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21.4.15

LA PROVINCE / PARIS ET MOI

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Photo de Stephen Shore sans rapport avec Paris


J'ai toujours vécu en province (enfin à part quelque semaines il y a quelques années mais ça compte pas vraiment vu que je squattais chez une amie).

Je viens d'une ville (même d'une région) d'où on veut en général partir.

Quand j'ai eu mon bac et que je suis partie à la grande ville, aka Nancy, je percevais déjà ça comme une sorte de "progression sociale". D'un coup, je devenais une citadine. Je me disais que c'était comme ça que j'allais finir, dans une grande ville, sûrement bien plus que celle dans laquelle j'étais.
Pour une raison qui m'échappe, je pensais que les citadins étaient plus dans la monde, connectés, intéressés et intéressants.  En un mot, mieux (encore ces histoires de classe sociale).
Et plus la ville était grande plus ces qualités s'amplifiaient... Je sais pas pourquoi j'avais ça dans la tête.


A la fin de mon deug (oui y avait encore des deug) ma meilleure amie est partie à Paris, ville dont elle rêvait déjà depuis des années. Pas moi.
Et ça a continué comme ça, mes amis sont, pour beaucoup, partis vivre à la capitale. Et j'ai vite senti que nos modes de vie différaient vachement.

Plus le temps passait et plus je faisais des allers-retours à Paris plus je savais que je n'avais, finalement,  pas envie d'y vivre.
La plupart de mes amis nouvellement, ou pas, arrivés à Paris, me vantaient les qualités de la capitale mais je n'en ai quasi toujours vu que les inconvénients.

Je n'ai sincèrement plus jamais voulu y vivre et ai longtemps pensé que cette "non-envie" était anormale.
Comme si Paris était resté, dans mon esprit, un aboutissement.
Mais je ne pouvais pas faire semblant qu'à chaque fois que j'y allais je m'y sentais mal. Si j'étais obligée d'y vivre je serais très malheureuse j'en suis sûre.

Et comme la plus caricaturale des provinciales j'hallucine sur le prix des loyers, qu'un Coca coûte une blinde et suis vachement étonnée de lire que certaines parisiennes sont victimes tous les jours de harcèlement de rue .

Paris est très joli, c'est sûr mais au vu de l'environnement dans lequel je vis, ça m'en touche une sans remuer l'autre.
Chaque rapport au beau est différent et j'ai des tas de potes adorant Paris et trouvant la vie là-bas géniale, ce que je peux comprendre... mais pour moi, ça n'est que de loin parce que rien de m'émerveille tellement là-bas.

Je vis à Lorient qui est une ville de taille tout à fait modeste et pas très belle (la guerre est passée par là et a bien tout défoncé), mais j'aime bien quand même.
Je ne suis pas venue en Bretagne parce que je voulais changer de ville mais parce que je voulais me rapprocher de l'océan.
Même si a priori mon déménagement n'était pas ultra sexy (les clichés sur la vie en Bretagne sont nombreux. Maintenant si tu me demandes mon avis, je trouve que ça claque, d'autant plus que le printemps s'installe) il correspondait à mes aspirations. Et des aspirations c'est très personnel.

Ici c'est calme d'autres trouveraient que c'est anxiogène.
Mais j'aime profondément le calme de ce type d'existence pour le moment.

Un des trucs qui m'a le plus étonnée ici, c'est que les gens ne veulent pas en partir. Les étudiants n'aspirent pas à vivre dans une autre  région que la leur. Enfin il y en a bien sûr, mais la différence avec Saint-Dizier (la ville où je suis née) est gigantesque.
Les bretons aiment leur région et ne souhaitent pas aller voir ailleurs si c'est mieux.

Je dois être une petite provinciale ad vitam eternam et ce qui me satisfait n'est finalement pas ce que je fantasmais.

Bisous smack

28 commentaires

Viny.. a dit…

Salut Marie !
Pour ma part, je suis une ex-parisienne (une banlieusarde même, en vrai, et de la banlieue nord en plus !) qui s'est "expatriée" en Bretagne.
J'ai donc quitté ma Seine-Saint-Denis natale pour venir vivre à Rennes, parce que mon chéri vivait là et qu'en effet, comme bon nombre de bretons, il ne se voyait pas aller vivre ailleurs qu'en Bretagne.
Et franchement, je ne regrette absolument pas mon choix ! Je me suis rapprochée de l'océan (moins que toi, certes, mais quand même) mais surtout j'ai gagné en sérénité en quittant ce stress et cette sensation d'être pressée, comme pressée de vivre mais aussi pressée par la vie.
Bref, je ne sais pas si mes propos sont très clairs mais je tenais à te dire que je comprends bien les tiens, dans cet article.

Clue a dit…

salut marie
en fait, ce que tu décris ça arrive à tout le monde je pense. On rêve et puis ensuite on voit la réalité, et puis on se dit "ah tiens non en fait!" :)

Impossible de dire pourquoi, mais pendant toute mon enfance (à Lyon, donc rien de semblable à Saint-Dizier en taille), je voulais plus grande vivre à Paris. J'y vis depuis environ 10 ans (un peu plus). Depuis 2 ans maintenant, je me suis un peu lassée. J'aime cette ville, mais je n'aime plus autant LA ville. J'ai envie de nature, de mer (comme toi) et je rêve de trouver une raison/ un travail qui me rapprocherait de la mer, et plutôt dans ton coin. Le sud ne m'a jamais tenté.
La Bretagne, c'est beau tout le temps même quand il fait moche.

On ira peut-être vivre par là plus tard avec mon homme et notre famille quand on en aura une. Si on a la possibilité de le faire! Parce que Paris, c'est dur de la quitter... ;)

Je t'embrasse!
Clue

Anne a dit…

Coucou Marie !

Je finis en ce moment mes études à Paris et la question se pose pour moi de savoir si je pars ou si je reste.
Il y a un mois j'étais catégorique : je pars. Parce que Paris c'est chiant, c'est grand, pollué, bruyant...
Et puis en ce moment je me dis : partir pour où ? Pour qui ? Pour me retrouver toute seule dans un coin magnifique ?
Je crois que mon envie de partir était le fameux principe de "l'herbe est toujours plus verte ailleurs", la fuite en avant. Alors que finalement, le lieu importe peu. Ce qui compte c'est de qui on s'entoure et ce qu'on fait de sa vie, où qu'on soit, non ?
Je ne sais pas si c'est clair mais par exemple, toi quand tu as déménagé, tu connaissais du monde en Bretagne ? (c'est un sujet qui m'intéresse pas mal en ce moment tu l'auras compris... :) )

Anonyme a dit…

J'en ai déjà parlé avec toi, mais oui, la Bretagne, je ne saurai comment l'expliquer, je m'y sens chez moi ... comme nulle part ailleurs (quoique la Corse pourrait me tenter). C'est les paysages, l'air marin, la culture. J'ai été élevée avec les légendes bretonnes (assez farfelues mais passionnantes), chaque lieu est habité de mille histoire. Un jour faudra que je te parle de la théorie de mon père sur "la pensée inerte des pierres", c'est flagrant quand tu te poses en bord de mer.
des bisous
Irène

petitprunier a dit…

hey biche :-)

j aime bien ce post, il est doux pour les provinciaux qui aiment leur province sans etre agressif ou meprisant pour les parisiens qui aiment leur paris, et c est suffisamment rare pour faire du bien !

chui une provinciale de la pointe de mes cheveux jusqu au bout de mes orteils... :-D je ne me vois pas une seconde quitter ma région (voire mon departement... d ailleurs j emmenage à metz jte dis pas l angoisse ^^). et pourtant... je garde toujours cette envie de bouger, ca me taraude à chaque changement de vie, à chaque passage difficile. je sais que dans ces instants là, au delà d une envie d ailleurs, c est plus un besoin de fuite ou de renouveau autre que geographique qui me fait envisager le depart. preuve en est que je ne suis jamais partie :-) la seule idée que c est possible m apaise, me permet de reflechir sur mes reelles motivations à partir et me donne le recul nécessaire pour affrontr ce qui doit l etre. et j en conclus toujours que je ne suis pas du tout prete à abandonner ma famille, mes amis, mes collegues, ma région -pour le coup pourrie, elle, et dont tout le monde a envie de se barrer. c est chez moi ici et ca me complexe pas :-) je deteste les gens qui te regardent l air peiné quand tu dis d où tu viens. c est dans le meme ordre d idee que ceux qui pensent que, parce que tu es casanier, que tu ne fais pas le tour de la terre à chaque vacance, alors tu n es pas ouvert sur le monde et sur les autres.

apres, il se peut qu un jour, mon envie de bouger en soit vraiment une... et là, je sais pas dire comme çà où j irai. probablement vers le nord et vers l ocean :-)

je t embrasse ma belle take care

amelstos a dit…

Salut Marie, je suis une méga provinciale aussi alors que j'ai toujours clamé haut et fort que j'irai vivre à Paris. Mes parents et toute ma famille sont des parisiens pures souches, mais mon père prof a décidé de migrer en Alsace il y a 40 ans. Alors moi, je suis strasbourgeoise et maintenant mulhousienne. Et finalement, je n'ai plus envie de vivre à Paris, parce que même si je ne vis pas dans une région aussi splendide que la tienne (on le constate en te suivant sur instagram), j'ai un jardin et puis je vois les montagnes de chez moi. Ce qui m'agace en revanche c'est que mes copains parisiens ont toujours ce côté condescendant envers la province...j'ai l'impression qu'ils prennent pour un manque d'ambition ceux qui sont restés dans leur petite province (toujours le problème de cette foutue ambition). Et moi ça m'agace, mais je ne sais pas pourquoi. Bref, bisous d'Alsace à une bretonne !

lunelo a dit…

moi j'aime bien la bretagne^^ j y susi allée qqfois et je n'ai jamais été déçue. il a un coté rude et doux a la fois... et puis la mer... et puis les bretons ;)

paris j'y vis encore mais je ne m'en rejouis pas, je n'en susi pas fiere... je trouve la qualité de vie médiocre mais etant un (encore) un oisillon en perdition je ne sais pas encore vers ou m'envoler. PAris me tue mais pour avoir sejourné quelques mois dans une ville de moindre taille en irlande(l'equivalent de caen ou je me faisais schier comme un rat mort) ou encore en banlieue parisienne(chez mes parents) ou etudiante j'etais deja "la parisienne", je n'arrive pas encore a faire la balance. LE retour a la terre de l'urbaine native que je suis se fait progressivement et je sens bien que j'ai besoin de bon air frais, de rapports moins agressifs, plus tranquilles, de nature, de verdure, de nuits noires, d'une autre beauté d'un niveau de vie different et de m'eloigner de faux besoins mais j'aime qd meme a paris la richesse culturelle, les conferences, ateliers , musees, spectacles parfois gratuits.... tous ces bonbons delicieux

emilie a dit…

Provinciale vivant à Paris, je suis effarée d'être la seule de ma promo (environ 70 filles de 20 ans) à porter des jupes courtes et des petits shorts parce qu'il fait chaud. Il fait 23° et elles mettent des collants pour ne pas se faire emmerder.
C'est vrai que je me fais siffler souvent, aborder souvent, et qu'ici quand il fait chaud ou tu étouffes tranquillement en pantalon ou tu te promène les jambes à l'air et tu te transformes en filet mignon.
J'ai vécu à Nantes, Brest, Caen, je vais souvent à Rennes, et je crois que je pourrais me balader nue que ça ne ferait rien du tout, même dans les quartiers un peu chauds ça passe crème.
Je ne comprends pas pourquoi Paris craint à ce point.

first round : question féminine

emilie a dit…

Et puis je suis affreusement travaillée par la pauvreté de Paris. Les clochards dont la ville est parsemée, hagards, sales, tristes, me font mal. Moi la provinciale, qui ne suis pas habituée à tant de misère, je pleure. En Bretagne, dans mon quartier bourgeois, dans ma grande maison, je nourris les oiseaux du jardin. À Paris, dans le quartier bourgeois où je vis, j'apporte de la nourriture à un sdf sur le chemin de l'école, je n'ai jamais vu son visage ni l'ai entendu parler, il s'enfouit dans ses couvertures, ses cartons, moi le radeau de la méduse je le croise tous les matins, j'en chiale putain.

emilie a dit…

secound round : question sociale

lunelo a dit…

@emilie peut etre parce que les grandes villes font les grandes frustrations, factorisent les miseres, la solitude et que certains solitudes testeronées et frustrées completement congestionnées de l'entrejambe voient cette congestion se propager dans tout leur etre et exploser en flot fielleux?

pour les sans abris je plussoie, surtout que l'été est parfois encore plus difficile pour eux a passer car certains lieux d'accueil sont fermés. Quand il fait chaud je file des bouteilles d'eau mais parfois je ferme les ecoutilles aussi parce qu'on ne peut pas tout gérer en permanence

PoluxUsa a dit…

Bonjour Marie!
Merci pour ton post super intéressant. Je connais bien ce que tu décris.
L'envie de vivre à tout prix à Paris est très répandue et a tendance à faire penser que vivre ailleurs est nul.
Bisous d'ailleurs!

Camille a dit…

Personnellement, il y a deux ans de cela, j'étais dans une mauvaise période de ma vie (rupture douloureuse, études stressantes et doute quant au fait que j'étais dans la bonne voie), et j'étais allée passer 2 mois seule à Londres. Comme si ça allait tout régler tu sais, comme si acheter un billet d'avion et faire ma valise allait faire de moi une toute nouvelle personne. Je pensais que j'allais faire énormément de rencontres, que j'allais passer les vacances de ma vie, que je me sentirai enfin bien dans ma peau... et bien je ne me suis jamais sentie aussi seule de ma vie.
Je n'ai pas rencontré énormément de monde (de nature timide et un peu introvertie en France, et bien je l'étais toujours autant en Angleterre), j'ai passé beaucoup de temps à me balader seule dans la ville avec mon ipod, et à lire dans les parcs. J'ai réalisé que peu importe où l'on va, on s'emmène avec soi, je ne sais pas si c'est bien formulé ni si tu vois ce que je veux dire?

Je pense que de toute façon, on aura beau habiter dans une région magnifique, si on est pas très heureux dans sa vie, alors on aura rarement le sentiment d'être exactement au bon endroit au bon moment...

Je t'embrasse Marie!

Lucie a dit…

Dans ma région (pourtant en région parisienne même si on se croirait dans le centre de la France) on rêve tous depuis les années collège de vivre à Paris. Comme tu dis un espèce "d'aboutissement", la vérité est là bas.
Je me suis débrouillée pour choisir des études qui me ferait y aller, y vivre, et au final j'y ai passé 5 ans.
Avoir son propre appart, pouvoir trouver une épicerie ouverte et des clopes à n'importe quelle heure était aussi facile que de décider au dernier moment de se faire un ciné. Tout devient facile et accessible.
En finissant mes études, pour des raisons financières, je suis retournée vivre dans ma campagne, entourée de la forêt, ou tout est à 30 min de bagnole. Dans me tête c'était provisoire, dès que ma vie serait à nouveau en place (un boulot, de l'argent, tout ça tout ça) je retournerais forcément à Paris.
Sauf que je ne repars plus : la vie est trop douce ici ! A peine je suis revenue que mon corps à changé, je dormais mieux, j'étais moins angoissée, je prenais mon temps pour faire ce que je voulais, je n'étais pas assaillie d'infos, de gens, de soirées. Et je me suis sentie mieux.
Je crois profondément que lorsqu'on vit à Paris on ne s'écoute plus, on vit à 100 à l'heure. Alors que c'est si bon de s'écouter !

Anonyme a dit…

Paris peut être chouette si tu as les moyens d'y vivre (je veux dire de gros moyens hein^^)

Les restos, expos, spectacles, magasins que cette ville offre peuvent être une grande chance mais aussi une terrible frustration si tu ne roules pas sur l'or...
Perso, j'aime Paris mais en mode touriste, quelques jours et puis ça me suffit! Et je suis toujours contente de retrouver le calme et la verdure de ma petite ville de province.

voili,
des bises
Lilou



Marline a dit…

Hello Marie,

Post très intéressant ;) Je suis née à Troyes (et j'ai grandi dans la campagne environnante, au milieu de nulle part) et oui je comprends ton envie de partir "dans la grande ville".

Je pense que j'ai passé toute mon adolescence à maudire mes parents d'habiter un village perdu dans une région perdue.

Pour mes études, j'ai dû partir à Rennes : pour moi, la délivrance. Et puis pareil, toujours pour mes études, j'habite à Paris depuis deux ans.

Comme toi, habiter ici ne m'a jamais fait envie. Je suis bretonne par ma famille maternelle et je passe tous mes étés dans le Finistère, au bord de la mer, depuis que je suis petite.
Mes grands-parents ont travaillé toute leur vie à Troyes mais ils ont vite fait leurs bagages dès la retraite venue pour retourner dans leur chère Bretagne.

Joli Paris oui mais tu as tellement raison, que valent les façades haussmanniennes contre l'océan ?
Les plus beaux spectacles du monde n'achètent pas le manque de nature, d'espace et d'air marin.

Depuis que j'habite à Paris, je n'ai jamais pris autant de plaisir à revenir chez mes parents, dans mon "village perdu".

Ado puis jeune adulte, je fantasmais aussi beaucoup la vie de citadine. Mais aujourd'hui, je sais que dès que j'en aurais l'occasion, je partirai d'ici, peut-être pas en Bretagne mais ailleurs pour rejoindre l'océan et l'eau salée :)

Clo a dit…

Salut Marie,

Pour ma part, je suis dans le compromis : je travaille à Paris et je regagne ma province bien-aimée chaque fin de journée. J'ai l'avantage de pouvoir profiter de la capitale quand bon me semble, sans avoir les inconvénients d'une vie là-bas. Et pour rien au monde je n'irai m'y installer. Pour moi c'est presque un luxe d'être à la "campagne" tous les we et encore plus d'échapper aux grands départs en vacances/we des Parisiens :-)
Alors oui, la contrepartie c'est que j'ai beaucoup de temps de transport. Mais finalement pas plus que les banlieusards et surtt pas dans les mêmes conditions !

Ma fine bouche a dit…

Je vis à Paris, bien que je n'y sois pas née. Vivre à Paris n'a jamais été une envie et encore moins un aboutissement. Je déteste que l'on appelle la France la Province, désolé mais cette expression fourre-tout me sort par les yeux. Je trouve que c'est une expression de fainéant. Bref depuis que je vis ici, je suis toujours surprise de l'envie d'ailleurs de certaines personnes ici. Certaines personnes qui disent adorer cette ville s'en échappent aussi dès que l'occasion se présentent, c'est hallucinant. J'ai l'occasion d'aller à Ploemeur régulièrement et ce que tu dis es vrai, les gens ne veulent pas partir et la mer est une véritable bouffée d'oxygène. En revanche je me désole de voir que l'immobilier y devient si cher que la population vieilli irrémédiablement.

elotarie a dit…

Ben figures-toi Marie que je te comprends.
Pour la petite histoire, je viens de région parisienne, du 91, d'une de ces villes dortoirs près de Paname.
Oui, là où j'habitais, là où j'ai grandi, c'est un peu comme une province ratée.
Ado, il était hors de question que je m'enterre ici, je m'exilais à Paris les week-ends. J'ai eu des potes qui ont pu s'exiler à temps complet, du coup je squattais leur appart. Bref, dans ma tête, il était évident que je vivrais à Paris, j'avais même noté mes arrondissements...
21 ans, réussite d'un concours pour les beaux arts mais... en province à Orléans. Bon je me rassures, c'est à 1h de Paris en TER... 5 ans plus tard mes études sont terminées depuis 2 ans et j'y vis depuis 1 an. J'ai refait un tour par la case Paris où j'y ai travaillé, mais la ville et moi c'était fini. On s'aime plus. Les transports qui puent, la ville qui puent, les gens qui puent l'énervement et le stresse, tout ça ce n'est plus possible. Maintenant c'est vélo et c'est bein mieux comme ça. J'aime les endroits à échelle humaine.
On cherche quand même un autre endroit où vivre avec l'amoureux. On a pensé la banlieue de Bordeaux. Mais en attendant je vais me sevrer de la ville 6 mois en allant vivre à Berlin.

Bref je ne suis pas complètement passée du côté obscure de la force de la province mais je me soigne.

Des bises.
Elo.
http://helloelotarie.blogspot.fr

Anonyme a dit…

moi suis banlieusarde, née à Paris, mais vécu quasiment toute ma vie en banlieue (plus ou moins proche de Paris).
C'est le pire niveau classe sociale ! = wannabe parisiens mais a pas les moyens de... haha
(blague mise à part je capte pas l'effet que ça fait à certains "parisiens de souche" de dépasser le périph, j'ai le métro à 5 min, et tout est moins cher qu'à Paris même)

J'adore la Bretagne, j'y ai passé toutes mes vacances petite, et j'ai besoin de ma dose annuelle (malheureusement passée de 1 mois à 10 jours).
Mais je ne me vois pas m'éloigner de Paris, même si je ne me l'explique pas vu que je ne profite pas tant que ça de ses avantages (je sors assez peu par exemple).
Bon après mon lieu de travail est à 30 min à pieds, 15 min en bus, du coup j'échappe au métro bondé et à l'énervement des gens dedans, ce qui est déjà un gros inconvénient en moins !

Anonyme a dit…

Et bien pour avoir habité toute ma vie sur la côté d'azur, et habitant à Nice aujourd'hui, je dois dire que lorsque je passe des vacances dans un endroit qui n'est pas "au bord de l'eau", et bien à chaque fois au bout de quelques jours j'ai la sensation d'étouffer.
Dès que j'en ressens le besoin, hop un petit tour de vélo au bord de mer, et tout de suite je me sens apaisée...

petitprunier a dit…

@amelstos : ca m agace aussi enormement! sans doute parce que l ambition n est pas liée à l endroit dans lequel tu la developpes et la vis :-) je vois pas ce qui empeche d avoir des projets d envergure (quelle que soit ce que ca recoupe pour chacun) en province. et quelquefois, c est meme plus simple d y avoir les moyens de les réaliser

Mamino a dit…

C'est fou cette attraction avec l'océan. Petite, je passais beaucoup de temps près de l'océan trois à quatre fois par an. J'ai été élevé avec. Plus tard, j'ai choisi de faire mes études près de l'océan, à La Rochelle, précisément. Je ne me sens chez moi que là-bas, seule, accompagnée, peu m'importe. C'est chez moi. Aujourd'hui, depuis un an et demi, j'ai choisi de vivre à Paris, ville de mes fantasmes. Quelle désillusion... Des débuts fracassants, quelle souffrance, même encore parfois. Malgré tout, j'aime être une fille de l'océan en ville. J'ai l'impression que ça m'apporte quelque chose. Le problème de Paris c'est qu'elle t'abime, elle joue: "Fuis moi, je te suis. Suis moi, je te fuis", elle s'amuse à coup de "Je t'aime moi non plus". Avec difficulté mais sans regret, je lui ai laissé mon coeur. J'ai besoin de retrouver l'océan régulièrement, mais l'appel de Paris est toujours très fort. Je l'ai dans les tripes maintenant. L'océan me guette, mais je vais/veux construire à Paris et poursuivre près de l'eau. Pour l'instant, j'ai besoin de la sauvagerie de Paris. (curieusement!)

Je t'embrasse, Marie.

Anonyme a dit…

aha ton article tombe à pic !
je reviens tout juste de paris, où j'étais partis en ballade pendant quatre jours avec mon chéri.
nantaise de souche, je ne m'imaginerais jamais habiter à paris ! Klaxons, foule, cars de chinois : bref pour visiter c'est chouette mais pour y vivre certainement pas !
on avait réservé près de la rue montorgueil donc petit quartier très sympathique. je pense que quand tu es bien installé dans ton petit quartier parisien, et que tu te déplace pas trop, cela peut être agréable d'y vivre. mais je pense que bon nombre de parisiens n'ont pas cette chance d'habiter paris "intra muros", et que faire deux heures de transports pour aller bosser ... c'est quand même pas top !

bref, on y passe de beaux petits séjours mais c'est tout de même agréable de respirer à pleins poumons quand tu rentres chez toi !

Alexandra a dit…

Hello, j'habiteégalement près de Lorient et je me retrouve totalement dans ton texte. Née à la campagne, j'avais les même aspirations que toi. Les études à Lyon, c'était juste parfait! Petit passage ensuite par Paris... Aucun regret car ces 5 années ont été enrichissantes dans tous les sens du terme!! Pour finir par rejeter complètement la vie citadine et dénicher la maison de nos rêves en pleine campagne bretonne....mais avec la mer pas loin et ça c'est le top.... Et je te confirme, beaucoup ici n'ont jamais "bougé". Comme je les comprends mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est en vivant autre chose que l'on réalise la chance que l'on a de vivre ici... Hum pas certaine que ce soit très clair...
A très bientôt

Anonyme a dit…

Bonjour,
Ma soeur a lontemps habité Paris dans des quartiers sympa...mais maintenant qu'elle a fondé une famille comme on dit, elle a dû déménager en banlieue, pas moche du tout mais pas belle non plus...Elle reste parce que son boulot est sur Paris. Je préfère habiter dans mon trou perdu mais chouette et aller la voir 2 ou 3 fois par an.
Là où j'habite, les gens discutent à la sortie de l'école, s'entraident entre voisins, s'organisent pour le covoiturage des activités des enfants, et on trouve toujours des gens avec qui bavarder un peu au marché, au café sur la place, ou tout bêtement à Intermarché entre deux paquets de lessive.Il y a un ciné associatif qui passe des films comme Citizen Four, une école de musique, une bibliothèque minuscule qui va bientôt être promue médiathèque.Un cerf vient l'hiver manger les épluchures dans notre bac à compost, et on n'a pas besoin de prendre la voiture pour trouver des chemins de rando.
Tout ça me va très bien, et je compense parfois mon manque de la ville en visitant Londres, Glasgow ou Barcelone.
Et puis quand je peux, je retourne à Lyon ! C'est beau, grand mais pas trop non plus...J'y ai habité pendant 7 ans et cette ville me manque parfois.J'ai adoré partir à 18 ans de la cambrousse de mes parents pour y vivre, c'était l'aventure ! Mais désormais ma vie proche de la nature me va mieux!

Anonyme Amande a dit…

C est marrant je me fais regulierement ce genre de reflexion quant a la ou j ai "fini"...
J etais exactement pareille que toi, avec cette hate de quitter Thionville a 18 ans et le ravissement de decouvrir Nancy, persuadee qu après Nancy ca serait sans doute Paris, Milan ou NYC qui sait ?
Une fille comme moi finirait forcement par vivre dans une ville a la mode tu vois...
Finalement le plus grand que j ai fait etait Luxembourg, et je ne m y suis jamais faite en fait... Et j ai du m installer a ... Thionville a nouveau ou je vis encore aujourd hui. Retour au point de depart !
Quand je vais chez mon frère, un bon hipster parisien, je t avoue que je l envie et que je me dis que j ai du rater qqchose, qu en plus ma fille va grandir dans la meme ville tres moyenne que moi, que j ai vraiment stagne quand je me rends compte que mes fenetres donnent sur celles de mon lycee.

Neanmoins je me sens appartenir a quelque part et j ai cette joie immense de croiser en ville mes meilleures amies d enfance et d avoir ma mémé tout pres, et ca s est tres important pour mon equilibre.

C est l equilibre qui compte finalement :-)

Marie a dit…


merci pour tous vos retours et merci de commenter avec autant de "densité".

je vous embrasse