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9.3.12

LE MAL PAR LE MAL

Stanley Kubrick’s Photos of 1940s New York City (5)


(Photo de Stanley Kubrick qu'on aperçoit, d'ailleurs, dans le fond de la photo)



(Avant de chanter avec Guetta Sia faisait Breathe Me. C'était mieux. Nettement mieux)

Il y a de cela au moins 8 ans, après une soirée de bavardages constructifs, on se met, Karim et moi, à parler de mode, d'apparence et d'excès.
Lors d'un de ses week-ends où il était venu nous rendre visite, il m'avait vu pour la première fois, l'ordinateur sur les genoux, naviguer à l'excès sur Ebay, à la recherche d'un nouveau pull Marc Jacobs ou d'un autre cabas à paillettes Vanessa Bruno. Je ne sais plus.

Il n'avait rien dit sur le coup, mais après les décontractions qu'avaient provoqué en nous l'alcool, il s'était enfin mis à digresser.

"C'est étrange, tu changes de tête quand tu surfes sur internet à la recherche d'une nouvelle sape", qu'il me dit.

C'est probable, mais sur le coup, l'idée que la compulsion provoque en moi un changement physique ne me rassure pas beaucoup.

"Tu étais un peu comme... Bon le mot est sûrement trop fort mais je n'en trouve pas d'autre... Possédée".

On y est, il a raison, l'idée d'avoir de nouveaux vêtements est dans cette période, ce qui m'excite le plus dans ma vie (on ne juge pas hein, la nature a horreur du vide et pour le coup à l'époque, hormis les sapes, je ne suis qu'un trou béant d'angoisse).

Sa bienveillance a eu l'avantage, ce jour, de m'ouvrir les oreilles et le coeur, je l'écoute consciencieusement et lui ouvre mon coeur. Je lui explique que je n'arrive pas à faire autre chose, que cela m'obsède, que je me lasse à vitesse grand V de mon apparence ce qui me force, chaque jour, à m'envisager différemment. Différemment, ça veut dire pour moi, habillée autrement. Je lui dis que ça ne me ravit pas, que je me sens hyper nulle, que j'ai honte de mes problèmes de non-contrôle.
Je sais que c'est un trou béant mais je n'arrive pas à m'arrêter de vouloir le remplir et le remplir. En vain. J'échoue.

Il me parle de Sisyphe.

Et il me raconte une histoire à lui.
Quand il est arrivé à la fac, il trouvait la plupart des relations superficielles. Difficile pour lui de savoir comment se comporter, comment savoir qui il était tout au fond. Et puis cette apparence qui le devançait et qui provoquait ces a priori qui ne lui plaisaient pas lui ont fait tenter une expérience.

Pendant 1 mois complet, il s'est mal habillé. S'habiller ne comptait que pour une seule chose, le préserver dans  l'environnement le plus apathique possible. Se réchauffer s'il le fallait ou le contraire. La seule chose qui comptait c'était d'être bien dans ses vêtements. Ca et être mal habillé.

Je me dis que c'est impossible, tout ce laisser-aller c'est pas pour moi, mon problème ne se situe pas là, il se situe dans l'excès pas dans l'apparence.

Et finalement, quelques années plus tard, je l'ai fait.
Finalement je n'ai pas fait attention à comment je m'habillais.
Je l'ai certes fait par complexe, ça n'était en rien une démarche volontaire, simplement le moins pire pour moi.

Et bien vous savez quoi? Ca ne m'a pas fait mal. Ca n'a rien changé. Les gens me regardaient pareil. Je me regardais pareil. C'était pareil dans ma peau et dans ma tête. C'était certes moins joli mais qu'est-ce qu'on s'en fout. Se détacher de ça, de ce qu'on imagine l'élégance, ça a clairement à voir avec le lâcher-prise et s'en foutre, c'est vraiment un truc trop cool à faire. Pour sentir que ça peut-être autrement et que tout ça n'a aucune importance et que ça n'est qu'un peu de sucre sur son apparence. Rien de plus. Rien d'important. Rien de vital.

Je me disais que ça serait bien de vous le dire... Si ça vous tente d'essayer...

Y a juste un truc que j'ai fait plus quand je portais la doudoune et les trucs moitié beaux, c'est sourire. J'ai beaucoup souri. Beaucoup.

Je vous love, bon week-end

32 commentaires

Anonyme a dit…

Ce post est très touchant.
Il ne faut jamais laisser ces complexes nous surmonter. D'autant plus que les autres ne les perçoivent parfois même pas ;)

J'ai découvert ton blog par hasard et je prends plaisir à le lire. C'est décidé, je le mets dans mes favoris !

A bientôt ! Mélo

Marie a dit…

Mélo: C'est vrai les autres ne les perçoivent même pas :)
Merci beaucoup pour ton commentaire.

Marie a dit…

J'aime tellement ton blog ! Tout ce que tu écris est super, je me retrouve vraiment dans ce que tu explique (encore plus dans cet article). Continue, c'est vraiment bien :)
Marie

fouh a dit…

Connais-tu la notion de tuer le bouddha, Marie?
Je m'interesse depuis quelques années au bouddhisme etc; je ne pratique pas mais je lis énormément et j'y trouve des leçons de vie qui m'apaisent et m'ouvrent des voies.
Quand tu pratiques Zazen (c'est une pratique de méditation dans le bouddhisme zen) tu peux chercher à avoir un aspect exterieur de bouddha,; c'est ce bouddha que tu crois être et que tu veux montrer que tu dois tuer.
« Si tu cherches le Bouddha, le poison du Bouddha s’emparera de toi. Si tu cherches les ancêtres, le poison des ancêtres s’emparera de toi. Tue le Bouddha quand tu le rencontres ».Rinzaï (je ne sais pas pourquoi je prends un accent chinois dans ma tête à chaque fois je pense à cette formule, pas toi?)

Bref l'habit ne fait pas la Marie, tue l'habit;-))))))

welcome back, un vrai plaisir de te relire
Kiss kiss et je te fowarde le grand beau soleil de Paris

severi27 a dit…

C'est pour ces mêmes raisons que parfois je me sens mal à Paris en voyant autant de filles prises au piège des apparences. Hier en rentrant j'ai croisé une nana qui portait les sneakers Isabel Marant avec le sac Balenciaga qu'elles ont toutes et là j'ai souri ... de gêne. Elle représentait pour moi le contraire de la liberté et j'ai eu peur. Passé ce moment désagréable, j'ai continué mon chemin et retrouvé ma bonne humeur grâce aux rayons du soleil et à une petite promenade que j'affectionne, où je ne croise pas grand monde et où les ruelles sont tellement jolies :-)

Anonyme a dit…

Quand je traque une paire de chaussures sur ebay je suis tellement obsedee que je suis capable de tout zapper, meme ma fille qui me demande qqchose, c est une honte...
Ca me donne envie de c/c un bout du mail que m a (intelligemment)ecrit ma meilleure amie y a qq jours, rapport au fait de mon extreme sophistication quand je sors ou quand je cherche a seduire :
"tu vois quand je te parlais de chercher absolument à séduire et que c'était inutile, tu as tapé dans l'oeil de X à un moment où tu ne t'y attendais certainement pas et à un moment où tu n'étais pas dans la séduction, c'est ça la vie amandine, c'est le hasard, ce n'est pas le contrôle absolu de tout (la tenue vestimentaire, la coupe de cheveux, le maquillage...), c'est le naturel d'une situation et la spontanéité"

Bisous
Anonyme Amande

Ginie a dit…

j'ai fait du tri dans ma garde robe ce matin, tu m'a dis d'etre forte et intransigeant sur twitter.. c'est ce que j'ai fait.. pas beau ?? hop je bazarde !! youyou, putain ca fait du bien, j'ai vidé.. vidé... du coup je me sens plus légère !!
et comme tu dis parfois ne pas faire attention a notre apparence, finalement ça ne change pas le regard des autres enfin, je crois, certains matin pour emmener le grand a l’école, je n'ai pas le temps de finir de me maquiller... et ben ca va hein, les gens ne me jette pas des tomates, j'ai juste l'air fatigué ...
Enjoy Marie

Ginie a dit…

intransigeante !!

Anonyme a dit…

ah, la quête du graal sur ebay...ça prend un temps fou, en fait si tu bossais pendant le temps que tu passe sur ebay, tu gagnerai assez de sous pour acheter le graal au prix fort en boutique (et là tu gagnerai du temps: 1O mn pour embarquer et 5 mn pour payer...).
Moi , la sape me tue, oui, me tue, me fait me prendre la tête avec mon entourage, dépenser des sous autre part que dans mes priorités...passer du temps sur les eshop au lieu de lire, rêver, courir dans les prés (sans les vaches..)et au final pour quoi, 15 mn de métro et 8 heures au boulot...
En plus quand t'es "mimi", les gens pensent "narcissisme", genre elle a pas besoin de ça... alors que c’est tout le contraire, c’est une quête éperdue pour se fondre dans la masse, ne pas se faire remarquer, se sentir bien en soi pour bien s'entendre avec le monde, sans faire de vague...

Claire a dit…

Bonjour Marie,

Je profite de ce post "Expérience" pour te dire merci. Merci car grâce à toi j'ai ouvert les yeux sur ce qu'est la compulsion (dont je souffre mais je suis en cours de guérison!).

Au mois de janvier j'ai eu un choc. J'ai eu 30 ans et reçu un très très beau cadeau de la part de toute ma famille. Tout le monde s'était cotisé, ceux qui me sont proches et ceux qui le sont moins, ceux qui sont riches et ceux qui ne le sont pas. Et moi, je me suis sentie nulle. Nulle d'être à la fin du mois et de ne pas avoir un sous pour cotiser et offrir un cadeau. Nulle de flipper de ne pas avoir ma paie à temps pour payer la nounou. Toute cette générosité autour de moi, et moi qui avait dépensé, une fois de plus, tout mon argent en fringues, chaussures et autres futilités...

Alors voilà, après cet électrochoc, j'ai décidé que le mois de février serait un no-shopping month. Et tu sais quoi? Je me suis sentie bien. Légère et pas stressée. Ca m'a paru facile, alors que je pensait devoir déplacer une montagne. A la fin du mois j'ai pu payer la nounou sans stress et j'avais même encore un peu d'argent sur mon compte.

Ce bien être, je le veux tout le temps maintenant. Des mois que je ne m'étais pas sentie si bien...

Ce commentaire est très long et pas en rapport direct avec ton article, mais si je ne t'ai pas perdue en route je te redis merci et encore merci. Au plaisir de lire encore de belles choses par ici...

Claire

Miss Pô a dit…

Merci beaucoup pour cette découverte musicale j'aime beaucoup.
Pour une fois je ne retrouve pas tout fait dans ce que tu dis. Quand je me sent bien je prend les premières fringues qui m'inpirent et ça fait bien je me sent bien sans m'être posé de questions. Tandis que lorsque je me sent mal dans ma peau, j'a beau retourner toute mon armoire... ça ressemble à rien! Ou alors si, mais il faut que je maquille vraiment (pas juste les deux ou trois trucs du matin), que je me coiffe pour de vrai et que je me sente séduisante dans ma tenue. Et même là le moindre petit truc peu tout faire retomber. Et si je m'habille n'importe comment et bienµ... je me sentirais patraque toute la journée et ça ira mieux demain... espérons.

Anonyme a dit…

Voilà ce que mon papa m'a écrit pour la journée de la femme et je trouve que ça rejoint un peu ton post.

Quand on lui a demandé de révéler ses secrets de beauté, la ravissante actrice Audrey Hepburn a écrit ce poème, qui fut lu à ses funérailles.
« Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté.
Pour avoir de beaux yeux, regardez ce que les gens ont de beau en eux.
Pour rester mince, partagez vos repas avec ceux qui ont faim.
Pour avoir de beaux cheveux, laissez un enfant y passer sa main chaque jour.
Pour avoir un beau maintien, marchez en sachant que vous n'êtes jamais seule, car ceux qui vous aiment et vous ont aimé vous accompagnent.
Les gens, plus encore que les objets, ont besoin d’être réparés, bichonnés, ravivés, réclamés et sauvés : ne rejetez jamais personne.
Pensez-y : si un jour vous avez besoin d'une main secourable, vous en trouverez une à chaque bout de vos bras.
En vieillissant vous vous rendrez compte que vous avez deux mains, l'une pour vous aider vous-même, l'autre pour aider ceux qui en ont besoin.
< La beauté d'une femme n'est pas dans les vêtements qu'elle porte, son visage ou sa façon d'arranger ses cheveux. La beauté d'une femme se voit dans ses yeux, car c'est la porte ouverte sur son coeur, la source de son amour.
La beauté d'une femme n'est pas dans son maquillage, mais dans la vraie beauté de son âme. C'est la tendresse qu'elle donne, l'amour, la passion qu'elle exprime.
La beauté d'une femme se développe avec les années.

Et à mon avis avec ton sourire tu t'approches plus de la beauté qu'avec les dernières fringues Zadig et Voltaire mais on est d'accord c'est pas incompatible non plus :)!

Bises et sourires à toi alors!

Alice McClute a dit…

Le laisser aller vestimentaire est bénéfique, tu as raison, c'est un problème encombrant en moins et c'est reposant. Mais si le fond du problème est justement ce problème qu'on a avec notre apparence, est-ce qu'il n'engendrerait pas encore plus de compulsion ? Tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on se laisse à être visuellement moins attrayant. Je crois que le mieux est d'arrivé à être dans la demi mesure, et à se sentir bien dans sa peau.

Qu'en pense tu ?

Dididoumdida a dit…

Eh bien sortir mal habillée, je pratique de temps en temps. Malheureusement, ce n'est pas vraiment une démarche volontaire, mais plutôt parce que j'ai la flemme de faire un effort ou parce que je me sens mal dans ma peau... Mais effectivement, ça ne change pas vraiment le regard que l'on porte sur moi!

Isabelle a dit…

Bon alors d'abord merci beaucoup pour ce Sia, ça a en tout cas donné un coté très dramatique à ton article, c'était sympa ;)
J'ai souvent eu des pulsions frénétiques où pareil je cherchais un nouveau moi que je pensais trouver dans les fringues, assez frustrant au final! Je pense que ça va plutôt maintenant. Mais ça m'a fait plaisir, tu as vraiment mis des mots sur ce sentiment!
Ce concept de ne porter que des choses pratiques et confortables ma sœur l'a expérimenté ces 4 derniers mois. Elle était en Asie et vu que son 1m75 et sa peau ultra blanche faisait déjà bien tâche elle a du revoir sa garde robe pleine d'imprimés et de jupes moulantes crayons. Et lorsqu'elle est revenu est a remit ses habits 'occidentaux' d'un coup ça n'allait plus du tout. Aujourd'hui elle est dans la simplicité et le confort, avec toujours beaucoup de style, au final elle est super apaisée pour ce qui est des fringues maintenant!

lamarie a dit…

en fait je crois que le sourire, c'est ce qui habille nos vêtements. Sourire dans une tenue toute pourrie ça donne l'air "cool et fraiche", sourire dans une tenue travaillée, ça donne l'air sûre de soi... Se sentir mal, quelque soit l'enveloppe, c'est ce qui nous donne envie de changer, ce qui force les autres à chercher (et trouver) ces défauts qui nous complexent... Ce qu'ils ne pensent jamais à faire si on arrive avec le sourire... Parce qu'au fond, tout le monde s'en fout.

minhoi a dit…

le laisser aller vestimentaire je le pratique pas mal mais je dirais plutôt la facilité vestimentaire...
j'ai beau avoir des robes, des petits pulls, des shorts...bref tout ce qu'il faut pour donner une allure plus sympa.

Ben les trois quart de la semaine je porte jean, bottes, sweat.
parce que j'ai une flemme enorme d'enfiler une tenue différente.

et surtout dés que j'envisage le collant, le petit pull soit qui gratouille un peu soit qui sert un peu....ben je m'imagine le bonheur d'un jean et d'un sweat tout doux.
Et là souvent c'est mort je me dit ho aller la robe chiante a porter c'est plus tard....
bon y'a aussi un style très canon avec un jean, un sweat et des converses mais je veux dire que je m'efforce pas d’être inventive au quotidien.

quand je vois sur les blogs modes tout les jours des tenues plus réfléchies les unes que les autres c'est super beau mais purée ça me fatigue l'idée d'en faire autant chaque jour c'est vraiment inconcevable pour moi.

bref rien de incroyablement repérable

valentina a dit…

c'est fou la longueur de tes commentaires, ça change un peu de " cette tebue est tp" etc..et franchement je ne dis pas ça méchamment car c'est aussi très sympathique ce type de comment mais là j'aime beaucoup ton article pour relativiser sur l'importance du "sucre" dans notre existence et tu sais que tu eéris très bien
bises
valentina

Amandine a dit…

Lorsque j'ai vu David Guetta et Sia, je n'y croyais pas une seconde. Ca ne pouvait pas être la Sia de la magnifique "Breathe Me". Hé bien si, je suis déçue déçue !

Sinon je ne commente pas beaucoup mais je tenais à te dire que ton blog me motive énormément dans ma "quête" de bien-être par rapport à mes vêtements :)

Anonyme a dit…

Hello Marie,

Je me sens généralement possédée lorsque je rentre dans une boutique de fringue ou dans une parfumerie. Qu'est-ce qui va me rendre bien, mieux, me transformer, me changer la vie ? Pourquoi cette attitude ? Surement parce que c'est plus simple de ce dire qu'un joli rouge à lèvre ou une belle robe va nous réconcilier avec nous-même, que de regarder la réalité en face: chercher pourquoi on ne s'accepte pas / on ne s'aime pas.

Si on dépensait toute cette foutue énergie dans cette analyse / une prise de conscience avec travail sur nous, on y gagnerait tellement... mais ça fait mal et on n'a pas envie d'avoir mal.

Depuis que j'ai pris conscience de mes "névroses", j'achète différemment. Je fais toujours des achats compulsifs. Mais je ne me leurre plus... je me dis clairement que c'est pour calmer mes angoisses et que ces achats ne m'aideront pas. J'accepte cet état quand je suis épuisée ou énervée, quand ça me coûte trop (en énergie) de lutter.

Je prend cette avancée comme une victoire, même si le chemin est encore long.

J'ai déjà testé la méthode du "je me sape n'importe comment", de manière involontaire. Je taffais tellement que pas le temps de calculer ce que j'allais me mettre sur le dos. L'objectif était du pratique. Mais perso, ça n'a pas réglé mon problème vu qu'il s'agit de mon regard sur moi... Forcément, celui des autres fait plaisir lorsqu'il est positif. Mais personnellement, ça ne change rien pour moi...

Anaelle a dit…

Je ne me reconnais pas du tout la dedans. Je m'en fous, je m'habille pour moi, pas pour le autres. Le dimanche je sors en ugg+jogging, et meme si j'ai un peu honte quand je croise des gens, beh TANT PIS! Quand j'ai pas envie de me maquiller je ne me maquille pas.. enfin,je fais tout ca pour moi avant tout...
Mnt j'habites pas a Paris ou tout est "apparence", mais dans le genre superficiel riche, Luxembourg est pas mal non plus avec ses petits minets en BM. J'ai la chance d'etre entourée de ges comme moi, qui s'en foutent de l'apparence et s'habille en Zara et H&M. Et ceux qui me font me sentir "petite", beh je les em*** et je vais voir ailleurs, la ou je me sens bien :) Des bisous ma belle Marie. xxxx

Anonyme a dit…

Bein ça me fait toujours autant de bien de te lire!... (comme de t'entendre car j'aime aussi les vidéos. Je pense que ça me fait progresser et relativiser : je suis du genre très angoissée par les achats (et trèèèèèèès consciente de mon problème); je pensais d'ailleurs à tes propos récemment, lorsque tu expliquais que dans période complusive, tu n'étais pas heureuse. C'est ce que je ressens également, l'impression d'être dépassée et que gérer mes envies/frustrations/regrets me fatigue, moi qui suis déjà vulnérable.
Ton blog est comme "un refuge" car il ne pousse pas à consommer, à désirer continuellement des choses chères et pas si belles... Cela m'aide réellement à calmer le jeu, alors merci Marie pour tes conseils précieux.

Emilie6 a dit…

Je suis comme ça, et je me suis rendue compte de ce problème, et pourtant je n'ai pas encore réussi à arrêter la sur-consommation.

Anonyme a dit…

très beau post,
cela m'a fait pensé à ma période boulimie "c'est un trou béant mais je n'arrive pas à m'arrêter de vouloir le remplir et le remplir", je pense qu'on a toute une manière bien à nous de remplir un manque, que ce soit, par la nourriture, les fringues,...
J'adore ta manière d'analyser ton comportement face à ce besoin de consommation.
L'essentiel, c'est de se plaire à soi-même avant tout, bonne continuation à ton blog.

lilibulle a dit…

coucou Marie !
Je n'arrive pas trop à savoir si je suis d'accord avec toi ou pas. Sur la surconsommation et le fait d'acheter des vêtements tous les jours en pensant que ça va changer ta vie et ta personnalité, je vais dans ton sens.
Par contre, sur le fait de se laisser aller et que ça ne change rien, je pense que ça a des conséquences sur la façon dont je me perçois. Personnellement, sans forcément acheter des fringues tous les 4 matins, j'ai besoin de me sentir bien dans mes vêtements, pas seulement en terme de confort mais aussi que ça soit joli. J'ai déjà fait l'expérience du "je m'habille mal" et en règle générale, je ne me sens pas au mieux de ma forme ces jours là. Par contre, quand je fais l'effort de mettre un vêtement qui me met en valeur et que je maquille, tout de suite, je me sens mieux dans mes baskets. Et je pense que ça se sent.
Maintenant, tu mets aussi le doigt sur le sourire. Il est clair que les plus beaux vêtements du monde ne te rendront jamais belle si tu fais la gueule et si tu es fermée aux autres.

Elise a dit…

Ton article m'a fait personnellement prolonger la réflexion à mon dernier vice (car pour les fringues je me suis calmée) : la décoration. C'est con mais j'ai fait un véritable cocon de mon appart étudiant, je le voulais comme ceci, comme cela, bref, j'ai tout agencé pour m'y sentir bien, recevoir à grands coups d'objets vintage, de souvenirs de voyages, de design urbanoutfitters etc. Au final, il est super joli (selon moi), je m'y sens bien. Mais finalement, je ne m'y sens pas mieux que lorsqu'il était dépersonnalisé quoi. Et puis, quand je suis invitée chez des potes, leur appart est un foutoir sans nom, aucune décoration personnalisée et pourtant, ils sont heureux comme ça, le manque de déco ne rajoute ni n'enlève rien, les soirées sont aussi agréables, etc.
Bref, j'étais tombée dans ce travers pour les fringues : croire qu'acheter ou bien avoir de belles choses, prendre soin de son apparence, la "contrôler" (GRAS SURLIGNE ROUGE) peut rendre plus heureux, plus satisfait de soi-même. Et voilà que je remets ça avec la déco.
Je te trouve très juste dans ce que tu dis. Tout ce "sucre" pour s'embellir nous fait nous éloigner de la quête du bonheur vrai.
C'est difficile de s'en rendre compte, de se dire "ça ne me rendra pas plus satisfaite". Pourtant, passer des heures sur le PC à traquer LA fringue (ou l'objet déco) LA trouver, L'acheter, LA recevoir : ça nous excite, nous fait ressentir un plaisir. Qui s'évapore en quelques jours, parfois moins. La lassitude.
Comment être sereine, savoir si j'ai envie ou besoin. Et si j'ai envie, comment savoir que ce n'est pas trop superflu, que je pourrais gérer ma conso?
Bref, encore un très bon article!!

alexandrina a dit…

Ton billet me touche car je traverse actuellement une période de no man's land vestimentaire due à certains évéments dans ma vie. Je cherche du boulot et donc j'ai pas mal restreint mon budget fringues, puis j'ai déménagé loin de chez moi et ma vie sociale s'en est ressentie. Je passe la plupart de mes journées chez moi ou à me promener en jean et gros pull et au fond, comme tu le dis, ça modifie en rien le regard des autres. Même celui de mon copain n'a pas changé (bon certes, il n'est pas très porté sur la mode à la base).
J'ai traversé une période de compulsion suite à ma découverte des blogs de mode il y a quelques années et j'ai fini par trouver ça ruineux, chronophage et pas franchement épanouissant. Enfin voilà, je trouve comme toi que l'austérité et le lâcher-prise même forcés, ça peut avoir du bon.

Clémence L a dit…

Ton billet trouve encore une grande résonance chez moi. En ce moment je vis des moments difficiles, je suis perdue professionnellement, on vit de déceler une maladie grave à mon père et j'avoue que je sobre, une fois de plus, dans une folie dépensière pour trouver la plus belle robe, le plus beau jean, à chaque envie en succède une autre après avoir acheté le perfecto parfait, il me faudra un sac tient et puis pourquoi pas un beau porte monnaie... et c'est sans fin; et tout ça pour quoi? et bien je me dis que si je suis bien habillé et maquillée et bien les gens s'arrêteront a ça, n'iront pas chercher plus loin et ne décèleront pas la tristesse donc je suis emplie. il faudrait que j'essaie, ne serait ce qu'une matinée au début de lâcher prise et de me foutre de mon apparence. C'est un début, il y en a un a tout.

Concernant Sia, je te conseille aussi sa reprise de "I got to spleep" qui est juste divine.

Sur ce, des bisous quand meme car malgré tout la vie est belle

véa a dit…

je ne pensais pas surmonter le "bonne acnée"de mon dermato qui m'a interdit de me maquiller le 2 janvier alors que le 3 je me retrouvais face à mes collégiens (suis prof...chuuuut)et ben verdict moins bien c'est sûr...(ça donne du pep's quand même ce satané make up') mais comme une sensation de liberté depuis...merci pour ton post!
la fille qui vouvoie
véa

Marie a dit…

Marie: Merci beaucoup <3

Fouh: Non je ne connaissais pas du tout. Merci, c'est effectivement très intéressant!
Merci :-)
Je t'embrasse fort.

Severi27: Je comprends, tu fais comme moi, la contemplation :-)

Amande que j'aime: C'est tellement vrai... Il y a de l'abandon dans la séduction, pas ce truc de control frek dont on arrive pas à se débarrasser.
Je t'embrasse fort!

Ginie: T'as réussi alors... Et bien c'était pas si dur et t'as vu comme ça fait du bien?
Bisosu.

Anonyme: Ce que tu dis est tellement vrai. Il y a de la tristesse et de l'ennui là-dedans...
Mais dans ton com tu dis "vouloir te fondre dans la masse", c'est bien ça?
parce que moi c'était le contraire. Il y a de la discrétion dans ta compulsion? (je soulève les questions parce que des fois ça aide)
Je t'embrasse

Claire: (Ce qui me surprend à chaque fois c'est de voir à quel point nos expériences sont similaires. Cette honte face à la générosité des autres, l'incapacité de voir venir, et encore la honte)
Merci en tous cas pour tes gentillesses et courage.
<3

Miss Pô: Oh mais je suis normalement comme toi, mais là, de nouveau mal dans mes sapes, j'ai fait moche, et même moche, finalement ça allait...

Anonyme: Trop joli. Merci :-)
Bisous.

Alice McClute: Oui je suis d'accord avec toi, mais souvent, pour arriver à un juste milieu, je passe par les deux extrêmes. Ca doit m'aider à équilibrer.

Dididoumdida: Ah ben voilà, toi aussi t'as vu que ça changeait rien!

Isabelle: Oui je comprends, je sais pas pour toi, mais moi, l'inconfort je peux plus. Plus du tout, comme ta soeur.

lamarie: Exactement. Sourire!

Minhoi: Je suis comme toi, une grosse paresseuse, j'aimerais bien mais finalement, non, ça me gonfle!

Valentina: Oui j'aime qu'on comment longuement sur le blog. J'aime écrire longuement aussi remarque, il doit y avoir un lien!
Merci <3

Amandine: Si c'est bien elle. pourquoi, mais pourquoi?
Cool, merci!

Anonyme: Je plussoie avec tout ton commentaire. Alors j'ai fait ça comme méthode (mais en amont, j'me suis faite un peu analyser quand même ;-))

Anaelle: :) Tu as bien raison!

Anonyme: Ce que tu me dis, tu peux pas savoir comme ça me touche... merci de tout mon coeur.

Emilie6: Ca peut mettre du temps.

Anonyme: je crois qu'il y a un peu de cela oui... Toutes proportions gardées évidemment.
Merci!

Lilibulle: Je suis d'accord avec toi c'est simplement, parfois, quand tu surinvestis dans le pouvoir des fringues, faire n'importe quoi, se rendre compte que tout le monde s'en fout, ça aide à relativiser et à resituer les fringues à leur juste niveau.
Bise.

Elise: Quand tu dis en substance que finalement ton bel appart tu ne t'y sens pas mieux que comme il était avant, tu mets exactement le doigt sur le truc.
ca n'a aucune espèce d'importance.
Merci pour ton com vraiment intelligent.

Alexandrine: Je suis complètement d'accord (et comme toi, c'est un contexte qui m'a forcé à revoir mes priorités...)

Célmence L: Il y a, paradoxalement, du contrôle dans la compulsion. On décide, on a l'impression d'avoir une prise sur son humeur, sa tristesse et sa joie...
Merci pour ton si joli commentaire. Je t'embrasse, prends soin de toi.

Véa: :D merci, vous m'avez fait sourire!

Raphaëlle a dit…

Tu as le don de nous faire cogiter ... j'adore !

Brooklyn a dit…

Wahou, je suis tombée sur ton article et pour moi, de mon point de vue tout est vrai! J'ai eu une période comme ça où j'achetais j'achetais, je voulais simplement être bien habillée tenir mon blog patati patata... rien de très vrai en fait.

J'ai supprimé mon blog, et comme toi j'ai lâché prise et me suis habillée sans faire attention (un peu histoire d'être présentable au boulot) mais sans plus... Maintenant j'ai réouvert mon blog, j'aime toujours la mode mais je vois les choses différemment. J'ai encore tellement de choses à dire sur ce sujet mais bon je ne vais pas te spamer!

Merci pour cet article vraiment très sympa!

Brooklyn