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16.2.11

ÊTRE FIER

vanessa_paradis




Lundi soir, Top Chef.

J'adore Top Chef.

(Ne me jugez pas...)

Continuons.

Au tout début de l'émission, les "candidats" (non mais te barre pas tout de suite, on ne parlera pas que carpaccio dans ce post, j'te l'jure, j'te l'crache sur le bitume!) trouvent dans leur casier une lettre d'encouragement d'un de leur proche et/ou mentor.



(J'suis comme vous là, j'ai moitié honte de moi avec ce début récit. J'aurais pu vous choper un extrait de Montaigne en incipit ou au moins un truc avec une vague crédibilité intello, genre, un épisode de Breaking Bad ou des Soprano... La semaine prochaine, je vais t'incipiter les maçons du coeur pour les pauvres que ça va pas traîner.)

Yassine et moi on regarde l'émission:

Yassine: - "Non mais regarde les ces gros bolosses qui pleurent comme des cons (NDLR: les dits candidats se mettent vite à chialer devant les encouragements/louanges/remerciements/ mots d'amour des proches/mentors).

- ... (silence un poil gêné)Ho mais dis toi, j'te trouve un peu dur (cet enchaînement de mots n'a et, j'espère que vous l'avez remarqué, rien de naturel. Y a que les robots qui parlent comme ça. Ou les émus qui font l'air de rien!)... (je tourne la tête et renifle le plus discrètement du monde si vous voyez ce que je veux dire!). "

Bref je chialais à moitié et j'aimerais, s'il vous plaît qu'on n'en fasse pas tout un plat et que vous n'en tiriez pas, par la même occasion, de conclusions hâtives (ce que je ferais pourtant si j'étais à votre place...).

Donc, qu'est-ce que ces larmes révèlent hormis que je suis sensib...pathéti...une merde voilà?

Et bien que déjà, comme ça, à 20H54, j'suis cap' de pleurer devant M6, et ça, sans même réfléchir aux conséquences pour ma dignité.

Mais aussi, que pour mon petit coeur de midinette, voir les autres et dans ce cas précis des cuisiniers que je ne connais pas, être émus parce qu'ils s'entendent dire qu'ils sont travailleurs/motivés/bons/beaux/mexicains c'est vachement joli.

En fait ce que je crois, dans le fond, c'est qu'un des trucs qui nous touchent le plus sans qu'on puisse contrôler les discrets spasmes (si on est rudement viril) ou les larmes (si on est une fillette comme moi) c'est que quelqu'un, dont l'avis compte vraiment, nous dise qu'il est vachement FIER de nous.

La fierté doit être juste, c'est à dire qu'elle ne doit pas être simulée, rien n'est pire que de gagner quelque chose qu'on n'a dans le fond pas mérité.

Je pense même qu'une des distinctions majeures entre les gens qui réussissent (bien sûr il y a des exceptions) et ceux qui se remuent dans tous les sens sans réussir à se fixer et à être assuré c'est ce qu'ils se sont entendus dire qu'on était fier d'eux. Alors là, j'enfonce des portes ouvertes de niaiserie, je sais mais ne j'peux m'empêcher d'écrire sur ce que j'assimile. La fierté, est une immense motivation.

Pour la deuxième catégorie de gens (les agités), attention je ne parle pas forcément de gens qui, gamins, auraient manqué d'amour, le problème n'est vraiment pas là. Ils n'ont pas de revanche à prendre et ne doivent donc pas prouver qu'ils peuvent s'en sortir. Ils ont été choyés et aimés...
Mais dans le fond, ils savent que ce qu'ils font ne peut pas provoquer de fierté, et comme une vie sans examen ne vaut la peine d'être vécue, ils ne s'agitent, d'ailleurs, pour pas grand chose. Un pas grand chose qui leur parait pourtant titanesque.

C'est pour ça qu'entendre dire un "c'est bien" sincère, donne une dimension à l'action, une légitimité à la voie choisie, une récompense aux sacrifices.

Et ça, j'y peux rien, ça m'émeut.

On devrait toujours se pousser à aller bien au-delà de toute la réalité, aux confins de la fierté ultime, permanente. Une fierté qui n'aurait rien à avoir avec l'orgueil mais tout à voir avec la gloire.
L'aboutissement est une bonne motivation remarquez.


Je vous embrasse.

12 commentaires

lalectrice a dit…

"Une fierté qui n'aurait rien à avoir avec l'orgueil mais tout à voir avec la gloire." Pas mal, pas mal... ;-)
(c'est ma façon de baisser mon chapeau)

Sonya a dit…

« Shoot for the moon. even if you miss, you’ll land among the stars »
(O.Wilde)
j'aime!!
biz

Miss Purple a dit…

Mon dieu, moi, il m'est arrivé d'avoir la larmiche quand quelqu'un gagne un gros truc dans un jeu... on est vraiment cuites du cerveau !
:)

jade a dit…

marie chaque fois que je te lis je n'arrête pas de dire: " c'est tout à fait ça" ou "je pense pareil"... bref te lire me fait un bien fou! MERCI

Anonyme a dit…

j ai pense la meme chose en ayant les yeux mouilles devant les cuisiniers qui lisaient leur lettre... je me souviens meme avoir dit a monsieur que ca devait faire sacrement du bien de recevoir un coup de boost comme ca.

je sais pourquoi je felicite tjr ma fille quand elle evolue ;-)

Anonyme Amande

roca a dit…

oh merde je ne regarderais plus jamais top chef de la meme façon!!
non je deconne en vrai si tu savais comment la de suite maintenant il me parle ce putain de post, en plein ds le mille ma paulette!
moi la grande gueule qui fait rire, qui fait du bruit qui s'agite qui cherche a attirer l'attention le plus possible, ben tu viens de m'economiser une seance chez le psy
je vais me moucher je reviens...

roca a dit…

je peux le dire aux recruteurs sinon que g manqué de reconnaissance ;))

Marie a dit…

lalectrice: :-) Oh merci...

Sonya: C'est vrai!

Miss Purple: Mon papi est comme toi... Dans l'ancienne version du juste prix, quand ils gagnaient la vitrine, il pleurait!

Jade: Merci :-)

Amande que j'aime: <3 (qui est un coeur)

Roca: Bien sûr que tu peux le dire, ça rend vulnérable et sympathique... :-)

véa a dit…

capable de faire pareil et fan d'M6 (euhhh quoi j'suis prof...de lettres...........et aloreuhhhhhhhhhhhh)
toujours autant de plaisir à te lire
la fille qui vouvoie!

petitprunier a dit…

ouais, la fierté, c'est bien, c'est important... on a trop souvent tendance à minimiser ses réussites par peur de passer pour quelqu'un d'orgueilleux. mais finalement, l'orgueil n'est-il pas justement dans cette posture faussement modeste: "regardez comme j'ai réussi mais comme je reste humble, ouhlala.."
et pour revenir à top chef, j'ai remarqué que chez les artisans, qu'ils soient cuisinier, carreleur ou ferronnier d'art, la fausse modestie a rarement cours: quand on fait quelque chose et qu'on le fait bien, on le reconnaît. et on accepte le compliment ou les félicitations.
plus ça va, plus j'ose me dire que oui, tel ou tel truc que j'ai réalisé -surtout dans mon boulot d ailleurs- est réussi et oui, je suis douée pour tel autre... Ca fait un bien terrible et ca donne le sentiment, ben d'être à sa place au moins dans ces moments là (oui oui, toujours cette histoire de place ;-) )

voila... comme souvent j'ai été un peu longue mais j y peux rien si ta prose m inspire

plein de bisous ma belle

Marie a dit…

véa: Merci vous me flattez... :-)


Petitprunier: Je suis d'accord avec tout...
Tu n'es jamais trop longue chez moi. Promis!

Elisa a dit…

Je me suis reconnue dès la première phrase (honte, méga honte), j'ai également pleuré telle une énorme merde, que dis-je...une merde ANATOMIQUE, devant Top Chef, avec une tablette de chocolat noir (d'ailleurs juste après dans cette même émission j'ai appris que le chocolat noir était plus gras que le chocolat au lait, ce qui n'a pas aidé).

Bref. J'adore te lire, ton blog est un de mes préférés =)

http://www.saute.moi.au.cou.over-blog.com