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27.3.13

GIRLS 2

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Ne vous fiez pas uniquement à tout la branchouillerie qui entoure la série Girls depuis qu'elle est sortie (les filles ont notamment fait une série photo prise par Theo Wenner (l'ex chéri de Liv Tyler que j'aime beaucoup) pour le Vogue Us). La saison 2 qui a repris en janvier n'est pas des plus "confortables" (et s'est terminée la semaine dernière mais j'avais commencé à écrire ce post avant... Back to the future, Marty tout ça!)

J'étais vraiment ravie de retrouver les 4 filles, leurs mecs imparfaits, leurs névroses plutôt "rigolotes" et "légères" et leur appartement new-yorkais mal décoré.

Pourtant les premiers épisodes ont été un peu éprouvants.

Ce que j'avais trouvé lucide mais lumineux dans la première saison se transformait petit à petit en un truc foutraque et un peu gênant (voire glauque n'ayons pas peur des mots).

Observer le quotidien de cette jeunesse me mettait de plus en plus mal à l'aise.

SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. SPOIL. 

Hannah et les autres ne vont pas très bien dans cette saison 2. Elles font des trucs encore plus étranges et se retrouvent dans des situations de plus en plus ingrates (voire humiliantes).
On est loin, vraiment loin, de la prétendue grâce de la vingtaine.
Plusieurs fois, à la fin de l'épisode j'ai eu envie de ne plus regarder, que ça me mettait trop mal à l'aise et puis finalement, l'habitude aidant je suppose, je regardais le prochain et le prochain et le prochain...

Depuis 4 ou 5 épisodes (précisément depuis l'épisode où elle passe quelques jours avec le médecin dans son super appart') il y a eu comme un basculement, en tous cas, je ne sais pas si je me trompe, j'y vois comme une organisation du propos.

Hannah va hyper mal. Elle a enfin l'opportunité de ses rêves, on lui propose d'écrire un livre (un ebook précisément). Sauf qu'elle est de plus en plus angoissée (par la perspective de réaliser son rêves et des conséquences que cela implique mais aussi pour d'autres raisons plus affectives développées dans cette saison). Elle redevient ce qu'on comprend qu'elle était il y a quelques années, atteinte de graves troubles compulsifs.
Ce qu'on prenait dans la première saison pour de gentilles excentricités de caractère se révèlent être des choses beaucoup plus lourdes que ce qu'on avait imaginé.

Elle est hyper fragilisée et on la sent de plus en plus dépassée (jusqu'au final).

Je sais ça a dû être fait avant Girls, sûrement même dans d'autres proportions, dans une autre intensité, probablement de manière moins égocentrée (quoique, dans une certaine mesure, le travail de Lena Dunham me fait penser au travail que faisait les réalisateurs de la nouvelle vague (Rivette par exemple) mais il se trouve que je suis assez impressionnée par cette série. Impressionnée par son mélange "branchouillerie" de façade et de son fond d'âme un peu plus crasse.
Impressionnée de voir Hannah se mettre aussi peu en valeur (à l'heure des moues boudeuses sur Facebook, moi y compris, ça m'interroge vraiment sur la valeur de mon narcissisme et de son absence de recul, parfois. Pas toujours mais parfois!). Même si c'est une série qui se veut plutôt à succès, elle n'hésite pas à jouer avec un sentiment que je n'avais jamais trouvé télégénique, la gêne.
Ce n'est pas une série difficile, plutôt une série "girly" (son nom merde!) qui parle de ce qui se passe chez plein de filles (moi y compris), des trucs un peu plus crasses, un peu moins fardés, des trucs auxquels on pense avec un mélange de honte et de gêne et dont on ne parle pas...

Je suis ravie que Girls parle de tout ça. Climax lors de sa séance chez un psy où là, d'un coup, si t'es un poil névrosée, tu sais que t'es vraiment pas seule avec tes étrangetés d'esprit (celles d'Hannah sont quand même hard). Que quelqu'un en parle sur HBO, situe l'histoire à Brooklyn avec ses rues fantasmées pour l'européenne que je suis, ses cafés trop mignons et tout un tas de gens à lunettes carrées ingrates mais super cool qu'on peut trouver dans les pages de Nylon, qu'elle dise les choses avec autant de dureté, sans réelle complaisance ça m'a, dans une certaine mesure, rassurée...

Parce que Girls parle de ce dont on ne parle pas souvent...

Love.

Love.

Love





14 commentaires

Gold Griot a dit…

La seule "critique" sur cette série qui m'ait jamais donné envie de la voir jusqu'à maintenant.
Et pourtant Dieu sait qu'on en a remâché...
Je vais donc regarder de ce pas.
Merci Chic Fille!

Anonyme Amande a dit…

Je fais partie de ces gens devenus rares qui ne regardent pas de serie... Je suppose que c est aussi parce qu au moment ou ce phenomene a explose, je venais de devenir maman et je n ai plus eu le temps de regarder la tele, et puis je vivais avec un mec pas branche sur le sujet, et n etant pas du tout geek, je n ai jamais telecharge quoi que ce soit, a part de la musique...

J ai suivi certaines series qui passaient a la tele comme Desperate Housewives, vaguement Dr House, mais c est a peu pres tout !

Mais la ton post me donne terriblement envie, le seul probleme, comment faire pour voir la serie quand on a pas d ordi a la maison (si si ca existe encore les gens qui n en ont pas ;-)) ?!

je t embrasse

Marie a dit…



Gold Griot: Merci :-) Tu me diras ce que tu en penses...


Amande que j'aime: Oui de mon côté, j'avais plutôt le temps de consommer des séries ;-)
Et bien tu me poses une colle, on attend que la série sorte en dvd ou passe sur les chaînes françaises?
Je t'embrasse aussi

bananamoon a dit…

Merci pour cette critique !! Je ne regarde pas mais je me laisserais bien tenter !! ;)

http://lanoura.blogspot.fr

toc-toc a dit…

Intéressant comme critique :)

SPOIL SPOIL SPOIL SPOIL
En fait j'ai déjà lu que la 2ème saison est trop centrée sur Hannah, trop 'tordue', mais que la fin de la saison rattrape tout cela.
J'ai vu les deux saisons (et adorées) mais je n'arrive pas à comprendre ce qui met si mal à l'aise dans la 2ème. La nudité ? le renvoie de Marnie ? (bon en fait je sais pas si c'est utile de commenter tout ça, j'ai pas envie que des gens qui n'ont pas vu la série le lisent :p)

Sur youtube on peut trouver de courtes vidéos où Lena Duhman explique les épisode. C'est genre 'girls inside episode 10 season 2'

Anonyme a dit…

J'ai relu tes premiers post, et je les assez amers, et assez éloignés de ceux qu'on peut lire aujourd'hui. C'est amusant d'observer l'évolution d'une personne à travers ses mots, et j'ose croire que tu as trouvé une sérénité, que tu t'es trouvée.

ILoveMusic a dit…

Allez 1er commentaire sur ton blog que je lis depuis un bail.
J'adore cette serie alors forcément ça fait plaisir de lire ça.
Seul bémol les épisodes sont bien trop courts!

clarisse a dit…

J'ai vécu cette saison exactement de la même manière, avec des moments où je regardais les scènes en mettant les mains devant les yeux mais en regardant à travers les trous, tu vois l'idée... J'ai éprouvé une espèce d'écoeurement à un moment, mais c'est passé aussi avec l'état de grâce du 5ème épisode (si je me souviens bien)(l'épisode plan cul avec le "beau" médecin)("beau" entre guillemets parce qu'Adam est 1000 fois plus ma came physiquement).

Il y a beaucoup de choses à dire sur Girls et sur Lena Dunham, moi ce que j'en retiens c'est que c'est une série intelligente et très bien écrite, aussi sincère que parfois maladroite. Ca me touche. Hannah me touche, dans son imperfection. Tous les personnages ou presque sont beaux dans leur laideur (morale) et inversement. Et je trouve que rien que pour ça la série va plus loin que bien d'autres.

Mmm voilà quoi :)

Amandine a dit…

Et le coup du coton-tige on en parle ou pas ? car c'est vraiment le pire truc de la série nan (ahah) . Globalement je suis assez d'accord avec ton analyse autour de la gêne : à la fois ce qui dérange et ce qui te procure une sensation de bien-être énorme une fois qu'on passe à autre chose .Mais j'avoue que je rejoindrais un peu les critiques faites autour de l'égocentrisme de Dunham, enfin je ne sais pas si c'est vrmt de l'écogcentrisme mais je pense que c'est dommage que l'exploitation des autres personnages n'arrivent que dans les deux derniers épisodes. Mais en même temps j'adore être plongée dans les pensées d'Hannah alors...

Inès a dit…

Très juste ce que tu écris. Je te conseille la section consacrée à la série dans le new york magazine, section vulture...il y a d'intéressantes analyses, que ça soit au sujet de l'épisode de la semaine, des costumes ou des interviews des guests, et ça me donne envie de revisionner les deux saisons. Sinon dans le style brooklyn, jolis café et binocles ingrates, je te conseille Bored to death, si tu ne connais pas déjà. Pas le même sujet mais culte!

anna(sans h) a dit…

Perso un peu decue de cette saison 2, là ou j'identifiais à ces nénettes complètement (plus ou moins) .
La névrose et le gros bordel ambiant m'ont carrément dérangée (la scène avec adam et sa nouvelle copine au lit...moué).
Après certains épisodes furent magiques ;dans l'appart du mec, chez le papa de jenna (oué chez le papa !)
DOnc cette saison en conclusion en demi-teinte.
Je suis in love des tattoos de lena .D par contre c'est vrai que au niveau vestimentaire, elle ne se met pas en valeur, et je ne sais même si c'est réellement confortable.

Marie a dit…



Bananamoon: :) Tu me diras ce que tu en as pensé…

toc-toc: Je suis assez d'accord avec toi! Non ce n'est pas la nudité, ou les histoires en tant que telles, peut être un truc qui a à voir avec la crudité des images (Larry Clark réussit aussi à faire ça dans ses films). Mais là, il y a des moments d'oxygène assez salvateurs… Heureusement :)

Anonyme: Trouvée je ne sais pas, plus apaisée parfois oui. Tu sais, je crois que c'est une des choses les plus chouettes dans un blog, au bout du compte ça reste un journal perso, intime. Et en 6 ans, tu vois des évolutions!

ILoveMusic: Je suis d'accord, mais pour les épisodes un peu lourds, c'est bien qu'ils soient courts ;-)

Clarisse: Elle parle d'un truc de féminité jamais abordé et c'est vrai que ça fait du bien (même les yeux cachés derrière ses mains).
Bise

Amandine: Non on en parle pas ;-)
Pour son égocentrisme on est d'accord (elle ne peut pas le nier).

Inès: Bored to death, étrangement, j'ai regardé 3 épisodes et puis plus… je crois que c'était pas le moment, je vais réessayer!
Pour les articles, je peux les trouver sur internet tu crois?

anna (sans h): De toutes façons Adam c'est un peu le chef de la gêne… :D

Anonyme a dit…

Salut Marie,
C'est mon premier commentaire ici, meme si je te suis depuis un bout de temps maintenant!
Ca m'a fait la meme chose que toi en regardant la saison 2, j avais comme un sentiment de gêne apres chaque épisode, surtout les premiers. Et puis vers la fin de la saison ben je me suis rendu compte que j aimais ca finalement, paq Lena nous montre les choses tel quel, de facon un peu brut, paq la vingtaine ben c'etait pas tj si rose que ca...On fait nos premiers pas dans la vie adulte avec nos faiblesses et on apprend.
Sinon, j adore te lire, je suis tj a l'affu d'un nouveau poste :)
Continue comme ca!:)

Avril a dit…

ah Girls, parlons en!

j'aime beaucoup cette série, même si le visionnage de chaque épisode est une épreuve pour moi.

déjà la gêne qu'on peut y trouver, dont tu parles bien, ensuite je me retrouve en larmes à un moment donné de chaque épisode...
ces deux trucs sont amplifiés par le fait que je ne peux pas m'empêcher de m'identifier très fortement à Hannah (pas sur tous les traits de sa personnalité et de ce qui forme son personnage).

donc en gros à chaque fois que je regarde un (ou deux ou trois, parce-que j'ai besoin de faire des pauses, des fois c'est too much to handle pour moi!) épisode, j'en sors très très déprimée et fatiguée et pleine de questions relou que je me pose en mon for intérieur (j'aime trop cette expression, ça fait genre intelligent, en fait je la place juste parceque j'l'aime bien...).

bon voilà c'est tout!

du love.

ah oui ps: j'avais 3 épisodes de retard mais j'avais vraiment envie de laisser un commentaire sous cet article, alors j'ai du rattraper mon retard avant de pouvoir dire quelque chose... oui on peut dire que tu m'as forcé à regarder la fin de la saison, maintenant je suis dégoutée de devoir attendre!