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27.5.14

CLASSE / ÉTOILES / AMBITION

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(Laisse moi kiffer en mettant Buffy)

Vous avez vu la vidéo de Mr Ramires et du Balard Crew par Mai?


Quand j'ai vu cette vidéo, comme beaucoup j'ai été profondément émue.

Mr Ramires qui regarde ses élèves danser, qui les encourage, toute sa concentration tournée vers leur progression, accompagnant leurs ambitions, j'ai trouvé ça hyper beau.
Et le crew déchire, ce qui ne gâche rien.

Ce qui m'a tout particulièrement frappée c'est la manière qu'il a d'accompagner ses mômes dans leurs rêves. Il a l'air de les pousser loin, il a l'air de les vouloir grands, beaux et dignes.

Cette vidéo a fait écho à une expérience que j'ai eue au lycée, en première L (ma classe donc).

Mon prof principal de l'époque était mon prof de français, grand mec, veste velours, cheveux poivre sel un peu longs dans la nuque et lunettes rondes.
Je me souviens de peu de choses de lui, juste qu'il idolâtrait Jules Vallès et qu'il n'était pas le roi de la guignolade.
Et je me souviens aussi d'un autre truc.

Un jour, fin de cours, je ne sais plus très bien de quoi il nous avait parlé, donc difficile de vous resituer le contexte. Ce dont je suis sûre, c'est que le cours avait été normal et calme.
J'imagine qu'il nous parlait du style en littérature et du talent.

Il digresse, seul et nous sort cette phrase, " Tiens, là, si je décidais de sortir de la salle, de vous laisser là pendant des heures, porte fermée, à attendre que vous écriviez un truc je ne sais pas ce que ça donnerait. En revanche, ce dont je suis sûr c'est que ça ne serait pas du Proust".
...
Sa phrase venait de nulle part, gratuite.
Je n'ai pas compris vraiment ce qu'il voulait dire, mais ça sentait pas le compliment.

Il l'avait dit comme ça, en riant, comme une boutade.
Il se moquait un peu de nous.
Quand il nous disait "ça ne serait pas du Proust" il nous disait bien que ça ce qu'on écrirait serait médiocre.
Et c'était peut être vrai, je n'en sais rien, mais rire de ça, sans la moindre poésie, sans une once d'espoir, je me demande quel intérêt il fait à le faire?

Re-silence.

Je n'avais jamais eu envie d'écrire à cette époque, pourtant j'avais été assez choquée de l'entendre nous dire ça. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire de nous montrer que l'inaccessible à force de travail aurait pu être réel? Qu'est ce que ça lui aurait coûté de nous faire rêver? De faire qu'on se sente capable? Ca lui aurait coûté quoi de croire en nous?


Voilà, entre autres, pourquoi j'ai trouvé la vidéo de Mr Ramires émouvante.


22 commentaires

LNK a dit…

Ce qui est terrible aussi, c'est de voir que le talent peut aussi se développer en réaction contre ce mépris gratuit, cette attitude méchante qui ne devrait pas exister dans la scolarité.
Par deux fois j'ai du faire face à ce genre de comportement, au lycée et en études supérieures dans une grande école (ils sont souvent forts pour te faire comprendre que t'es une merde).
Je me suis bougée, et j'ai dépassé leur jugement pour leur montrer que j'étais douée.

Et puis un jour j'ai capté que mon leitmotiv ne devait pas être la colère que j'avais envers eux, qu'on n'avait pas besoin de souffrir pour s'accomplir.

C'est des conneries ça, le côté "plus tu morfles, plus tu le mérites", ça ne sert qu'à façonner des individus qui jamais ne se trouveront légitimes dans ce qu'ils font. Qui trouveront toujours moyen d'associer leur talent à la chance et qui auront une tendance à vivre le "syndrome de l'imposture".

Moi aussi je l'ai aimé Mr. Ramires, et j'ai aussitôt repensé à ceux qui comme lui m'ont élevée.

On dit trop pardon mais jamais assez merci.

Merci Marie de nous ouvrir encore plus les yeux.

Marie a dit…


LNK: Mais est-ce que tu penses qu'ils nous disent qu'on est des merdes parce qu'ils le pensent profondément ou est-ce que c'est une manière de booster?
je suis vraiment dubitative...

Anonyme a dit…

Mais heureusement qu'il reste encore des profs comme ça, qu'ils croient encore en ce qu'ils font, qu'ils donnent des pistes d'un avenir à la jeunesse.
Pour moi, tu ne peux pas faire ce métier sans l'aimer, sans le vouloir (c'est comme nos infirmières, sages femmes), tout est dans le vouloir aider l'autre.
Pour moi, la catastrophe ne fut pas professorale, mais bien au niveau de conseillers d'orientation. Je ne sais pas si ce métier existe encore, mais franchement toute ma vie je leur en voudrais de m'avoir mise en échec et de ne pas savoir quoi faire de moi.

Pour changer de sujet, j'ai pensé à toi car en lisant les Inrocks, j'ai vu qu'un nouveau magazine sortait sous le nom de "Chic Fille" ! avec Jean Seberg et Sagan en couv, oui t'y crois toi? c'est du sur mesure pour toi qui te lance des défis d'arrêter cette lecture. Bon je te résume l'article : revue féminine et culturelle. Au programme : ni mode, ni beauté, ni actu mais des histoires ou des portraits de personnalités toutes générations confondues, ayant en commun une certaine idée de l'indépendance.

Ecoute, ça donne drôlement envie, bon là où il se gratte pas c'est le prix 12e ! ouaih la classe a un prix
http://ruefromentin.com/book/chic-fille-revue/
siouxsie

Jess a dit…

Très émue aussi par la vidéo de Mai, ça m'a donné le sourire et de l'énergie le jour où je l'ai regardé.
Un truc très solaire, positif, bienveillant, énergisant... très beau comme tu le dis si bien cette envie qu'ils soient grands beaux et dignes.

Au collège, mon film culte (vu et revu) c'était Esprits Rebelles, autant te dire pas vraiment le même délire que la réalité de mon collège parisien...

bref tout ça pour dire qu'il nous faut plus de Mr Ramires et que Michelle Pfeiffer revienne! (beh quoi?laisse moi kiffer les 90's)

xsmack

Camille a dit…

C'est devenu très rare les gens comme ça qui croient en l'autre. Petite, dans mon premier club de natation, en banlieue parisienne, j'avais commencé vers l'âge de 10 ans et je me sentais un peu larguée avec d'autres enfants qui avaient commencé à 6... n'empêche que j'étais en constant progrès. Et un jour en compétition, je vois nager une grande qui fait une performance qui me semble inaccessible, dans ma nage de prédilection, la brasse. L'entraîneur des grands, en voyant mes yeux briller d'admiration, me dit : "vu comme tu nages, l'année prochaine tu fais le même temps" (alors que la meuf était vachement plus grande que moi et que c'était ma première année de natation !). Il y avait une telle bienveillance, une telle certitude dans sa façon de le dire... Je crois que c'est le plus beau compliment qu'on m'ait fait, moi qui aie toujours manqué d'assurance. Le mec, il croyait sincèrement en moi, c'était à peine croyable, ça ne m'était jamais arrivé ! Sauf qu'après j'ai déménagé, changé de club et suis tombé sur des gens qui marchaient au mépris... c'est tellement dommage. Tout ça pour dire que si on nous donne l'assurance et la bienveillance, tout est possible (je pense aussi à une récente vidéo de Maï où une danseuse de folie dit qu'elle a commencé à 16 ans!!!)

Marie S a dit…

Comme l'a si bien dit Xavier Dolan en recevant son prix à Cannes : "Je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais" <3

aemi a dit…

ah lalalala!!! ce gros débat!!! sache que je suis prof, et que des profs comme ça, il y en a. beaucoup. les trois quart. Ils sont déprimants et prennent tous les gosses pour de sombres merdes. Que te dire? je n'ai pas trouvé la solution depuis 10 ans que je fais ce métier à part ne pas me laisser influencer par eux (quand tu ne fais pas partie des 3/4, tu n'es pas dans la "norme")...

LNK a dit…

@Marie: je crois que certains le disent parce qu'ils le pensent et que d'autres le disent parce qu'ils ont peur du potentiel de leur élèves (concours de quéquettes en somme assez fréquents en études supérieures, la menace du jeune premier), et d'autres encore parce qu'ils sont bêtes. Et c'est leur bêtise qui cherche à descendre les élèves et qui cherche confirmer l'image qu'ils se font du prof régnant sur sa classe.

tu penses quoi toi ?

Toc-toc a dit…

Post vraiment très intéressant !
LNK : à ce que j'ai entendu dire (n'ayant pas expérimenté!) le truc de mettre des notes volontairement basses et le mépris pour "mobiliser" les élèves, c'est surtout un truc de prépa.. j'adhère pas du tout d'ailleurs !
Bref, mais en lycée et collège je pense que c'est juste du mépris gratuit.

J'ai grandi en banlieue un peu pourrie donc les profs qui déclaraient -excédés par le chahut il faut le dire- qu'on était "la pire classe qu'ils aient jamais connue", c'était si fréquent que ça ne m'a jamais fait remuer un cil (à vrai dire je pensais qu'ils le disaient à toutes les classes sans exception - maintenant je me revois, leurs vociférations de crise de nerfs pendant 10 minutes où l'on se faisaient tous engueuler...quelle lose quand même!). Comme j'étais plutôt bonne élève en ce temps-là, individuellement j'ai toujours été soutenue au milieu de cette sale ambiance ! :/

Les causettes de Célestine a dit…

C'est vrai que ça peut être tellement décisif dans une vie, d'avoir quelqu'un qui croit en vous, qui vous pousse vers le haut, qui vous montre les sommets...
Quel nul ton prof.
A l'inverse, vers 10 ans, j'avais une prof de français très pédagogue que j'aimais beaucoup (j'ai toujours adoré cette matière) et à la fin de l'année, elle a écrit cette phrase dans mon bulletin, cette phrase qui m'a donné des étoiles dans les yeux, qui m'a rendue fière et dont je me souviendrai toute ma vie: "... continue, c'est sûr, tu deviendras la plus grande des écrivains."
Ma maman a quasi pleuré et elle a gardé ce bulletin comme une sorte de talisman, haha!
Malheureusement, la prof en question est partie après une année scolaire. Aujourd'hui, j'aimerais bien la retrouver, juste pour lui dire merci.
Heureusement qu'il y a des gens comme Mr Ramires, c'est beau!

Virginie a dit…

Mais c'est infâme ce qu'il a dit ton prof!!!!
Par contre ton poste me permet de t'écrire ma conclusion (après mûre réflexions ;)) sur ta problématique de la trop grande curiosité de ta personne de la part de tes lecteurs : en fait tu n'écrit peut-être pas comme Proust mais comme Romain Gary ou Daniel Pennac ça oui!!!!! Car oui pour moi tu es une véritable écrivain, avec ton style, ton univers bien à toi. Et même si tes sujets touchent à ta vie (plus ou moins) c'est souvent le départ pour beaucoup d'écrivains..... Mais tes postes sont avant tout pour moi de la littérature, et de la sacrément bonne littérature, même!!!! La grande différence avec Romain Gary c'est que je ne peux pas lui écrire pour lui dire que j'aime le lire et qu'il m'a fait rire ou m'a émue.... Alors qu'à toi oui.... Depuis que j'ai réalisé que tu es avent tout une écrivain, je ne confond plus ta vie privée avec tes écrits....
Et quand tu ne poste plus c'est logique, tout créatif à des instants de page vide....
Merci pour ces purs instants de littérature que tu nous offre, ils sont à chaque fois pour moi des instants précieux ;)
Virginie

Princesse Audrey a dit…

Le positif apporte le positif. En tant que prof, j'y crois beaucoup. Les ados sont fragiles, le moindre mot peut les abîmer ou les tirer vers le haut, et ils méritent tous d'être valorisés : ce sont des ÉLÈVES, ils sont là pour s'élever, s'améliorer, et nous, les profs, on doit les y aider. Normalement, on devrait pas faire prof juste parce qu'on kiffe la matière qu'on enseigne, mais parce qu'on est profondément humaniste, et qu'on croit en la capacité de l'humain à s'améliorer. Moi, je crois en la capacité de chacun de mes élèves à progresser, j'essaie de repérer chaque bon truc, même le plus infime, dans ce qu'ils font, et de le valoriser. Bon, quand ils agissent mal, je le leur dis, mais je ne m'arrête pas à ça.
Les parents d'élèves me disent que ça fait du bien à leur enfant, qu'une prof souligne leurs progrès avec enthousiasme.
Un élève à qui on sourit, avec qui on est bienveillant, a plus de chances d'être motivé, de croire en lui, et de vouloir bien faire, qu'un auquel on a coupé les ailes.
Je vois tellement de collègues négatifs râler, déprécier des élèves qu'on a en commun, et qui progressent, s'enthousiasment dans mes cours... Je suis convaincue que la différence, c'est le regard qu'on a sur l'élève. Si on croit en lui, il croira en lui, ou, du moins, sera moins réticent à tenter le coup.
J'ai accompagné, avec une collègue, la semaine dernière, nos élèves à un festival musical inter-établissements. Comme moi, elle valorise, encourage, souligne les bonnes choses, a des paroles positives et enthousiastes ("vous avez été supers, je crois en vous, vous en êtes capables, on est fières de vous, vous pouvez le faire !") parce que c'est sincère. Du coup, nos élèves affichaient un sourire d'enfer, se donnaient à fond, et s'éclataient vraiment, tout en respectant les règles (mise en scène, silence en coulisses, timing etc.). Dans ce spectacle, il y avait d'autres classes, accompagnées par leurs profs, beaucoup de tyrans, qui croyaient donner la rage de vaincre à leurs élèves en les cassant ("vous n'imaginez pas la chance que vous avez d'être ici, c'est un honneur, on est obligés de vous faire venir, alors faites comme vous pouvez pour en être dignes. Vous êtes nuls, essayez au moins de faire un truc potable !"), et ces élèves étaient découragés, ils les traitaient en douce de gros c*ns, et se ruaient en coulisses pour médire dès qu'ils le pouvaient. Ils se planquaient derrière les gradins pour râler etc. Normal, ils étaient démotivés, méprisés. A la fin, avec ma collègue, on contrait les vacheries des autres profs en allant aussi motiver les classes des autres lycées.
Après le spectacle, tous les élèves, même ceux des autres établissements, sont venus nous remercier de les avoir encouragés, d'avoir cru en eux, de les avoir boostés "ça nous a fait du bien, madame".
J'ai eu des profs et des gens dans ma famille qui ont énormément cru en moi, en ma capacité à réussir ce que je visais, et ça m'a aidée. Quand je manque de confiance en moi, je me rappelle d'eux, et ça me motive. Et j'essaie de transmettre ça, tous les ans, à tous mes élèves.
Désolée pour ce très long post. Bisous !

JujuK a dit…

Malheureusement, notre système éducatif ET notre éducation française nous pousse beaucoup plus à dire ce qui ne va pas, à distribuer les mauvais points, qu'à dire quand ça va bien.
Quand on est trop enthousiaste, on nous dit qu'on est naïf.
Je n'ajouterai rien de plus vu la justesse de tous les commentaires précédents.
Juste que c'est une leçon de vie, qui doit nous servir à tous, profs comme non profs (car dans le domaine professionnel c'est tellement vrai aussi !)

Anonyme Amande a dit…

tu m etonnes...!
(attention annectote) :
Mon prof principal (de francais aussi, en 1ere A2 l ancetre de L - seuls ceux nes avant 1976 savent ;-)), m a dit de facon hyper meprisante suite a une poesie mal recitee "mademoiselle, vous finirez en terminale technique". Deja, c etait devaloriser grave les etudiants qui n etaient pas des litteraires.
De plus, j ai trouve ca assez drole apres le bac de francais d etre l une des 6 (des 6 !!!) sur toute la classe a l avoir eu, ce bac de francais, et je ne me suis pas genee pour le lui dire, en rajoutant que c etait aussi et surtout son echec a lui, de n avoir emmene au bac que 6 de ses eleves....... CQFD !

Anonyme a dit…

Il faut savoir que l'éducation nationale n'est pas hermétique au monde qui l'entoure... On y trouve beaucoup de profs géniaux , mais aussi pas mal de cons et quelques fachos (malheureusement de plus en plus).Certains "bons" profs deviennent aigris parce que cela fait 5 ans qu'ils vivent loin de leur famille ( c'est pour cela que certain(e)s enseignant(e)s, dont le couple est au bord de l'implosion, se mettent en disponibilité ... Du coup moins de profs qualifiés en service...), parce qu'ils sont sur 4 écoles distantes et passent deux nuits à l'hôtel dans la semaine, parce que trop "originaux" ils sont démolis par leur hiérarchie avec acharnement...Parfois ces bons profs un peu usés lâchent une petite vacherie (comme un parent dépassé) mais très souvent ils y repensent le soir et le regrettent (même plusieurs années après) ... (Bien entendu, ça n'excuse pas les petites phrases "assassines": il est vrai que c'est difficile pour un enfant de s'en remettre. )

Anonyme a dit…

Ce post m'a rappelé mon professeur de physique de première:
"Écoute, avec tes notes, tu ferais mieux d'envisager autre chose que médecine".
Ou ma mère "Tu es sûre que c'est ce que tu veux faire? Parce que bon...".
Ou mon père: "Tu sais, dentaire c'est pas mal, tu devrais peut-être accepter, parce que c'est pas sûr que tu aies médecine même en recommençant ta première année"...

C'était il y a dix ans tout ça. Quand j'y repense aujourd'hui, je me dit que, venant de ces trois personnages, ce n'était pas de la méchanceté gratuite, peut-être juste une forme d'inquiétude, mais que je ne pouvais pas interpréter autrement à dix-huit ans que comme un manque de confiance en mes capacités.

Ça rend le "combat" plus difficile parce qu'on se sent un peu plus seul, mais la réussite derrière n'en est que plus belle.

Quant à ton professeur (et ceux qui lui ressemblent), ce sont peut-être des gens qui ont cessé d'être épanouis dans leur métier et ont fini par baisser les bras, ou des gens qui pensent que ces méthodes pédagogiques ont fait leurs preuves, et qui ne se rendent malheureusement pas compte que ce genre de phrases peut faire beaucoup de dégâts, quand celui qui les reçoit n'a pas le recul suffisant pour s'en faire des armes supplémentaires.

Bonne journée!

Céline

Sophie MC a dit…

Je suis enseignante, et j'ai attendu un peu avant de laisser un commentaire : je voulais être sûre de ne pas avancer sur un terrain miné et les commentaires précédents m'ont rassurée. Comme souvent chez toi Marie, c'est une discussion entre gens raisonnables...
J'enseigne le français en collège à une classe unique d'enfants étrangers. J'ai choisi cette voie après dix ans d'enseignement comme prof de lettres.
Mes élèves, je les connais par cœur : je les accompagne une année, parfois plus, avec pour mission de les intégrer dans une classe ordinaire.
Mon regard sur eux est bienveillant, je suis avant tout là pour les aider à révéler leur potentiel individuel et j'évite de leur balancer ce genre de petites phrases assassines.
Pourtant, il m'arrive de me mettre en colère contre eux : lorsqu'ils ne travaillent pas, qu'ils se couchent tard le soir et arrivent épuisés en cours, qu'ils s'amusent au lieu de faire leurs devoirs (ben oui, ce sont des ados quoi !)
C'est avant tout parce que je suis inquiète : ils me mettent en face de mon impuissance à les aider davantage et cela me rend dingue ! (je leur ai souvent dit d'ailleurs, que cette colère était avant tout contre moi même !)
Ce découragement, cette lassitude, cette crainte de ne jamais en avoir fait assez, peut être est-ce de là que viennent ces mots cruels dont chacun a fait les frais au moins une fois dans sa scolarité : en fait, l'enseignant qui se laisse aller à ce type de propos ne révèle que sa propre impuissance !
Te fais des bises zolie Marie

Marie a dit…


Siouxsie: Oui j’ai vu ce magazine, une pote m’en a parlé.
ca donne envie de le lire.

Jess: Ah oui Esprites rebelles, avec le morceau de coolio (Gangsta’s paradise)

Camille: Elle est hyper belle ton histoire…

Marie S: Exactement.

aemi: Mon ex était prof, il me racontait des discussions dingues en salle des profs…

LNK: Je pense que tu as raison. J’imagine qu’il y a un peu d’aigreur aussi…

Toc-toc: Merci. Bise

Les causettes de Célestine: <3 c’est adorable. Et puis ça ne coute rien…

Virginie: J’ai trouvé ça super limite aussi.
je suis très touchée par tes gentillesses (mais j’ai l’impression que tu parles de quelqu’un d’autre :))
Merci beaucoup beaucoup Virginie.
je t’embrasse

Princesse Audrey: La confusion aient peut-être du fait que la vocation vienne de l’amour d’une matière seul plus que d’un goût profond pour l’enseignement.
Je t’embrasse et merci pour ton commentaire.

JujuK: Oui c’est vrai!

Amande que j’aime de love: Quelle horreur :(
Oui c’est vrai que c’est aussi et surtout un échec du prof.

Anonyme: je le comprends tout à fait oui. Mais ces petites choses qu’on imagine anodines peuvent vachement marquer…

Céline: Peut-être oui. Et tu as fait malgré tout médecine?
Bise

Sophie MC: merci d’avoir commenté Sophie, ça file un autre point de vue.

Aurore Baie a dit…

Et moi, contrairement à toi, je suis tombée sur des profs de littérature, deux en particulier, qui m'ont dit, abandonne pas. Je me suis accrochée, et maintenant je suis publiée dans un canard à 10 000 ex. C'est pas le Pérou, mais j'aime mon taf. Et si les profs n'avaient pas cru en moi, je n'y aurais pas cru non plus, parce que tout le monde sait que c'est sale d'avoir confiance en soi gratuitement ;)
Alors merci à tout ces gens qui, gratuitement, te font du bien. Ils valent plus que ce qui, tout aussi gratuitement, essaient de t'enfoncer.

Aurore
histoiresdedeuxdos.wordpress.com

marie a dit…

L'histoire de ton prof m'a fait pensé à cette conférence :
http://www.ted.com/playlists/11/the_creative_spark

Comme d'hab, un bonheur de te lire !

Anonyme a dit…

Marie: oui! Après quelques années et un changement de spécialité en cours de route, je suis aujourd'hui interne en anesthésie-réanimation.

Comme quoi, en se bagarrant un peu, on peut aller au-delà de ce dont on nous pense capable :-) et ça aide aussi pour la suite:
"J'ai déjà fait pire, alors ça je vais y arriver".

Bises Marie, et bonnes vacances!

Cécile Fit Etc a dit…

Je crois que ce qui m'a le plus choqué moi en matière de démotivation c"est lorsque j'ai commencé à travailler à la cantine et que je me suis retrouvée avec la "doyenne" de l'école à qui personne ne faisair aucune remarque. J'étais moi alors jeune bachelière diplomée du BAFA copiant encore un peu les comportements des autres.
Bref je pars donc avec elle a la cantine er lors du repas un élève (de maternelle je précise) fait une "betise" (il devait jouer avec sa serviette ou goyer dans son verre) mais la "doyenne" l'a fait applaudir par tous les autres élèves et je ne savais pas à l'époque si c'était la bonne technique ou non.
Je me souviens m'être posé la question et avoir trouvé ça "violent" pour un enfant de 4 ans.
Aujourd'hui je sais que ce n'est pas la bonne solution et que c'est par ce type de comportement que l'on retrouve plus tard des ados qui ne croient plus en l'adulte, en l'Ecole..
Voila je pense que chacune de nos phrases, chacun de nos comportements impacte sur l'évolution des enfants.

Par rapport à ton histoire je pense que le point le plus important pour moi est la notion de "punition collective" qui enlève tout interêt à la sanction et peut "blesser" certains jeunes qui le prendrait a coeur.