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13.11.14

SENTIR

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( Othilia Simon par Mondino )



Y a un truc super, mais vraiment super cool avec le sport, c'est le rapport au corps qu'il induit.

Alors même que la petite occidentale consommatrice et insatisfaite ( l'un va-t-il sans l'autre d'ailleurs?) que je suis est dans la capacité émotive de se trouver un complexe nouveau chaque jour (oui laisse là, elle n'a que ça à foutre), le sport réussit à m'extraire de mon propre regard.

Le vrai souci avec le corps féminin tel que je le vis (mais j'imagine ne pas être la seule) c'est qu'il ne se sent pas, il se voit. Il ne se voit pas de manière neutre, il s'évalue, se jauge ou se pèse.
Il est évalué acceptable à un certain poids, plus à un autre par exemple. Bon perso j'ai pas de balance chez moi mais vous voyez l'idée.

Je réfléchissais l'autre jour au ressenti qu'avait le corps enfantin. Quand j'étais enfant mon corps n'existait pas comme "à côté de moi", je ne l'évaluais pas, il était moi, je ne le regardais pas particulièrement d'ailleurs. Il me servait à vivre, sauter, danser, courir, rire, pleurer, tomber et d'autres trucs physiques plus ou moins agréables.

Le problème du complexe occidental du corps féminin c'est qu'il désincarne ma chair (oui l'image est bien bien dégueu).

Mais, il y a le sport... Et faire du sport c'est retourner au côté fonctionnel des choses.
Le corps redevient utile, je suis même assez émerveillée de ses capacités. De mes capacités donc, j'ai encore du mal à m'y faire ;)

Attention cliché / lieu commun / évidence / enfonce les portes ouvertes: Le sport me rend reconnaissante d'avoir un corps en bonne santé. Je suis en bonne santé, c'est une immense chance, le reste est sans importance, il ne faut jamais oublier cela.

Je me sens nettement moins complexée depuis que je fais du sport, pas parce que mon corps s'est modifié dans ses volumes (ce n'est pas le cas) mais plutôt parce que ça n'a plus qu'une importance très relative.
Ré-intégrer son corps et observer ses capacités (très relatives en ce qui me concerne pour le moment, mais je suis sur une bonne piste... La piste de celle qui tient en novembre, ce qui n'est déjà pas rien) présente l'avantage non-négligeable de sortir de ses yeux ( = extension du nombril insatisfait de sa propre image) pour aller dans un registre plus physique, qui se ressent et qui kiffe juste ça... Ou qui souffre mais qui n'a, en tous cas, pas l'occasion de se reluquer sous toutes les coutures et sous tous les complexes.

Bisous smack, à demain. Demain c'est cinéma j'ai 1000 trucs à vous raconter.

14 commentaires

severi27 a dit…

Moi aussi
http://simplicityisnotsoeasy.blogspot.fr/2014/10/remission-1.html

Jess a dit…

même impressions que toi quand à la ré-appropriation de mon corps par le sport.
pas de changement de forme ou même de poids (je me pèse une fois par an chez la gyneco, et pile poil le même poids)
et c'est bizarre, je pensais que ça me ferait un petit pincement, en me disant que j'ai bien sué et que "tout ça pour rien"...
je le vois beaucoup dans les copines autour de moi, le sport pour perdre du poids, pour mincir, pour s'affiner...
et en fait je me reconnais pas là dedans et tout ça, c'est pas pour rien!
finalement c'est un peu lié aussi à ton article sur la responsabilité qu'on a chacune vis à vis de nous même et vis à vis des autres femmes, c'est à nous de nous dire (à nous même et aux autres) qu'on est belle et à être un peu plus douce avec ce corps qui est nous.
bref, je sais pas si c'est très clair tout ça... (j'en suis à mon premier café et j'ai encore du sommeil au coin de l'oeil...)

sur ce, je vais écouter all about that bass histoire de me réveiller!
https://www.youtube.com/watch?v=7PCkvCPvDXk

xsmack

Camille a dit…

On en avait parlé, le sport c'est salvateur pour "réincarner" son corps quand on le pratique comme une hygiène (je n'aime pas trop ce mot) de vie.

Lou a dit…

Je trouve ta vision et ta critique assez juste !
En faisant du sport j'avais touché un peu du doigt cette réappropriation sans jugement de son corps. Et depuis 7 mois je fais une nouvelle expérience de "désincarnation-réappropriation" : être enceinte ça remet les choses en perspective. Mon corps n'est plus vraiment mon corps (mais aussi le sien) et ne me permets plus de le juger comme je le faisais avant. Depuis 3 mois j'ai d'ailleurs arrêté de me peser sur une balance parce que le poids affiché ne correspondait plus à rien pour moi. Au lieu de ça je me félicite de voir que mon corps est accueillant pour mon bébé qui se porte très bien !
La prochaine étape sera quand même une sacré étape : reprendre mon corps pour moi toute seule et essayer de garder cette bienveillance ^^

Lola a dit…

Alors mais oui encore une fois, je suis tout à fait d'accord. Nous vivons dans une société où tout est intellectualisé. Nous passons beaucoup de temps dans notre tête et nous oublions souvent que les deux sont liés. Or dans la plupart des cas, si le corps va bien la tête va mieux et vice-versa. Nous sommes, je trouve, souvent très dur avec notre corps et lui demandons qu'il suive le reste sans vraiment l'écouter, comme si celui-ci était détaché de notre tête. Cette sensation de connexion ou de symbiose entre le corps et l'esprit lorsque qu'elle se passe (sans même tomber dans le mystique) peut-être extrêmement agréable. Avoir conscience de son corps et écouter celui-ci, nous l'oublions étrangement souvent. J'avais cette sensation d'être consciente de mon corps lorsque je pratiquais la natation. Lors d'une formation de Shiatsu, après une semaine de massages j'ai également eu cette impression de sentir mon corps entièrement et d'avoir cette complète connexion avec celui-ci.

Caroline L a dit…

Salut Marie,
Encore un post fort intéressant!

Quand plus jeune, j'expliquais à ma mère (qui est infirmière) les complexes que je pouvais avoir, elle me disait toujours : "Caroline, ton corps te permets de vivre de manière indépendante et autonome, tu n'as donc pas à te plaindre."

La période de ma vie où j'ai été le mois complexée est celle où, en plus de mes études, je travaillais comme auxiliaire de vie avec des personnes handicapées. Comparée au difficultés fonctionnelles que ces personnes pouvaient vivre au quotidien, la simple d'idée de complexe esthétique paraissait obscène, inopérante et déplacée.

Bise à toi Marie,

Caro

Marie a dit…


severi27: Je suis très heureuse pour toi…
Je recherche une naturopathe, lire ton post me conforte dans l’idée de la pertinence de cette recherche.

Jess: Exactement.
je crois même que la responsabilité quand elle est transversale dans tous les aspects de nos vies peut même nous faire nous dépasser.

Camille: Réincarner c’est précisément ça.

Lou: Un corps accueillant oui, au service de ton enfant, c’est vrai que c’est même très très beau.
Bise

Lola: T’as fait du Shiatsu… J’aimerais bien essayer…

Caroline L: C’est très juste, le truc le plus dingue c’est l’oubli que l’on peur avoir de cela… Comme si pour l’esprit c’était difficile de se focaliser sur ce qui fonctionne.
Bise Caro

Anonyme a dit…

Hello Marie,

Rien à voir ou presque, mais dans ma tentative désespérée de me mettre enfin pour de vrai au sport (et donc à la course), je suis sortie mercredi dernier en me préparant à agoniser au bout de 30 minutes, comme d'habitude.
Et puis j'ai repensé à ton post sur le sport, et je me suis dit que j'allais tester les "mini-foulées".
Bah j'ai couru 50 minutes et j'avais même pas envie d'appeler l'hélico du SAMU pour me ramener à la maison.

J'y suis retournée hier.
Je suis pas dégoûtée.
Les miracles arrivent :-)

Bonne journée, et merci Marie!

Céline D.

Justine Hubsi a dit…

J'ai vu Interstellar cette semaine et j'ai bien aimé. De là à le revoir et rerevoir...pas tout de suite quoi ! Et puis pendant tout le film je me suis demandée si c'était moi ou si c'était normal de ne rien comprendre à la physique. J'ai eu envie de faire un saut dans le passé pour expliquer à mon moi ado qu'il était important d'écouter les cours de physique parce qu'un jour j'en aurai besoin pour comprendre toutes les subtilités d'un film...ok mon moi ado en aurait sûrement rien eut à faire...
Même si j'ai pas tout compris, les personnages avaient l'air heureux alors j'étais contente pour eux :)
Et enfin, je me suis rappelée que j'avais ressentie la même chose pour Inception...je crois que ce Nolan aime trop nous questionner mais lui-même a-t-il les propres réponses à ses questionnements ? C'est bien beau de faire le malin mais qui lui demande de véritables explications hein ?

Et pour Samba...je ne m'attendais à rien donc je n'étais pas déçue et je te rejoins sur la BO que j'ai surkiffée !!!

Justine

Justine Hubsi a dit…

oups je me suis trompée d'article pour y laisser mon précédent commentaire sur le ciné...désolée :D

Justine

Jess a dit…

Oui nous dépasser et arrêter d'attendre que les autres changent, se dire que ça peut commencer par nous (oui je sais je sais cliché à fond mais quand même), que nous n'affecterons peut être que deux trois personnes autour de nous... mais comme dirait Mai, et ça c'est (déjà) super!

xsmack

petitprunier a dit…

salut biche :-)

chui comme toi, j aime retrouver dans le sport la sensation du corps qui fonctionne, qui fait son boulot, qui sort de son statut d objet social visuel et evaluable. je crois que c est pour ca que, dans le sport, on aime aussi potentiellement la douleur... pas seulement parce qu elle signe le depassement de soi, mais aussi parce que ben, je sais pas, elle dit quelque chose de ta presence physique au monde.

je me suis fait cette reflexion l autre jour que mes envies de tatouage arrivaient toujours quand j etais assez mal, dans ces temps de depersonnalisation que je traverse de temps en temps, et qui rendent la vie latente. dans ces instants là, j ai comme un besoin de me marquer, parce que c est un acte de réappropriation de mon corps, mais j ai aussi besoin de la douleur qui va avec l aiguille, de ce truc qui pique et que je sens, veritablement, comme pour réassurer la connexion esprit/corps.j ai besoin, et j ai envie de ça, la souffrance... dans ces circonstances, ca me re-rend vivante je crois

jt embrasse ma belle take care

GUS a dit…

Hello! je sais pas trop où ce commentaire va apparaître... écoute la version "Une femme avec toi" de Liane Foly, en duo avec Maurane et Véronique Sanson... là on parlera de poils dressés ;)

Anonyme a dit…

Ca me rend toujours un peu triste quand j'entends des filles qui disent avoir arrêté le jogging parce que ça leur avait fait grossir les cuisses. Moi j'ai des cuisses musclées, solides, alors oui ça prend un peu de place mais putain - j'arrive à courir 1h30 sans me fatiguer, avec ces cuisses! Elles m'ont emmenée en haut du Kilimandjaro! Alors je les aime, même si elles ne sont pas à la mode. Et depuis que je les aime, on me complimente! C'est marrant hein...