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24.4.14

« LE COMPLEXE DE LA PROLO »

young-brad-pitt


(Je me demande si More than this n'est pas une sorte de chanson parfaite. Borderline en terme de goût mais parfaite quand même)

Hier au téléphone,je confie à mon ami Karim que je lis beaucoup en ce moment.
Si je lui confie ça, c'est parce que c'est pas si courant.
Je lis beaucoup de magazines (divers et variés) mais les bouquins c'est une autre histoire.

Si je ne lis pas beaucoup c'est parce que je suis souvent très intimidée par ce qu'on appelle La littérature.
J'avais déjà écrit un post il y a quelques temps sur l'intimidation que j'avais face à certaines oeuvres réputées difficiles (en l'occurrence, L'Ulysse de Joyce) mais en fait, en lui parlant, je me rendais compte que c'était plus global.

Chez moi on lit, beaucoup ( ma famille quoi! ). On lit de tout mais surtout ce qui est facile à lire, pas des « grands livres », plutôt des choses distrayantes et ça vaut aussi pour le cinéma et le reste.

La rapport qu'avait ma famille à la lecture, au cinéma et à la musique était quasi-systématiquement à prendre sous le prisme de la distraction.
En d'autres termes, on ne se fait pas mal, on regarde, lit ce qui est léger parce qu'on est fatigué, qu'on bosse et que ce genre de choses c'est fait pour s'évader en toute légèreté, surtout pas se prendre la tête (ce que je comprends tout à fait).

Ma mère et ma grand-mère lisent beaucoup. Beaucoup plus que je n'ai jamais lu.
Je suis allée à l'université, lisait vaguement ce qu'on devait lire, mais sans entrain ni aisance. J'ai une bonne mémoire et étais capable de connaître bien l'histoire d'un livre sans ne l'avoir jamais lu si peu qu'on m'en ait parlé.

Certains de mes amis, en revanche, lisaient beaucoup et lisaient grand et j'adorais qu'ils m'en parlent.

Quand la compulsion est arrivée, en plus des lipsticks et des t-shirts débraillés, j'ai acheté beaucoup de bouquins.
C'est un problème d'apparence la compulsion, non? Alors avoir des livres remplissant ma bibliothèque et triés sur le volet, cela définissait aussi, en partie, ce que je fantasmais de moi.
Mais rien à faire, ils restaient empilés, comme ça, toujours fermés.
D'autant plus étrange que j'aime beaucoup écrire. Et si on aime écrire, on devrait aimer lire.

Mais en parlant avec Karim, d'un coup ça s'est débloqué dans mon cerveau.
Je lui disais que je lisais un bouquin de Kawabata, Les belles endormies. Que c'était beau et que j'y prenais beaucoup de plaisir. Il était le quatrième livre de ma semaine, et les pages défilaient, j'y prenais un plaisir fou et je me surprenais moi-même.
Et les mots sont sortis simplement «  Tu sais si je lis pas beaucoup, c'est parce que je ne me sens pas capable de comprendre tout ce que je lis. En fait, malgré les études, y a toujours une sorte de plafond de verre dans notre cerveau (uniquement dans notre cerveau). Sky's the limit il paraît, mais avant d'en arriver là, il faut clairement enlever  un paquet de barrières, aussi transparentes qu'elles puissent être».

D'une certaine manière, et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas, c'est comme si je "souffrais" d'une sorte de complexe de la prolo.
Le terme est un peu étrange, mais c'est celui qui m'est venu en premier.

Je me souviens enfant, je ne m'imaginais pas entrer avec ma famille dans certaines boutiques (de luxe, aux vêtements chers). Comme si de fait, certains lieux (géographiques ou dans notre tête) étaient réservés à certaines personnes. Les castes sont invisibles mais bien présentes. Ca va avec l'éducation aussi j'imagine.
Pour les arts c'est pareil (sauf le cinéma qui est un peu à part en ce qui me concerne).
Les castes sont invisibles aussi mais on a l'impression que tout ne nous est pas accessible si peu qu'on ait pas été élevé là-dedans (et oui, ça peut aussi avoir à voir avec les revenus de nos parents).

Donc, en prendre conscience c'est bien, changer c'est mieux.
La plupart des livres n'existent que quand on les lit me disait Karim. Sans moi ils ne sont rien (sans toi non plus remarque), alors je peux me détendre,  pas la peine d'être intimidée, complexe de prolo ou pas, ce n'est pas une excuse et effectivement, c'est pas dur les livres.

Bref, j'ai lu Kawabata (je suis monomaniaque et sa sobriété m'a ravit le coeur... mais c'est triste).

Je t'embrasse.


37 commentaires

Jade Cactus a dit…

Je comprends quand tu parles des barrières, ça vient de me faire réaliser que j'ai l'impression que certaines destinations de vacances ne sont pas pour moi. Parce que.
Par contre, le fait que les femmes de ta famille lisent beaucoup, ça devrait justement faire le contraire non ? te rassurer, te faire comprendre que tu peux puisque tu es comme elles, du même monde, et faite de la même manière ?

The Everyday French Girl a dit…

Il y a beaucoup d'auteurs, dit "littéraires", qui écrivaient au départ non pas pour l'élite, mais pour les gens moins cultivés, et que l'élite méprisait.
Dans mon boulot, c'est l'inverse de ta démarche. Je fais un métier dans la culture, et ma spécialité, c'est la littérature, avec un double diplôme chapeautant la philo. Donc au travail, il y a des livres et des films totalement méprisés par mes collègues.
Par exemple, ils étaient très condescendants car je lis de la presse féminine, puis, lorsqu'ils ont découvert que c'était en anglais, j'ai gagné du galon...
Je n'osais pas leur dire que je lisais des mangas, de la littérature jeunesse (Monster high, Ever after high...) et des bouquins sur la mode (La Parisienne d'Inès de la Fressange, Influence des soeurs Olsen...), mais maintenant, je m'en moque. J'ai fait mes preuves, et ça ne m'empêche pas d'apprécier des oeuvres plus littéraires et plus consensuelles auprès de mes collègues.
A part savoir lire, les livres ne requièrent qu'une chose :qu'on ressente des émotions en les lisant. Pas de diplômes, de classe sociale, de culture...

jess a dit…

je ne connais pas Kawabata mais tu me donnes très envie de le lire, hop j'ajoute sur ma liste de livre à acheter!
(j'ai une liste sur le bureau de mon ordinateur avec les trucs que j'ai envie de m'acheter pour essayer d'éviter un peu les achats compulsifs) (je te rassure ça marche pas) (il y a ce livre sur ma liste depuis longtemps "Pharell: Places and Spaces I've Been", google, tu vas voir ça pourrait te plaire!)
Murakami est celui qui m'a fait découvrir la littérature japonaise, il a écrit un petit livre fantastique sur la course à pieds. (entre autre)

Bon et sinon, comme tu parles de choses belles mais tristes, j'ai regardé un petit bijou l'autre jour:
the inevitable defeat of Mister and Pete.
les gamins sont éblouissants...
Et si tu n'as pas vu Alabama Monroe et Beasts of the southern wild, je te conseilles vivement aussi...

voilà j'arrête mon moment vendeuse fnac!

xsmack

TIGER LILY a dit…

Ce post me touche beaucoup. I see what you mean...

Marie a dit…


Jade Cactus: Oui mais elles lisaient des livres faciles, ce que j’ai un peu fait. Pas des grands trucs, des trucs qui te filent des frissons. Tu vois ce que je veux dire?
Ce que tu dis des vacances, c’est la même chose, tu te bloques de la même manière….

The Everyday French Girl: Ton com est très intéressant (le coup des magazines féminins lus en anglais qui ont plus de cachet notamment).
Le plus étrange c’est que je suis allée à la fac, bac+5 mais ça n’empêche, je suis bloquée par certains trucs.
Merci en tous cas.

Jess: C’ets très beau. Le bouquin dont tu parles c’est l’ »autoportrait de l’auteur en coureur d fond »?
Je l’aime beaucoup ce livre (que j’ai lu ;-)). Et Kafka sur le rivage, le bouquin préféré d’une de mes plus proches amies.
Merci pour les plans de films, je vais regarder ça.
Bisous

TIGER LILY: <3

Marie D. a dit…

C'est marrant les perceptions de soi et des autres... Pour moi tu es l'intello de "mes" blogueuses. Genre quand tu conseilles un film, une conférence etc. la première chose que je me dis c'est pas ah ça va être fun, c'est ah ça va être "sérieux", enrichissant, beau, voire super déprimant :)

jess a dit…

oui c'est ça!
celui que j'ai lu c'est chronique d'un oiseau à ressort (rien que le titre est merveilleux!)

x

Anonyme Amande a dit…

Marie,
je lis aussi beaucoup, plus souvent des petits romans faciles comme tu dis mais par gout de la légereté, et comme je lis tous les soirs avant de dormir (mon somnifere a moi), il me faut en general des bouquins qui supportent l état de fatigue de mon cerveau passées 23h.
J ai parfois aussi complexé en lisant des oeuvres plus fortes parce que je ne comprenais pas leur fulgurance, parce que ca me faisait chier pour etre claire.
J en suis venue a la conclusion que plus qu un complexe, c est surtout une question de maturité en ce qui me concerne, certains textes, je n ai a 38 ans clairement pas la encore la maturité suffisante pour les aborder ou pour m accorder.

Aujourd hui je m émeue encore plus en lisant la Divine Comedie de Dante qu a 20 ans, et malgré de longs moments de solitudes en lisant Celine, j ai fini par y percevoir un peu de ce genie qui a l epoque m etait passe totalement inapercu !
Je comprends bien que ton propos n est pas le meme puisque toi tu sembles avoir du mal a meme ouvrir ces livres.
Mais le principal, c est d avoir envie, et chercher toujours chercher ce qui fera vibrer ta corde sensible, quelque soit ton education :-)

Anonyme Amande a dit…

aie, je voulais supprimer ou modifier mon commentaire ecrit n importe comment mais ca marche pas... pourvu qu apres toutes ces annees ou tu me lis tu comprendras mon etrange francais ;-)))

karima a dit…

"les castes sont invisibles, mais bien présentes"... cette phrase m'a tué par son évidence qu'on n'ose s'avouer, notamment sur le sujet des lectures choisies.

Je te rejoins complètement concernant certains bouquins dits "haut de gamme" réservés à "l'élite" dirons nous... C'est tellement bête de se convaincre de telle manière et de se laisser "rapetisser", par qui? Par SOI MÊME! C'est une chose qu'on ne s'avoue pas. C'est inscrit en nous.

Un tri sélectif qu'on se condamne ("petite" caste).

Des fois, j'entends dire que tel ou tel bouquin est un grand classique et qu'il est une sorte d'introduction, un prélude pour l'accès (carte pass pour caste +++) à la "vraie" littérature... Ceux là, je ne les prends pas!Me dis que moi, avec mes petits moyens, je vais m'y noyer...

C'est épatant, tu soulignes toujours des choses... que dis je... des secrets enfouis en nous qu'on n'ose affronter... qui ne se dévoilent pas sans une bonne dose de courage. ;) Pour ça merci!

ps : toujours et encore, un seul ennemi : la peur.

J'aime les petits pois a dit…

Bonjour Marie,

Rhaa que c'est dommage toutes ces barrières qu'on se met dans la tête quand même! Tu as raison les castes sont bien là...

Dans la vraie vie je suis bibliothécaire. La dernière fois je parlais avec une amie de ma grand mère (3615 vis ma life!) qui me disait "la bibliothèque c'est pas pour nous" (comprendre pas pour sa famille). Je l'ai regardé avec des yeux ronds. Jamais je n'aurais penser que franchir les portes d'une bibliothèque puisse impliquer le franchissement d'une barrière, d'un plafond de verre.

Chacun a ses propres limites dans des domaines très différents. Il y a peu je me disais que l'Opéra c'était pas pour moi. J'ai fini par me dire que c'était trop bête de ne pas y aller. J'ai vu un ballet, je ne suis pas certaine d'avoir tout compris mais pendant 2 heures et demi j'ai été heureuse de me faire plaisir. Juste heureuse de voir de belles choses sans "intellectualiser". Bref, le plaisir simple des sens...

J'y retournerai surement, je m'y intéresserai alors plus et peut être que je comprendrai davantage de choses... Mais une chose à la fois!

C'est un peu comme aller au musée sans prendre d’audioguide ou être scotchée au cartel d'info : regarder juste de belles peintures, être entourée de sculptures sublimes, s'imprégner de beau (ça fait un peu BHL comme phrase ça non?), apprécier le moment tout simplement... Merde c'est chouette aussi ça!

J'ai toujours pensé qu'on ne peut pas lire Proust comme ça du jour au lendemain. Tout doit commencer d'après moi par le plaisir, le plaisir de lire des "petits" livres considérés comme "simples" mais qui donnent envie d'aller plus loin.

En y réfléchissant ton post m'a fait penser au livre de Pennac "Les 10 droits du lecteur" (je crois que c'est un livre pour enfant mais je l'ai lu alors que j'étais une "grande"). Après sa lecture je me suis sentie libérée : oui on a le droit de ne pas terminer un livre, de trouver que Celine c'est chiant ou de passer des pages et surtout on a le droit de TOUT LIRE!!!!

Bref faisons nous plaisir pour cultiver notre jardin!
Je t'embrasse,

H.

J'aime les petits pois a dit…

Oups je crois que je me suis lâchée du commentaire...

Virginie FALZONE a dit…

J'ai adoré te lire
Très bel article <3

Declar a dit…

Bonjour,

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Anonyme a dit…

Je pense souffrir du même complexe allié à celui d'enfant unique. Ne pas passer le seuil de certaines boutiques, ne pas entamer certains livres, ne pas participer à la grande discussion de la belle famille réunissant médecins et profs. Et ce, malgré des études supérieures menées "correctement". En ce moment, je ne cesse de défendre l'importance des savoir-faire manuels, du bon sens. Les valeurs des miens. Je souhaiterais me former à certains domaines, sans parler de diplôme, mais je me dis que je n'en serai pas capable parce que je pense avoir atteint mes limites intellectuelles. Bref. Merci pour ce billet je me sens moins seule dans ces réflexions. Bon weekend

anneso a dit…

Je te conseille "Comme un roman" de Pennac (de l'époque où Pennac écrivait de bons livres).Il parle du rapport à la lecture (de façon pas du tout chiante,je précise)

Anonyme a dit…

"J’estime qu’ils se trompent lourdement ceux qui affirment
que les bases de la connaissance, de la culture, les bases de tout sont nécessairement ces classiques que l’on trouve énumérés dans toutes les listes des « meilleurs » livres. Je sais qu’il existe plusieurs universités dont tout le programme se fonde sur ce genre de liste. À mon avis, tout homme
doit bâtir lui-même ses propres fondations. C’est le caractère unique de chacun qui en fait un individu. Quels que soient les matériaux qui ont contribué à
donner sa forme à notre culture, chaque homme doit décider tout seul des éléments qu’il y choisira pour son propre usage." Henry Miller, Ils étaient vivants et ils m’ont parlé. Tout ce texte est très beau, et sans répondre directement à ce que tu pointes (l'(auto)exclusion de certaines classes sociales de certaines pratiques culturelles), il peut ouvrir à d'autres pratiques! Si tu veux, je te l'envoie en mp. Bises Marie, et merci, j'aime toujours autant te lire (depuis le début).
Lalectrice

Aurore Baie a dit…

J'aime toujours autant te lire, ma Marie, et ca fait déjà pas mal de temps, toi et moi, même si je suis discrète dans les com...

Mais je vois ce que tu veux dire. Et depuis que je suis maman de deux bouts de chou en bas âge, je suis passée du côté de celles qui se contentent de trucs faciles à lire... parce que le cerveau est ramollo avec la fatigue et qu'on est toujours interrompu. Mais déjà, j'ai eu une période où je ne lisais plus que des mag, alors c'est déjà un progrès de me réapproprier gentiment la littérature "facile"... Alors moi je dis, pas de complexe, dans un sens comme dans l'autre. Fan de Dostoïevski ou de JK Rowling? tu peux être l'un ou l'autre, voire les deux suivant certaines périodes de ta vie. Et alors?

Biz ma Marie
Aurore
http://histoiresdedeuxdos.wordpress.com/

Sophie MC a dit…

Moi, c'est le théâtre, pas moyen, j'y arrive pas : je m'y ennuie ferme les rares fois où je tente. Impression de ne pas être à ma place aussi, comme étrangère dans un monde qui n'est pas le mien !
Pourtant, je suis enseignante de Lettres, et je fais souvent des ateliers théâtre avec mes élèves !!! Ouais, je sais, c'est hyper contradictoire, et en même temps, c'est peut être le moyen que j'ai trouvé d'apprivoiser le truc ?!
Héritage familial, comme tu le soulignes fort justement : chez moi, on lisait, beaucoup, on regardait, parfois, des films d'auteur à la télé (genre cinéma de minuit), on allait souvent au ciné mais jamais au théâtre.
L'école, les parents, la famille, les amis, autant de "passeurs de culture" qui ne l'ont pas été pour moi en ce qui concerne le théâtre.
Et pour ce qui est de l'Ulysse de Joyce, moi non plus je ne l'ai pas lu, j'ai essayé pendant mes études, mais il m'est tombé des mains, littéralement...
Je ne perds pas espoir de le lire un jour : peut être que pour les livres, comme pour les gens, il est parfois question de timing ?
Bises, Marie, quelle joie encore une fois, de reprendre ce dialogue avec toi !
Sophie

Sophie MC a dit…

Ah et puis un oubli : Frédéric Clément, que j'adore, a illustré Les belles endormies et son album est un bijou, je te le conseille vivement !!!

mirabelle a dit…

more than this...
la reprise dingotte faite par Bill Murray dans lost in translation... ça me transporte ce truc !
merci Marie !
belle soirée

Mirabelle

Anonyme a dit…

Excellent article, très surprenant de ta part, de mon point de vue.

Pour celle qui cita Daniel Pennac dans les commentaires...Big Up. J'ai lu l'oeil du Loup en grande section de maternelle (!), je suis maintenant à l'université, mais c'est un des meilleurs livres que j'aie jamais lus. "Pour enfants"... et je pleure toujours autant à la fin tellement c'est beau.
A lire, Daniel Pennac, tu peux foncer. Simple et merveilleux. Je jetterai donc un coup d'oeil aux 10 droits du lecteur!

lunelo a dit…

lecture de post= 2 termes:
- "joie triste" ahlala les belles endormies je l'ai adoré à 20 ans, je l'avais lu dans le cadre de devoirs intelligents de classe dessus on devait écrire des critiques et c’était un coup de cœur. La mélancolie n'etait pas douce mais juste lancinante, irresistible

-névrose de classe
je viens d'une famille prolo mais pas gros rouge qu itache non plus. Mes parents etaient de petits fonctionnaires a CAP/BEP.
Je suis la 2nde de ma famille a avoir fait des etudes. j'ai été une grande lectrice des le plus jeune age c qui a creusé l'écart avec mes parents notamment parce que je lisais pour m'échapper de l'ennui familial. j'etais la seule a avoir des dictionnaires et celle qui a toujours eu le plus de livres dans la maison

Les femmes de ma famille ont toujours lu des livres notamment le soir avant de dormir mais des livres faciles, pas debiles non plus mais ma grande tante par ex a toujours lu les choses a la mode parce qu'elle s'etait mondanisée, le livre etait donc un instrument social.
Ma mere lisait beaucoup mais uniquement pendant les grandes vacances. Nous partions 3 semaines a la mer et elle devalisait alors les rayons de bibliotheque. Je finissais toujours par lui voler ses livres parce que j'epuisais toujours (trop) rapidement mon stock.
Qaund j'allais chez mon arriere grand mere deja insomni gniak je rallumais la lumiere apres qu'elle m'ai couchée et je lisais

J'ai ainsi lu tres jeune plein de choses que je n'aurais pas du lire et que je comprenais pourtant parfaitement.

tous ces mots m'ont permis je m en rends compte de me fondre dans une masse estudiantine a laquelle , je l'ai realisé en licence, je n'appartenais pourtant pas. C'est la que j ai vraiment realisé que l'acces aux etudes n'etait pas vraiment pour tous qu'il fallait notamment de l argent pour reussir et qu'a partir de la licence tous les gens autour de moi (j'etais en com, royaumes des fils à papa et du nepotisme) venaient à minima de la petite bourgeoisie. J'avais le meme background culturel qu'eux voir souvent mieux mais ....nous n'appartenions pas au meme monde, n'avions pas les memes valeurs(ce que revendique ;), le meme rapport à l'argent, la meritocratie...
cela a accentué mon syndrome de l'imposteur

ce que tu ecris me fait egalement penser au complexe de l'albatros


avec le temps j'ai perdu mon cerveau en route la culture qui etait pour moi notamment un moyen de progression sociale, je la cotoie desormais avec parcimonie choississant des lectures , des films parfois plus faciles meme si je fais des allers retours

j'aime beaucoup
"La plupart des livres n'existent que quand on les lit me disait Karim."

oui ce que je trouve joli c'est que cela marche avec tout ... je ne suis pas tres fant de ce type de bouquin mais a l'epoque ou j'ai lu conversations avec dieu la seule chose que j'ai retenu c'est nous sommes tous dieu nous sommes tous createurs et maitres de notre univers.
il y a une certaine exultation la dedans car tout e que je decouvrirai sera unique, filtré, perçu par moi que ce soit un livre ou même une personne, le regard qu'on peut porter sur le miracle de e qu'elle est, de tout ce qu'elel constitue, un univers et les livres me rappellent aussi a cela.

lunelo a dit…

sinon en auteurs nippons

j'ai beaucoup aimé il y a longtemps kitchen de banana yoshimoto et certains livres mais a force j'en avais fait une overdose de yoko ogawa flirtant souvent avec le fantastique pur et puis en tres dejanté murakami ryu

autoportrait de l’auteur en coureur d fond je l'ai bien apprecié j'avais d'abord lu IQ84 (le 3eme tome je l'ai trouvé mauvais sans savoir si c'etait lié au travail de traduction je veux dire je l'ai trouvé mal ecrit... la blague je ne parle pas japonais hein)mais pas mis aux autres j'ai l'impression qu'il manque qqc

sandrine (la relou) a dit…


j'avais écrit un pavé et mauvaise manip... c'est peut être un signe. faire court. mais ça va être dur...
je comprends sans comprendre le complexe du prolo et pourtant je viens aussi d'un milieu modeste où normalement vu mon éducation , aller au ciné/théâtre, étudier les beaux arts n'aurait jamais du être mon pain quotidien, lire encore moins. pourtant toute ses activités m'ont façonnée. surtout le cinoche et la lecture. oui c'est plus "noble" de dire qu'on lis maiakovski et tolstoi que musso et gavalda. mais si c'est juste pour la frime, dire j'ai lu ça, car on doit le lire, c'est de l'orgueil mal placé, non? je préfère encore l'honnêteté du lectorat d'un musso qui lis et aime cet auteur pour les histoires qu'il raconte et pourtant ce n'est pas la littérature qui me touche...
par contre, vouloir lire un "pavé" ayant une réputation, par ce que on ai attiré par l'auteur où tout simplement parce que quelqu'un nous a vendu le truc avec "magie", où par curiosité simplement, galéré pour entrer dans l'histoire et tout de même persisté et être happé par ce capharnaum de mots, même s' il suffit de peu pour s'égarer, prendre du plaisir, sentir ce truc immense et indescriptible qu'est la prose d'un "grand écrivain". finir ce livre en ayant eu des moments de grâce et se dire "wahou c'est donc ça le paradigme" où être dérouté par cette histoire. où encore faire traîné le plaisir car on a pas envie de quitter tout de suite les protagonistes... ça vaut tout les luke perry et autre sneakers du monde. ça change pas le monde ni même notre vie mais c'est une vrai nourriture de l'âme, comme la musique.

sandrine (la relou) a dit…

comme le disent une bonne majorité, un livre, c'est une rencontre et des fois ce n'est que des questions de timing... y a des livres c'est comme une évidence dès la première page on sait qu'on va l'aimer profondément ( j'avais découvert par hasard le poète cubain reinaldo arenas et son autobiographie "avant la nuit" où il nous explique que cette page est la dernière de son roman, car il est séropositif et va bientôt mourir et pour faire chier castro comme il l'a toujours fait il va nous raconter son histoire, librement). d'autre, il va falloir s'accrocher (mort à crédit, voyage au bout de la nuit tout céline quoi)pour comprendre l'intérêt du truc. y a ceux, bah ça marchera jamais c'est pas faut d'avoir essayé (proust, rédhibitoire) et ceux où on sent qu'on n'a pas la maturité pour apprécié toute la subtilité, la complexité (virginia woolf et Ms dalloway lue une première fois adolescente car j'avais kiffé the hours... j'avais conscience que j'apprécierai ce livre bien plus tard. ce que pouvais signifié une vie dans une journée où une journée dans une vie. les choix et les conséquences de nos actes, la résilience, la désillusion, les apparences... apprécier à sa juste valeur une écriture dense, plurielle. je sais pertinemment que si je le relis dans dix ans je "ressentirais ce livre différemment et accepter encore une fois les zones d'inconfort de cet écrivain, les interrogations)
et puis y a les récurrents ( toni morisson, l'une des plus belles plumes américaines: poétique, cru, complexe, rythmé pour ne pas dire musicale, dense, dur. ses histoires sont toujours difficiles, amorale... mon jargon est bien trop restreint pour expliquer l'admiration que j'ai pour son écriture et pourtant certains de ses romans ont des débuts laborieux... jazz est le moins abordable et pourtant y a des passages... sublime... bukowski m'émeut énormément: sa loose, son alcool, ses histoires de cul, sa tendresse pour les meufs à la ramasse, sa laideur,los angeles, ses références à john fante ... hank moody ne vaut pas un centième du postier hank. zola est terriblement moderne
j'aime beaucoup ce que dit lunelo et je suis d'accord avec elle par rapport à la phrase de karim, c'est beau...
ça l'air bien ce que tu lis
ps: les bêtes du sud sauvages est à voir absolument/ meanstream ( essai géopolitique de la culture mondialisée)et la philosophie de la mode devrai t'intéressée... encore un message trop long :(

Marie a dit…


Marie D.: ahahaha ah oui c’est marrant les perceptions.
<3

Jess: c’est clair

Amande que j’aime d’amour: C’est vrai pour l’âge tu as raison. On oublie trop souvent ce genre de considérations. Il paraît qu’on ne lit pas Proust à ‘importe quel âge <3 Je t’embrasse et ai tout bien compris

Karima: <3 Toujours le même ennemi et puis il faut du temps pour briser ces castes auto-infigées et peut-être pas si réelles que ça!

j’aime les petits pois: oui ma grand-mère pense ça aussi (cette génération allait à l’école moins longtemps que les suivantes, ça les intimide encore plus que nous).
Tu as raison Proust du jour au lendemain c’est sûrement pas possible, on commence pas la course à pied en courant un marathon…
Merci pour la référence au bouquin de Pennac dont on m’avait déjà parlé.
T’embrasse aussi.

Virginie FALZONE: <3
Merci

Anonyme: je suis enfant unique aussi ;-) et je me retrouve plutôt dans ce que tu dis.

anneso: Pourquoi maintenant ses livres sont plus bien?

Lalectrice: <3 Merci pour ce texte. Oui je le veux bien en MP (uenchicfille@gmail.com), merci d’avance.
Bises

Aurore Baie: Merci beaucoup Aurore pour ton très gentil commentaire. Et alors? Tu as raison oui…

Sophie MC: Ahahah je suis comme toi, je n’y suis de toutes façons pas très sensible au théâtre. J’y suis allée 4 fois et encore c’était avec l’école…
Mais que tu le dises toi enseignante en lettres, ça me fait un bien fou <3
je t’embrasse

Mirabelle: Je suis venue à Roxy music après avoir vu Bill Murray chanter more than this au karaoké <3 Bise

Anonyme: Ah oui surprenant? Je ne connais pas l’oeil du loup, je vais aller voir tout de suite. Merci.

Lunelo: Donc finalement, dans ton parcours tu as trouvé que les castes, étaient finalement tout à fait différentes de la "culture". Même si elle est similaire, il y a une autre caste plus importante?
Merci de ton commentaire encore une fois très riche!

Sandrine: Merci sincèrement d'avoir pris le temps de commenter.
Je ne sais même pas par quoi commencer :)
Merci pour les pistes de lecture (Bukowski en tête que je n'ai jamais abordé et dont j'ai une image hyper caricaturale!) et surtout merci d'aider à voir les choses avec plus de décomplexion: "je préfère encore l'honnêteté du lectorat d'un musso qui lis et aime cet auteur pour les histoires qu'il raconte et pourtant ce n'est pas la littérature qui me touche..."
Merci, bonne nuit. Et non, commenter longuement chez moi est comme un compliment.



lunelo a dit…

@ sandrine: merci
je suis d'accord sur le fait qu'il n y a pas de culture noble meme si je n'aime pas musso et gavalda, je trouve toujours mieux que les gens lisent cela que rien du tout. un peu comme mon frere qui autant j'etais papivore autant etait livrophobe et je lui repetais LIS. des bds(meme si ce ne sont pas des sous livres ;), des magazines de sports, lis n'importe quoi mais lis
Apres on a le droit elitiste ou pas d'aimer ou pas et d'argumenter dessus.
@marie: oui venir de milieux aisés n ai pas forcement synonyme de savoir ou d'erudition. après il faudra savoir ce que l'on entend par culture ;)

"Même si elle est similaire, il y a une autre caste plus importante? "

en fait ma nevrose de classe est beaucoup liée a des croyances "debiles"type intelligence //reussite sociale etcc.... a tel point que j'ai fait des etudes pour prouver que j'etais intelligente et reussir... pour m'percevoir en maitrise que je m'etais fait chié et que j'avais plutot envie de faire du theatre et autres que des "etudes " et qu'on pouvait etre sportif ou artiste et avoir un beau cerveau...ensuite je me disais que reussir c'etait travailler dans des boites pretigieuses sauf que les grosses boites dans lesquelles j'ai travaillé ne correspondaient pas à mes valeurs et j y ai perdu beaucoup de temps a vouloir faire rentrer ma rondeur dans des carrés. c peu etre un peu confus mais c lié.
J'avais besoin de prouver que j'avais de la valeur.

"Même si elle est similaire, il y a une autre caste plus importante? "
je ne sais pas quoi entendre par cela. tu parles de la caste culture qui serait intersociale?
ma difficulté est de me dire qu il faut trouver sa place dans un environnement à castes et autres tiroirs où je oudrais me laisser le plaisir de butiner. ça me rappelle une fete du cinema quand j'etais etudiante. je radote pt etre mais j'etais aller voir un blade a l'ugc la veille et le mardi je me retrouve au champo pt etre pour voir un bunuel (j'en ai pas vu 10 000 non plus) et on commence a parler avec un couple des films a l'affiche du coté de st germain, ceux qu'on avait vu dans le cadre de la fete du cinema(les cartes n'existaient pas a ce moment la)etc. LE truc habituel, les grands classiques. Moi j'ai toujours fait un grand mix entre le cinema de minuit et celui du dimanche soir, les classiques et les blockbusters. JE veux tout. je ne suis pas sure qu'il ai d esous culture meme si je me laisse parfois contaminer... notamment en termes de referentiels sociologiques.
a peine le couple a t il entendu le mot BLADE(merde quoi les vampires! eros et thanatos!) ils ont litteralement tourné les talons... et j'ai eu pitié pour eux de leur petitesse d'esprit.

c drole j'ai commencé a regardé downton abbey et l'arrivée de la middle class chez les aristo detonne alors que cette middle class a beaucoup a apprendre aux aristo

"Même si elle est similaire, il y a une autre caste plus importante? " ECLAIRE MOI, je ne saisis pas ;)

Marie a dit…

Lunelo: Je parlais de l'argent (plus importante que la culture.
Et oui, la perception qu'ont certaines personnes de ce qui est dit populaire est lamentable.
En musique c'est dingue aussi.
Un jour, une soirée d'anniversaire.
Je mets plein de sons moites, de la variétoche, du Britney sale en veux-tu en voilà.
Certains mecs musiciens étaient là à me regarder avec un peu de tendresse "elle est mignonne avec son Britney, mais c'est vraiment de la merde".
Je balance un son de Grauzone (ex groupe d'Eicher), Eisbar (assez connu mais très différent de Britney), et là un des mecs vient me voir et me dit "c'est marrant, tu connais ce son? "
Moi, "Oui pourquoi, parce que j'ai mis beaucoup de Britney et de Gala?", lui "Ouais c'est bizarre que tu connaisses", Moi "l'un n'empêche pas l'autre"...
sauf que pour lui si, l'un exclut forcément l'autre.
J'ai aussi de la tristesse (et un poil de mépris même si c'est moche) avec ceux qui définissent ec que tu es avec un goût pris comme ça, sans admettre que les identités sont plurielles et parfois antinomiques. Et que c'est ça qui est beau.
Lequel Blade? ;-)

lunelo a dit…

@ Marie:Ah l'argent ....la culture de l'argent ;)
quand j'étais en agence, c'était un vrai Pb. on était hyper mal payé en début de carrière et les fils a papa entretenaient le système puisque leurs parents les aidaient notamment à payer leur loyer donc ils pouvaient être payé au smic et continuer d'avoir une belle vie insouciante.

Je grossis le trait bien sur mais il s'agissait des mêmes au lycée a de rares exceptions... je ne sais pas pourquoi mais les plus "cools" venaient de familles aisées, comme si l'argent apportait cette odieuse légèreté. oui je sais on peut être cool et pas friqué mais moi dans mon lycée c'était Beverly hills de banlieue
je croyais venir d'une famille plutot fauchée surtout que j'ai toujours eu des gouts de luxe a me casser sles yeux sur des trucs inatteignables et puis un été une niece bretonne de ma voisine qu is'emerveillait de ma chambre de mes affaires (sachant que niveau INSEE on etait niveau ouvrier qualifié)
a mon niveau j'ai compris aussi que j'avais chopé ce truc sans m'en rendre compte, ce truc qui fait que tu ne te rends meme pas compte de que tu as merci la societe de conso, qu ifait que tu juges les gens sur leurs actifs mais pas leurs actes, leur look mais non leur vision du monde etc....
inversement j'ai connu une fille de la bonne bourgeoisie parisienne qui elle avait une bonne nevrose de la pauvre petite fille riche... "je n'ai rien merité i lfaut faire ses preuves encore plus"

l'argent l'argent l'argent c bizarre tu n'es rien si tu n'as pas d'argent... a paris par ex c hyper compliqué deja rien que pour l'appart... sauf quand tu te retires du systeme totalement . certains le font, toc et tutti quanti.

sur la culture pop. le truc c'est qu'expliquer que toute production culturelle est le reflet d'un systeme tres elaboré avec ses codes son histoire etc ben ça fait vite geek..les gens pas concernés ou interessés sont vite largués.
Combien de fois je me susi enervée notamment sur des trucs de SF/anticipation ou de BD(sachant que je ne susi specialiste de rien hein) quand on m'expliquait que c'etait naze pas noble etc

j'ai fait le mooc transmedia et quand on parle des fans notamment il est question de cela

lunelo a dit…


[...]ton anecdote fait écho a la mienne. Je ne connais pas les groupes auxquels tu fais reference.Et ça me fait toujours marré je connais plein de groupes que personne connait et réciproquement
parfois je susi larguee car j'arrete d'ecouter de la musique et puis j y reviens
mais bien sur il y en aura toujours pour se la ramener en t'expliquant que tel truc est naze et pas tel autre.
cela fait un peu écho au synopsis du dernier film ou joue Emilie duquesne,non? la coiffeuse et le philosophe
Et en vérité on s'en fout que ça soit naze. On a le droit d'aimer plein de trucs différents, d'etre poly, des boules a facettes.
Quand j'étais jeune adulte j'étais en morceaux a cause de cela. Il y avait les pseudo élitistes avec qui j'avais des convers pontifiantes, les girly, les débrouilleux, les cultureux, je compartimentais mes relations comme autant d'échos a mes centres d'intérêts car je n'arrivais pas a trouver des personnes avec qui partager tout ça...est ce possible?


JE ne suis pas fan de Britney mais putain les trucs types toxic womanizer etc. je les trouve super efficaces, surtout en soirée pour bouger son boule...


blade OMG je sais plus pt être celui qui fait rigouler avec les mutants de l'espace... scenario impossible, crise de fou rire de toute la salle a chaque apparition des mutants façon alien resucé. Très bonne séance interactive... autant je déteste tous ces gens qui se permettent de parlera haute voix (encore ce week end pendant tout le film) téléphoner ou smser dans la salle autant la c'était de concert une ponctuation des scènes très drôle

j'ai pas encore tenté Dracula, la serie peur que ce soit une bouze tout comme true blood version mutant egalement....

Sherlock c'est pas mal effectivement ;)
" les identités sont plurielles et parfois antinomiques. Et que c'est ça qui est beau. "

oui c'etait mon bilan de cet été. Nous sommes fait de paradoxes, pétris de contradictions et n'arrivons pas a trouver la paix (enfin a mon sens) tant que nous ne l'acceptons pas pour nous et pour les autres.
mais j y travaille :)

lunelo a dit…

c terrible de se relire ou plutot de ne pas se relire. LEs iterations tout ça... pas tres stylistique mais j'ecris d'un jet...un peu diffus ;p

fo vraiment que je recommence a ecrire parce que hein....

sandrine (la relou) a dit…

@lunelo
que veux tu dire par "Apres on a le droit elitiste ou pas d'aimer ou pas et d'argumenter dessus"?
sur de nombreux points je suis d'accord avec toi et la "nécessité" de lire... quand je disais ceci c'était vraiment dans une idée que la lecture se doit d'être avant tout un plaisir tout comme écouter de la musique, aller au cinéma et le plus important d'être curieux afin d'affiner ses goûts, gagner en subtilité (peu importe que ce soit pour la littérature, ça marche pour tout j'ai l'impression). si j'ai pris les exemples de galvada, musso, proust c'est bien par ce que j'ai fait "l'effort" d'aller vers eux sans jugements (au départ) et me rendre compte que leur écriture ne me touche pas -car au fond ce n'est que ça la littérature, une histoire de prose, d'exercice de style avant d'être une histoire tout court. duras est pour moi le meilleur exemple à ça: les histoires sont toujours un peu "banal" mais la manière dont elle t'amène le truc fait que même un chat qui passe devant toi, devient un prétexte pour écrire et décrire le truc merveilleusement bien-. pourtant, des trois, proust sera toujours le grand gagnant stylistiquement parlant mais aussi parce que c'est plus classe à caser dans une conversation "j'ai lu proust... ouais c'est pas mal" que les deux autres.
toi et marie avaient très bien argumentez sur ce constat qu'on à toujours tendance à snobé quelqu'un quand il avoue une "tendresse" pour le cheap et une manière très condescendante de lui faire comprendre qu'il y a des choses plus "cultivée"(je suis une ancienne des beaux arts, je te laisse imaginer les conversations).
de plus, j'ai envie de croire que la littérature tout comme le théâtre n'est qu'une question d'habitude et peut être aussi des question "d'éducation" (je me méfie de ce mot car la culture n'a strictement rien avoir avec l'éducation,c'est de la curiosité, je répète étant donné mon milieu modeste je n'étais pas destiné à m'intéressée à ses choses, bref...). je remercierai toujours mes profs de français qui m'on donné le goût de la lecture et du théâtre, sur ce coup j'ai eu de la chance car vu la manière dont on nous vends le truc à l'école ça aurait pu être le contraire (fiche lecture, blabla etc)mais sans eux je n'aurai jamais découvert certains auteurs grâce à mon lycée de l'époque on pouvait assisté à cinq six représentations (alors oui, y a des pièces pff tu demandes qu'est ce que tu fous là -genre pièce de trois heure en russe sous titrée- et avoir l'occas' quand tu es gamine de voir au théâtre isabelle huppert c'est cool). la première fois que je suis allée au théâtre c'était pour roberto zucco (et je me suis pris une claque incroyable... le texte qu'on étudiait, la mise en scène, l'intimité du lieu bouffes du nord je crois,les acteurs. il s'avère que quelques années plus tard j'ai voulu revoir la pièce et j'ai détestée cette version, mais c'est le jeu avec le théâtre), et puis après occasionnellement j'ai gardé la curiosité de voir des pièces ... si un jour tu as l'occasion de voir incendies de wajdi mouawad la pièce de théâtre (tu peux voir le film, mais n'oublie pas que c'est une pièce ... quoique si regarde le film et imagine ça avec seulement une quinzaine d'acteurs sur scene c'est impressionant. je te promets que tu changera d'avis sur le théâtre). moi, j'y connais rien en danse opéra et tout ça mais je suis contente d'avoir eu la curiosité d'allé voir pina au cinoche ça m'a permis découvrir une chorégraphe dont je ne connaissais strictement rien.
bref, rester curieux

sandrine (la relou) a dit…

PS: je suis dans ma phase insomniaque c'est pour ça que je m'emflamme sur ton blog :)

anneso a dit…

Pour Pennac: dison que je n'aime plus trop ce qu'il écrit depuis quelques années,du coup,j'ai lâché l'affaire.

lunelo a dit…

@sandrine l'insom gniak
"que veux tu dire par "Apres on a le droit elitiste ou pas d'aimer ou pas et d'argumenter dessus"?"

je veux dire que je viens d'un milieu qualifié d"ouvrier superieur" par l'INSEE et qu on m'a souvent prêté des interets elitistes dans mon milieu d'origine comme dans des milieux plus aisés ce qui m'a toujours interpellé. Il m'est arrivé d'etre interessée par des choses réputées difficiles par gout, parfois par une forme de snobisme intellectuel matiné de candeur (cf education culture ascenseur social et tout le tralala, cette idee qu'il fallait muscler les gouts).
pourtant je susi pas miss france culture non plus hein et j'ai tendance a voir le verre plutot a moitié vide

mais si j'ai envie parfois de choses pas evidentes , pas main stream ben je le revendique ce que certains considereront comme elitistes meme si Marie comme moi sommes bien d'accord ça ne veut au final pas dire grand chose. mais comme je le disais je revendique le droit de voir des series Z ou des series tout court et des films d'auteur si ça me chante. Moi je veux tout!enfin presque
aujourd'hui je m'en fous un peu plus parce que je choisis mieux mon entourage, des gens qui n'ont pas forcement les meems gouts que moi mais qui ont en commun d'etre ouverts et cultivés (par cultivé j'entends egalement savoir faire pousser des patates je suis fille des villes et ça me fascine toujours les personnes qui ont des connaisssances en horticulure, agro ou autre)

je ne sais pas si tes remarques sur le theatre s'adressent a moi. plutot a marie, je dirais? isn it?

pour ma part je suis arrivee au theatre de la meme façon que toi par mes profs de lettres du lycee qui organisaient des sorties je garde un excellent souvenir d'une piece de 7h (ohoh huppert n'etait pas sur scene mais dans la salle ;) un vrai voyage. je me souviens m'etre dit que si je faisais un jour du theatre j'aimerais participer a pareille fresque. Mais j'etais poltronne et ne me suis pas pour autant inscrite à l'option theatre... J'en ai fait bien plus tard (meme si mon corps fait un peu c equ'il veut)

koltes j'aime bien
zucco je ne l'ai jamais vu jouer a chaque fois que j'entends le nom roberto je pense a la chanson de jeanne cherhal...anyway


les bouffes du nord...(*****etoiles dans les yeux) c'est mon theatre préféré meme si j'y vais peu

mouawad pour ma part je n'y arrive pas; j'ai vu 2 trois trucs essayer de lire littoral, ça m'a gavé sensation de deja vu de faussement cru alors que tout mon entourage theatreux me rabat les oreilles avec
meme si la personne m'est sympathique (j'etais venue l'ecouter lors d'une intervention a chaillot bien chouette)ben ça me parle pas (elitiste ;)

ah pina, c drole car je n'ai toujours pas vu un de ses spectacles (la supralooose alors qu'on peut meme trouver cafe muller notamment sur YT) mais c'est surtout que la dans j'ai du mal a la regarder sur un ecran

par contre le theatre ça me derange pas. une copine m'a fait decouvrir ce lien et c'est juste une tuerie

ça c'est un exemple http://culturebox.francetvinfo.fr/cloture-de-lamour-au-theatre-du-rond-point-149481
mais y a plein d'autres pieces^^

Marie a dit…

Pourquoi utilises-tu le mot "caste" ? C'est quelque chose de très spécifique.
Tu parles de classe sociale en vérité.

Tu pourrais lire un peu de sociologie ça pourrait t'éclairer sur ces questions.
Évidemment que la "culture" (comme on dit être "cultivé", parce que les objets populaires font aussi partie d'une culture au sens large) est une culture d'élite, et que ceux qui n'en font pas partie sentent bien que ce n'est pas pour eux. C'est un instrument de différenciation. Comme la manière de parler. De s'habiller. De consommer.