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14.2.14

VARIATIONS AUTOUR DE MA MODE

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C'est drôle d'imaginer que ce blog était à son origine un blog mode (uniquement) et de le voir maintenant.
Une des toutes premières fois où je m'étais aventurée à écrire au-delà du chiffon, avait d'ailleurs été accueilli dans mon entourage avec beaucoup de réserve.
Pas uniquement pour le changement de cap mais aussi pour le propos (l'histoire d'une fille qui couchait pour la première fois avec un autre garçon, si vous voulez le lire, il est Un autre texte que j'aimais bien aussi).

Sauf que maintenant, je ne parle plus de mode. Ou peu. Pour en dire quoi en même temps?
Mes avis sur la question, ma manière catégorique d'envisager la mode comme une quête de "dégaine" plus que de shopping n'a que très peu évoluer. En 7 ans, c'est toujours ce truc au-delà du vêtement qui m'intéresse.

Il y a une raison simple à tout ça. La mode ne me fait plus rêver.

D'abord la compulsion m'avait forcée à regarder le plus objectivement possible les raisons du dérèglement. C'est probablement le point de départ. Je ne l'ai plus envisagé que comme une contemplation du beau et comme une matérialisation de mon époque, mais aussi comme un symptôme. Un truc qui m'était, dans son excès, nuisible.
Alors c'est sûr que je n'étais plus aussi décontractée du truc. Mais il n'y a pas que ça. Ca c'est l'impulsion.

Avant même d'acheter trop (le shopping n'est de toutes façons pas une manifestation de l'amour de la mode,  on peut l'adorer sans acheter après tout) j'aimais la mode beaucoup et de loin. Elle me faisait vraiment bander parce ce qu'elle n'était pas accessible comme ça n'importe comment. Non, elle était fabriquée aussi pour me faire rêver, un truc de l'inaccessible.

Alors même que j'ai créé ce blog pour ne parler que d'elle (mon entourage n'était pas tellement concerné par mes interrogations autour du coton) je suis la première surprise de voir à quel point les blogs, et notamment le mien, auront réussi à ne plus me faire rêver et surtout à me lasser profondément de la mode (ou alors, vu qu'elle est vicieuse, ma mode du moment, c'est peut-être justement cette non-mode... Qui sait?)

J'ai longtemps rêvé d'un 2.55 de Chanel, d'une paire de Louboutin, de trucs trop beaux et trop chers. Des trucs qui, par leur simple existence, me faisaient plaisir. Je n'avais pas de certitude quant au fait de les posséder un jour mais dans le fond, était-ce le plus important?
J'ai entendu ma mère toute sa vie me dire qu'elle aimerait avoir un trench Burberry ou une petite veste Chanel, sauf qu'elle n'avait pas les moyens de se les offrir l'un et l'autre.
Ces objets n'ont de valeur en soi que s'ils ne deviennent nos propriétés ou peuvent-ils être tout aussi plaisant dans le désir pur? Je ne saurais pas répondre à cette question.

Ces objets, je les gardais en tête comme un truc "peut-être, si je peux, si j'économise", un truc de rêve.
Mais à force de les voir partout, souvent (l'internet fait ça, il rend normal l'inaccessible) comme ça, ils sont devenus pour moi petit à petit... banals. Toujours aussi chers mais plus du tout luxueux dans ma tête, j'avais l'impression qu'il suffisait d'un rien (l'oseille en l'occurrence) pour les avoir. Je sentais de moins en moins d'incarnation dans l'objet rêvé, il me rappelait à mes désirs normés alors même que je rêvais d'exception.

C'est sûrement la raison pour laquelle je me détache des vêtements.
Maintenant, je passe 1 minute montre en main à me saper. Je n'en reviens pas moi-même. Jeans / pull / t-shirt / pompes d'une simplicité excessive / pas de sac à main (c'est tellement relou). Et voilà... -__- 1 minute. Étrange d'avoir passé autant de temps à se changer dans ma vingtaine et d'en avoir autant rien à taper quelques années plus tard.

Ce n'est pas de la paresse, je trouve mon uniforme très simple mais j'essaie toujours d'être bien habillée (dans ce que j'estime l'être) . Il se trouve simplement que mes goûts en matière de "bien habillé" n'évoluent plus et qu'ils sont d'un ennui profond...

Je n'aime plus tellement les variations de la mode parce qu'elle est devenue plus que versatile, elle est devenue dévorante, le luxe n'en est plus un et ne me fait plus tellement rêver... Il est partout.
Le luxe n'a plus rien à voir avec le goût, il n'a à voir qu'avec des moyens financiers (l'abandon de son caractère rare peut-être aussi). Et puis la mode luxueuse n'est même plus devenue exceptionnelle, des pompes Prada ou un sac Chanel ont une durée de vie aussi limitée qu'un pull Zara.

Et je m'y perds un peu, alors en attendant d'y voir plus clair, je mets mon jeans et mon pull noir. Pas très rigolo, mais nettement moins chronophage. 

24 commentaires

Emi6 a dit…

Hello !

Tu as tellement raison !
Quand j'étais au collège, lycée, les marques "populaires" étaient Nike, Adidas, Temps des cerises, Lacoste... pour ne citer qu'elles.

Aujourd'hui, une décennie et des poussières après, ce sont les marques de luxe qui sont prisées par les ados.

Je me demande comment font les parents avec des moyens modérés pour offrir ça à leurs mioches ?!

Le luxe est devenu à la portée de (presque) tous. Dans un sens, se faire plaisir en s'achetant une pièce grand luxe hors de prix, pourquoi pas, mais comme tu le dis, la mode est trop versatile, toute tendance repart aussi vite qu'elle est arrivée...

Même si j'en avais les moyens, je ne pourrai décemment pas balancer des sommes exorbitantes dans un sweat par exemple, dont je me lasserai super vite, je ne peux pas psychologiquement.

Après dans une pièce intemporelle, pourquoi pas. Mais je me lasse vite aussi des choses en général.

J'aime bien me saper, mais je sais être raisonnable, enfin peut-être pas sur la quantité encore ^^

Bref, tes textes sont toujours criants de vérité, tu mets toujours le doigt sur ce que je pense dans le fond sans forcément savoir l'exprimer aussi bien que toi.

Des bises Marie.

Camille a dit…

Mais tellement Marie... c'est l'ère "bling bling" qui accumule, sans aucun charme...

bobette a dit…

Ton commentaire est touchant de justesse.Mon uniforme à 43 ans c'est le même que le tien. Alors parfois je me dis que je devrais faire un effort quand même. Mais mon pull est toujours joli/doux/confortable et je ne sors jamais sans boucles d'oreilles. Et puis clairement, ton article me fait plaisir aussi. Parfois je me sens aigrie quand je vois le prix de certains vêtements de blogueuses que par ailleurs j'aime bien. Est ce de la jalousie? Peut être. Je me dis "comment peuvent elles se payer des fringues aussi chères?" Quel est l'apport réel? Sont elles plus heureuse, je veux dire vraiment heureuse, au delà du plaisir immédiat? Elles n'ont jamais assez. Alors bien sûr pour moi, c'est vite réglé, mon achat le plus cher cette année c'est une parka ESPRIT soldée à 86 euros, achat que j'ai beaucoup réfléchi en plus. Mais 86 euros chez moi, c'est une grosse somme. Alors ma parka, je vais me lover dedans quelques années. Merci Marie.

Marie B a dit…

Salut Marie,

Nos pensées se rejoignent encore ici. Jamais deux sans trois du coup j'attends le troisième article qui fera tilter mon petit coeur !

En ayant lu ton article, je me demande si tu n'as pas pointé un truc assez important ! Tu dis à un moment "le shopping n'est de toutes façons pas une manifestation de l'amour de la mode, on peut l'adorer sans acheter après tout" et ça me fait dire : et si l'amour de la mode (celui qu'on voit sur les blogs entre autres) n'étaient tout simplement pas l'amour du shopping plutôt ? Genre les filles elles feraient passer leur compulsion d'achat par un amour de la mode ? Un espèce de compulsion masquée quoi. Je m'exprime mal (comme d'hab).

Et dans ce cas là c'est quoi l'amour de la mode ?
On confond beaucoup trop shopping et mode. Du coup je suis perdue.

Tu vois ce que je veux dire ?

Encore un commentaire pas clair, excuse me !

Bises
Marie

Aloxx a dit…


Salut Marie, attention je vais raconter tout ce qu'il me passe par la tête.
On a toujours été bien habillés quand on était petit à la maison, des couleurs accordées etc et je vois aujourd'hui ma grand_mère qui achète toujours des mignonneries à mes cousines/cousin. Après le collège c'est vrai que c'est les marques, je m'étais payé mes Air Max et j'étais fière comme une poule, au lycée on va dire habillé normal pas vraiment de look prononcé. A la fac, j'ai découvert les blogs modes, j'ai aussi bougé en ville alors que je venais d'un village et donc avoir H&M, NewLook etc à portée de main forcément on achète ce qu'il y a dans les magasins, achat d'un peu trop de trucs.
Aujourd'hui quand je regarde les photos, je vois que finalement y'a beaucoup de pièces que je porte depuis 4 ans environ, je les porte peut-être pas de la même manière mais je les aime toujours, je porte beaucoup de jupes (j'y cache mes cuissots et je trouve ça plutôt banal et pas sexy, un pantalon pour moi peut l'être 100x plus), beaucoup d'accessoires (gros bijoux) mais desfois je suis en sweat et jeans (ma tenue là depuis 2 semaines) et je m'y sens bien aussi. J'ai une grand mère qui met talons, bijoux alors que ma mère je l'ai toujours vu en mode décontract : jeans, haut et pas de maquillage quotidien, jamais de vernis etc. Les mamans toutes pomponnées m'ont toujours fait rêvé. Après je pense qu'on peut être aussi conditionnée par le métier qu'on exerce, le besoin d'être dans des fringues plus confortables que présentables par exemple.

Aujourd'hui je m'enfous, j'essaye de me plaire à moi, j'ai personne qui porte un style devant lequel je serai admirative, je vois jamais de look de blogueuse autour de moi et tantmieux. Mes copines les plus proches, ça ne les intéresse pas: les fringues et le maquillage. Du coup je peux passer un peu pour l'original "Ah mais ça se porte un collier et un sweat?". C'est peut-être aussi pour ça que j'apprécie justement les blogs qui sont un peu comme une bulle pour moi, quelque chose que je ne partage absolument pas avec mes amies.
J'arrive à ne pas acheter des fringues pendant des semaines et des semaines sans manque et d'un coup hop un code promo, un tour sur un site et BIM. Pareil si je me promène dans les magasins, je peux hésiter et 'allez c'est pas cher' direction la caisse. J'essaye de faire en sorte que ça ne m'arrive de moins en moins. (consommation inutile et aussi : plus de place dans ma chambre)
J'arrête mon blabla ici. ^^

aemi a dit…

je suis un peu comme toi, l'armoire de Béa johnson m'a fait comme un flash, un coup de bambou. Je connais son blog depuis longtemps étant moi même adepte du minimalisme. Mais voir le peu de vêtements qu'elle a, et elle, toujours hyper-bien sapée, je me suis dit: quoi? c'est possible?! (c'est ça le bon goût!) ça m'a motivée pour finir mon tri!
Et tu sais quoi? la veste chanel et les louboutins? si tu les avais, tu serais sûrement déçue: le truc sur lequel tu as fantasmé pendant si longtemps, quand ils deviennent réalité, ils en deviennent banal, juste réels. Pas drôles quoi.
aemi

aloÿse a dit…

Je pense aimer réellement la mode et plus encore le vêtement depuis l'époque où j'enfilais tes talons de ma grand mère pour regarder la ligne dans le miroir.
C'est vrai que mes attirances premières en ce qui concerne la mode ont beaucoup changé ces dernières années mais de la même façon que mon amour de l'art ou de la musique c'est transformé, a évolué pour être d'une certaine façon plus réfléchit.
Je me surprends à ne plus suivre du tout les fashion weeks mais à m'attarder sur l'allure d'une actrice dans un film, d'un personnage dans un roman.
Comme si avec les années la mode que j'aime était celle que je trouve, que je me crée parfois et non plus celle que le milieu de la mode (au sens large) cherche à me vendre.

Dauphine a dit…

Quand j’étais enfant, personne dans ma famille ne possédait ni n’osait rêver de posséder sacs ou vêtements de marque. Acheter du Chanel, par exemple, ce n’était même pas un rêve, c’était une idée très abstraite qui n’appartenait pas à notre monde. Nous n’étions pas pauvres mais à l’époque, le luxe était la chasse-gardée des riches et célèbres.

Mes désirs n’étaient ainsi pas « pollués » par les marques. Je rêvais d’un manteau en velours rouge avec une capuche et des manchettes rebrodées de noir ("pour faire aventurière, comme dans les films"), pas du manteau Bidule by Machintruc de la saison X à xxx(x) euros et soldé sur www.quelquechose). La simple perspective que ce manteau existe quelque part, même uniquement dans mon imagination, suffisait à me rendre heureuse et je ne ressentais pas le besoin, l’urgence de le posséder.Un t-shirt rouge, même planqué sous un pull, et hop, je m'y croyais!

Aujourd’hui, si l’on se fie aux listes d’envies qui fleurissent sur la blogosphère, les choses ont bien changé. Les marques et le marketing auraient-elles borné nos désirs et notre imagination ?

Lou a dit…

Toujours aussi juste dans tes propos... tu as lu "Luxe & co, comment les marques ont tué le luxe"? Pour moi ce fut une révélation. Une fois refermé, je n'étais plus compulsive. Je voyais tout ça comme du marketing pur et dur, rien d'autre. Je suis revenue à l'amusement dans la mode, et j'ai laissé tomber cette course aux vanités. J'ai une garde robe de plus en plus "mature", qui me correspond. Et je m'en fous des marques. Et je ne suis plus à découvert! Bon faut que j'écrive dans mon blog, mais je suis tellement flemmarde... Bisous Marie!

The Everyday French Girl a dit…

J'aime toujours autant ton blog (je sais, ça n'est pas très constructif, mais c'est le cri du coeur).
Bref, j'ai longtemps rêvé de Louboutin. Et puis j'en ai eues. Elles font mal aux pieds, donc elles restent sur mes étagères à chaussures, car ce sont de beaux objets, mais totalement inconfortables. Louboutin ne me fait plus rêver.
Une copine a le 2.55 (ou le Timeless clasdic) de Chanel, la lanière en cuir entortillée autour de la chaîne de la bandoulière n'arrête oas de se défaire.
J'ai le Stam de Marc Jacobs, mon sac de rêve, mon fantasme. Une partie s'est très vite abîmée. Heureusement, il était sous garantie et Marc Jacobs me l'a réparé impeccablement et me l'a restitué comme neuf. Il vieillit bien, joliment. Ce sac, j'en ai rêvé pendant plusieurs années, et, en le portant quotidiennement, j'avais peur de le désacraliser, mais, au final, il fait toujours swinguer mon coeur quand je le vois et quand je le porte.
J'ai eu un moment blogueuse à robe housse vers 2006, où je suivais la mode (sac 24h Darel, robes Maje, Sandro, Manoush, Bel Air...), mais ça m'a passé. Je me suis complètement détachée de la mode, si elle propose des pièces en phase avec mes goûts, tant mieux, mais mon obsession depuis cinq ans (et je sais que ça va durer), c'est de rester fidèle à mon style : rétro, girly, parfois un peu "film noir", conte de fées, et j'ai fini par me ficher royalement d'être HS vis-à-vis de la mode. Je fais déjà de très nombreuses concessions sur mon style pour le boulot (les joies de la fonction publique), alors je ne veux pas en plus m'encombrer des tendances.

Bon, sur ce long monologue, je te fais de gros bisous !

Jess a dit…

merci pour cet article et surtout pour avoir mis les liens aux deux autres textes (très beaux d'ailleurs)

comme toi dans un monde qui s'uniformise je cherche mon uniforme, ma dégaine, comme tu le dis si bien.
Il y a des marques qui me font encore rêver (Dries Van Noten par exemple ou Céline pour les vêtements, parce que c'est une féminité différente, pas sexy, un peu garçon manqué et en tous cas libre de mettre des manteaux oversized, des vêtements qui ne moule pas les fesses ou les seins, qui ne se résume pas à une féminité sexuelle) (ou Hermès pour leur travail du cuir et leur histoire) mais dans l'ensemble je suis lassée. ( je suis cassée, j'en ai plus qu'assez, l'ardoise est chargée...) (je m'égare)
j'aimerai que la mode soit traitée sous des formes plus variées, que la recherche de la féminité ne passe pas par la quête du cul parfait moulé dans un 36.
(parce que clairement le 36 je ne rentre plus dedans depuis la 3ème!)
et là je pense que la mode me fera à nouveau rêver.

une interview très intéressante de Phoebe Philo sur l'austérité
http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2013/09/20/phoebe-philo-met-l-austerite-a-la-mode_3481276_1616923.html

allez bon weekend la chic fille!
x

mf a dit…

Belle réflexion.
En soi les marques de luxe ne m'attirent pas ( alors que je pourrai me le permettre un tout petit peu), je n'aime pas vraiment la mode, mais plutôt le style et surtout "mon style". J'aime faire les boutiques, mais j'achète rarement sur un coup de tête.J'ai décidé il y a quelque temps que l'acte d'achat était aussi important que l'objet visé, voire plus. Je m'explique : si ma journée ne se déroule pas comme prévue (contrariété, indisponibilité d'esprit, etc.) et que j'avais réservé cette plage horaire pour m'offrir un "bien" qui me plaisait, je reporte le plus souvent l'achat - quitte à ce que ce bien ne soit plus disponible.En effet, ma mauvaise humeur, ma déconvenue, des soucis professionnels etc. viendraient affecter à la fois l'acte d'achat d'une part, et d'autre part, aussi paradoxalement les qualités intrinsèques de l'objet désiré, qui du fait ne l'ai plus vraiment.
Dans l'achat des vêtements et autres accessoires, je recherche de la valeur ajoutée "plaisir" et "esthétique" afin que cet acte ne se résume pas à un simple acte de prise de possession. De même, je suis prête à me passer de vêtements "besoin" - tout est relatif- en différant l'achat, si je ne peux réunir des conditions satisfaisantes dépassant la question de la propriété.
De ce fait, mes achats se raréfient, mais j'en suis pleinement satisfaite, car à chaque fois, ils sont aussi liés à un souvenir agréable. Par ailleurs, je ne souffre plus de la culpabilité post-des achats prétextes censés nous réconforter, mais qui ne font que nourrir notre mauvaise image de soi.
Au plaisir de te lire "chic fille"!

petitprunier a dit…

hey :-)

je me demande si ton desamour de la mode ne vient pas aussi en grande partie aussi d un cheminement "naturel", qui a plus à voir avec ton evolution en tant que personne, avec des aspirations differentes au fil du temps qui passe et que s accumulent les experiences.
dans ce que tu as ecrit, j ai le sentiment que tu mets ce changement de cap et d envies sur les bouleversements qu a subi le milieu de la mode et du luxe ces dernieres années. c est quand meme minimiser le travail que tu as fait sur toi et la capacité que tuas, que chacun a, d evoluer vers des attentes differentes. parmi lesquelles peut figurer un besoin de se recentrer sur l essentiel. et dans ce cas, blog mode ou pas, fashion victim ou pas, ancienne addictive ou pas, l ecoeurement face à la consommation excessive, au luxe ostentatoire, à la fois pretendûment accessible à tous mais finalement de plus en plus segmentant, et à la frenesie de renouvellement de la sape, arrive un peu comme une evidence.

de facon plus simple et moins sur-(?)conscientisée, peut etre qu'aujourd'hui,tu ne vois plus dans cette mode la colonne vertebrale qui te maintenait debout et la substance dont tu pensais manquer? et que ca te laisse la liberte de t en affranchir?

j ai un peu de mal à mettre tout ça en mots clairs et nets, pardon

en fait, ce que je constate, c est que, ayant eu un rapport compliqué à l'apparence et aux sapes, aux dépenses inhérentes, à la non frustration, à la pulsion, etc, j ai eu trop souvent tendance à ne voir dans chaque questionnement ou positionnement nouveau face à ces trucs une consequence directe de ma "rehab". alors qu au final, ces comportements changeants n etaient que symptomatiques d un travail et d une (r)evolution plus profonde de ma personne.
exactement comme le disait Ma. dans son com sur le post precedent : quand on s est defini trop longtemps par rapport à un truc "deviant", qui prenait toute la place, c est tres ardu de se persuader qu on peut etre -qu'on EST- autre chose, autrement. du coup, tout changement de cap,tout comportement émergent qui tend à s éloigner de cette definition qu on a de sa propre personne est vu uniquement au travers de ce prisme.



bon chais pas si c est beaucoup plus clair ^^


je t embrasse biche (et j en profite pour te demander d excuser toutes les fautes de frappe du com que j ai laissé sur ton post précédent... vive les claviers de smartphone et l ecriture predicitive)

Gaëlle a dit…

Salut Marie,

A chaque fois que je te lis, je me dis qu'il faut que je commente, mais pfuit, la flemme. C'est que c'est dur écrire après toi !
Je partage beaucoup de tes réflexions, notamment sur la consommation, ayant également connu certaines de tes affres.
Moi aussi, je regrette ce rapport au précieux et à l'inaccessible que j'entretenais avec la mode et le luxe autrefois. J'essaie d'y revenir, car c'est quelque chose que je veux transmettre à mes enfants : le goût et l'envie de rares et belles choses.
Bon, c'est court et un peu réducteur... A+!

Camille a dit…

Y a un truc dans notre société qui dérègle le désir. Ça le fait pour la mode, la bouffe et plein d'autres domaines j'imagine encore... On ne sait plus saliver, on ne sait plus vivre avec le manque. on ne connaît pas peut-être la promesse de quelque chose de meilleur. Nous sommes dans un état de dépendance qui annihile bien des trucs au plus profond de nous-même. Aujourd'hui on a peut-être (ou pas) atteint la paroxysme de cet état et je ressens chez beaucoup le besoin d'en sortir, une quête de sens. Renouer avec la saveur des choses, tout toxicos que nous sommes. J'ai entendu une émission intéressante sur les paradis artificiels qui bien que partant de la toxicomanie réelle nous apprend des choses sur nous tous : http://www.franceculture.fr/emission-pas-la-peine-de-crier-artifice-25-aux-paradis-artificiels-2014-01-07

Cécile a dit…

Mon uniforme, c'est jean ou mini-jupe/tee-shirt et boots...
Mais le drame depuis maintenant qq mois, c'est que je bosse dans un environnement très "corporate" où c'est formellement banni. Me voila obligée de porter des pantalons, des jupes plus longues, des vrais escarpins. Au dela du fait que je ne peux plus aller vers une simplification de la garde-robe (obligée de doubler MES fringues et mon uniforme de la semaine), je me sens déguisée en permanence.
Oui, je sais, cela n'est pas franchement le propos de ton article, mais comme à chaque fois que je te lis, il m'a fait réfléchir.
Merci de me faire réfléchir! ;)

Cynthia a dit…

Hello Marie..
Merci pour le retour en arrière sur tes deux anciens posts..ça m'a refait la même chose que la première fois que je les ai lue..bluffé!!!
Je t'avais précédemment parlé de mon souci de croisées qui avait pas mal chamboulé ma vie..parallèlement je vivais une histoire "d'amour?" avec un homme pour qui la mode, les marques..le cliché de la fille en tailleur et Louboutin étaient très important.Après plusieurs tentatives ratées j'ai fini par réussir à le quitter.Évidemment pas seulement pour ces raisons là, mais autant j'éprouvais de l'amour pour lui, autant je sentais que cet amour n'étais pas bon pour moi, car il m'éloignait de ce que je suis réellement.Dans mon apparence aussi.Et puis il y a quelques semaines j'ai commencé a enchainer les petits bobos, allergies, insomnies prise de poids.Et là,j'ai décider de rompre, c'est difficile quand on aime..mais c'était vital pour moi.J'ai dans la foulée annulé mon injection de botox et..l’opération pour avoir un Bonnet C.Et ce week end, j'ai viré de mon dressing vêtements , chaussures sacs que j'avais entassés ces deux dernières années.J'ai fait venir les copines qui se sont servis..ravies.Et moi je me retrouve avec un dressing quasi vide à part quelques jeans t-shirt et Converse qui ont échappés à son tri à lui.Désolé de m'être être éloignée du sujet de ton post" la mode".Ce que je voulais expliquer, c'est que la mode, j'étais en plein dedans, et je m'y suis perdue.Je t'embrasse Marie.

Anaelle a dit…

J'en ai un peu marre aussi de ces marques et surtout du commun des mortel qui se les achete comme si c'était normal.. Et qui m'a introduit ces marques. Une doudoune à 700 euros?!? Ah oui une montcler! Mon quoi? Din vahn quoi? Red line? Okay j'ai du loupé un train, j'en étais rester a Jérôme Dreyfus et Swarovsky. Ça n'empêche pas que je rêve d'un sac de marque que je devais m'acheter pour mes trente ans. Que je n'ai pas car je ne l'ai pas trouvé. A la place j'ai pris un sézane. Pour dire aussi un gros merde à tout ces Céline et autre. Enfin comme tu dis.. C'est devenu trop normal tout ça.

JujuK a dit…

Hé bien moi, ça fait des années que je rêve de pouvoir m'habiller simplement, rapidement, et parfaitement. De n'avoir QUE des choses qui me vont, tant pis si c'est un peu ennuyeux, répétitif, austère.... J'ai commencé une épuration de mon dressing (lentement mais sûrement), un vrai cheminement, et le matin je mets moins de temps à m'habiller, et je suis toujours satisfaite de la façon dont je suis habillée, pour une seule et simple raison : c'est moi, ça me correspond.

Mais je digresse, pardon.
En tout cas ton article est (comme toujours) très intéressant, tout comme les 2 anciens articles que tu cites et qui sont très beaux (je ne les avais jamais lus, ne te suivant pas depuis assez longtemps...)
Belle journée à toi

Marie a dit…


Emi6: Merci pour ton com…

camille: exactement!

bobette: ahahah non ce n’est pas de l’aigreur, juste une interrogation. Quant à la relation entre le prix des vêtements et le bonheur, non, c’est sans rapport ;-)

Marie B: Ah oui ça je maintiens, la plupart des blogs dits « mode » sont des blogs shopping.
C’est sans rapport même…
L’amour de la mode c’est apprécier le beau le bien habillé et pas forcément pour soi, dans l’absolu!
Bise

aloxx: Merci pour ce commentaire…
Avoir des copines qui s’en tamponnent de la mode, ça aide ;-)
Bise

aemi: je ne lis pas son blog… mais je vais y remédier!

Aloÿse: Il s’est affiné, c’est ça?

Dauphine: C’ets très intéressant quand tu parles d’idée abstraite…
et ton détachement sur les marques et les « envies » préfacées, très intéressant.

Lou: Non jamais. Je vais regarder, merci!

The Everyday French girl: Merci <3
Tu t’es trouvée… Les Louboutin font mal aux pieds? ahahah tout ça pour ça

Jess: Merci.
Dries c’est vraiment la classe je suis d’accord (Céline aussi, mais j’ai comme un doute sur l’ultra mode derrière tout ça… Je me demande ce qu’il en est de la profondeur des vêtements, vont-ils résister au temps? dans l’idée pas dans la résistance des tissus ;-))
Merci pour l’article.

mf: Tu sais que les indiens ne fument de la drogue que s’ils vont bien. Jamais s’ils ne se sentent pas bien. Cette histoire d’acheter quand tu vas bien m’y a fait penser, c’est très intéressant pour être sûr d’être dans une « bonne démarche ».


petitprunier: C’est pas impossible, peut-être je la vois comme suspecte maintenant. Notamment dans son aspect le plus versatile…
Encore merci de partager ici ton cheminement (il m’aide beaucoup à y voir plus clair).
je t’embrasse

Gaëlle: je suis d’accord avec toi, le beau et le rare.
Bise

Camille: Saliver… Hum, intéressant, désirer.
Ton commentaire est hyper intéressant.

Cécile: Non je comprends ta blasitude (sic).
Bise

Cynthia: Tu me lis depuis si longtemps?
C’ets vrai que c’est une partie immense de notre identité. Je comprends ta gêne!
Je t’embrasse Cynthia.

Anaelle:Trop trop.

JujuK: Bien sûr qu’on met moins de temps… Vidée, l’armoire est optimum

Jess a dit…

Je pense que les classiques Céline vont résister au temps, les pantalons ultra bien coupés, les manteaux, les pulls, les chemisiers....
euh par contre les birkenstock à fourrurre... c'est comme toi... j'ai comme un doute!

have a nice day!

Cynthia a dit…

Coucou Marie...wii je te lis..ben depuis tes débuts en fait..et puis y a certains points en communs, le baskets etc..au début tu vivais encore dans l'Est..pas trop loin de chez moi..je me souviens..on s'est jamais vu, y a eut des occasions ratées notamment les photos que t'avais fait à l'époque pour coconut wool.T'es un peu comme une cop's virtuel pour moi. Bises

RoxaneG a dit…

Salut Marie,
Ca fait un petit moment maintenant que je lis ton blog avec un plaisir (un peu) dissimulé, puisque commentatrice de l'ombre! Mais c'est devenu un rendez-vous incontournable de chaque matin qui se respecte… pour les commentaires, j'ai toujours plein de choses à dire en lisant, et puis après... que dire après toi? C'est toujours si juste, si intéressant, équilibré, plein de doutes et de contradictions mais surtout ouvert sur le champ des possibles.
Bref, merci pour ça.
Je me permets de te contacter parce que ton regard sur la mode m'intéresse particulièrement. C'est une question aux allures très simples et peut-être y prendras-tu du plaisir à y répondre, en tout cas je l'espère! Si tu pouvais créer une nouvelle marque de vêtements, quelle serait-elle? Qu'est-ce qu'il manque dans l'univers de la mode actuellement? Le truc un peu farfelu, voire complètement absurde mais que tu trouverais génial? (on peut aller loin… des pantalons pour unijambistes…une ligne de vêtements uniquement en jeans, ça peut être des chapeaux ou juste des chaussettes, pour femmes/hommes ou enfants ou les 3… pour partir sur la lune, pour pour pour… tout est permis!)
Bref si ça t'inspire quelque chose et que tu as 5 minutes, ça me ferait très très plaisir (je réalise une étude de marché sur la question pour mes cours…)
D'ailleurs si des lecteurs/lectrices se sentent concernés, feel free!
MERCI beaucoup.
Joie et amour.
A bientôt.

Anonyme a dit…

Très bel article. Je suis tombée par hasard sur ton blog que je n'avais pas lu depuis très longtemps...3 ans peut-être...Je n'était pas partie sur une île déserte...J'aime ton cheminement. Je n'en suis pas encore là, mais je progresse...
Tes articles sont toujours si bien écrits.