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9.5.14

LE CONNARD

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Je n'avais pas forcément prévu de publier le texte qui va suivre, il avait simplement été cathartique fut un temps.

J'y ai repensé là maintenant parce qu'au fond du café où je me trouve il y a un jeune homme, 17 ans peut-être.
Il est avec une amie, ils discutent de sa dernière rupture.
Je n'entends que des bribes, le garçon explique pourquoi il s'est fait plaquer par son amoureuse, qu'elle "le trouvait trop gentil", "que ça lui donnait presque pas assez de caractère".
Ses yeux sont un peu tristes, mais il semble habitué.
Sa copine lui dit que la gentillesse c'est bien et que cette fille ne le méritait pas. Toutes les choses qu'on dit à un ami qui a mal au coeur.

Le texte que je vous mets après c'est l'anti-thèse de ça.
J'avais écrit ce texte à la place de. Essayer de me mettre dans une autre logique, comprendre ces trucs déplorables... Je ne pense pas avoir plus compris depuis...

Mais on pourrait peut-être continuer la réflexion autour du succès incroyable de l'arrogance désintéressée chez une certaine gent féminine .

Telles qu'elles sont je les accepte... 

Féminité imparfaite, complexée, en chair, saillante, poilue, transpirante, j'aime les filles, les femmes, les jeunes, les vieilles, les très belles, les moins belles. J'émets une petite réserve avec celles qui sont trop à l'aise avec leur corps, leur attitude a tendance à un peu me déranger.
Ces filles-là m'irritent parce que, en tous cas pour celles que j'ai côtoyées et baisées, tout dans leur attitude me hurlait "t'as bien de la chance que je te laisse me toucher. J'suis trop belle pour toi, tu le sais j'espère?"

Je déteste ces filles qui se prennent pour l'incarnation de la beauté, de la sensualité, sous prétexte qu'elles sont capables d'imiter le regard d'une quelconque pornostar entr'aperçue dans un site aux filles siliconées et très gourmandes sans intérêt. Mais qu'en savent-elles?
Je déteste celles qui sont parfaites tout le temps, épilées des pieds aux sourcils, celles chez qui rien ne dépasse jamais et qui semblent hurler au monde, avec leur sexe glabre, qu'elles sont sexuellement très actives et plutôt douées pour la question. Et jeunes. Et sexy. Elles me débectent celles ci. Trop évidentes.

Ca ne m'empêche pas de les baiser, pour ce qu'elles ont à m'offrir, mes «va et viens» dans leur sexe humides ne sont ni susceptibles ni particulièrement regardants. Et puis ne nous mentons pas, non parce que là, je me la joue un peu petit bourgeois, les prendre a même était quelques fois plutôt agréable. Souvent même. Mon irritation pour leur tout petit caractère et leurs seins dans mes mains devaient même décupler mon excitation.

Je préfère celles qui "imitent" l'assurance. Un truc vieillot dans l'attitude qui aurait trop regardé Kim Novak, chignon strict, seins en obus dans Vertigo.
Pomponnées, elles me regardent droit dans les yeux en essayant de ne pas rougir, ce qui, évidemment, rate à chaque fois.
Celles ci sont touchantes, un peu, même pour le connard que je suis. 

 Je veux voir la moindre émotion, avant de les avoir baisées, ça m'intéresse toujours.
 Elles m’intéressent toujours avant, avant d’avoir succombé. Je suis un connard qui n'est ému que par celles qui ne succombent pas, ou par celle qui ont succombé mais avant qu'elles l'aient fait. Après j'y suis parfaitement indifférent.
J’ai parfois essayé de faire autrement, rien à faire, plus je les attire et plus je les méprise. Je méprise profondément leur attirance pour moi (ce qui prouve à quel point j’entretiens une relation aimable avec ma propre personne vous noterez).

Celles qui sont trop arrogantes, je ne les méprise pas que par goût, ou par caractère, non, non pas du tout, je les méprise parce que séduire ces filles là n'a que le goût fade du même challenge qui se répète encore et encore (elles se croient souvent "à part", si elles savaient... Quand elles comprennent  qui je suis, elles se rassurent du même argument "il ne me méritait pas", à une copine compatissante remuant la tête de haut en bas).
Elles s'estiment trop belles, ou trop désirables pour avoir à faire des efforts, alors que moi, je ne veux qu'une chose. 
Deux plutôt, les baiser d'abord. Parce que les baiser c'est d'abord ce que je veux, c'est systématique. J'veux voir leurs yeux se troubler, leurs cheveux s’emmêler, leurs pieds se tordre, qu’elles se contractent de partout avec moi. J'aime que les filles trop sûres d'elles soient trempées dans mon lit, qu'elles mordillent l’oreiller en chuchotant mon prénom alors même que j'ignore parfaitement quel est le leur.  Sophie? Marine? Lola? Lou? Camille? 
Ca c'est la première chose que je veux. La seconde, c'est de savoir qu'elles perdent leur belle arrogance le lendemain, quand elles attendent près du téléphone que je les rappelle... Et leur arrogance qui s'étiole à mesure que les jours passent et que l'Iphone reste silencieux. Elles ne me rappellent pas, elles ne savent pas où le faire de toutes façons. 

Je préfère les femmes qui aiment de manière générale (celles qui donnent, qui ne sont pas uniquement là à se dire que leur physique excuse absolument tout le vide qu’elles ont à donner). 
Je préfère les femmes capables de me donner, avec celles-ci je ne suis pas cynique. Je ne les rappelle pas plus, certes, mais plus par lassitude (j'ai la lassitude quasi immédiate) que par brutalité ou par envie de dressage. Je sais, je suis un porc. Un vrai porc. Et vous pourriez même penser que je dois mettre un masque social, aimable, séducteur, pour pouvoir mettre dans mon lit toutes ces filles (oui, toutes ces filles, j'en baise des tonnes, ça me plaît autant que ça me dégoûte cette boulimie) et bien figurez vous que pas du tout. Plus je leur dis que je suis la pire enflure masculine du monde, plus je leur dis que je m'en fous d'elles, pire je suis, plus elles succombent. C'est mathématique. Je ne pensais pas un tel masochisme possible. Elles s'imaginent qu'avec elles je changerais... Comme si mon style de vie, mon fétichisme étaient ce qu'ils sont parce que je ne l'avais pas encore rencontré ELLE. 

Oui, c’est précisément ce que chacune se dit, qu’elle me fera changer. Leur orgueil en la matière est inépuisable. Elles sont à chaque fois, chaque fois, de plus en plus prévisibles. Elles ne m'aiment (c'est elles qui le disent) que pour une seule chose, parce que moi, je ne les aime pas. 
Et que je ne les aimerai jamais. 

Ca n'a rien à voir avec mon caractère, ou ce que je suis au fond de moi, ces connes s'en foutent de mon âme, ça n’a voir qu'avec leur fierté, et ce putain de désir de se faire aimer de la Terre entière. C'est ma résistance à leur "charme fou" qui est ma force. Elles sont intarissables en la matière, ne s'arrêtent jamais, je suis époustouflé par leur endurance.

33 commentaires

Anaïs. a dit…

C'est très juste, et ça donne pas envie d'aimer les filles.
mais j'ai bien peur que ces "connards" aient raison.

unefillevege a dit…

Waouw! J'adore le texte ... C'est terriblement bien écrit !

emm a dit…

pfiouh ! La claque ce texte. Terrible. Et juste.

Vraiment, tu n'as jamais pensé à écrire ?

Cécile a dit…

Hello Marie, oui il est tout à fait balèse ce texte, effectivement, on peut comprendre intellectuellement un point de vue sans y adhérer du tout, c'est toujours dérangeant comme situation mais heureusement cette compréhension ne modifie pas la personne que nous sommes, elle nous permet peut être juste plus de distance en fin de compte juste ce qu'il faut pour moins juger, qui sait? Merci pour toutes ces réflexions en tous cas!!!!

fedora a dit…

ouf ! je me suis demandée si tu n'étais pas un mec en lisant ton texte... c'est surprenant ! vraiment ! (et c'est un compliment)

lilibulle a dit…

je ne sais pas comment j'ai fait, mais j'ai toujours réussi à éviter ce genre de mecs. Je ne suis pas toujours sortie avec de vrais gentils mais jamais avec de vrais méchants. Et pourtant, j'ai un palmarès plutôt bien fourni, comme quoi ... Par contre, je n'ai jamais couché facile (ce n'est pas une critique pour celles qui le font, c'est juste un constat me concernant), genre il fallait attendre plusieurs mois avant, ce qui fait que ça faisait vite partir les connards je pense ;-)

Eleonore a dit…

Ce genre de mec arrive à ses fins facilement avec des jeunes femmes plutot en galère psychiquement non?
J'ai traversé une période de dépression et coucher avec ces mecs là ça m'arrivait plein de fois! Par contre, le reste du temps, jamais.
Quand je vais bien (c'est à dire tout le temps à part ces 2 années de depression), bin ces mecs là je les trouve faibles, donc pas du tout impressionnants et pas du tout sexy. Enfin pour moi, un mec qui m'impressionne pas est un mec pas sexy. Aucune chance pour lui. Ou alors il faut qu'il envoie du paté intellectuellement, et encore, j'ai des contre exemples.
Bref mon avis c'est que ça marche super bien sur les depressives. Et oui forcément, on est souvent "facile" quand on est dépressif. Dites à ces mecs qu'ils ont aucun mérite à plaire à une femme faible. Voilà. Dans tes dents, le Don Juan des bacs à sables (ou bacs à xanax).

Anonyme a dit…

c'est tellement bien écrit...je crois avoir relu le texte plusieurs fois...c'est d'un magnifique...

bises

cindy

Anonyme a dit…

Comme ça arrive assez souvent quand je viens par ici, ce texte tombe comme une coïncidence troublante avec mes questions du moment...
J'aime beaucoup, je crois que c'est très juste, et la fin surtout a fait écho.
J'essaye de comprendre pourquoi on s'attache si facilement à ce genre de personnage: par défi? Par orgueil? "Moi, je suis pas comme les autres (sans tomber dans la nana que tu décris au début), j'arriverai à le changer, à l'apaiser, le stabiliser, à le rendre heureux...". Par peur de s'ennuyer peut-être aussi avec celui qui est trop gentil, qui pourtant me veut du bien, mais qui m'étouffe en fait; et puis sans défi, sans challenge, c'est trop facile.
Ce qui est pénible au fond, c'est de ne jamais trouver la réponse. Est-ce que c'est vraiment et uniquement du masochisme?
Ou de l'immaturité, qui me rend incapable d'apprécier ce que j'ai (un homme profondément gentil, qui fait tout ce qu'il peut pour me rendre heureuse)et me fait aller vers des types dont je sais qu'ils ne me veulent pas de bien. Et alors même que je sais pertinemment que ce n'est pas ce dont j'ai besoin, qu'il faut arrêter d'analyser de travers et sur-interpréter leurs moindres actions, leurs paroles, toujours trouver une excuse ou une interprétation romanesque qui nous flatte "en fait s'il a fait ceci ou cela, c'est parce qu'il veut cacher sa vraie personnalité derrière une apparence de connard" et blablabla...
Ou alors, autre option, j'ai effectivement une phobie de l'engagement, de la stabilité, et je vais vers ceux dont je sais inconsciemment qu'ils sont incapable de m'apporter ce que je fuis, quitte à y laisser quelques plumes en voulant trop jouer.

C'est compliqué tout ça. Mais tes textes font réfléchir avec d'autres points de vues, et c'est pour ça que j'aime toujours autant traîner par ici.

Bonne journée, et merci.

Céline

Eleonore a dit…

PS: j'ai été tres "amoureuse" d'un connard pendant ma période dépressive.

Il avait l'impression de me tenir, il suggerait qu'il voyait d'autres femmes sans jamais le dire vraiment... Pour au final me dire qu'on avait jamais été ensembles par une belle pirouette de mauvaise foi.

Au final je l'ai aimé parce que j'étais depressive. ET C'EST LA SEULE RAISON ou presque.

Je le savais pas à l'époque mais ce mec là est un paumé genre paumasse.
Un petit garçon qui a perdu maman dans un supermarché et qui veut attirer l'attention en faisant tomber des étalages... Pas tres sexy en somme.

C'est seulement mon avis.

Anonyme a dit…

Merci pour la puissance de ton texte.
C'est grand. Comme souvent avec toi.

Je voulais juste relever un détail.
Quelque chose qui me questionne depuis longtemps.
Finalement, les "connards" comme les filles qui les aiment ne se ressemblent ils pas?
Concernant la relation qu'ils entretiennent avec eux même. Concernant le peu d'amour et d'estime qu'ils portent à leur propre personne...

"Plus je les attire et plus je les méprise. Je méprise profondément leur attirance pour moi."

"Elles ne m'aiment (c'est elles qui le disent) que pour une seule chose, parce que moi, je ne les aime pas."

Ces filles et ces hommes sont incapables d'aimer quelqu'un qui serait assez faillibles pour les trouver attirants. Qui serait assez imparfait pour les aimer...
Non?
C'est l'impression que j'ai.
Et ça me touche de près...

Merci encore Marie.

Louyse.

aemi a dit…

Pour moi c'est vraiment des idées de psychopathe égocentrique... et j'ai quand même l'impression qu'il y en a plus dans la gent masculine que féminine!!! On a toutes été malheureuses à cause de mecs comme ça... On ne devrait pas, ils ne font que profiter de leur charisme mais celui çi est bien trop sombre au fond...

ClémenceL a dit…

C'est un très beau texte et tellement vrai. J'ai parfois des petites phases où ça va moins bien dans ma vie et où je vais consulter un psy. Et un jour on parlait d'une de mes relations encore dévastatrice dans ce genre et il m'avait dit " on ne cherche dans les autres que ce que l'on ressent soi-même. Demandez-vous pourquoi lorsque vous avec des doutes sur votre vie, votre existence et vos aspirations, vous n'êtes attirée que par des gens qui ne vont pas vous élever? Il est toujours plus difficile de fréquenter des gens sains, car cela ne flatte pas notre image lorsque nous sommes sur le fil. Pourtant, il semblerait bien que ce ne soit qu'une des seules façons de panser nos plaies." C'était il y a quatre ans et ça résonne toujours en moi.
Bisous Marie et merci pour toutes les questions que tu fais naitre en nous.

Helene a dit…

Bonjour,
Je suis tout à fait d'accord avec les commentaires précédents, quand on est dans des mauvaises périodes on tombe souvent dans les bras et dans les draps des "connards".


jelispourmoi.wordpress.com

Sophie MC a dit…

Bon, d'abord je suis juste ravie de lire quelque chose de si différent par rapport à ce que tu écris d'habitude : plus travaillé, plus littéraire, j'adhère !
Par contre, suis pas super d'accord avec cette vision que tu as du "connard" en question.
Pour moi, dans une relation, on est deux, il n'y a pas de bourreau et de victime, et même s'il peut y avoir cet aspect là (genre un sado et un maso, ou un dominant/un dominé), les lignes bougent tout le temps dans un couple. Une relation, ça n'est pas figé et chacun peut aller d'un rôle à l'autre (sinon, on est dans autre chose je pense, plus de l'ordre de la pathologie...)
L'un de tes commentaires le dit bien : le garçon comme la fille que tu décris, sont tous deux mal dans leur peau, peu sûrs d'eux, en fait pas vraiment prêts à vivre une relation à deux.
Ne crois pas que je vive dans le monde des bisounours, j'ai eu mon lot de connards et j'ai moi même pas toujours été très fière de mes comportements amoureux, mais je crois sincèrement que le "connard" dont tu parles est avant tout sa propre victime !
Voilà, te fais des bises

Sophie

Jess a dit…

quelle claque ce texte...
un vrai beau portrait.

j'aime particulièrement cette phrase
"plus je les attire et plus je les méprise. Je méprise profondément leur attirance pour moi"

quelle lucidité... tu as mis des mots sur un truc tellement simple finalement qu'on passe souvent à côté.

bref, je ne sais pas trop quoi ajouter à la discussion parce que émue!

j'y reviendrai peut être plus tard...

xsmack

Mawa Jane a dit…

Ouah, j'ai adoré ce texte, parfaitement bien écrit, une fois qu'on le commence, on ne peut plus s'arrêter. Bravo.

www.mawajane.com

Anonyme a dit…

Bonjour Marie,
Ton texte est arrogant de beauté lui aussi et pourtant je l'aime. De son pied de nez à ses accents circonflexes de sourcils, oui, je l'aime dans toute sa perfection.
Verushka

Laura a dit…

Ma juste Chic Fille, j'étais obligée.
http://motsdemaalouf.blogspot.com

Anonyme Amande a dit…

ca fait plaisir de relire un de tes textes, ca faisait longtemps et ca manquait !

moi j ai toujours ete fascinee de decouvrir celle qui devenait la "reguliere" de ces mecs la... Qu est ce qu elle avait de plus qui les avait retenu...

Tiphaine a dit…

Très beau texte, qui me fait directement penser à celui-ci: http://www.girlsandgeeks.com/2010/08/12/prince-charmant-series-tele/
bises

mirabelle a dit…

j'a-dore !
merci Marie, c'est tellement, vrai, on imagine forcément qu'on va pouvoir le faire changer, que là où les autres ont échoué, on y arrivera, j'y arriverai, MOI, parce qu'avant MOI il ne m'avait pas rencontrée, forcément...
ça fait un peu peur aussi, bien entendu...
après tout, il est humain et triste ce gars là, et lucide aussi, et "couillu" de nous raconter ça, là... merci à toi
et belle journée

JujuK a dit…

Hum je voudrais tout d'abord réagir au commentaire de @Anonyme (le 9ème en partant du début) car il me touche particulièrement.
Je ne te connais pas et tu n'as écrit que quelques lignes, mais je réagis parce que ça fait écho à des questions que je me pose.
Juste une petite réflexion (sans jugement aucun, et pardon si je me plante complètement !) : tu dis qu'être avec quelqu'un de gentil c'est "facile", comme s'il n'y avait pas de "challenge". J'imagine bien que c'est plus compliqué que les quelques mots que tu as écrit, mais justement, je ne crois pas que ça soit si facile.
Je m'explique (et je préviens, je vais être volontairement caricaturale) : être avec un "connard" (c'est un raccourci, mais on va l'appeler comme ça), ça pompe toute son énergie. Oui parce que tu passes ton temps à te battre, pour savoir, pour qu'il t'aime, pour que tu sois l'unique, pour être comme il faut, pour le changer, pour tout. Tu es obsédée, tout le temps. Par ton téléphone, par lui. Il te rend accroc.

Lui de toute façon il a tout intérêt à te rendre comme ça, car il n'existe que par ça (c'est bien ce que dit le texte de Marie, très juste, il n'aime pas les femmes parfaites car il n'y a pas de faille à trouver, il aime que les femmes s'accrochent et qu'il puisse les laisser en plan, parce qu'il a un pouvoir sur elles).
Le connard, tu ne construis rien avec lui. Tu survis.

L'autre,le mec gentil, il t'aime comme tu es. Il est plutôt équilibré. Il a ses failles comme tout le monde. Il est humain. Il se montre (plus ou moins, bien sûr) tel qu'il est. Le quotidien n'est pas spécialement houleux, il peut même être très banal (pas triste, j'ai dit juste normal, la vie quoi). Moi je trouve ça très beau, mais parfois ça me fait très peur. Je me dis, où sont les émotions fortes ? Hé oui, parce que c'est plus facile de les avoir quand il y a des crises, des drames, des attentes, des angoisses.
Alors que gérer le quotidien, s'aimer pendant des années, aimer l'autre avec toutes ses petites imperfections, l'aimer justement parce qu'il est gentil, calme, ... c'est tellement fou !

Je ne donne pas de leçon, je ne sais pas comment on fait.

Et puis en réaction à ton texte, Marie, ben, bravo. Encore une fois, tu nous fais réfléchir.
Je crois que l'indifférence de ces mecs-là est une maladie, pour eux et pour les autres. Je crois que ces personnes vont vraiment mal, qu'elles ne sont pas heureuses, qu'elles sont cyniques et noires. Et que forcément, elles attirent pour ça. Elles fascinent.
Ca me rappelle un peu l'article que tu avais fait sur le personnage de Jessa dans GIRLS. Tu sais, son indifférence.

Bref. En tout cas, je me permets de vous conseiller une lecture, pas directement liée, mais tout de même : "Professeurs de désespoir" de Nancy Huston.

Et dernière chose, Marie, je ne sais pourquoi, ton article me fait réfléchir à la question de la séduction. A notre société de séduction. Il faut séduire, tout le temps. La tentation est partout. Mais consommer c'est mal.
Dans tous les sens du terme.
On te dit regarde comme tu pourrais être, ce que tu pourrais avoir, ces hommes trop beaux pour toi, tu tends la main et PAF ! on te met un grand coup dessus en te disant "pas touche ! C'est par pour toi, c'est mal."
Il y a un peu de ça, non ?

Et puis ces mecs... Ils veulent tout ?
Et nous, le fait d'être attirée par un connard, c'est un peu aussi notre ambivalence qui nous fait à la fois penser "oh oui je vais me sacrifier pour lui, et le rendrait meilleure, je suis une sainte" et aussi "je serai inaccessible et belle, une femme fatale, je lui ferai manger la poussière, il rêvera de moi et ne m'aura jamais"... Encore une fois, notre modèle de "mère parfaite/épouse parfaite" et en même temps "femme séduisante, classe, sexy, et bonne au lit".
Non ?

Allez, j'arrête !
Merci encore, Marie !

Anonyme a dit…

JujuK ton commentaire est très juste.

Sinon, ça me fait rigoler quand un autre commentaire plus haut dit : Mais...?!? j'ai cru que tu étais un garçon pour dire une chose pareille.

Alors que moi, je suis une nana belle et attirante : très certainement car je vois pas mal les choses comme ce discours de connard.
Je n'en tire pas de fierté, j'ai eu une vie malgré moi en grande partie assez difficile et le résultat est une certaine noirceur, un cynisme et une froideur, quelque chose de dur, très dur.

Mais si : je suis une nana de 25 ans, comme quoi contrairement au commentaire de Aemi et de Fedora, on peut être fille et ne pas être douce et fragile et délicate et féminine en somme.

Oui, je dois être un peu "psychopathe", comme le dit Aemi, et méchante parfois.
Mais c'est bien évidemment car : quand la vie est dure avec vous que ça vous rend dure également.

Les M de Marie a dit…

J'ai kiffé ton article mais je sais pas encore quoi en penser. C'était il y a quelques jours et j'y pense encore.
Ca viendra.

Bisou sur toi et belle journée

Anonyme a dit…

Hello JujuK,

Effectivement les termes "facile" et "sans challenge" n'étaient pas assez développés...
Je voulais dire "facile" dans le sens où le type gentil, équilibré, qui aspire à une vie simple et normale comme tu le décris bien, ce type donc t'aime comme tu es, il t'accepte avec tes qualités et tes défauts. C'est presque comme si tout était acquis (presque, car un couple malgré tout, ça s'entretient je crois), pas d'efforts à faire, pas de lutte au quotidien, il t'aime, point. Il reste là, il te soutient.
Et tu as raison, au final, ce sont probablement les relations les plus difficiles à faire tenir, pour la fameuse "routine" (je ne décris pas forcément cela en terme péjoratif, mais cela m'effraie, c'est sûr). Elles impliquent d'avoir accepté que la vie à deux, c'est pas forcément les paillettes et émotions fortes tous les jours, c'est autre chose, de plus calme, de plus apaisé, de plus serein. Accepter aussi que ce que l'on a avec l'autre c'est beau, et arrêter de penser que peut-être on pourrait trouver mieux, plus fort, plus vibrant (plus vivant?) ailleurs. Arriver enfin à se dire qu'on aura toujours envie de l'autre, et pour de nombreuses années à venir (mais ça, je sais encore moins comment on fait).

J'ai pensé à autre chose en relisant cet article. Je me suis dit que, peut-être, cet attirance pour les types qui ne nous conviennent pas nous révèle quelque chose de pas joli-joli sur nous-même... Un ego trop développé, de l'arrogance, qui nous pousse à nous dire "MOI je vais y arriver".
Mais est-ce juste de l'arrogance pure, ou alors est-ce que ça cache autre chose, par exemple un manque de confiance en soi que l'on chercherait à soigner mais pas de la bonne façon?

(cet article pose beaucoup trop de questions c'est infernal :-)

Bonne journée!

Céline

JujuK a dit…

Salut Céline
(je suis désolée Marie, on squatte les commentaires pour se faire la conversation !!!)

Entièrement d'accord avec tout ce que tu dis... Justement, celui qui t'aime au quotidien, pourquoi ça paraît "trop facile"... Je me pose la question : c'est quoi cette idée de challenge ? D'où ça nous vient ? D'une arrogance ? Moi j'ai l'impression qu'il est meilleur que moi, humainement, lui, parce que justement il m'accepte comme je suis.
Ou alors je ne sais pas, peut-être que c'est parce qu'il m'aime différemment...
Et les émotions fortes, d'où viennent-elles ?
Plus "vivant"... ça me touche que tu utilises ce mot car il y a plusieurs mois j'ai eu une grosse crise de doute qui est un peu partie d'une question qui était "c'est quand la dernière fois que je me suis sentie vivante ?".
J'ai eu très peur car j'avais l'impression de ne pas savoir dire quand.
Et puis ensuite, plusieurs choses sont arrivées qui m'ont fait me sentir vivante, mais aussi angoissée, paniquée, avec la boule au ventre, du feu dans la gorge, qui m'ont empêchée de manger, de dormir, pendant un temps.
Et je me suis demandée, aussi : à quel moment on se sent le plus vivant ? N'est-ce pas quand on est au bord du gouffre ?
Est-ce que c'est là que j'ai envie de vivre : au bord du gouffre ?

Je me demande vraiment jusqu'à quel point tout ça n'est pas une construction de notre esprit.

Mais ce qui est sûr, c'est qu'on est d'abord des êtres vivants, des animaux, qui avons envie de nous reproduire. Que le couple est tout sauf naturel.
Et c'est pour ça que c'est beau : le couple est une plante à faire pousser, à entretenir.

Et je me dis aussi : avoir envie de quelqu'un d'autre (ce qui arrive forcément je pense, même une seconde) et ne pas y aller, ne pas céder à cette envie, est-ce que ce n'est pas une des plus belles preuves d'amour qui soient ?

En tout cas, je crois qu'on peut se poser toute sa vie la question : "et ailleurs alors, est-ce que ce n'est pas mieux ?". Peut-être que la question c'est plutôt : "peut-être que si, et alors ?"

...
Je pose beaucoup de questions, mais pour avoir les réponses, c'est autre chose...

Bonne soirée !

JujuK a dit…

(petite précision : quand je disais "au bord du gouffre", c'était plutôt pour l'image : j'imagine que c'est quand tu es au bord de la falaise et que tu regardes en bas pour te faire peur, que tu te sens hyper vivant(e)...
Je ne prétend pas savoir ce qu'est être réellement "au bord du gouffre", et je ne voudrais pas paraître manquer de respect à ceux et celles qui souffrent terriblement et se sentent le contraire de vivant...

anna a dit…

Mais c'est beau putain de bordel de nouilles!
Je l'imagine ce mec, ce parfait connard, pour l'amour de la baise, le dégoût pour certaines..
Je le vois beau, gentleman etc..
mais connard !
Zut qu'il est beau ce texte.
J'avais lu deux lignes et je me demandais mais merde c'est marie qui écrit ou elle a pécho une interview d'un gros con ?
Ben non c'est toi ! Enfin mais c'est macache de bien écrit.

Polina a dit…

Une belle claque, parfaite pour ce connard qu'on adorerait détester.

Marie a dit…


je suis très contente que le texte vous aie plu.

Le garçon en question n'existe pas tellement tel quel, je l'ai mélangé un peu à moi (ce qui fait de moi une connasse?).

Je vous embrasse et encore merci.

sandrine a dit…

j'arrive après la bataille comme d'habitude... je ne voudrai pas jouée ma rebelle en carton, mais je crois que je n'ai pas tout compris. en quoi c'est un connard? dans sa franchise? son honnêteté qui nous dérange car il nous renvoie notre orgueil de bonne femme en pleine figure à penser qu'on est CELLE qui le changera? si ça, ce n'est pas de l'arrogance que de croire que l'on peut changer quelqu'un. le connard, pour moi et dans ce cas de figure, est la personne qui accepte l'inacceptable. de jouer le jeu tout en sachant dès le départ,que l'on va perdre... où si tu ne le sais pas encore, tu le ressent fortement.
le texte est pertinent, mais je suis mitigée...

Muze a dit…

Ton texte est vraiment très beau :)