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10.10.13

ADÈLE, ADÈLE, ADÈLE...

Adele-Exarchopoulos-Cannes

ANA TIJOUX, 1977

 

✔ Alors finalement à force d'avoir entendu (trop) parlé de La vie d'Adèle, film d'Abdellatif Kechiche, j'ai hésité 3 secondes avant d'y aller... Et puis finalement hier, devant un pot de pop-corn (ouais la conasse pop-corn au ciné que t'as envie de traiter, c'est moi) je me suis laissée faire... Je ne vais sûrement pas faire un texte construit, juste deux ou trois trucs que ce film m'a fait.

✔ À force de battage, tu te dis que le film n'est pas à la hauteur de tout ça, forcément... Et que déjà il te gonfle... Tu l'as déjà vu sans l'avoir vu, hein?
Non, en fait t'as rien vu...

✔ Comment ça peut être Léa Seydoux en couverture de tous les magazines de France et de Navarre?
Adèle Exarchopoulos est exceptionnelle dans ce film.
Elle y est omniprésente, remplit chaque plan de sa grâce, de son naturel...
Vraiment, Seydoux, bien que ça ne soit pas comparable, y est quasi anecdotique dedans tant Adèle est incroyable. Si star il doit y avoir dans ce film, de celles qui font les couvertures, c'est elle... De très très loin!

✔ Le film a pas coûté cher en kleenex... C'est un peu crawouède des fois, mais au moins ça fait vrai... Bon un petit mouchage dans une manche n'aurait pas bouleversé l'histoire ceci dit...

✔ Si ça se trouve la pire phrase qu'on peut s'entendre dire quand on se fait larguer ou desaimer c'est "J'aurai toujours une infinie tendresse pour toi..."
-__-
Non mais c'est pas possible comme ça brise le coeur ce genre de phrases!

✔ Il y a un peu de Clémentine (Eternal Sunshine of The Spotless Mind)  dans le personnage d'Emma (Léa Seydoux)... La couleur des cheveux comme repère temporel!

✔ Oui les scènes de cul sont longues et explicites.

✔ La scène où Adèle croise Emma pour la première fois dans la rue est ahurissante. On ne voit qu'Adèle, les yeux d'Adèle et on comprend, même si on ne l'a jamais vécu, ce qu'un coup de foudre fait... Elle l'aime à la seconde où elle la voit!

✔ C'est aussi et surtout une histoire de classes sociales ce film... De ce point de vue, les clichés sur les artistes (les discours sur la morbidité dans la peinture d'Egon Schiele ou les clichés philo sur l'existentialisme sartrien par exemple) m'ont mise un peu mal à l'aise... Trop entendu, non?

✔ La beauté de ce film. La beauté d'Adèle. Le contemplatif, ma passion...

✔ 3 heures peuvent parfois durer 25 minutes quand c'est beau.

✔ Au vu ce qui se passe autour du film, Léa qui se plaint d'Abdellatif Kechiche qui réplique comme un saligaud en expliquant qu'il aurait préféré qu'une autre fille tienne son rôle, Léa qui jure de ne plus jamais bosser avec lui. Sale sale sale!
Les revendications des techniciens...
En regardant  La vie d'Adèle j'ai aussi un peu culpabilisé d'aimer...

✔ Après j'ai pensé que j'aimais Clouzot et Pialat et là je me suis sentie comme un monstre... (Moins Kubrick, me voilà presque rachetée...)

✔ C'est très beau La vie d'Adèle, ça filme la relation amoureuse absolue, mais ça filme aussi et surtout une fille, dans tout ce qu'elle est. Absolue.

Allez salut à demain.

Je t'embrasse.

13 commentaires

Jade Cactus a dit…

tu me donnes envie de le voir, juste pour cette Adèle Exarchopoulos. Comme je suis loin d'entendre tout ce qui se dit, dont les polémiques, je vais le voir avec l'esprit vierge :)

laparisienne a dit…

Bravo, tu devrais être critique cinéma, tu as ce don de donner envie c'est juste l'hallu !! d'ailleurs , je dis pour le ciné mais el nombre de trucs que j'écoutes/lis/regardes après t'avoir lu, tente ta chance aux inrocks' le jour où tu voudras te convertir ;-)
J'ai aussi été agacée par cette polémique entre Léa et Abdel, ajoutons à cela les heures de travail sup' non réglementaires mais il s'agit juste ( d'essayer ) de s'extraire pour juger l'ouevre, et ap sle reste. Vivement que je le voies !!

Juliette a dit…

Je savais que je pouvais compter sur toi ! J'attendais ce billet depuis hier et voilà, tu me combles. Parce que ce film, j'en suis dingue, vraiment, ce n'est pas sain du tout. Le Bleu est une couleur chaude est une BD qui m'a tellement émue, je me souviens de la première fois que je l'ai lu, et ensuite, dix fois, vingt fois... Quand j'ai su que Kechiche l'adaptait, la fête ! Et que Léa Seydoux jouait dedans, l'absolu ! Et ensuite, Cannes, la palme, les joues mouillées, la révélation de la beauté d'Adèle qui depuis me hante... Je suis de celles qui ont lu et vu toutes les interviews, je pourrais faire la promo à leur place, je sais tout du film. Et vendredi dernier, à l'avant-première, je savais que je ne pouvais pas être déçue. Et ça n'a pas été le cas. Je suis sortie de la salle comblée mais vidée, en mal d'amour, un état qu'aucun film ne m'a fait ressentir auparavant (mais je n'ai que vingt ans, je ne jurerai pas que cet avis est immuable). Ce film rend amoureuse, vraiment, des deux actrices, des deux corps, des deux personnages, tout est confus. Je savais que j'aimais aussi les filles, mais pas à ce point ! Je suis vraiment passionnée d'Adèle Exarchopoulos, comme jamais je ne l'ai ressenti pour quelqu'un que je ne connais pas personnellement. Je voudrais la connaître, mordre son cou, vivre avec elle, je pense que c'est ça, l'envoûtement. J'ai l'impression que jamais de ma vie je ne vivrai une passion comme celle que l'on voit sur l'écran, et que jusqu'à ce moment où je pourrai y accéder, ma vie sera fade. Tout me paraît terne, je suis mélancolique, je n'attends plus rien que l'amour. Je l'ai revu hier matin, à sa sortie, et ça m'a fait le même effet. Larmes, jambes qui me tiennent plus en rentrant après la séance, ventre noué et coeur gros. Je sais que j'irai le voir quatre, cinq fois, jusqu'à la fin de sa diffusion. Je n'arrive pas à m'abstraire de ces corps, de ces regards, de ces bouches surtout. Je voudrais me noyer dans celle d'Adèle, je crois que je n'ai rien vu d'aussi beau. Je pourrais aimer quelqu'un juste avec une telle bouche.
J'épuise mes amis et mes followers, on ne me supporte plus, on veut faire une intervention pour que j'arrête d'en parler mais ça me hante tellement. Ca doit paraître absurde mais visiblement on peut tomber amoureuse d'une histoire ?!

Anonyme Amande a dit…

c est touchant ce qu a ecrit Juliette au dessus ;-)

Bon comme tu le sais je n attends que de le voir, ce soir eventuellement il passe a 20h a luxembourg et ca serait faisable, mais je prefere le voir un jour ou je serai dans de bonnes conditions et pas archi defoncee de fatigue.

J ai entendu la derniere itw d Adele E sur france inter avant hier, en bagnole en allant bosser, et rien qu a sa facon de s exprimer on sent a quelle incroyable actrice on a a faire. J etais tellement pendue a ses levres que j ai enfile le casque en plein open space au boulot pour l ecouter encore sur le web...!

Je pense qu on sacralise Lea Seydoux car elle a aussi une grosse actualite cine en ce moment, et puis ca doit probablement faire partie de son plan media...
Apres que le film fut dur a realiser, pour les techniciens, les acteurs et sans doute pour Kechiche aussi, perso ca ne me choque pas, on parle d art pas de taff en usine et certaines oeuvres, communes, meritent un peu de sang et de larmes car elles vont bouleverser une generation...

Bon Amande tais toi un peu et reviens quand tu l auras vu ;-)

Kiss cool

Camille a dit…

Bon, quand est-ce que je trouve une baby-sitter dans mon bled pour aller un peu au ciné ?

judith a dit…

J'ai été passablement gonflée par le "scandale" autour des révélations concernant les conditions de tournage du film. Kechiche, comme tous les artistes que l'on connaît et que je connais (ceux qui sont des artistes au sens fort, c'est à dire qui ne sont qu'artistes) est certainement plus ou moins siphonné; en tout cas totalement dévoué à son art - et donc nécessairement tyrannique (et l'on s'étonne, comme si c'était là une chose nouvelle!) Mais ce qu'il extrait de ça... c'est du domaine du merveilleux. Ses actrices, ses équipes sont maltraitées, mais sécrètent en retour du sublime. Les plus belles choses créées par l'être humain, ses plus fabuleuses réalisations, ne sont malheureusement jamais nées du terreau de la démocratie! Il en a fallu des esclaves pour construire les pyramides, les cathédrales... C'est une idée difficile, insupportable peut-être dans un état de droit comme le nôtre, mais c'est une réalité.
Sauf que chez l'acteur, c'est un asservissement volontaire. Sa position, c'est l'acceptation d'être objectivé par un metteur en scène. Il a choisi cette forme particulière de masochisme pour être son métier, sa vie. Alors on a le droit de dire que c'était affreux, le droit de ne plus vouloir rebosser avec un mec pareil (les techniciens, notamment, dont le boulot ne consiste pas à accepter d'être pressé comme un citron), mais je n'irai pas manifester à leurs côtés... et n'aurai aucune crise de conscience à aller voir le produit de cet "esclavage" - qui sera, à n'en pas douter, un bijou.

velouria a dit…

en lisant tes derniers posts (adèle, cat power), je me disais que pour moi, c'est plus souvent les artistes féminines qui me faisaient triper que les hommes mais j'ai pas vraiment d'explications là dessus. Voilà..Sinon,passe le bonjour aux rémois et aux lorrains d ema part, j'y retourne aussi bientôt

Anonyme a dit…

@judith Non,non,un "génie" n'est pas forcément tyrannique,odieux et n'est pas obligé de maltraiter ses techniciens,de les exploiter et de les mépriser!Nombre de grands réals n'ont pas cette réputation!
Le code du travail s'applique même aux génies...

AS

Ninie Pouce a dit…

Depuis que j'ai vu la bande-annonce, je n'ai qu'une envie : voir ce film. J'ai un peu peur que ça me bouleverse.

judith a dit…

@Anonyme: Je persiste... J'ai trouvé cet indignement collectif bien prude et hypocrite, typique de notre époque prompte à s'indigner qu'une poignée de metteurs en scène fasse faire les 3 huit à leurs équipes, mais qui revendique pour tous les autres le "droit" à bosser le dimanche...
Je ne dis pas que c'est acceptable, ni même tolérable (les techniciens ont eu raison de se plaindre): je dis que c'est oublier que l'art échappe, qu'on le veuille ou non, à ce qui est socialement acceptable et réglementé - et c'est bien ce qui fait l'art.

Anonyme Amande a dit…

J ai enfin vu le film et je suis revenue sur ton post et les comm du coup.
Je suis totalement d accord avec ce qu a ecrit judith plus haut pour les comm, et avec tes impression a toi Marie.
Et effectivement quand je vois l oeuvre qu ils ont tous creee ensemble, techniciens, acteurs, portés par l exigence de Kechiche, je me dis que ca valait malgre tout le coup, tant le film est fort et restera.

Anonyme Amande a dit…

Mon mec en revanche le considere comme un grand film, mais pas comme un chef d oeuvre, en dehors d Adele (heureusement que je ne suis pas jalouse ;-)) dont il m a lourdement vante la beaute, il a surtout aime les scenes de manif, d anniversaire qui ancrent le film dans la realite. On a aussi debattu sur l adolescence, ce film en parle tellement bien, de facon transgenerationnelle en plus (t as vu, pas un seul smartphone visible...) voir interculturelle (des amis italiens sont alles voir le film sans sous titres et ont ete touches et conquis), bref de afcon + perso ca m a fait repenser a moi a 16 ans, a mes questionnements, a ma vocation ratee, ca m a rendue tres tres nostalgique, melancolique meme.

Voila :-)
Bisous

Awaeeya a dit…

J'aime beaucoup ta critique du film. J'ai été mitigée en sortant du cinéma, et je ne sais toujours pas si j'ai aimé ou pas.
Car je les ai senties les 3h, j'en avais un peu marre à la fin. Mais Adèle est sublime ! Nous sommes d'accord dessus... (quoi que, Un détail qui ma 'frustrée': elle ne se mouche jamais et dès qu'elle pleure il y a de la morve partout... Merci !)

Il y a un point que j'ai trouvé décivant: autour du personnage de Léa, qui est une artiste, et qui, à la fin, expose dans la galerie qui "expose la crème de la crème" dixit le film.... Et au final, je (et une amie qui était avec moi) n'aime pas du tout le choix des tableaux ! Je n'ai pas aimé ce style, on a trouvés que cela cassé toute crédibilité du personnage. Ca n'est qu'un détails vous me direz, mais cela à cassé un truc je trouve. Quand on parle d'un perso qui dessine sublimement, qui est une bonne artiste, on ne s'attend pas à ce genre de tableaux.... Voilà.
En tout cas cela m'a donné envie de tomber immédiatement amoureuse d'une personne croisée aux hasards de la rue !