les différences de fonctionnement, de m adapter et de comprendre, parce que je pensais que mon bonheur viendrait de tous ses efforts a faire.ms je n ai pas vu que ça ne marcherait pas et je me suis épuisée. Le recul m aurait permis de voir ce qu on me criait depuis des mois, ça ne servait a rien.je dois prendre du recul, accepter que le bonheur ne viendra pas et passer mon chemin..
C est la même chose la dans mon métier le problème n est pas les efforts que je fournis, mais que le problème me dépasse.. C est un obstacle je dois contourner demander de l aide des outils.la solution n est pas en moi.
Mais pour faire ça il faut du recul et surtout un tuc qu on a perdu je trouve : de l indulgence. Pas qu on ne se plaigne jamais ou que nos potes ne nous soutiennnt pas ou ne nous remontent pas le moral mais est ce qu on se pardonne a soi même les erreurs qu on fait? Pas beaucoup je trouve..je milite pour l indulgence quand on pensait etre face a un problème et qu on découvre un obstacle..on est humains..
Désolée c est brouillon.
Bisous

ellatactic a dit…

Et désolée pr les fautes, pas facile le clavier iphone

shoubbs a dit…

Pour la partie "imaginer son super soi" j'utilise ce que j'appelle la méthode Catherine. Je suis quelqu'un de profondément gentil et timide (pas carpette mais presque), donc pour pallier ma difficulté à m'imposer, ou quand je suis dans une situation de blocage, je me demande que ferait catherine deneuve à ma place (en toute simplicité). En fait, c'est plutôt que ferait la version idéalisée par mes soins de Catherine. Ce n'est pas une femme que j'aime plus que cela, mais j'aime son côté "je fais ce que je veux et je t'emmerde", mais de manière bourgeoise bien sous tout rapport.