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16.1.15

MINIMALISME INTRODUCTION

Matthew

Matthew Gray (oh God) Gubler



J'ai de nouveau très envie de reparler de mode et de consommation ici, parce que  l'expérience "Dead Fleurette" et toutes les problématiques qu'elle implique continuent à profondément m'intéresser.

Je vais peut-être refaire un point pour ceux qui débarquent et qui n'étaient pas là quand ce blog s'interrogeait sur l'épure.

Il y a de cela 3 ou 4 ans, j'avais entamé sur le blog une réflexion autour de la surconsommation de vêtements (et de make-up).
Ayant une tendance à en vouloir toujours plus, toujours d'autres, j'avais commencé à voir qu'il y a fait un souci avec cet insatiable désir et ce malaise, je l'ai ressenti bien avant de commencer ce blog. Je le précise parce beaucoup d'entre vous nous avaient confié en commentaires que les blogs mode avaient été le déclencheur de leur envie de s'acheter toujours plus de choses. En gros, si elles n'avaient pas vu des filles comme elles, simplement comme elles, pouvoir s'acheter de plus en plus de choses, de plus en plus souvent, elles auraient continué à consommer "normalement".
Ce n'était clairement pas mon cas, cette tendance je l'avais en moi depuis longtemps. Me retrouver à écrire un blog mode n'était qu'une "conséquence" (joyeuse dans le cas présent) de cette "obsession vestimentaire et d'apparence".

Comme vous l'avez vous aussi constaté j'imagine, le shopping à tout va est devenu une quasi norme, les blogs mode / shopping n'en étant pas à l'origine, comme je l'ai parfois cru, mais plutôt un symptôme parmi tant d'autres.
Tout le monde consomme de plus en plus, la fast-fashion se transforme même en ultra fast-fashion, alors évidement les blogs sapes ne pouvaient exister que dans ce type de contexte.
Après on en pense ce que l'on veut de cette ultra consommation, on peut trouver que c'est bien ou pas bien mais ce n'est pas la question dans ce qui m'intéresse.

Si j'avais trouvé il y a quelques années, que ce n'était pas "bien" dans mon cas de tant consommer, c'était pour une raison tout à fait pragmatique: Je consommais au-delà de ce que mes finances me permettaient.
Etudiante, mon pôle principal de dépenses était les fringues et de très très loin... Après que ça soit ma priorité du moment, admettons, y a  bien des mecs qui font du tunnig et d'autres qui collectionnent des comics, chacun son truc. Le vrai souci, c'est que quand mes finances ne m'ont plus permis d'acheter un bête foulard chez H&M, je suis devenue triste, frustrée et un peu vide.
Ca allait bien au-delà de "j'm'achète une connerie parce que j'ai passé une mauvaise journée, histoire de me remonter le moral".
Et ce n'était pas qu'une question d'argent. Un pote m'a dit un jour qu'il faudrait que je gagne tant d'argent pour pouvoir dépenser comme je le voulais. Mais je sentais qu'au fond, ce n'était pas ça. Si j'en avais gagné plus j'en aurais dépensé plus et me serais retrouvée dans la même situation. Ce n'était pas une question de moyens. D'ailleurs, heureusement, je crois que je n'ai jamais fait partir mon blog dans la direction de la monétisation, déjà que c'est tendu sans ça, alors imaginez si en plus on m'avait permis de choisir des fringues pour des centaines d'euros tous les mois... Ca aurait été bien pire.

Bref...
Ce qui avait été d'abord un système de récompense, m'acheter une fringue (ou un blush, on s'en fout c'est pareil) s'était transformé en une habitude. Une habitude que je devais pratiquer sous peine de me retrouver triste. On reviendra dans un prochain billet à ce point de départ qui fait basculer l'acte d'achat comme récompense(et aux raisons qui font que l'on choisit l'achat comme récompense) à l'acte d'achat ancré durablement dans le cerveau et qui s'appelle communément une habitude.

Pour ce qui est du présent, j'ai senti qu'il y avait de nouveau un souci quand j'ai vu que j'avais acheté un rouge à lèvres que j'avais déjà. Que j'en avais de nouveau trop...
Donc, il a bien fallu que je recommence, c'est pas grave, si c'est une habitude, c'est comme le tabac. On réussit pas forcément du premier coup à arrêter, c'est pas une raison pour ne pas ré-essayer.

Donc oui, j'ai acheté de nouveau plus que de raison, pour de mauvaises raisons.

Mais plutôt que de re-passer par des phases de flagellation (ma spécialité tahu!), j'aimerais déconstruire avec vous les processus de construction de la surconsommation / de la compulsion vestimentaire / de la volonté. Non pas que le cerveau puisse venir à bout de tout, tout le temps, mais comprendre c'est déjà se libérer.

 Je vais conclure cette trop longue introduction (que voulez-vous ça m'exalte cette histoire).

En lisant le dernier post de Walinette, je suis tombée sur le lien du blog d'Anuschka, Into-Mind, et j'ai eu un énorme coup de coeur, ça faisait très longtemps que ça n'était pas arrivé à ce point, des années peut-être.
Et tomber sur ce blog grâce à Cécile à ce moment là,  a été un déclencheur pour reprendre ces questionnements et surtout de le faire avec l'envie de les structurer, de les étoffer et de les généraliser.

Into-Mind est un site beau, net, bien construit, intelligent, structuré (my fucking fantasme) et qui parle de "minimalisme" sous plusieurs formes. Elle y traite de consommation responsable, d'armoire "optimum", de moins acheter et plein d'autres trucs que j'ai trouvés vraiment super.
J'ai quelque fois abordé ces questions, mais plutôt en les survolant pourtant elles me passionnent.
Sûrement que vous connaissez déjà ce site mais pour les quelques autres je vous conseille très vivement d'y aller.
Je suis toujours plutôt réfractaire à l'idée de lire des sites en anglais, mon niveau étant relatif, ça ne me dit souvent trop rien de lire des billets en cherchant sans arrêt des traductions. Ma paresse intellectuelle me transforme en une bloggueuse terroir quoi! Mais là, j'ai tout lu, tout, pas survolé, lu.

Donc ça sera le point de départ de cette nouvelle réflexion autour de l'épure, une manière de se fabriquer une boîte à outils qui nous permettra de comprendre, de contrôler nos envies. L'idée étant, bien entendu, de moins et de mieux consommer et de comprendre le type d'enjeux qu'il y a derrière ce type d'habitudes là.

Voilà, j'espère que ça vous emballe autant que moi.

J'aimerais savoir (puisque je sais que certaines et certains lisent ce type de blog), quels sont vos sites références autour de l'épure, du minimalisme et du "less is more". Merci d'avance, même si ces sites sont en anglais, je vais m'empresser de les lire. 

Je vous mets une émission du Gai Savoir (J'adore les échanges de Raphaël et Paola) autour de la question de volonté. C'est passionnant (et bien plus abordable que certaines et certains se disent).
Descartes / Spinoza / la volonté (ouais je sais ça calme, mais promis, c'est vivant et très instructif). Et ça m'a donné des pistes pour comprendre ce qui avait fait que j'avais réussi à arrêter de fumer, comme ça, sans cette volonté au sens classique du terme dont on parle tant.





C'était long... ouais je sais.

Allez bisous smack et très bon week-end à tout le monde. À lundi. 

26 commentaires

walinette a dit…

Ravie que Into-Mind t'ait accrochée à ce point ! Ses billet sur les mécanismes d'achat sont on ne peut plus révélateurs ;-)
Dans le même genre (vu que je crois qu'on a les mêmes besoins de lecture ^^) , mais toujours en anglais :
- http://theproject333.com/
et
- http://the-nife.blogspot.fr/
et tu dois connaitre
http://www.larmoireessentielle.com/
non ?

Marie a dit…



Walinette: Ouais mais c'est fou comme son blog me parle.

Le dernier oui je le connais les autres de nom mais je vais y aller plus sérieusement.
Bisous Cécile et encore merci

Marline a dit…

Coucou Marie

Alors je ne voudrais pas faire mon autopromo mais vu que c'est le sujet, je me lance ... Je tiens un blog sur le minimalisme depuis presque deux ans ici : http://lemoncoco.fr/. J'y parle de consommation (comme là http://lemoncoco.fr/le-shopping/#.VLk0t0eG9qU), et du minimalisme en général.

Sinon j'aime beaucoup le blog http://www.paris-to-go.com/ - ça ne parle pas que de minimalisme mais ça le fait très bien

bisous

clémence a dit…

Ton article est super intéressant. Je le nuance me concernant. Je m'applique effectivement le dead florette si l'on veut mais, pour autant, je pense dépenser plus. Je n'arrive pas à me détacher des marques (sûrement explicable par le fait d'être 'nourris' aux marques depuis ma venue au monde). Je suis également d'accord avec cet article
http://bohemianchic.creatorsofdesire.com/i-quit-blogging/ . Donc, pour en venir au fait, j'achète moins mais mieux, en prenant le temps d'y réfléchir. Alors, je peux claquer des € mais ce sera obligatoirement une pièce de ma wishlist et, au maximum, jamais au prix fort (occasion ou réduction). Le budget d'une contractuelle de la fonction publique hospitalière étant loin d'être extensible ...

Anonyme a dit…

je ne sais pas...si au départ cette idée de minimaliser ses achats pour maximaliser son rapport au monde était séduisante, ce qu'elle est devenue là, cette tendance...bein, j'ai l'impression qu'elle est aussi malsaine que le fait de passer à l'action...tous ces commandements, ces listes, je ne pense pas que cela t'empêche de "penser fringues" et que cela te donne l'illusion du contrôle, une sorte d'anorexie vestimentaire (et tu passes à la boulimie pour autre chose), avec des carnets pour noter les calories de laine, soie, coton..
Le blog que tu as mis en lien me semble obsessionnel, comme tant d'autres qui ont pour thème minimalisme. Dead fleurette avait cette fraîcheur et cette distance et sonnait autrement. déjà, elle n'était pas une fashion victim", une "sur-consommatrice", son blog présentait des vêtements simples, de qualité, elle avait le look d'une étudiante en archi...pas de blazer néon associé à un leggins en cuir, elle avait un style qui se prêtait à l'exercice: monacal.Et un amour du beau dans d'autres domaines( musique, littérature...) (c'est l'idée que j'avais d'elle).
Et puis, c'est devenu un phénomène de mode (d'ailleurs qui colle à la tendance , on te vend du minimalisme en boutique, on pourrait presque constituer des kits ..) LE minimalisme monochrome serait la version fashion du moins consommé du dreadlocké en sarouel orange et polaire vert...mais en plus hype, en plus intellectuel, en plus glamour... en plus malade surtout...parce qu'il ne prend en compte que "moi", au final, le monde il n'est là , dans le texte, que parce qu'il regarde et entoure le MOI. Et beaucoup de mimétisme, toutes copient la garde robe APC. J'aimerai bien voir un blog minimaliste d'une fille saine, bien dans ses baskets qui choisirait de garder sa parka desigual et sa salière "vache"...ça pourrait peut-être me faire envisager le phénomène autrement... Parce que là, j'ai surtout l'impression qu'il s'agit encore de narcissisme et de compulsion-contrôle, d'envie de s'élever (dans tous les sens du terme, y compris socialement (conso=gros beuf, ex: "n'avoir qu'un seul sac mais de qualité", là où le vrai écolo se contente d'acheter un sac beau, robuste et utile, sans faire de liste "excuses pour taper dans les marques anonymes (entre-soi) ou de luxe) .

Midi a dit…

Tu ne peux pas savoir comme ton article me parle ! Ca résonne en moi en ce moment particulièrement. Je pense que j'achetais vachement moins avant les blogs mode et l'augmentation du e-commerce. Le défilé d'images permanent t'emplit de convoitise, d'envies, de désirs. puis, après tu ne contrôles plus. Je pense que je suis devenue addict et en même temps ça me file la nausée. Accumuler, remplir ses armoires au point que tu ne vois même plus ce que tu as déjà. L'obsession de la nouveauté. La culpabilité. L’envie de stopper le cercle vicieux. La prise de conscience. Mais l'habitude qui est là. L'achat-récompense. Tiens, j'ai bien bossé aujourd'hui, je mérite bien ces nouvelles bottines... Puis l’envie qui reprend le dessus. Bah, ça je peux encore me le permettre... Bref je sais que je finis par me dégoûter un peu et ça me renvoie une image de moi pas terrible, futile et frivole. Donc je te suis à 200 % pour la création de cette boîte à outils qui pourrait me permettre de sortir de là, de consommer autrement, de comprendre pourquoi j'ai ce besoin là, qu'est ce que ça compense, et de me contrôler peut être en me permettant d'économiser pour des plaisirs moins immédiats, moins matériels, plus conscients, de me tourner vers d'autres activités qui ont plus de valeur à mes yeux !

Marie a dit…



marline: Ah cool, merci pour les liens, c’est très cool.

clémence: Tu achètes moins en quantité mais plus en valeur?
Après c’est aussi et surtout une question de moyens.

Anonyme: C’est intéressant ton point de vue.
Là où tu vois de l’ascèse (et une forme de snobisme, je suis d’accord avec toi) je vois une certaine forme de réflexion.
dans ma compulsion, je vais parler de moi pour les autres je n’en sais rien, il y a un relâchement de la pensée, quelque chose d’instinctif, je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire.
je n’ai, dans mon cas, pas les moyens de m’habiller en Céline ou APC (marques auxquelles tu fais référence) mais les questions autour de la cohérence me plaisent bien. Et mes goûts sont simples, tu vas me dire comme tout le monde et tu aurais sans doute raison, mais mon blog n’a jamais parlé que de jeans, t-shirt blanc et autre stan smith…
j’ai déjà abordé ces questions autour du « minimalisme » parce qu’elles trouvent écho à mon fonctionnement et aussi et surtout à ma problématique.
Après, oui c’est à la mode, je n’arrive pas à savoir dans quelle mesure, finalement, ça me parle aussi et surtout parce que c’est à la mode.
mais je ne peux pas le nier, ça me parle…
Merci encore pour ton commentaire.

Midi: <3 On va trouver des vrais outils pragmatiques.

Consuelo a dit…

L'armoire essentielle, Lemon coco, The chic pragmatist, Capture the castle, Wasted hours

Magali a dit…

Le blog unfancy !

emyb a dit…

Marie, j'adore ce sujet sur ton blog. J'ai commencé l'aventure Dead Fleurette dès le premier jour, ta première vidéo tellement cette expérience faisait écho en moi. Tu étais parvenue à mettre des mots sur mes cogitations désordonées. Et d'une façon plus simplifié et plus clarifié que moi. Après, nous n'avons pas suivis exactement le même parcours. Même si je peux dire que j'achète vachement moins qu'avant, et surtout que je ne me trompe presque plus. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'assimilation entre "Less is more" et le minimalisme vestimentaire. Anonyme a raison d'une part. En quoi un skinny + chemise blanche fait que sa garde robe est plus épurée (au niveau quantité) q'une robe à motifs ou un sarouel vert pomme ? Il suffit de regarder Balibulle et sa simplification de dressing pour constaté que NON, minimaliser sa consommation et épurer son dressing et son look n'est pas synonyme d'une tenue tendance et minimaliste de par son contenu. Par contre, je suis de l'idée, qu'épurer son look. C'est se créer un uniforme.

aemi a dit…

ben je ne vais pas dire le mien, parce que ça ferait un peu pétreuse! ;) mais il y a toute une partie de ma blogroll avec des sites sur ce thème, que je mets à jour régulièrement, mais tu les connais peut être déjà!
D'ailleurs je dois te dire que c'est un peu grâce à toi que j'avais commencé à blogger il y a 2 ou 3 ans alors je te remercie! Tu continues toujours autant à m'inspirer d'ailleurs!!! :D... donc je vais dire le tiens! mais ça ne va pas t'aider lol!!!

Zéphine (aka Malvi) a dit…

Je n'ai jamais été surconsommatrice de vêtements (mon style trop éclectique restreint fortement les sources potentielles de craquages).
Et depuis quelques années, j'ai très fortement minimisé mes achats qui n'étais déjà pas conséquents à la base...
Et faut dire ce qu'il en est: la mode, n'est pas un truc qui me touche, donc je suis très peu de "blogs mode", et quand c'est le cas c'est bien plus pour la plume que pour le style!

Par contre, ce besoin de surconsommation, je le retrouve dans d'autres domaines auxquels je suis beaucoup plus sensible. C'est notamment le cas dans le DIY, et en particulier dans la couture: il faut coudre, ou tout du moins posséder le nouveau it-patron dans le nouveau it-tissus! Et cet excès de consommation est de plus en plus dénoncé par certaines blogeuses couture (tout comme la "moutonnïte" aigüe qui avait été reprochées aux blogueuses modes il y a 5 ou 6 ans leur est reproché maintenant: tous le monde coud la même chose dans les même tissus, il n'y a plus d'originalité).

Donc des sources sur le "minimalisme", j'en ai quelques unes, mais qui concerne essentiellement l'épure de la garde-robe que l'on se couds: comment choisir les patrons qui correspondent à notre silhouette, comment choisir les tissus qui conviennent à ce patrons, etc.

Ce n'est sans doute pas exactement ce que tu cherches, mais je pense que, même si tu ne crée pas toi même tes vêtements, il est intéressant de réfléchir à la problématique depuis le début, c'est à dire depuis la création du vêtement.

Et puisque le minimalisme de la garde robe prône "des vêtemnts bien taillées, dans des tissus de qualités, avec de belles finitions", voici deux liens qui peuvent t'aider à y voir plus clair, même si ils leur thématique est "coudre moins mais mieux" au lien "d'acheter moins mais mieux":

- "The Wardrobe Architect" de Colette Patern (en anglais):
http://www.coletterie.com/?s=Wardrobe+Architect

- "The Wearability Project" d'Éléonore Klein, la créatrice des patrons Deer&Doe (en français):
http://pachi-pachi.fr/
(dans l'onglet "liens", tu trouvera une liste d'autres blogs sur le sujet de la garde robe couture idéale)

isa a dit…

Hello à toutes!
Et bien pour moi les blogs mode ont eu l'effet contraire: j'ai été pendant des années accro aux fringues, dépensière compulsive, je m'achetais des vêtements de luxe à coups de crédits à la consommation avec les cartes des grands magasins, des sommes indécentes par rapport à mes modestes revenus, je me persuadais comme je pouvais que c'était jouable (ce sac vaut un mois de courses? je mangerai des pâtes pendant un mois...ce manteau est payable sur 6 mois? divisé par 6 le prix n'est pas si gros...).
Quand j'ai découvert les blogs mode je me suis régalée: je n'avais aucune copine accro comme moi, au contraire mes amies étaient effarées par le prix de mes achats (et encore je leur cachais mes plus grosses folies).
Et puis peu à peu une sorte d'overdose m'a gagnée, je voyais dans les blogs des filles, au demeurant jolies, porter les it-fringues qui ne leur allaient pas, les dernières tendances pas adaptées à leur silhouette.
La silhouette justement, j'ai compris que c'était le plus important dans un "look", j'ai réalisé qu'il y avait des fringues géniales sur le mannequin du défilé mais qui n'étaient pas faites pour moi (par exemple j'adore les robes babydoll mais j'ai l'air godiche à un point là-dedans! donc basta).
Et la boulimie d'achat (ou offert, peu importe) des blogueuses m'a renvoyé à ma propre compulsion, et ce qui m'avait rassurée au début (je ne suis donc pas la seule?!) a eu un effet miroir: moi aussi je porte des trucs qui ne me vont pas, j'achète quand j'ai envie de grignoter de la fringue parce que j'ai le ventre-le coeur-l'âme creux? non pas le cerveau quand même?!
Et il y a un autre point aussi à la fin de ma consommation compulsive, c'est que la plupart des marques reprennent les patrons de leurs anciennes collections, ou copient ceux des autres (sandro maje et cie peuvent remercier isabel marant et vanessa bruno): quand je vais dans les magasins, je m'aperçois que j'ai déjà tout, en mieux, la qualité ayant beaucoup baissé ces dernières années alors que les prix ont atteint des niveaux stratosphériques complètement déplacés pour ce que c'est.
Maintenant j'aime toujours autant la mode, mais plus comme spectatrice que comme consommatrice, je peux passer une après-midi au bon marché à regarder les vêtements de luxe comme une balade dans un musée, et ressortir sans rien acheter,et sans ressentir de frustration.
Et comme je suis hyper soigneuse avec mes "habits" je suis contente de ma collection perso accumulée depuis des années-voire des décennies- cette période névrotique m'aura au moins permis de me constituer une garde-robe complète jusqu'à la fin de mes jours, et qui fera peut-être la joie des petites filles de la famille dans 20 ans!
Bon cet hiver j'ai quand même acheté en soldes un manteau (fin de collection),une robe et un pantalon, soldés à -60%, ce qui est un exploit quand je compare aux sommes claquées il y a des années!
Voilà! bises
isa

Contessa a dit…

http://www.theminimalists.com/

Ces gars-là sont super. Je les soupçonne d'en avoir fait un super business, mais ils sont intéressants et ont très souvent raison.

https://unclutterer.com/

http://bemorewithless.com/

Bonne lecture chère chic fille.

Chloe P a dit…

Personnellement ce n'est pas un site sur le minimalisme mais un site qui vend des vêtements minimalistes que j'ai envie de te conseiller : connais tu Maison Standards ?

Pour ma part, j'ai suivi ton expérience Dead Fleurette et l'ai expérimentée en même temps que toi.

Je ne dirais pas que j'ai rechuté mais j'ai rapidement adopté un autre type de comportement problématique : la quête de LA pièce parfaite devenait beaucoup trop importante, presque pathologique (je pouvais passer les 3/4 de ma journée à écumer tous les sites possibles et imaginables pour trouver LE t-shirt bleu marine parfait, au point de négliger toutes mes obligations professionnelles et personnelles).

J'en suis heureusement revenue (même si la pente est glissante), et je pense avoir trouvé chez Maison Standards au moins la moitié de ce qu'il me fallait pour m'habiller (la moitié car il ne font pas tout) en restant satisfaite de mes achats sur le long terme : des basiques bien coupés, dans des matières nobles, qui durent bien, et dont le prix me semble justifié. L'éthique de la marque n'est sûrement pas irréprochable à 100% mais est quand même assez poussée au regard de ce que l'on trouve habituellement (c'est un peu l'équivalent de Veja), sans que les marges n'en deviennent abusives (on peut connaître le montant de la marge pour chaque pièce). Bref, je sais que plus on est satisfait de ses vêtements, moins l'on est tenté de céder à la compulsion et dans cette optique là, mes achats chez Maison Standards (comme chez Petit Bateau et dans un genre un peu plus luxueux chez La Botte Gardianne : les bottines Chelby sont mon Graal personnel en terme de chaussures, mon côté lutin urbain).

Je ne garantis pas que tu y trouves ton bonheur car mon style n'est pas forcément le même que le tien mais je peux témoigner que si on aime, leurs débardeurs, vestes en cachemire, pulls mérinos, chemises et écharpes valent vraiment le coût (c'est ce que j'ai accumulé de chez eux sur tout 2014).

Au passage, merci beaucoup de partager toutes tes réflexions sur ce sujet, c'est très sain pour des lectrices telles que moi d'être conduites à se poser certaines questions et d'avoir des bouts de réponses (ça vaut aussi pour tes articles sur les cosmétiques et surtout, surtout, sur le sport : tu y es pour beaucoup dans mon amour du footing que je n'aurais jamais pensé ressentir il y a 1 an).

Chloe P a dit…

PS (au cas où mon commentaire n'aurait pas été assez long ;) ) : après avoir lu le commentaire d'Anonyme, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la version Guignols de l'Info de Steve Jobs et son épique : "Ceci est une révolution ! Il faut tout racheter!" (avec l'accent).

Effectivement, avec la mode des capsule wardrobes et du minimalisme, on peut facilement avoir l'impression qu'il s'agit de jeter sur le champ tout ce qui dans notre armoire n'est pas parfaitement coupé/parfaitement en phase avec notre style/dans une matière parfaite et se racheter une garde robe idéale complète dans la foulée. Sauf que personne (ou presque) n'en a les moyens, d'où frustration, et c'est reparti pour un cercle vicieux... Heureusement que de plus en plus de blogs ont une réflexion particulièrement saine sur la question et insistent sur l'importance d'y aller progressivement dans la transformation de son armoire. Déjà cité, le blog de Laure et Jeanne-Aurore "L'armoire essentielle" est top en la matière (les billets les plus intéressants sont dans les archives),notamment en ce qu'il pointe l'importance de commencer avant tout par faire avec ce qu'on a de mieux parmi nos possessions actuelles. Promis, cette fois, j'ai fini ! :)

ELISE R. a dit…

Merci pour ce post qui fait du bien à mon moi très très profond, Marie.
Et merci Walinette, du coup, pour la découverte du blog Into Mind, une mine de petits trésors.

Je t'envoie plein de bises !

marie a dit…

Bonjour Marie,

J'avais justement commencé à te lire à l'époque de l'expérience Dead Fleurette. J'avais aimé ta manière d'aborder le sujet quand d'autres s'en servaient pour meubler parce qu'on n'a pas toujours grand chose à raconter sur un blog mode, bref une mode de plus.
J'étais entrée dans cette démarche à ce moment car j'avais découvert "L'art de la simplicité". Ça m'avait fait un bien fou, comme toi je vivais mal cette addiction.
Ca va faire 4 ans ou 3? Je ne sais plus.
Bon, c'était bien l'art de la simplicité, Dead Fleurette, ça apprend à mieux choisir, à ne plus être dans la compulsion, mais ça déculpabilise sur de nouveaux achats, souvent plus luxueux (la recherche du luxe, ça me gène aussi dans cette démarche, comme si ça rendait plus heureux... au contraire ça ne change rien à l'insatisfaction). Enfin le problème était loin d'être réglé.
Donc pendant 2 ou 3 ans j'ai oscillé entre périodes de tri et accumulation (bien plus raisonnable qu'avant quand même). J'ai constaté que tu ne t'étais pas débarrassée de tout cela, ça avait juste migré sur le make-up, mais nos erreurs nous apprennent bien souvent, il faut passer par là.
Puis ma 2e grossesse m'a permis de me sentir bien en ne tournant que sur 3 tenues différentes (j'en avais d'autres mais elles me convenaient moins), pendant les 6 derniers mois. On ajoute le passage au bio, à une vie plus simple encore, à une envie d'éthique, et encore une période de vide, d'épuration (côté maison). J'ai donc relu L'art de la simplicité Puis lu Zéro Déchet, surtout car le mode de vie minimaliste de Béa Johnson me plaisait beaucoup et que ça allait m'aider dans l'épuration de ma maison (et puis, franchement sortir 50L de poubelle tout les 2 jours ça m'insupportait). Finalement j'ai bien accroché, j'ai adopté la slow life, j'ai encore simplifié ma vie, je profite plus des moments que des choses (l'abondance de choses me gène de plus en plus), il faut se trouver des activités autres (sport, ballades, moments entre amis, apprendre des choses que tu as envie depuis longtemps langue, couture, cuisine...). Je n'ai même plus envie de faire les magasins. Je suis vraiment heureuse, ma vie est devenue beaucoup plus fun alors que c'est ce qu'on recherche quand on achète à outrance : ressentir; mais on s'égare totalement.
Aujourd'hui je pourrais facilement faire le projet 333 sans modifier ma garde-robe. Et c'est super, je choisi mes vêtements sans me prendre la tête, ils me mettent tous en valeur, ils matchent bien ensemble, ils sont en bon état, et ils donnent envie présentés sur cintre et espacés les uns des autres.
Bon, je crois que ce commentaire va être aussi long que ton post, j'en suis désolée. Mais si toi ou une lectrice se retrouve là-dedans ou que ça peut aider quelqu'un ça en vaut la peine.
Le livre "La paradoxe du choix" pourrait te plaire si tu ne l'as pas déjà lu, il est un peu lourd à lire mais ça donne envie de voir la consommation autrement et d'y attacher moins d'importance.

Bises,
Marie.

Unknown a dit…

Moi je viens juste dire merci, je passe toujours un bon moment a lire tes billets, il était temps de remercier un peu !

(super decouverte Into mind)

emyb a dit…

Coucou Marie, je reviens avec un second commentaire sous cet article, après lectures des différents avis. Deux choses m'ont aidées dans la diminution de ma compulsion :

1/ Je me suis limitée un nombre de magasins où je pouvais rentrer. Deux magasins pour les fringues qui me correspondaient et un magasin pour les chaussures. Les trois magasins étant pas low cost, m'ont permis de bien murir mes réflexions. Au final, je courais en fin de collection pour m'apercevoir que la moitié des vêtements convoités n'étaient plus en stock. Et j'ai envie de te dire. Que je m'en suis toujours remise très vite.

2/ Je me suis rendue compte, que lors d'un achat je privilégie le petit coup de coeur, ou tout du moins le neuf visuellement parlant. De ce fait, je n'achète jamais de basiques. Depuis un an. Je me suis décidée à me "forcer" à acheter les basiques dont j'ai (souvent) plus besoin que d'un énième coup de coeur identique au précédent. Ainsi j'ai acheté mon sac, tant voulu depuis deux ans. Sur le coup c'était moins jouissif à acheter car je savais que je le voulais. Mais chaque jour je me remercie de l'avoir fait.

Petit à petit je me suis retrouvée. J'ai une belle armoire bien remplie. certaines pièces ne sont pas parfaites. D'autres sont à changer. Mais rien n'est urgent. Je ne réfléchis plus jamais devant mon armoire. Je me suis créer un uniforme. Et je ne m'en lasse pas.

Anonyme Amande a dit…

Moi aussi Marie j avais cette compulsion bien avant l arrivee des blogs (bien avant l arrivee d internet pour etre honnete !).
Je me souviens de moi errant hagarde dans le Saint Séb, à 10h du matin (au lieu d etre en cours), a degainer le chequier pour des trucs immondes de chez Pimky, comme pour un beau pull de chez Trio (toi meme tu sais), etc etc... ca a continue des annees durant chez h&m et consors et plutot ne pas pouvoir me payer le train pour rentrer chez ma mere le wkd que de me passer de ces achats !
Les blogs n ont pas accentue cette mauvaise habitude (car oui c en est une !) mais ils l ont comme justifie, je n etais plus la seule a le faire, plein de filles avaient la meme attitude alors je m en voulais moins...

Il a fallu un gros crack financier et une ruture amoureuse avec demenagement douloureux (quand on est vraiement obligee de vider son armoire et s apercevoir de tout ce qu on a achete et qu on a meme jamais porte) pour comprendre. ton Blog m y a aussi enormement aide :-)


LOVE LOVE LOVE

Maëlle a dit…

Je n'ai pas vraiment de blog en tête mais je suis en train de lire un livre qui me fait penser à tout ça: "imparfaits libres et heureux" de Christophe André. Je ne l'ai pas encore fini mais il parle de l'acceptation de soi, et en ce qui me concerne, j'associe mon besoin de consommer à cette oscillation entre sur-estime de soi (j'ai l'air super avec ça!) et sous-estime (une fille canon avec des super fringues, ça me complexe et m'inspire).

Mary a dit…

Discussion très intéressante, merci pour l'article et merci aussi aux différents avis :)

Je pense que ton article lie deux secteurs différents : celui du minimalisme (philosophie, consommation, écologie) d’une part et la psychologie d’autre part. Les commentaires en amènent même un troisième, celui de la mode de « style minimaliste » (merci Céline !). Oui car on peut avoir que 5 pièces dans son armoire et que ce soit des chemises hawaïennes.
En fait, pour ma part, c'est différent : mon estime de moi très basse fait que je ne m'autorise carrément pas à consommer, la culpabilité est toujours -trop- présente, "tu le mérites pas" (pardon, je ne dis pas que estime de soi basse entraine toujours cet effet - c'est le cas chez moi en tout cas), donc l’achat est tout sauf une récompense.
Pourtant j’étais aussi obsédée (vraiment) par le minimalisme et l’imagination de la garde robe parfaite. C’est une utopie clairement, non ? Ca me rappelle un article du Docteur Shooes sur la mode intemporelle (la mode qui réunirait toutes les modes sans jamais se démoder, quête mystique selon ses conclusions).

Comme dis dans d’autres commentaires, le minimalisme n’est pas forcément la solution à la compulsion (ou du moins, ce n’est pas suffisant) parce qu’on peut devenir obsédé par la question, ou tout simplement acheter toujours, mais des choses plus chères, sous prétexte qu’elles sont de meilleure qualité et qu’elles vont faire partie de notre parfaite capsule. Ca ne traite pas le fond du problème, l’achat n’est qu’un symptôme (enfin bon j’ai pas fait psycho – sans blague).

Mais finalement puisque l'objet importe peu comme tu le dis (fringue, maquillage, déco...) ca me fait penser au zen.
J’aime bien le site Zen Habits, des articles très concrets inspirés du zen, notamment les articles sur comment désencombrer son habitat ("declutter").
Ca fait peut être un peu "développement personnel" mais certains de ces articles ou ebook m'ont vraiment « mindfucké » et je relis régulièrement certains d’entre eux quand j’en ai besoin (procrastination).

http://zenhabits.net/archives/

Je me suis un peu calmé dans mon imagination de la garde robe (pas à l’abri de la rechute, site Maison Standard, je meurs !!!) mais j’ai clairement identifiée ma pièce phare de la vie (attention, originalité !) le t-shirt blanc. Les miens (H&M) sont de plus en plus abimés et je cherche activement le t-shirt blanc parfait pour me constituer un nouveau stock. Surtout pas sport, légèrement masculin, surtout pas transparent (souvent là que le bas blesse), col rond.

Chloe P : si tu as des t-shirts blancs de chez Maison Standard, sont-ils vraiment opaques ? ;)

Marie a dit…


Consuelo: merci <3

Magali: merci aussi

emyb: Après, quand on lit le blog de Into-mind, elle ne dit jamais qu’il faut simplifier « simple » pour avoir une garde robe épurée. Elle insiste au contraire sur un point central, sortir de la mode et analyser ses propres goûts et envies.
Donc oui, la garde robe de Charlotte (balibulle) peut tout à fait être épurée aussi colorée soit-elle.
Bise

aemi: Merci je vais tout regarder…

Zéphine (aka Malvi): je ne connais pas du tout la blogosphère couture, merci des liens.

isa: C’est très intéressant ce que tu décris, tu es un parfait contre-exemple.
Merci sincèrement pou ton commentaire.
Il y a une phase importante je crois, dépasser la possession quand lin aime la mode. L’aimer ne veut pas dire la posséder, savoir qu’elle existe est déjà, en soi, un plaisir.
Bise

Contessa: Merci <3

Chloé P: Je ne connaissais pas Maison Standards et c’est super canon, exactement le type de boutique que j’aurais aimé ouvrir.
J’ai un style ultra simple (plus sport parfois mais pour ça y a Nike ;-)
Merci du tuyau
Et merciChloé d’avoir commenté.

ELISE R: Merci <3 Bisous

marie: 4 ans bientôt je crois.
Ton commentaire est très inspirant Marie. Le paradoxe du choix, au vu du titre devrait me plaire, oui…

Unknown: Merci <3

emyb: Ah c’est très intéressant de limiter le nombre de boutiques.
je vais y réfléchir (sauf que dedans je risque d’y mettre h&M et que ça fait tout louper…)

Amande que j’aime de tout mon coeur: J’ai fait ça aussi, errer dans le saint-seb pour trouver je sais pas quoi… <3
Love aussi et merci Amande

Maële: Merci, et puis j’ai un tel amour pour les bouquins de développement personnel.

mary: Oui sous ces deux aspects là, je vais y revenir dans les posts suivants parce que distinguer ces deux aspects (qui ont peu à voir l’un avec l’autre)
Merci pour le lien de zenhabits, je ne connais pas!

Marie a dit…

Salut!
Je n'avais encore jamais vu des commentaires aussi riches, preuve que tes lectrices s'intéressent vraiment! Perso j'aime beaucoup celui-là http://theorderobsessed.com/
C'est plus une reflexion de tri et de rangement, d'optimisation de l'espace et de ton intérieur.

Nall a dit…

Merci pour tous ces partages d'introspection, de développement/réflexion personnel ! Venir sur ton blog est vraiment un rafraichissement, un temps pour soi dont j'éprouve le besoin fréquemment.

La fille qui tient ce blog n'est plus très active, mais les archives font assez bien écho au thème "minimalisme" ; http://antiblogmode.blogspot.fr