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17.6.14

SOLITUDE

antonio lopez

(Jerry Hall par Antonio Lopez)





«J’ai été con, ça aurait dû, pourtant, me mettre la puce à l’oreille cette fille de plus de 30 ans qui était célibataire».


Il pleuvait, on était sur son balcon, c’était novembre, un temps et une lumière dégueulasses. Il me disait tout ça un peu gêné, mais avait tenu à raconter « ce qui s’était vraiment passé» à tous ses amis. 
Il l’avait fait individuellement comme s’il nous le devait.
Et aujourd’hui, c’était mon tour.

 Il tirait des taffes sur sa cigarette roulée, tabac Pall-Mall, le paquet rouge en m’expliquant combien il s’en voulait. 
Il s'en voulait de ce qu’il avait fait, mais surtout de ne pas s’être plus méfié de cette fille là. La trentenaire célibataire qui trainait dans cette soirée où il était venu seul, sans sa nana. 

Ca caillait, il faisait gris et j’écoutais tous ces trucs bien dégueus (i.e très très misogynes mais je ne le savais pas encore) qui sortaient de sa bouche... Je ne disais rien, j'acquiesçais, prenais une mine de circonstance que je ne singeais même pas, je n’aurais pas pu, il souffrait... Et j’écoutais mon ami qui faisait celui qui prenait ses responsabilités... mais pas prêt à tout assumer non plus.


S’il avait trompé sa femme c’était à cause de la vodka plus que de raison, à cause de la soirée qui n’en finissait pas de s’éterniser, à cause de son pote qui l’avait laissé faire, à cause de cette trentenaire anormale car célibataire et conséquemment prête à tout pour lui mettre le grappin dessus. C’est ce qu’elles font quand elles puent la frustration et la solitude, non?

J’écoutais, mes oreilles amicales grandes ouvertes, prête à juger cette congénère dont j’ignorais tout mais qui était responsable de la tristesse de mon ami. Coupable. Coupable par amitié, par dégoût mais surtout par facilité parce que je détestais voir mon pote pleurer.


Il avait fauté et m’expliquait que c’était un peu de sa faute à elle, cette hystérique sans morale, enlisée dans une solitude qui la rendait capable de tout, même de lui gâcher sa vie. Aussi lâchement qu’amicalement, j’ai acquiescé. J’ai acquiescé par réflexe, par ce que je prenais pour de l’amitié (elle n’est jamais objective) mais aussi par peur que l'hystérique ou l’une de ses copines vienne un jour s’en prendre à mon propre couple.

La célibataire, passée (oui, elle est féminine dans le cas qui nous concerne) un certain âge est une menace sociale. J’avais 27 ans à l'époque. J’étais en couple depuis plusieurs années, bien que plus très amoureuse mais habituée à être regardée, choyée, accompagnée, réchauffée, câlinée, soutenue, entourée, plainte et aimée, j’avais chaud moi, je pouvais la juger impunément.


À l’époque, pas un seul jour je ne l’avais vécu sans amoureux depuis que j’avais 15 ans... Zéro souffrance profonde.
Je ne savais rien du manque d’amour, de celui que l’on reçoit en tous cas, pour l’autre, c’est une autre histoire.

Je disais donc que je ne savais rien du manque d’amour spécifique mais aussi général. Du manque d’amour qui fait que ça caille tous les soirs dans ton lit. Du manque d’amour qui fait que tu étreins ton oreiller. Du manque d’amour que même si tu n’aimes personne en particulier tu regardes n’importe qui en susurrant des « mon amour » dans ta tête et en imaginant des histoires là où il n'y a que de la médiocrité parce que même si tu t’en défends t’en crèves ne pas aimer et de pas être aimée comme ça.

Un truc que je ne savais pas quand je jugeais par exemple, c'est à quel point la solitude est, en quelque sorte, une personne autonome. 

Autonome de moi je veux dire, comme si elle évoluait en parallèle de moi. Elle a son propre système de valeurs, un truc dont je ne sais rien (et qui a la cohérence affective d’un enfant de... je sais pas, je dirais 4 ans). 

 La solitude, qui a trop duré devient souffrance, n’a plus qu’un seul objectif, ne plus exister. Ne plus être seul quitte pour à y arriver, à te foutre la honte. Elle est capable de prendre ses propres décisions, de te faire renier des choses profondément ancrées en toi (genre tes principes... si je te jure, tu auras des périodes où tu cracheras sur tout ce qui comptait pour toi). 
Pour ça, elle tape du pied, détourne le regard des belles choses, s'estime prioritaire et efface d’un coup le «mieux vaut être seul que mal accompagné...», la solitude qui souffre s’en tamponne le cul de tes goûts d’esthète, qu’est-ce que ça peut lui foutre que t’aie envie d’être avec quelqu’un de bien, elle ce qu’elle veut c’est être avec quelqu’un. 

De toutes façons, elle saura parler au cerveau pour qu’il s'accommode de la situation. En fait tes conneries d’exigences elle les trouve snobs ta solitude. A 20 ans admettons, à 30 elle estime que t’as plus beaucoup de temps à perdre... Et le pire c’est pas de la faire taire cette grosse conne qui tente de prendre possession de tout ce à quoi tu crois, non le pire c’est que les gens qui sont autour de toi ont l’air de trouver que cette connasse a raison... Là ça commence à craindre...


C'est la première partie d'une nouvelle réflexion sur le blog.
Le texte date un peu, mais je voudrais commencer à aborder avec vous, les questions autour du célibat et de ce qu'il implique pour soi et pour les autres.

Et avant de prendre le taureau par les cornes, il fallait faire un état des lieux.
j'ai vécu cette situation il y'a  peut-être 1 an et demi (cette prise de conscience autour des motivations de sa propre solitude) et comme c'est derrière moi en ce moment (cette impression de ne pas décider sciemment pour moi-même donc d'être dominée), j'ai assez de distance pour aborder ça avec vous sans gêne. Oui parce que je ne suis pas mieux que tout le monde, j'ai aussi des ressentis de gêne vis à vis de ces questions...

Pendant mes longues années d'amour, j'ai jugé les gens seuls qui "se bradaient" avec des amoureux/euses (que je pensais) avec beaucoup de violence et d'incompréhension.
Parce que j'étais une petite conne qui n'avait jamais eu froid et qui ne s'était jamais sentie seule.
Je ne juge plus, c'est pour ça que je voulais en parler avec vous.

Love bonne journée. 

41 commentaires

Emeline a dit…

C'est vraiment un très beau texte et tellement vrai! Je me suis complètement retrouvée dedans, j'étais celle qui était jugée. Mes amies commençaient même à se moquer et à se méfier de moi. Et puis petit à petit j'ai accepté d'être seule en me disant que ça avait ses avantages, qu'il fallait en profiter avant d'avoir un mari, une famille. Je me suis mise à m'aimer plus. Quelques temps après j'ai rencontré mon mari. C'était il y a dix ans.
Je suis loin d'être parfaite mais je ne juge pas mes amies empêtrées dans des hisoires compliquées, je sait à quel point il est dur d'être seule et à quoi on peut se prêter pour ne pas dormir dans un lit vide.

Merci Marie pour tes articles, c'est toujours un énorme plaisir de te lire ou de regarder tes vidéos, ça change tellement des autres blogs.

mirabelle a dit…

parfois, commencer sa journée par ton blog ça met une claque, ça n'est pas du tout négatif ce que je dis là
ça remue, c'est tout...
merci...
et belle journée

(sinon à la suite de ton article sur les parfume frédéric malle, j'ai essayé musc ravageur et d'autres et mon choix s'est porté sur bigarade concentrée, j'adore, merci de m'avoir fait découvrir ce parfumeur...)

Anonyme a dit…

salut chic fille,
jolie claque oui , j'aime beaucoup cette personnification que tu fais, ce double envahissant, ce pertubateur de vie qu'est la solitude ... tout un programme, mais ton point de vue aide à se distancer justement de cette entité qui prend un peu trop de place. la solitude et son cortège d'introspections et de délires perso, des fois j'ai envie de lui dire :quand c'est court c'est mieux

Anonyme a dit…

Quelle belle idée Marie....
Moi non plus je n'avais jamais manqué d'amour, pas 1 seul jour...et puis la vie cette chienne m'a pris mon homme, depuis j'ai survécu. On ne fait jamais un deuil d'amour !! Pourtant aujourd'hui aprés avoir bien morflé, je suis presque préte....à ne plus manquer d'amour, la solitude ne m'a rien appris que la tristesse!
Mais je ne connais plus rien aux hommes, j'avais le mien depuis toujours et il m'allait comme un gant ce tout fou !!
Je crois que je suis devenue cette nana dont on se méfie car elle est libre ! Mais c'est faux ma solitude est ma prison.
J'ai hate de lire la suite Marie , je t'embrasse. Séve

Camille a dit…

Ça me fait penser à cette chanson de Zaza Fournier où tout est dit dans la chute : http://youtu.be/W-Evq4fCWRA. Et même si je ne suis pas célibataire, à chaque fois que j'entends cette fin, j'ai les larmes aux yeux et des pointes dans le coeur. Car c'est ça : on a beau être fier, avoir toute son estime, être une belle personne qui s'assume pleinement, merde on est fait pour être aimé !

Marie B a dit…

J'ai hâte car la solitude est quelque chose qui revient souvent dans ma thérapie, j'en ai peur. Pourquoi je ne le sais pas encore. :(
Si tes réflexions peuvent alimenter les miennes et vice versa ...;)

bisous

Anonyme a dit…

Joli texte en effet... mais personnellement je ne m'y retrouve pas du tout, et c'est même un à priori contre lequel je me "bat" (c'est un peu fort, mais bon) souvent. En tant que trentenaire et célibataire, je suis souvent confrontée à ce regard qui sous-entend un "ma pauvre" ou pire un "qu'est ce qui déconne chez toi ?"... La plupart du temps je n'y prête pas plus attention, mais parfois, c'est pesant. Alors que dans mon cas, j'ai longtemps vécu en couple, mais c'est célibataire que je me sens le mieux, en tout cas jusqu'à maintenant. Je ne suis pas non plus contre l'idée d'être en couple, mais ce n'est ni une priorité, ni même un besoin... Je n'avais encore jamais commenté sur ton blog, mais c'est un sujet sur lequel je suis souvent amenée à me "justifier" alors que je trouve qu'il n'y a pas lieu, du coup, c'était l'occasion de rappeler que, parfois, on peut aussi être célibataire et épanouie...

Anonyme a dit…

A Emeline :

Pourquoi croire que vu que il y a u la cérémonie du mariage entre vous deux, votre couple est donc plus fort qu'un autre (non marié).

Si ça se trouve je couche avec ton mari. En soi l'acte sexuel peut ne prendre que quelques minutes.

Je n'aime pas l'idée que il y a pour certains une fin. Un happy end qui ne cessera jamais.

Et si il cese : c'est catastrophique ! Tu ne sera plus jamais heureuse, tu as laissé passé le seul et l"unique. Ta vie est fichue.

Donc, je trouve le mariage ridicule, ce n'est pas parceque on s'est enfermé les doigts et la vie et les corps dans un petit espace que Rien ne peut arriver.

Anonyme Amande a dit…

c est marrant j allais te demander de quand datait ce texte, si tu l avais ecrit il y a longtemps ....

C est un sujet tres complexe, il y a beaucoup de cas de figure et de themes a aborder autour de cela, je serai ravie de participer au brain storming :-)

LOVE

Zabou a dit…

Hello Marie!

Encore un très beau texte et qui a le mérite d'ouvrir la discussion...

C'est étrange, je n'avais jamais vu la solitude comme une tierce personne qui impose sa volonté à notre "moi".

Si la solitude fait peur, si on a le sentiment qu'elle est imposée, elle peut effectivement devenir notre pire ennemie. Raison pour laquelle je travaille à l'appréhender et l'accepter. J'ai eu beaucoup beaucoup de mal pour y arriver, et à une époque (récente), je me fourvoyais dans un tourbillon de sorties pour y échapper, pour ne pas être confrontée à elle.

Il faut dire aussi qu'elle tend à renforcer mon côté égoïste (qui n'avait peut être pas besoin de ça), et cette sorte d'état d'ennui langoureux dans lequel j'aime me complaire :P Etre seule ne me pèse pas parce que je trouve toujours quelque chose à faire. C'est l'autre versant de la solitude: elle te fait faire des conneries, mais trop s'habituer à elle rend vraiment antisocial. Et ça, je ne sais toujours pas où mettre le curseur entre ces deux pôles.

laparisienne a dit…

çà fait maintenant 12 ans que je suis en couple, on s'est même mariés et on a un enfant; avant mon mari, je me suis retrouvée pendant un an célibataire, c'était cool au début, je retrouvais enfin la possibilité d faire que ce dont j'vais envie, et puis petit à petit les vendredi et samedi soir, je me retrouvais invariablement avec ma bande de potes tous en couple, et moi la seule célibataire. C'est devenu pénible, les dimanches, j'allais soit voit mes parents soit j'étais seule pour me faire un ciné ou une expo, me balader avec mes postes en couple, çà a fini par me gonfler. J'ai réussi à élargir mon cercle d'amies, en revoyant une copine, redevenue célibataires, et d'autres potes à elle, ce qui m'a permis de retrouver cette gaité d'être à nouveau célibataire. D'ailleurs je ne sais pas si c'est çà ou le fait de m'aimer à nouveau, même seule, mais autant côté mecs c'tait le désert de Gobi avant , quand je me sentais profondément seule , surtout le dimanche( va comprendre), au point que j'avais vraiment le spleen,genre mal être d'ado, autant j'étais à nouveau convoitée et j'avais soudainement plein de possibilités masculines autour de moi une fois avoir renouvellé mes fréquentations. Aujourd'hui, j'ai quelques copines célibataires dont ma meilleure amie, elle est très bien seule, mais avec l'âge, elle aussi a envie de fonder une famille, de trouver un partenaire de vie, qui l'aime et qui prenne soi d'elle. Je crois qu'effectivement être célibataire, c'est beaucoup plus simple qu'à 30 ou 40 ans , et notamment par rapport aux enfants et à cette foutue horloge biologique.
Je suis accro à tes textes Marie, à ton blog d'ailleurs aussi, tu devrais écrire, tu as une si belle plume !

audrey sasha a dit…

trés joli texte, tu écris vraiment bien!!! débat trés intéressant, effectivement...plein de questions me viennent à l'esprit...hate de lire la suite!!!
bisous marie

aloÿse a dit…

Célibataire depuis peu (une semaine c'est même très peu)je sens cette solitude comme un poison. Pourtant j'ai toujours préféré vivre seule. Même dans mon couple nous étions seuls mais à deux.
Aujourd'hui, au fond de ma campagne, cette solitude nouvelle, retrouvée me prend la gorge. Je ne veux pas affronter mon célibat tout neuf seule. J'aimerais avoir des amis (et de l'alcool, beaucoup d'alcool) à mes côtés pour sentir la douleur de l'oreiller moins violemment. Être constamment accompagner pour ne pas avoir à affronter ce que je suis désormais en étant seule. Pour ne pas avoir à prendre mes responsabilités sur ma vie qui avait été mise entre parenthèse au profit de ce couple qui, je le savais dès le tout début, ne devait pas durer.

Tu vois Marie, à nous parler de toi tu nous fais parler de nous.
Je me demande souvent de quelle façon tu gères ces confidences étalées sur la place publique de tes commentaires.

Cette réflexion sur le célibat que tu nous proposes va s'en doute me permettre de réfléchir sur ma propre vision de la célibataire que je suis redevenue.

Olivia a dit…

Salut Marie,
tout d'abord en lisant ton texte, je me suis dit"Mince, j'ai loupé un truc, c'est moi ou ça y'est Marie radote?!"Je me souvenais de ton texte, à l'époque il m'avait beaucoup parlé puisque ma meilleure amie ressentais exactement la même chose à la différence près qu'à 35 ans elle n'avait connu que très peu d'histoire longue, plutôt des amourettes...je me souviens lui avoir montré et on en avait parlé un petit moment même ;-)
Du coup quand j'ai lu que tu l'avais écrit il y a un an et demi j'étais "rassurée" mais à la fois, ouahou! que le temps passe vite!!!j'avais l'impression que a faisait 6 mois au plus...mais c'est un autre sujet.
En tout cas, là maintenant, j'ai juste envie de te dire au nom de tous ceux qui te lisent, et sans trop m'avancer je pense, qu'on a tous envie de te prendre avec nos petits ou grands bras, poilus ou pas, et de les serrer très très fort ^^

Anonyme Amande a dit…

Pour revenir a la 30aire, j ai su il y a peu qu une collegue (qui ne sait de moi que ce que je montre au travail : la celib' en talons de 12 cool et decomplexee) avait dit de moi qu elle ne laisserait jamais son mec aller boire un coup avec une fille comme moi, que meme en tant que copine, elle aurait trop peur que la carnassiere que je semble etre ne le mange tout cru...
Ca m a blesse au depart, parce que cette femme (elle a 50 ans) ne sait pas que depuis 2 ans je pleure ma rupture volontaire avec le pere de ma fille, et que si j ai UN SEUL principe dans la vie auquel je n ai jamais deroge, c est bien de ne jamais draguer ou me laisser draguer par un mec en couple.
Mais voila c est ce que je degage pour masquer le cote loose de mere celibataire que je n aime pas du tout...
En ce qui concerne le theme "mieux vaut il etre seule ou mal accompagnee", je crois qu il faut vraiment se poser la question de quelle vie on veut, au moment M, un fucking friend oui mais a la condition qu aucun des 2 n en souffre, ou bien "quelle vie me fait envie", celle de mes copines en couple avec enfants, ce qui implique plus de concessions et de renoncements...?
Le curseur se deplace en fonction des ages et des periodes dans la vie, des experiences de chacun...

Cécile a dit…

Il me fait froid dans le dos et chaud au coeur, ce texte. Parce que en effet, c'est viser dans le mille, la solitude, ce boulet de chaque instant. Et en tant que dernière célibataire de mon cercle - celibataire de longue date qui plus est - c'est une situation parfois lourde à porter.

Kali a dit…

Très beau texte, c'est intéressant de voir ce genre de sujet "banal", mais lu d'une perspective très personnelle, comme un regard volé dans le monde d'un autre.

En ce qui concerne le sujet de la solitude, je me demande si ce n'est pas aussi une question de caractère. Je ne peux pas parler de ce cas particulier de la trentenaire célibataire (en tout cas pas du point de vue de mon caractère) puisque je ne suis ni trentenaire, ni célibataire, donc je ne pense pas être en position d'avoir une opinion valable. Mais sur la solitude en général, j'ai vu autour de moi des comportements très différents en fonction des caractères.

Un exemple simple: j'ai rêvé de vivre seule depuis que j'ai 10 ans, et je n'ai été heureuse qu'à partir du moment où j'ai eu mon petit chez moi. Je passe très régulièrement des soirées seule, je vais au ciné et au resto seule, et ce sont mes petits moments de bonheur. Ma soeur en revanche, a beaucoup de mal à quitter le foyer familial et la seule solution qu'elle voit est de se mettre en coloc (alors que c'est mon cauchemar ultime). Elle occupe toutes ses soirées avec du monde et ne peut pas rester seule plus d'une heure ou deux, et lorsqu'elle est seule, elle est sur facebook ou à envoyer des sms. Il n'y a pas de bien ou de mal dans aucune de ces deux situations, c'est juste une illustration que de base, couple ou pas, trentenaire ou pas, certaines personnes ont un caractère plus solitaire que d'autres.

Et pour les personnes qui, comme ma soeur, ont un caractère très social, je peux imaginer le célibat très difficile à vivre, d'autant plus quand on arrive à un âge où tous les amis se marient, font des enfants...

Je ne sais pas comment je serai si je me retrouve célibataire dans les années à venir, mais c'est très enrichissant de voir les choses sous l'angle d'une autre personne!

Anonyme a dit…

Très touchant ton texte!
Perso trentenaire et célibataire, depuis une histoire qui aura duré une petite année, il y a quatre ans, je n'ai plus jamais eu de sensations fortes: coeur qui vibre, sentiments amoureux etc...FINI...J'en suis ressortie fermée à 1000tours.
Je vis avec ma solitude qui parfois me pèse, il y a des moments oùvraiment je me sens vide, seule, le coeur sec, avec une envie de donner sans y parvenir parfois cela me convient car j'apprécie cette liberté, de faire ce dont j'ai envie sans avoir à demander à qui que ce soit quoi que ce soit, ne rendre aucun compte, pas me justifier pas devoir penser à l'autre qui fait partie d'un couple, c'est très contradictoire comme état d'esprit, au delà de tout ça, je vois le temps en effet défiler et j'aimerais construire quelque chose comme mes amies autour de moi avec leurs conjoints, leurs achats d'apparts à 2, leurs enfants etc...Oui parfois je les envie, j'aimerais accomplir des projets à 2, avoir des enfants,parfois ça me fait flipper car dans 6 ans j'aurais 40 balais mais après je me rassure en me disant que je ne sais pas ce qui m'attend devant, on verra... Ce célibat je le vis en faisant la fête, en voyant des copines un peu plus jeunes "libres" ou dispo, en profitant de la vie et cela me convient la plupart du temps, même si effectivement quand je me retrouve seule le dimanche chez moi au calme, loin des amies fêtardes, de la musique, les rires alcoolisés, juste avec les marques sur le visage de la soirée de la veille dont je me remets avec difficultés, il m'arrive juste de bader, de faire un bilan désastreux de ma vie et là, j'ai juste les boules...de devoir trouver ses "occupations" pour "meubler" ma vie... de liberté...
Je pense que la vraie question est d'assumer son célibat, je me donne l'illusion de le faire, mais en fait pas du tout, je crois...
Lolo

Anonyme a dit…

être celibataire et la solitude sont deux états distincts qui peuvent se rejoindre, s'ajouter.

j'ai une personnalité penchée sur la solitude c'est mon plus gros défaut qui est aussi ma plus grande qualité qui a éloigné la plupart de mes ami(e)s, je suis le plus souvent seule. ajouté à ça je n'ai jamais été en couple. et je connais mon premier homme que depuis mes 31ans, soit depuis 2ans, mais je vis de mon côté et lui du sien. j'ai 33ans.
cette relation respecte ma solitude mais il est vrai que cette solitude est différente, intérieurement, mais d'extérieur cela chamboule peu l'initiale.
(j'ai toujours du mal à comprendre les gens qui disent que trois ans de célibat c'est long, que un an c'est terrible, je n'ai pas connu l'ombre d'un homme jusqu'à mes 31ans, et ce n'était pas un choix mais un fait)

deux ans de relations n'effacent pas mes décennies de solitude.

il ne faut pas complètement mélanger solitude et célibat on peut être dans l'un sans être dans l'autre

et oui une jeune femme passée la trentaine sans enfant et sans homme rend méfiant
de même un homme passé la quarantaine sans enfant et sans femme rend méfiant
tout ce qui n'est pas dans la majorité rend méfiant

je ne regrette rien de cette solitude, et c'est aussi une force, je me sens un peu différente des autres

et cet homme que j'aime n'a pas pris la place de ma solitude, les deux cohabitent pour mon plus grand bonheur

ma plus grande angoisse est de la perdre
je n'ai pas eu à choisir de ne pas avoir d'enfant ni de vivre en couple, j'ai toujours su que je n'aurai pas d'enfant et que je vivrai de mon côté

Amélie a dit…

Salut Marie, j'ai été la sale petite célibataire de pas encore 30 ans qui fout le bordel dans un couple marié...je ne me suis jamais demandée si c'est ma grande solitude à ce moment là (seule dans une nouvelle ville, un nouveau boulot et fraichement larguée) qui m'avait poussé à tomber amoureuse de cet homme très pris. Aujourd'hui, cet homme très pris est le mien, mais même en couple je n'en suis pas moins seule. Il me manque mes amis qui constituent pour moi une vraie famille. Bref, tes réflexions sont toujours sources de questionnement, merci pour ça !

Ninon a dit…

J'ai beau avoir bien connu la solitude, avant d'être avec mon mec actuel avec qui ça se passe super bien depuis plusieurs années, mais je juge parfois un peu durement certaines de mes amies empêtrées dans des situations pas possibles. Je comprend, j'accepte sans soucis le célibat comme une situation normale et légitime, ce n'est pas parce que je suis en couple que je suis "mieux" que célibataire, c'est juste différent. par contre, je ne comprendrait jamais ceux et celles qui restent avec quelqu'un qui les fait souffrir, moralement ou physiquement, ou pire encore, qui reviennent vers celui/celle qui les fait souffrir.
Moi, je part d'un postulat simple : je suis heureuse > je reste sinon, je me casse. Un peu manichéen, je l'avoue, mais pour avoir vécu des choses vraiment pas drôles du tout, je refuse de m'enliser par moi même dans une situation qui me fait souffrir. Et j'ai du mal à piger qu'on puisse s'y complaire...

Sophie MC a dit…

Moi, j'ai toujours détesté la solitude et adoré le célibat !
Détesté la première car pour moi, elle était synonyme d'angoisse : je ne m'aimais pas assez pour apprécier rester seule avec moi-même. A quarante ans passés, je ne suis même pas sûre que cela ait changé : j'aime avoir des plages de solitude mais si et seulement si elles sont temporaires.
Adoré le second, car source de liberté, d'insouciance, de fêtes sans fin et d'amours sans lendemains.
Je me rappelle de ton texte écrit il y a plus d'un an, je l'avais aimé et commenté je crois. Une autre l'a dit plus haut : comme le temps passe vite lorsqu'on échange avec toi ; )
Je t'embrasse Marie

Jess a dit…

lire ce texte après avoir écouter Nina Simone...
ouha, dur...

en fait c'est un peu comme si tu mettais une bande son sur tes textes, vraiment joli.
ça accompagne, ça contredit (elle dit "don't explain" quand tu nous dis que justement tu veux parler de ce nouveau sujet) (mais encore une fois c'est bien hein la contradiction, c'est ce qui ajoute la profondeur il me semble)

bref, tu as déjà pensé à écrire un scénario?

xsmack

Peggy L a dit…

je me reconnais complètement en cette fille en mal d'amour...divorcée depuis un an et demi, 38 ans, j'en parais a peine 30 et c'est carrement un problème.. aux yeux de certaines "amies" je suis devenue cette fille qui serai potentiellement dangereuse car celibataire, celle qu'on invite plus aux soirées du coup...
j'ai été aimée toute ma vie, pas toujours tres bien, mais aimée quand même. Avant ça jamais je n'ai habité seule, j'ai toujours été en couple en colloc etc... j'avais rencontré qq'un de qui je suis rapidement tombée amoureuse... qui s'est rapidement installé chez moi... qui a profité de l'intant puis qui s'est barré....aujourd'hui pour la premiere fois je me retrouve face au vide... face a moi... et je dois dire que je deteste ça.... j'en viens parfois a me dire que je ne suis pas certaine que c'est mieux d'etre seule que mal accompagnée. Avant je n'etais certes pas heureuse.. mais je n'ai jamais autant connu la tristesse qu'a présent.....

Anonyme a dit…

aussi ce n'est pas la solitude qui pousse par tous les moyens à combler cette solitude, mais le désespoir qui découle de celle-ci, par désespoir. la solitude ne pousse pas à faire des choses qu'on regretterait, sauf si elle plonge dans le désespoir, il ne faut pas mélanger solitude et tristesse aussi. la solitude tout dépend de ce que l'on en fait, quelque chose de bien ou de mal, pour ma part c'est quelque chose de bien. je me suis enrichie, beaucoup, elle m'a permis d'observer les autres, de m'enrichir et vraiment ne pousse pas à des actes de désespoir, tout dépend de la façon dont on la vit cette solitude. j'ai attendu mes 31ans pour être aimée et aimer. et l'homme que je vois je le connaissais depuis mes 22ans..nos chemins se croisaient de temps en temps..et rien ne s'est fait par désespoir..et maintenant que je sais ce que c'est qu'être aimé et ce besoin d'être aimé et d'aimer, si je perdais cela, je n'en suis pas dépendante, j'ai plus appris à dépendre de ma solitude, j'ai besoin de ça et vraiment cela n'a rien à voir avec la tristesse le désespoir, cela dépend de chacun. la tristesse vient de l'autre que l'on a plus et s'ajoute à la solitude.
elle n'est pas forcément angoisse et frustration. encore une fois ça dépend des gens. et de notre dépendance à l'autre.
moi il faut que j'apprenne à faire avec l'autre depuis deux ans, et pourtant je ne vis pas avec lui. et cela m'est une plus grande source d'angoisse que d'être sans l'autre.
en même temps je ne suis sûre de rien, maintenant que je sais ce que c'est que de s'unir à l'autre au plus profond de soi-même, peut-être que je ne saurai plus vivre sans. mais j'ai dû mal à le croire pour l'instant.

JujuK a dit…

Putain les cheveux de Jerry Hall...
Je suis désolée, c'est tout ce que j'arrive à dire.

Je reconnais beaucoup de choses dans ton texte, des angoisses profondes, certaines à moi, d'autres à des amies proches.

La plus belle chose que tu dis c'est "je ne juge plus".
Moi j'ai traversé des épreuves cette année, j'ai vu des ami(e)s en traverser, et la seule chose importante que ça m'a appris c'est que la vie te réserve des putain de surprises dans tous les sens, et que c'est suffisamment dur de se gérer soi-même, alors juger les autres, laisse tomber comme ça veut rien dire, comme ça rime à rien.

Les gens qui jugent, ils se croient mieux non ? Moi à chaque fois que je me surprends à juger (oui parce que ça m'arrive encore, sans m'en rendre compte, c'est humain...), je me mets une grosse claque, ou alors c'est la vie qui m'en met une en me montrant que c'est impossible, que c'est stupide, que tu sais pas ce qui t'arrivera demain.

JujuK a dit…

@Anonyme Amande : tu as beaucoup de courage pour dire ce que tu dis là.
Ton commentaire m'a beaucoup touchée. Voilà c'est tout...

Lilypad a dit…

Ton texte est superbe Marie, et tellement juste ! Pour ma part, c'est un peu le contraire. Je n'ai pas peur de la solitude, de me retrouver avec moi-même. J'ai davantage peur de me jeter à l'eau et de vivre en couple, de souffrir mais aussi de me livrer, d'avoir l'impression que mon bonheur dépend de quelqu'un d'autre. Du coup je suis sur la défensive et j'en souffre parfois, parce que clairement être dans les bras d'un homme amoureux me manque. Et les regards des copines en couple sur l'éternelle pauvre célibataire, je connais et c'est très pénible (je n'ai toujours pas été vue comme dangereuse ceci dit). Ah, cette saleté de peur ! Je tente de m'en débarrasser mais je dois avouer que c'est difficile...

Gwen a dit…

Salut ma belle,

ouh le sujet pile poil.

Le célibat...je le vis depuis 6 ans. Oui 6. Bon depuis septembre j'ai enchaîné deux histoires dont une qui avait l'air prometteuse...n'en avait que le blase. Donc j'ai enterré les 6 ans pour aujourd'hui 3 mois :) On progresse.

Un bon moment ça a été "moi je suis une meuf autonome, je préfère être seule que mal accompagnée". Bon c'est toujours le cas mais je découvre une nouvelle facette de Moi : donner la chance au mal (mâle) accompagnant. Pas bon quoi. J'ai accepté des choses que jamais je n'aurais accepté par le passé. Au nom de l'éradication du célibat. Du "Oui je viens à ton dîner ACCOMPAGNEE, enfin...". Mais aussi et SURTOUT parce que je veux aimer et être aimée tout simplement.

Plus ça va, plus la petite voix de Miss Solitude te rappelle à l'ordre, de plus en plus fort, de plus en plus souvent. Parce que ouais 6 ans quand même, ça fait mal aux gencives. C'est violent. Un putain de manque. Comme une drogue, oui. Parce qu'en femme indépendante que je suis et que j'aime, j'ai aussi un putain de besoin d'être serrée dans des bras, d'être embrassée, d'être regardée avec des yeux de nounours et de renvoyer tout ça à l'autre avec la même délectation.

J'ai un bon cercle d'amis, de potes, tant en nombre qu'en qualité, c'est de l'or. Mais arrivée à plus de 30 ans (j'en aurai 36 la semaine pro), ils sont tous maqués, babysés, propriotisés, dimanchisés du midi et adios les soirées, les vacances mêmes (et tant mieux pour eux, j'aime les voir heureux, l'effet miroir par contre ouh la mais c'est mon problème). "Bah t'as qu'à sortir, c'est tellement bien le célibat tu es liiiibre" qu'ils disent pour te galvaniser, te motiver, à tenter de te dégoûter du couple. Ben oui, je vais sortir seule, je vais tenir le zinc de mon coude et jouer les miradors, ya peut-être un aigle qui va passer partager mon Ti Punch.
"Mais comment c'est possible t'es tellement jolie/intéressante/cultivée/drôle/bonne au Trivial/reine de la blague (arf s'ils savaient ce que l'humour d'une femme nuit à la séduction, un peu quand même)/proche de la Joconde/jenpasseetdesmeilleursdestrucsdefouadorablesquilsmedisent..." jusqu'au fatal "Mais qu'est ce que tu FOUS bordel". Ben oui c'est ma faute quoi.
Alors quand Mère Solitude et Soeur Culpabilité se rencontrent, ça donne un cocktail à l'eau de Javel. Les gencives jte dis.

Aujourd'hui j'ai, je pense, digéré ma dernière histoire. Je me relance sur le marché ('tain l'esprit tête de gondole/promotion/laisse la chance au produit => oui celle-là aussi elle revient "t'es trop compliquée", ben oui je vais me mettre en solde tiens). J'ai rencart ce soir, aucune idée de ce que ça va donner (personne ne le sait d'ailleurs hein). Je force le truc, même si j'ai l'impression de mettre un coup d'épée (de Damoclès ?) dans l'eau.
Des copines redeviennent célibataires, je ressors (oui parce avant plus vraiment du tout). Y a un côté clan qui se dessine, ça fait du bien, ça booste. En souhaitant que chacune trouve sa Air Max One.

<3 Marie


Anonyme a dit…

Oh c vrai , quelle plume sur un sujet qui nous touche de si pres parfois ...je vous envie les trentenaires et qq car il vous reste à toutes l'espoir que le manque d'amour cessera avec une belle rencontre ! A 50 ans ,et devenue transparente pour les hommes depuis qq annees il me faut maintenant envisager de combler ce vide cruel par ma seule compagnie , j'espere que c'est jouable mais encore combien de temps ?
Au moins j'ai l'avantage sur vous que personne ne vous demande si vous en souffrez et vous devenez la confidente ideale !!! Oh mama mia , ça fait mal p....!! Biz belle Marie , il tabasse ton texte

Marie a dit…

Alors pour ma part, je pense que l'âge joue (je n'ai que 24 ans), mais pour l'instant la solitude ne me fais pas encore peur.
A vrai dire je suis sentimentalement très immature, et je ne m'aime pas beaucoup. Je me trouve moche et peu intéressante, je n'ai pas confiance en moi. Donc généralement, voilà ce qu'il se passe quand je rencontre un garçon. Je montre seulement l'image de moi que je veux montrer, et c'est seulement celle-ci. On fait connaissance, et je me fais passer pour une fille qui a confiance en elle, qui est archi sûre de ce qu'elle dit, qui sait où elle va, qui sait de quoi elle parle. Je me mets dans la peau du personnage. Si le garçon veut me revoir, je ne lui présente pas mes amis, je ne veux pas rencontrer les siens, on ne sort pas prendre de verre ensemble dehors car je n'ai pas envie qu'il réalise, en me comparant aux autres filles dans ces bars, à quelle point je suis finalement peu attirante. Nous couchons éventuellement ensemble, mais c'est rare que j'aille jusque là.
Et peu de temps après, s'en suit le moment où je lui dit que ça ne va pas le faire, et je coupe les ponts.
De cette manière, il garde l'image de moi que je veux qu'il garde, on ne s'est pas vu beaucoup, donc il n'aura pas eu le temps de réaliser qu'il y a "erreur sur la marchandise". Il n'aura pas eu le temps d'étudier les traits de mon visage, de me voir en maillot de bain à la plage, de se rendre compte que je ne suis pas si cultivée que ça et que je lis moins que ce que j'avance.
Ca me fait penser à un passage du film "Good will hunting", à un moment Matt damon, après avoir arrêté de donner des nouvelles à la fille qu'il kiffe, dit à son psy (robin williams) : "mais voilà pourquoi....et si je finis par découvrir qu'elle est super chiante??", ce à quoi son psy répond "moi je pense que tu as peur que ELLE elle découvre que toi tu sois super chiant".

De l'écrire, c'est vraiment lâche. J'ai tellement peur de me livrer et que l'on finisse par me rejeter, que je préfère m'arrêter net. J'ai littéralement dressé une liste de tout ce que je n'aime pas chez moi, et je me demande si je m'autoriserai à avoir un vrai copain avant d'avoir réglé tout ce qui ne va pas. J'ai l'impression d'être une impostrice. Encore hier un garçon de ma fac m'a proposé d'aller boire un verre, j'avais sous entendu lorsque l'on s'est rencontré que je lisais beaucoup, ce qui n'est pas le cas, et je viens de trouver une excuse pour ne pas y ailler (plutôt jouer à l'indisponible, au lieu qu'il découvre que je suis conne).

Bisous Marie,
une autre Marie

Marie a dit…


Emeline: Merci beaucoup…
Oui quand la solitude s’installe, des fois on merde!
T’embrasse

mirabelle: <3 Je t’en prie, je le connais pas le bigarade concentrée…

Anonyme: Merci

Sève: Prends soin de toi, je t’embrasse

camille: Merci pour le lien, je vais écouter :-)

Marie B: Qui sait… Bise

Anonyme: Alors ce n’est pas ce que je dis, mais parfois les états cohabitent, et si le célibat n’est pas une chose à laquelle on est habitué, on tâtonne.
Je ne pense pas du tout ma pauvre (vraiment), mais parfois, des moments seul peuvent être vécus comme un truc moins agréable.
Merci pour ton com.

Amande que j’aime: cool, t’embrasse

Zabou: je plusssoie. Il y a deux aspects contradictoires qui cohabitent.

laparisienne: Je comprends… Alors que finalement 1 an c’est court, ça parait long au quotidien.
Merci pour tes gentillesses .

audrey sasha: <3 Merci bise

aloÿse: C’est un poison lié à un autre élément que le fait d’être seul j’ai l’impression.
Être sans amour c’est avoir l’impression de ne pas être aimable. ET ça remet en question profondément qui on est.

olivia: <3 trop cool tous ces bras!

Anonyme amande que j’aime: On ne sait jamais vraiment ce que l’on projette, c’est parfois si éloigné de qui on est…

Cécile: Parfois oui…

Kali: J’adore comme toi la solitude (enfant unique, ça joue forcément).
Je crois d’ailleurs plutôt à l’amour qui ne vit pas au même endroit.

lolo: le vrai souci comme tu le dis si bien, c’est le sentiment amoureux.
être avec quelqu’un sans en être amoureux est pour moi l’une des choses les plus tristes au monde…

Anonyme: J’ai copié collé ton commentaire tellement je le trouve intéressant. Si tu me le permets, je risque de le mettre tel quel dans le blog.
Merci en tous cas.

Amélie: la solitude est multiple, personne ne la remplit comme tu le dis bien.

Ninon: c’est parfois le manque et la tristesse, ou l’impression de n’être jamais aimé qui fait merder (pas chez tout le monde mais chez certains et certaines oui).
On ne peut pas juger cela, parce que même si on l’a vécu, on a tendance à l’oublier et surtout à enjoliver nos attitudes à nous.

Sophie MC: C’est vrai que les 2 peuvent hyper bine cohabiter :-)

Jess: Non jamais (j’en serai pas capable).
Merci en tous cas.
Bise

Peggy L: dans mes bras <3

Anonyme: Tua s raison, c’est surtout pour la perception que la société a de la solitude et de ce qu’elle dit des individus.
Jamais on ne se dit qu’elle est choisie, alors que c’est faux!

JujuK: ahahah Tu as raison…

Lilypad: c’est clair, c’est difficile…

Gwen: Merci très sincèrement pour ton commentaire. Son honnêteté mais aussi parce qu’il me donne des clés très intéressantes pour moi aussi

Anonyme: Je te prends dans mes bras et je fais des bisous… La vie est une donne mais des fois, elle déchire, il faut lui faire confiance, ça coûte rien.

Marie: C’ets hyper touchant ce que tu décris…
je suis vachement étonnée de ça.
C’ets très étrange, en plus je suis quasi sûr que les gens ont nettement plus vu, compris, qui tu étais avant même que tu succombes, non?
Je t'embrasse

Anonyme a dit…

(je ne suis pas sûre d'être la bonne anonyme mais ces mots écrits ici de ce fait appartiennent à chacun alors à toi, sûrement que le bon anonyme partage cette notion...
et dans mes lignes je ne juge pas ceux dont la solitude et le celibat sont récents ou sont des états inhabituel, je pense effectivement que maintenant que je sais ce que c'est que de s'unir à l'autre au plus profond de soi-même, peut-être que je ne saurai plus vivre sans...pour l'instant je ne sais pas ce que c'est que de vivre l'après...n'ayant connu que la vie sans il était facile de vivre sans...c'est pour ça je ne connais pas cette souffrance, je ne sais pas si je la connaîtrai quand je perdrai son amour. mais je ne peux imaginer la souffrance de cette solitude là. et moi aussi anonyme tes lignes me touchent, j'y pense souvent à mes décennies à venir aux regards des autres...j'avais renoncé à ça d'avoir un jour l'amour de l'autre, d'avoir mon premier rendez-vous etc, et à 31 ans tout est arrivé en même temps avec le même homme, un homme que je connaissais et voulais secrètement depuis mes 22ans un fantasme, sans y songer vraiment, et maintenant il a mon coeur et moi le sien, je sais maintenant qu'il y a des choses que l'on veut dans la vie et avec beaucoup de patience ces choses arrivent parfois
marie je ne te connais qu'à travers tes mots et tu es quelqu'un qui me touche beaucoup j'ai le même âge que toi, presque, et je me cherche beaucoup, et à mon âge cela influence aussi le regard des gens, pas toujours en bien..il y a des choix de vie qui rendent les gens méfiants et incitent leurs jugements..il faut chercher beaucoup d'estime de soi -je ne dis pas que j'y arrive tout le temps- et de légèreté, beaucoup de distance aussi)

Anonyme a dit…

je pense à cette fille à qui ton ami n'a peut-être pas dit qu'il était en couple, qui était peut-être elle aussi sous l'emprise de l'alcool et qui n'a peut-être pas assumé cette nuit...comme lui: "à cause de...,à cause de..., à cause de..., à cause de..." à cause de lui

et pourquoi certains hommes tendent à penser qu'une fille seule passée la trentaine ne demande qu'à être culbutée que c'est presque un privilège vu que la fille est seule et désespérée et en manque
je caricature évidemment

c'est que l'autre jour un homme est venu me parler, j'attendais mon train qui avait beaucoup de retard et il était 00h20, et j'avais beau lui dire que ça me mettait mal à l'aise, que je préférais qu'il me laisse tranquille, il continuait à me parler à insister et ne se rendait pas compte du tout qu'il m'embêtait vraiment. je lui ai redemandé gentimment de me laisser une fois dans le train que je voulais faire le trajet seule. il a enfin accepté.
il ne comprenait pas que je veuille être seule justement. (et que mon coeur était pris en plus)

Cé a dit…

Ton texte est juste magnifique et j'aime aussi beaucoup lire les commentaires.
La solitude, je ne connais pas (je suis en couple depuis 14 ans, j'ai 36 ans) mais j'y pense et elle m'effraie parce qu'elle peut s'inviter n'importe quand dans la vie.
Elle me réveille la nuit même si je ne la connais pas. je l'imagine, je la devine et de loin je la maudis. c'est bizarre, même absente elle est là, planquée, en attente et plus tu vieillis plus elle se fait sentir.
voilà ce que m'inspire ton texte et ce n'est pas très gai, certes, mais c'est la vie.
bises

Anonyme a dit…

Magnifique texte, tellement bouleversant de sincérité.
Belle introspection qui m'a profondément émue...
Tu es douée.

Anonyme a dit…

Un jour, je discutais avec un ami de ma souffrance d'être seule.
Il m'a répondu: "Sois seule sans solitude"

Depuis, cette phrase magique fait écho dans ma tête et m'est dans grand réconfort.

Jade Cactus a dit…

Je me disais bien que ces mots me disaient vraiment quelque chose. Pendant tout le texte je me suis demandé si j'étais pas en train de vivre un déjà-vu d'anticipation ^^
Bref, beau sujet, complexe, mais qui m'interesse bcp puisque j'ai 27 ans, et je suis une célibataire qui pense que mieux vaut seule que mal accompagnée. Le pire c'est que je me sens super seule, mais je m'accroche plus que tout à mes principes, à ne pas être l'amante etc. Mais putain je me sens seule !

Anonyme a dit…

Quel beau texte ! Je pense que globalement les claques de la vie rendent plus tolérants et plus "souples" vis à vis des autres. C'est pour ça que mes échecs, je les chéris, mais pour de vrai. Ça m'a rendu moins inébranlable, moins sûre de la vie et de "mon destin".

Sinon j'ai 30 ans aussi, j'ai été rapidement célibataire, il y a 2 ans et ce que j'en retiens, c'est les mecs en chien XP

Sérieusement, dès que mon célibat a été connu au travail, dans mon cercle d'amis, des mecs que je connaissais "en potes" depuis 5 ans se sont mis à me draguer.

J'ai limite flippée à ce moment là, mais vraiment. Mes potes ne voudraient-ils que me serrer en "vrai" ?

Alexandra a dit…

Marie, c'est beau... c'est exactement ce que je ressens aussi en ce moment... pas mal d'années que je te lis et je kiff toujours autant ton blog et ta façon de penser et de "coucher tes mots" ici. Xoxo ma belle.

Aurore Baie a dit…

Quand j'ai lu ton texte, je me suis demandé si j'avais un don de double vue, parce que je le connaissais déjà. Bref, j'étais prête à aller jouer au loto quand tu as indiqué que c'était une redite.
Ce que j'aime, chez toi, c'est que tu sais te remettre en question et avouer tes erreurs. Peu de nos congénères en sont capables, j'ai l'impression...
Personnellement, j'essaie de ne jamais juger, même ceux qui semblent se "brader", comme tu dis. Parce que je ne connais pas leur histoire, leurs complexes, leurs besoins sexuels... Pourquoi jeter la pierre à une femme dite facile, qui en fait, pour faire de la psycho de comptoir, essaie juste de se prouver qu'elle est jolie parce que ses parents lui ont toujours dit qu'elle était trop potelée ou que son nez était trop imposant? Je pense qu'il peut y avoir de réelles souffrances et je ne pourrais me regarder dans le miroir si j'appuyais, sans le vouloir, là où ça fait mal.
En tout cas, merci pour tes textes. Ils sont toujours justes, sensibles, et d'une grande beauté.
Biz, ma Marie

Aurore
http://histoiresdedeuxdos.wordpress.com/