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10.5.10

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CE QUE ÇA VEUT DIRE DE NOUS...



Ça fait très longtemps que je retourne cette question dans tous les sens.
J'avais écrit déjà un semblant de post de 12 pages, mais impossible de remettre la main dessus.

Quitte à y aller franchement, allons y gaiement, longuement et par étape.

Ce que ça veut dire nous?
Qu'est-ce que le goût pour la mode veut dire de nous?


C'est un peu la question centrale après tout.
Je ne vais évidemment parler que de ma propre expérience, en ce qui concerne les autres, je n'en ai pas la moindre idée, mais je ne sais pas, j'ai le sentiment que pour un paquet d'entre vous, ça ne doit pas être hyper éloigné de ce que moi, j'ai vécu. À quelques détails près.

On va faire un peu de philo à ras des pâquerettes, mais ça va nous aider à dégager les points centraux.

1)

Dans le postulat de base, "ce que ça veut dire de nous", il faut d'abord dégager le verbe "dire". Il y a donc du langage dans le fait de s'habiller. Je m'habillerai pour dire quelque chose.
On ne va pas s'intéresser aux différents looks et ce qu'ils disent à notre place. On va essayer de s'intéresser à la globalité, i.e au fait d'aimer la mode, d'y passer du temps, d'essayer de se faire, dans ses propres goûts, la plus élégante possible...


Je vais revenir à mon point d'origine.

Je dois avoir 8 ans, je vais mon coucher. Demain c'est la rentrée en CE2. J'arrive dans une nouvelle école et j'ai un peu le tract. Je réfléchis à ce que je vais mettre, un sweat Poivre Blanc violet et vert (What else sa mère!), un 501 (Et ouais...) et des chaussures "masculines" mais moches.

J'ai trouvé à quoi je ressemblerai demain et je me vois déambuler dans la nouvelle cour avec une allure qui me plait. Ça me met en confiance.

Je pense aux sapes ce soir de septembre, parce que j'ai la trouille d'affronter un nouveau monde. J'ai de la prise sur mes sapes contrairement à d'autres trucs de mon environnement.
Cette prise est certainement le point central de mon goût pour les sapes mais aussi, plus tard, de ma compulsion!

Sans rentrer dans des détails enfantins, il se trouve que cette "bulle" dans laquelle je me plongeais chaque nuit, était extrêmement enveloppante pour moi, je vais le redire, mais c'est ce qui me rassurait le plus. Parce que dans le vêtement, il n y a pas de problème, il n y a que du plaisir.

Cette optique légère va m'aider à me construire: primaire, collège, lycée et même début de fac.

2)

Après il y a eu la compulsion...

3)

Après il y a eu le blog et donc la confrontation de ma "passion" à un social plus généralisé et surtout, inconnu.
La Chic Fille a rencontré des autres passionnés mais aussi certains qui ne comprenaient pas, voire méprisaient cette attirance pour la sape, H&M et l'onirique Chanel ou Alexander Wang.

Aimer la mode, c'est aussi, pour une bonne partie de gens, méprisable. C'est étonnant de voir à quel point aimer la peinture du 18ème, le rock indus ou la poterie est de toutes façons plus valorisant / flatteur qu'aimer la mode.

C'est en ça, je pense, que ça veut dire quelque chose...

Dire avec la mode, futile par essence, c'est dire à l'autre que j'aime quelque chose qui en plus d'être inutile révèle une certaine "pétasserie" de mon caractère.

Sauf dans le cas où le fait de se vêtir, s'apparente à une démarche "artistique" ou à une recherche plus profonde sur la question (dans le cadre de la blogosphère, je pense à des filles comme Tavi ou Suzy qui elles, ne sont que rarement perçues comme des dérives consuméristes ou égotiques, mais bien, toutes proportions gardées, comme des artistes!)
Les critiques à l'égard de la modasse sont relativement violentes pour quelque chose qui, finalement, n'a guère d'importance.

Dés qu'une bloggueuse influente est critiquée un tant soit peu, les autres hyènes se déchaînent pour commenter aussi et traiter gaiement et je ne pense pas qu'il ne s'agisse que d'un avis sur le caractère de la dite bloggueuse.
Aimer la mode, c'est sous un certain aspect, dire à l'autre, "je suis décérébrée, j'ai du temps à perdre dans ces conneries et conasseries qui n'intéressent certainement pas les gens sérieux, alors vas-y flagelle-moi, j'aime ça!".
Et c'est comme ça que ça se permet!

Alors là, je m'intéresse surtout à la blogosphère, mais on pourrait parler de la mode sous d'autres aspects. La blogo n'est qu'un prétexte pour ceux qui la méprisent (la mode) et pour moi dans ce post!

4)

Alors pourquoi la mode a-t-elle été, est et sera sûrement central dans ma manière d'appréhender le monde?

Pour une raison toute simple, parce que le monde est difficile et anxiogène. On a que très rarement prise sur les choses. Il faut s'adapter, renoncer, s'aplatir parfois, négocier souvent. Pas dans la mode, ici, malgré parfois ma timidité relative, j'y suis tout bonnement toute puissante.

J'y fais ce que je veux, elle permet de m'évader quand je sais que les lendemains ne chanteront pas du gospel.

Ça n'est pas un moyen d'expression pour moi, de toutes façons la plupart des gens ne voient pas d'excentricité chez moi, donc ça ne les heurte plus, en revanche, ça me soulage comme ça soulageait mon tract en primaire. Je sais à quoi je peux ressembler même si je ne sais pas ce à quoi le monde va ressembler demain, c'est donc un début, comme une béquille sociale.

Je suis très intéressée de connaître votre avis sur la question et surtout que vous expliquiez, si vous avez le temps (on est pas des bêtes), le pourquoi de votre affection pour la mode! Pourquoi vous vous l'aimez, pourquoi vous occupe-t-elle vos après-midi déprime, pourquoi voir les nouveautés sur Asos et Topshop vous procure tant de plaisir?

Je n'en ai pas fini avec cette question, ça n'est que le début et j'ai besoin de vous et de vos mots pour élargir le propos.

Je vous embrasse...

27 commentaires

zaelle a dit…

Article très intéressant, comme d'habitude avec toi beauté !
Mon amour de la mode a sans doute été un peu dicté par ma mère, qui, quand j'étais petite, se saignait pour m'habiller de fringues hors de prix (de Rykiel à Bill Tornade), mais qui dans le même temps, me déguisait complètement (j'étais un genre de petite tzigane-ballerine-danseuse de flamenco je ne sais trop quoi). Elle jouait à la poupée avec moi, et quand j'ai enfin appris à m'affirmer, choisir mes fringues a été une manière de lui dire que je n'étais pas son jouet. Aujourd'hui je me déguise, tout autant, mais par moi-même. Un jour femme fatale en robe sexy, le lendemain b-girl en baggy basket, le surlendemain archi kawaïï, je serais bien incapable de me décrire en terme de vêtement. Mais la lecture de ton article me fait me dire que moi aussi, aimer la sappe a été une manière de prendre le contrôle sur ma vie. Je viens d'une famille d'artistes, complètement déconnectés des réalités de la vie, et sans doute que m'intéresser plus aux vêtements qu'à la musique ou la peinture underground a été une manière de hurler au monde que je voulais garder les pieds sur terre...
Dans le même temps je me suis aperçue qu'aimer la mode te faisait passer pour une dinde auprès de la plupart des gens, et au fur et à mesure ça m'a semblé une excellente manière de faire le tri...
Et puis il y a cette autre chose, juste entre moi et le vêtement, cette émotion que je peux ressentir face à un beau tombé, une belle matière, un jour j'ai eu les larmes aux yeux devant un sac.
Je suis sensible à l'art, aussi bien sûr, mais il y a quelque chose, comme un secret, entre moi et mes vêtements. Ils racontent une histoire, à moi ou aux autres, et je peux me reposer sur eux. Comme des amis, des confidents.
Ils parlent pour moi, sont une armure face au monde peut être aussi parfois, et je ne saurais m'en passer...

Lucie a dit…

Bonjour :-)
Les vêtements m'aident à m'exprimer, le reflet de ce que je suis, de mon humeur du jour, c'est un petit concentré de mon âme...mais je peux comprendre que ça échappe à d'autres, qui sont confrontés à la vie plus durement, pas que ma vie soit facile mais je la relativise mieux grâce à "mes futilités" à mes bulles, à mon imaginaire...j'ai autant besoin de mes vêtements que de mes livres ils sont ma nourriture, ils me permettent de me lever chaque matin et d'affronter la vie...ils sont une part de moi même...je ne sais pas si tout ça est bien clair ? Ni très cohérent...
Bises, et merci pour ton partage, pour tes articles.

Marie a dit…

Zaelle: C'est marrant, ce avec quoi ta mère te "dirigeait", ton look, tu l'as gardé et tiré à ton avantage. Tu n'en as donc pas été écœuré, ce qui aurait pu être le cas! et c'est devenu ta manière d'être "sérieuse", ce qui est rarement le cas avec l'adolescence...
et il y l'aspect affectif pur, sensoriel quoi!!! Je ne ressens pas ça moi. Ou très rarement! Ou j'ai oublié ;-)
C'est ton armure... intéressant.
Merci pour tes mots Zaelle, c'est très gentil.
Je t'embrasse.

Lucie: Bonjour Lucie :-)
"un petit concentré d'âme", c'est très joli!
Si c'est très clair, ils te constituent ces vêtements, tout autant que ta culture "interne" si je puis dire!
Bise à toi aussi et merci aussi d'en avoir parlé, c'est cool :-)

Anonyme a dit…

Y'a quand même pas à dire, ce qui fait de toi une bloggueuse mode "différente", c'est quand même le contenu de tes posts vachement bien écrits ma cocotte ! Mon amour ô combien démesuré pour la mode date (aussi loin que je m'en souvienne) de ma plus tendre enfance. J'ai dû me battre avec ma mère pour imposer mes choix de vêtements et surtout lui faire comprendre que oui j'aimais la mode mais que je n'en étais pas pour autant une fille si superficielle que cela. Bien sûr, j'ai eu comme toi ma phase "compulsion" où il fallait que j'amasse, j'en ai bouffé de la marque et de la tendance. Aujourd'hui, je me suis calmée, mes acquisitions sont beaucoup plus réfléchies, je ne cède plus forcément à tous les diktats mais je continue de me nourrir de belles matières et autres petits ou grands plaisirs modesques. Pffff tu me tues toi avec tes articles de folie ! Bises.
Caro

AlmondFlower a dit…

Vaste question ... et en même temps je ne sais pas trop.
J'aime mes fringues, elles suivent la mode mais de loin, j'aime surtout mon uniforme, c'est à dire collectionner les pulls St James, les jeans GAP et les chemises.
Puis à côté de ça acheter des fringues en soie que je ne mets jamais mais que je garde précieusement comme des trésors.
Je peux aussi bien aimer une fringue H&m qu'un truc très cher du moment qu'elle a ce petit quelque chose qui me permet de me l'approprier.
D'avoir ma penderie pleine me rassure mais me fragilise aussi de par le regard jugeant des autres.
Je n'aime pas vraiment parler de la mode, mais j'aime m'en abreuver (là je me force à expliquer ce que je ressens mais c'est limite une torture). Pour moi MA mode c'est vachement intime, je trouve limite obscène d'expliquer mes émotions.
Puis j'ai des critère particuliers qui font que par exemple, je vais trouver Neww Look et Promod plus qualitatifs que Zara et Top Shop, bizarre hein !
Bref à part sur la blogo, la mode, c'est hyper personnel, ça me gène d'en parler ailleurs.
Voilà pour mon pavé, je reviendrais si j'ai autre chose à rajouter !

diane a dit…

moi je ne sais plus pourquoi j'aime le mode, pour le changement (la destruction de l'ennui), l'invention (la création et la créativité), pour l'expression (de soi ou d'un rêve), pour la beauté (même bizarre)...:-)

encore une fois, un plaisir de lire tes article Marie!

pauline a dit…

Je me retrouve totalement dans ton article, mais pour moi, les vêtements sont une sorte d'armure, je ne saurais comment l'expliquer mais avec, je me sens changer, prête à défier le monde, révélant une autre partie de moi, qui parfois est en total opposition avec ma vraie nature.
C'est vrai que beaucoup de personnes trouve cela totalement superficiel, mais je trouve que la mode est une forme d'art à part entière, j'ai souvent plus d'émotion devant un vêtement, un sac ou bien une paire de chaussure que devant une oeuvre d'art à proprement parlé. Je ressens parfois une telle émotion que j'en ai la chair de poule, ou bien les larme aux yeux.
Je suis d'accord avec le commentaire de Zaelle, les vêtements raconte une histoire, la notre ou bien celle qu'on veut nous inventer. Cela permet de s'évader sans grandes conséquences...
je me cherche encore dans mon style, j'aime changer, me réinventer chaque jour, selon mon humeur.

Et merci Marie pour ton blog et tes articles, je te lis chaque jour, c'est la première fois que je laisse un commentaire, cet article m'a vraiment touchée. C'est une bouffée d'air frai, merci :)

Marion a dit…

God damn it (je me dois de le dire) j'aime vraiment ta façon d'écrire et de soulever des points très intéressants.
La mode je m'y suis m'y tard même si j'ai toujours aimé être bien habillée, j'ai mis beaucoup de temps à m'intéresser aux tendances et à l'univers qu'est la mode encore plus. Pour moi, être bien habillée ça a toujours été en fonction de mes gouts et de ma propre perception des choses, car même si aujourd'hui je me délecte de ce que la mode a à offrir, je ne suis jamais passé par cette phase "compulsive" des tendances. Le manque d'argent en grandissant et le fait de ne pas vivre dans une grande ville sont certainement les raisons de mon intérêt tardif, mais quand je suis partie vivre à l'étranger j'ai vu et avais accès à d'autres (belles) choses.Le déclic en quelques sortes. Aujourd'hui ma garde robe, mes achats sont une expression comme un autre à mes yeux, et il est vrai que l'incompréhension des autres peut-être difficile à vivre (bon c'est pas la pire des choses non plus).Dans les regard des autres c'est souvent du dénigrement, "une fille superficielle", mais sans mes vêtements et ce qu'ils m'apportent je ne garderais certainement pas la tête haute. Un jour un ami m'a demandé: "Mais c'est pas fatiguant d'être toujours bien sapé comme ça?". Non, pas le moins du monde. Mes fringues c'est ma manière de m'exprimer dans la vie de tous les jours,au jour le jour. Faire sans? Impossible.
Bon j'arrête là quand même.^^

ladylunna a dit…

La mode et moi, ma plus grande histoire d'amour ! Aussi long que je m'en souvienne (dès la maternelle) j'aimais les belles choses, les robes de princesse qui tournent...
Puis l'adolescence et son lot de look improbable ! On va éviter de faire une liste, hein... Durant cette période "mouvementée" j'ai un rapport à la mode compliquée. J'étais mal dans ma peau, avec ma poitrine généreuse et mes formes, j'ai préféré les cachés. Puis tenter de les accepter avec des vêtements "provoques", décolletés, vêtements moulants... Mais pas de mini jupe (hors de question de montrer ma cellulite !).
Ma maladie m'a enfin permis de m'accepter, de mettre mes formes en valeurs, de me moquer du regards des autres et de ne plus avoir honte d'être une modeuse. Comme tu le dis, pour la plupart des gens, aimer la mode est une chose futile et fait de nous des filles superficielles. Je pense que dans la vie, nous avons trop d'occasion d'être sérieuse et si j'ai envie de dépenser de l'argent dans des fringues où est le mal ? Je vois pas pourquoi le fait d'aimer l'art ou la littérature et plus noble que d'aimer la mode.

Enfin bref, superbe article qui permet la réflexion et un joli débat.

Kiss !

Maëlle a dit…

Merci pour ces articles qui font réfléchir sur ce sujet si "futile". C'est pour ça que j'aime venir ici. En fait, cette histoire de mode, pour moi, ça ressemble un peu à ce que tu décris. Une armure, qui me permet d'avoir confiance en moi. (et du coup, je déteste ces jours ou mon assemblage de vêtements ne me plait pas, je me sens moche, donc pas bien, car pas prête à affronter l'extérieur, en quelque sorte.) Et j'ai remarqué que quand je sors de ma ville (pourtant pas petite) pour aller à Paris, ou à l'étranger, je me sens plus libre d'expérimenter. Ma passion pour la mode est venue petit à petit, je crois. J'aime regarder la haute couture sans forcément tout avaler ("parce que, tu vois, c'est du chanel, donc c'est beau") et ensuite voir ce que le prêt-à-porter en fait. Le passage du rêve au réel. Et les blogs sont merveilleux pour ça. Malgré les "it-trucs", il y a de belles idées et une diversité intéressante.

Je pourrais encore en écrire des tonnes, et désolée pour le manque (certain) d'incohérence, mais j'avais envie de régir à cet article.
Mine de rien, elle nous fait réfléchir, la Chic Fille! =)

eau de pluie a dit…

j'ai tellement aimé les vêtements... mais je crois que le paysage, les visages, les mots, les gens ont pris le pas sur l'apparence. Je suis toujours très sensible à une belle silhouette, à l'élégance bien sûr (même destroy on s'entend) mais ça ne me dit plus ce qu'est la personne du tout. ça me dit surtout ce qu'elle ne dit pas. Les vêtements sont devenus secondaires. Ce n'est pas un jugement de ma part... Loin de là... Mais tant qu'à donner son avis... Et je ne pense pas que les modasses soient toutes des poufs et que ce soit futile tout ça.. Non, mais sans renoncer à être moi, je dévide d'autres pelotes que celle des étoffes...

Marha Mèo a dit…

Bernard G Shaw, il a dit :
"Life isn't about finding yourself.
Life is about creating yourself."

Alors depuis, moi, au lieu d'essayer de comprendre ce que/qui je suis en partant du "tout au fond de moi" (parce que, comme tout bouge, meme nous, c est pas simple simple hein), ben j'ai choisi le sens inverse et je pars du "bord de moi".
Les sapes donc, enfin reconnaitre celles qu'on aime, qui nous rendent soit confort, soit secure, soit "ah mais j suis pas le pire des boudins en fait". Comment on les choisit, les melange pour en faire un style ou plutot une silhouette, que renvoie ce style (cette silhouette, plutot, toujours) ça donne une idée de ce qu'on est, planqué dedans, ou de ce qu on aimerait etre aussi. Ce qui est aussi important.

(tout ça au levé didonc, fouyayaya comment j me creuse grave)
(mais ai je été claire au moins ?)

marie a dit…

Dans mon cas, c'est assez bizarre, j'ai toujours été complexée, donc je me cachais sous des fringues gigantesques et je disais à qui voulait bien l'entendre que je me fichais pas mal des fringues, alors que j'aurais bien aimé être jolie et élégante.
Mais c'est à la mort de ma meilleure amie, l'an dernier que mon rapport aux fringues a basculé. Elle voulait tout le temps me mettre en avant et que je me sente mieux, c'était le genre de personne à vouloir que les autres se sentent bien, et ironie du sort, la première robe que j'ai acheté de ma vie, c'était avec elle, la dernière fois que je l'ai vu.
Je ne sais pas exactement comment l'expliquer, mais ça m'a fait un électrochoc, et j'ai décidé que si je voulais être féminine, je pouvais l'être bordel de non.
Maintenant je me rend compte que la mode m'a permis de m'affirmer, de sortir de mes complexes. J'ai pris ma féminité en main, alors qu'avant je pensais n'en avoir aucune. Ça a été un outil extraordinaire pour me faire sortir de moi-même, et me rendre sure de moi.
Dans le fond faire le choix de ses fringues, c'est faire le choix de la manière dont on veut être vu. Et maitriser son image, ça permet d'être plus à l'aise sur le reste, libérée de ce soucis là.
C'est pour ce genre d'articles que j'adore ton blog !
Et n'oublie pas de nous tenir au courant de l'avancée de ta petite entreprise lainière :D

minhoi a dit…

j'ai pas lu les autres coms je suis au boulot (pas biennn)

mais c'est incroyable, ce que tu viens de poster, ça fait quelques jour que je me tate a traiter la question sur mon blog ou sur mon forum trés privé !

tout simplement parce que deux week end d'affilé j'ai bougé chez des potes en premier en bourgogne chez une copine qui me connait depuis toute jeunette, bon qui aime bien se fringuer mais qui ne sait absolument pas ce qu'est la "blogo"

et ce week end dernier j'etais sur Lille avec des potes carrement a l'opposé total de ce monde là, plutot du genre a se saper au plus pratique, des intellos, trés tournés vers la culture, la politique...ce que je fait aussi soyons clair et c'est bien là le soucis je crois.

dans les deux week end quand le sujet de la mode a forcement été mis sur le tapis j'ai trouvé super compliquer de gerer le regard qu'on m'a renvoyé a ce moment là.

comme tu le dit si bien mes potes etaient dubitatif sur cette passion qui leur renvoi un coté petasse décérébrée et en plus comble de tout depensière de ma personnalité

ils me connaissent pour la plupart sous l'image d'une fille avec un fort caractère, une histoire de vie pas simple, qui s'est acharnée a reprendre des études tard en auto financement, beaucoup tatouée, et en plus je fait un boulot plutot hardos travailleur social avec les enfants en psychiatrie.

alors tu pense que mon coté greluchage mode et make up ça passe pas vraiment.

je le ressent vraiment comme un "putain mais tu vaut mieux que ça pourquoi ces conneries te font tripper ?" meme si forcement c'est pas dit comme ça, a nos age on a un chouillat de ce qu'on appelle la diplomatie ! mais ça ne leurre personne au fond.

Donc j'ai trouvé ma réponse a tout ça ces deux week ends a force d'en parler.

Comme justement j'ai un parcours pas simple, un caractére bien trempé, un boulot vraiment prenant et compliqué a gerer....

ben les sapes, la mode, le make up c'est MON moyen a moi d'ajouter de l'innoncence, de l'inconscience, de la fraicheur, de la féminité voir meme de la fragilité a tout ça.

c'est con a dire hein mais je me sens moins "hulk" grace a cette facette, plus abordable et je suis persuadée que ça joue sur mon équilibre.

j'ai expliqué tout ça pas sur que ça ai pu etre compris au final, mais le plus important c'est que j'ai réalisé moi pourquoi j'avais cette engouement et ça m'a fait du bien

Marie a dit…

Caro: d'abord merci pour tes mots, je suis très flattée.
Alors toi, il y a quelque chose de l'ordre, au départ, de la revendication adolescente... Donc, si je ne l'abuse, il y a quelque chose de l'ordre de l'identité, carrément.
J'ai le sentiment que pour ré-aimer la mode, il faut passer par l'excès, la compulsion, c'est vraiment un truc assez général dans la blogo et chez ses lecteurs!
Tu as trouvé ta mesure quoi!
Merci pour ton témoignage!!!
Bises.

Almondflower: Ton témoignage me rappelle un truc. J'ai bossé dans une boutique il y a quelques années, la plupart des nanas étaient de grosses consommatrice de fringues, mais rien de comparable avec moi, t'imagines... J'organise une soirée chez moi et elles se retrouvent toutes dans ma chambre, elles voient mes fringues et réalisent à quel point j'en ai des tas... C'est un peu le choc (admiratif d'ailleurs, bizarre tout de même) pour elles qui ne me voient qu'en jeans et t-shirt. Oui il est difficile d'expliquer cette affection, d'avoir des choses alors qu'on en les portent pas!
C'est intime, d'ailleurs j'ai une mode ultra intime qui ne sort pas de chez moi, mais beaucoup plus sexuée que celle de la rue ;-). Je me déguise à être femme je crois!
Merci pour ton témoignage et c'est marrant ce truc de qualitatif dont tu parles, vraiment intéressant...
Bise

Diane: Merci Diane.
Pour le changement oui c'est sûr en ce qui te concerne, d'ailleurs tu t'es plutôt dirigé vers cet aspect de la mode, puisque tu créés. et ta représentation esthétique à toi et, je trouve, très intéressante et novatrice. Tu invente, tu t'inventes quelque chose!

Pauline: Tu es la deuxième à parler de l'émotion face à de beaux vêtements. Et de l'émotion pure, avec larmes aux yeux... C'est intéressant de voir comme la sape parle vraiment à certaines d'entre vous. Elle est émotive, c'est vraiment poétique!
En revanche, je me retrouve complètement quand tu parles d'armure, je l'ai abordé souvent sur ce blog, ça me protège!!!
Merci pour tes gentillesses.
Je t'embrasse!

Marion: Merci d'abord Marion.
"Mais c'est pas fatiguant d'être toujours bien sapé comme ça?", c'est très marrant comme phrase. Donc, pour lui, ça demande un effort, pour pas grand chose finalement...
De ce que je lis, tu as un rapport pourtant relativement simple aux sapes et à la mode!
pas de phase de compulsion, vouloir être jolie, digérer les tendances, mais pas plus, c'est ce vers quoi je me dirige ;-)
Merci de ton témoignage!

Marie a dit…

Ladylunna: Tu es la première à parler du vêtement comme expression concrète de son corps et de ses complexes. L'adolescence marche bien pour ça ;-)
C'est comme si ta maladie et ce que ça implique, te permettait de vivre sainement ton rapport aux sapes, donc à la légèreté sans entrave...
Se poser des questions aussi creuses pour le commun des mortels comme je me les pose aujourd'hui, est clairement une démarche d'occidentale sans trop de problème. Quand quelque chose de plus IMPORTANT arrive, c'est sûr les choses reprennent leur place, dans la futilité.
Merci beaucoup Ladylunna...
Je t'embrasse!

Maëlle: alors moi c'est l'inverse, hors de mon univers, je teste moins, je me sens je crois moins libre...
Pareil que toi, même si ça tend à se modérer, je ne supporte pas sortir sans me sentir à mon max, ça me met mal à l'aise et je rase les murs...
Non, merci à toi, tu n'as pas manqué de cohérence, j'ai tout bien compris ;-)

Eau de pluie: C'est très joli ce que tu dis. Il y a de l'ultra fragilité à sur-investir l'apparence vestimentaire. C'est que c'est vide quelque part, sinon... Et c'est finalement touchant dans le fond!
Mais oui, un visage, des marques, un mauvais pli, sont autant de fragilités qui traduisent mieux l'âme que n'importe quelle robe!

Marha Mèo: Bernard G Shaw et Jung même combat. le deuxième disait "Si vous n'avez rien à inventer, inventez vous vous mêmes!". :-)
Ah donc pour mieux te connaître, tu analyses tes préférences vestimentaires? C'est la première fois que je le vois dans ce sens!
J'adore cette idée, c'est vraiment intéressant, je vais creuser si tu permets, il est possible que j'en ressorte un truc.
Tu as été très claire.
Bise.

Marie: Tes mots sont vachement touchants. le vêtement et l'apparence comme une sorte d'hommage. C'est hyper joli. Dire à quelqu'un qui n'est plus, "j'ai compris...", comme tu le dis est magnifique!

Se construire sa féminité à coup de sapes, on est beaucoup à faire ça, mais, pour ma part, il existe encore un gouffre entre ce que je veux très fort et ce que je peux encore tout doux.
Merci d'avoir partagé ton expérience, c'est très gentil et très beau!
Bisous.
Et oui je vous en dis bientôt plus!

Marie a dit…

Minhoi: C'est fou de devoir justifier ce goût comme si c'était mal...
Est-ce qu'on demande à un collectionneur de timbres d'expliquer, de disserter sur son goût pour un truc qui, de mon point de vue, n'a aucun intérêt? Ben non!
Alors que pendant ce temps là, on est juste des pouf' dans l'oeil du commun des mortels!
Je pense que nos conneries n'ont aucun rapport avec ce que nous sommes, lire Spinoza pendant ta pause au boulot, ne te fera être une personne plus remplie ou complexe, ça se saurait!

J'ai tout bien compris, tu bosses dans un boulot où il est difficile d'être fragile, féminine alors là, avec les sapes, tu te le permets, ça allège la vie...
Bise et merci pour ton témoignage!

Marha Mèo a dit…

Ben oué. J'fais ça dans le sens inverse donc. Bizarre comment on peut etre floue sur qui/quoi on est et pourtant avoir des gouts précis. Donc mes sapes elles me donnent un debut d idee.
C'est en très gros que j explique bien sur. Ce serait un peu plus long sinon (trop ?).

Et un truc : ca me fait pas mal rire qu on continue a hurler que fringues = superficialité. Si on y regarde de plus près, les sapes, on en met tous les jours, c est au final une obligation basique, et pourtant, on continue de dire que c est "léger". En quoi ce serait plus léger qu autre chose de "moins obligatoire", de "moins utile au quotidien"?

Lionne a dit…

Moi je trouve ça dingue toute cette histoire de « futile » , dès fois j'ai envie de dire aux gens
"Mais put**n le futile c'est quoi au juste?!"
Pour moi les choses futiles n'existent pas, dans le sens ou si une fringue ou un avion à moteur me permet ne serais ce qu'un tant soit peu de me sentir mieux, ou de prendre mon pied, alors où est le mal?
La vie quotidienne est pleine de peurs, de frustrations, de choses graves alors tout ce qui peut être source de plaisir ou de satisfaction même éphémère est bon à prendre.
Pourquoi devrait on s’interdire les choses saines qui nous apportent un peu de bonheur?

Et en considérant que certaines choses soient "futiles", faudrait il considérer qu'il n'y ai que les choses graves, profondes, qui mériteraient d'être "traitées" et considérées?

Dans quel intérêt?

Tout forme de plaisir est "futile" par essence de toute façons, si l’on considère que tout ce qui ne couvre pas les besoins vitaux est superflu.
L'être humain n'existe pas qu'à travers ses besoins fondamentaux (bouffer, dormir excréter), et la dessus je suis assez d'accord avec le pyramide de Maslow si l‘on s‘en tient aux schèmes sociaux occidentaux bien sur. Lorsque l’on a de quoi manger et un endroit pour dormir et s’abriter alors libre à chacun de combler les besoins d’appartenance, de reconnaissance et de réalisation de soit comme il l’entend.
Nous ne sommes pas des êtres uniformisés, standardisés qui aspirent au même chose, il n'y a pas de critères normatifs du futile. Ce qui est essentiel pour moi ne le sera pas forcément pour mon voisin et inversement.

Je le trouve triste le com' de Minhoi, je suis moi même conseillère en économie sociale et familiale de formation, j'ai bossé en tant qu'éduc, et ce type de condescendance limite chargée de mépris je me la suis prise en pleine face bien trop souvent… Je trouve ce genre de raisonnements tellement terre à terre.
Je veux dire que les mecs (ou nanas) me faisaient des réflexions à deux balles, du style, « Ca sert à rien la sape, le make-up, c’est pas vital » ce genre de conneries, alors que les uns ou les autres étaient plus ou moins accros, de manière aléatoire, au poker, à la clope, au café, au rosé, aux figurines en plastoc ou autres trucs pas forcément plus « vitaux« , ni même plus utilitaires, voir même « nuisibles » des fois.
Et moi pourtant je ne me suis JAMAIS permis de porter de jugement sur ces choses, même les plus pourries (eh eh).
Une kiffe, c'est un truc perso qui ne peut pas toujours être compris ou appréhendé par les autres, ça ne s'explique pas, et ça n'a pas à l'être non plus d’ailleurs.

Je pense que les gens ont du mal avec les passions "EGO-centrées" ou qu‘ils jugent comme telles, les trucs qui tournent autour de « l'AUTO-tunning » (je parle pas de voiture hein), de l'apparence.
Et puis se saper, prendre soin de soit c'est un peu une manière de s'aimer, de "s'honorer" à mon sens.
Se présenter à l’autre d’une manière qui nous plait c’est aussi une forme de considération pour autrui finalement et je ne parle pas forcément de séduction.

Enfin bref, j’ai la flemme d’approfondir ou de relire ce gros pavé, suis pas forcément pile poil dans le sujet non plus, mais bon…
Et puis je pense que Marie a tout dit de toutes façons…

Marie, tu déchires. Désolée pour le pavé.

Marie a dit…

Ma Lionne: Je te sens remontée là ;-)
Ah ouais, le manque de glamour, de toutes façons ça me gonfle. Dit-elle moitié en pyj sur son canap'!
tu résumes hyper bien les choses avec cette expression "s'honorer". oui tu as raison, c'est remercier la vie, se sentir bien en et avec soi. C'est être reconnaissant.

La mode comme le reste, hormis le vital, est de toutes façons inutiles. Prendre pour prétexte que certains domaines élèvent l'âme, c'est, je pense, faux.
Je ne sais pas si je suis bien claire, je suis explosée, je vais fermer l'ordi, dans quelques minutes.
Merci en tous cas de partager ton expérience, c'était, quoi que tu en penses, construit!
Et merci pour tes mots gentils, ils me vont droit au cœur!!!
PS: Ce qui est bien chez moi, c'est que les pavés, je kiffe, il manquerait plus que ça!!
Bisous beauté

Anonyme a dit…

Dans ma famille, parmi mes amis, il ne se trouve personne qui aime vraiment la mode, en tout cas comme les filles ici ... Petite, le plus beau que je voyais, c'était les séries mode des quelques magazines auxquels j'avais accès...
A la sortie du lycée, il s'est passé un truc, je me suis prise une grosse (mais grosse, hein) baffe dans la tronche. J'ai compris que mes trois pauvres fringues, ça tenait pas la route et pas non plus la comparaison. Alors, vite, vite, comme j'ai pu, j'ai travaillé sur moi et j'ai essayé de me mettre au niveau de mes futurs amis, donc. C’est triste, mais mon premier rapport aux fringues, c’est celui de la honte de mon corps, de ma présence, de mes vêtements moches.

La mode des créateurs, des défilés, tout ça me passe au dessus de la tête. Sérieusement, Vogue, L’officiel, j’ai essayé de lire, par curiosité, mais j’y arrive pas : tout simplement je comprends pas cette mode là. La mode pointue, toutes ces choses improbables, pour moi ça ressemble à une sorte de « performance ».
Et la performance,comme le déguisement, ça me laisse totalement indifférente. Ca ne me touche pas.
Avec la blogo, depuis un an, je découvre une vision plus spirituelle du vêtement, qui plait bien à la petite fille en moi. De l’humour, de la fantaisie, de la légèreté surtout. Mais aussi une mode inspirée par la littérature et les voyages, par certaines ambiances, ou même des états d’esprit… Mes vêtements, pour me plaire, doivent me raconter des histoires. D’où un goût pour le coton, le lin, les broderies, les matières lourdes …

J’ai entendu parler d’une exposition sur les arts lointains qui s’appelle « l’art d’être un homme ». L’expo réunit les bijoux qui ont appartenus aux riches et aux puissants des quatre coins de la planète. Eh bien ces bijoux fonctionnaient comme des parures, ils servaient à montrer la force intérieure de celui qui les affichait, et à porter avec lui la marque de son cheminement d’homme. D’où l’art d’être un homme.
Je crois que c’est l’un des sens les plus beaux que l’on peut donner aux bijoux et aux vêtements. Parce que, rapport à ma timidité, c’est bien si la mode peut m’aider à être bien, à me porter…
Ito

Khaïra a dit…

Bon, j'ai beaucoup réfléchi à ce post, j'ai fait une introspection de mon moi actuel et de mon moi d'avant. Je vais commencer par là.

Concernant notre rapport à la sape quand on est enfant : je lis et j'entends beaucoup de "déjà petite j'adorais me déguiser, les vêtements" = je suis pas convaincue. Déja : quel enfant n'aime pas se déguiser ?? TOUS les enfants aiment se déguiser, c'est avant tout un jeu. Perso, je n'y vois pas de rapport à la mode précoce (sauf cas exceptionnels, je ne reste pas butée sur cette position).

Ensuite que ce soit à l'école primaire, au collège et peut-être même au lycée, j'ai bien l'impression que notre rapport à la fringue est conditionnée par l'appartenance à un groupe. Et je pense que c'est un phénomène de société et que ça vaut un peu pour tout le monde (faudrait que je demande son point de vue à ma petite soeur qui est en socio!).

Le fait d'appartenir à un groupe va nous forcer à adopter l'uniforme de ce dernier : les skaters ça va être van's, jean's large; les poufs (ben quoi,tout collège a son groupe de pouf) ça va être uniforme de pouf - je caricature volontairement...
Je sais pas si je suis claire, pour clarifier je vais me citer comme exemple. Mon but était de ressembler à un garçon, d'avoir le dernier jogging et la dernière paire de baskets. Je voulais être reconnue comme une fille forte, être estimée par les garçons. Je n'étais pas la seule ; nous étions un groupe de filles complètement garçons manqués, super estimés et respectés par les gars. Et cette reconnaissance passait par notre accoutrement, nos actes, nos paroles...

Aujourd'hui, tout ça a changé bien evidemment, et bien heureusement oserais-je dire (sauf les baskets, ça restera for life ça!).
J'ai du déja le dire : je suis passionnée par les vêtements ethniques, par leur signification au-delà de la tenue. On va admirer la tenue du guerrier massaï, ou le qipao de Chine mais on va dénigrer la mode au sens occidental du terme ?? Pour moi, la mode est universelle : la création d'un artisan du fin fond du Pérou vaut celle de K.Lagerfeld, un savoir ancestral vaut toutes les plus grandes écoles de stylisme de France.
Et même si je voue un amour particulier et inconditionnel pour cet art ethnique, je ne qualifie pas la mode occidentale de futile : c'est aussi de l'art à mes yeux. je suis pas snob en vrai !! Pour conclure : la mode n'est pas futile, pour moi elle a sa place dans le rang des arts (peinture, sculpture...), et pour sûr qu'elle n'est pas en reste dans le classement.

Et au fond, notre rapport d'adulte à la mode n'est-t-il pas un choukik conditionné par l'appartenance à un groupe. On observe ce phénomène sur la blogo - oui, c'est une mode à petite échelle - mais elle représente bien un groupe.

Bon j'ai fini : j'espère que j'ai pas trop répondu à côté de la plaque.
Je m'en vais continuer ma lecture des com's ; tu as su délier les langues avec ton post d'une manière dont seul toi en a le secret !

Khaïra a dit…

Ptein, y a du niveau dans les coms : la lionne, eau de pluie, Ito, et tous les autres, y a vraiment des choses super interessantes de dites. J'aime vraiment.

Et en relisant mon com, je m'aperçois que je n'ai pas donné mon rapport à la mode actuel. Je vais essayer d'éviter le pavé. J'ai pleins de fringues que je ne porte pas - de l'histoire d'assumer hein. Je fonctionne vachement au moral : et en ce moment c'est tenue de combat = jean's, baskets, tee-shirt. J'ai clairement pas envie de jouer.
Ce que ça donne quand je prends le temps et l'envie de m'apprêter : je ne sais pas, car je ne sais pas décrire mon style. Je sais plus quoi dire. C'est assez compliqué en fin de compte ce truc soi disant futile

Marha Mèo a dit…

Pis sans compter que, pour moi en tout cas, y a aimer la mode et aimer les fringues hein.
Toutes les accros à la sapes, les inventrices de silhouettes, sont pas des débiles qui copie-collent la moindre tendance merdique des magazines.
Comme je le dis :
"C'est pas ce que tu fais qui comptes, c est comment tu le fais"

Marie a dit…

Ito: Ton premier rapport n'a pas été agréable donc. En d'autres termes, ils t'ont juste permis de ne pas être trop à part, différente.
La mode performance? Elle me touche peu aussi, j'aime qu'elle existe mais comme toi, je n'y suis guère sensible!
Au musée du Quai Branly il y a toute une partie consacrée aux vêtements et aux bijoux, et même si ça ne s'appelle pas "l'Art d'être un homme", je trouve que la comparaison est jolie!
L'aspect dont tu parles, le vêtement révélateur d'âme et d'"avancée" est passé à la trappe je trouve... Il n'est que révélateur maintenant, des revenus de celui qui les portent et de son "degré" de créativité, ça ne donne plus d'indice sur notre réelle condition.
Merci Ito, j'ai trouvé ton intervention intéressante!!!

Khaïra: "TOUs les enfants aiment se déguiser!" c'est tellement un lieu commun tu as raison!!!
On en avait déjà discuté mais je te rejoins toujours, le savoir ancestral, d'où vient la mode. Le savoir c'est aussi l'assimiler à nos propres aspirations!
Tu prends l'exemple de la blogo est de ce que j'en perçois, ça m'est donc personnel, le groupe fonctionne sur des principes d'appartenance adolescents. Ceci dit la blogosphère mode est par nature futile donc se basant sur des critères d'apparence, sinon, on verrait pas le rapport ;-)
Oui je suis d'accord, il y a du bon niveau dans les coms ;-)
T'as clairement pas envie de jouer, j'aime bien comme tu amènes ça!
Merci en tous cas d'avoir vraiment pris le temps de répondre, c'était riche!
Bisous!

Marha Mèo: Oui c'est clair, tu as vraiment raison !

Fashionblahblah a dit…

J'adore ce post, Marie! Alors, mon rapport à la mode est né d'une frustration. Petite, mes vêtements étaient choisis par mes parents et plus précisément mon père qui nous "habillait" lors de ses voyages à l'étranger (oui, j'étais au Sénégal). Alors, j'étais toujours habillée bizarrement parce que mon père a des goûts particuliers et il nous prenait pour ses petites poupées. Pas de pantalons, que des jupes et des robes fleuries accompagnées de mocassins trop serrés. ;) Pourtant autour de moi, je ne voyais que de grandes personnes bien habillés, parfumées et pomponnés (au Sénégal l’apparence c’est un culte, une obligation vis-à-vis d’autrui), et moi je me demandais quand mon tour viendrait !!!!

Voilà donc pour la frustration.

Et puis, j’ai trouvé un palliatif. Mon jeu c'était de dessiner mes propres petites poupées (Barbie était trop limitée pour moi). Je les habillais comme je le désirais, à défaut de pouvoir m'habiller comme je le voulais.
Puis l'adolescence est arrivée, la possibilité de venir en vacances et de s’acheter pendant un mois ce que je voulais. La mode devenait plus tangible. J'ai donc entrepris de créer ma propre marque (je n'en révélerai pas les détails ici, question de copyright!!! Haha !) Je me prenais pour une styliste, quoi! Je faisais mes croquis, mes collections et j'avais mes books. J'étais très sérieuse dans ma démarche. Je voulais en faire mon métier.

Mais il a fallu faire des études et mes parents n'allaient pas me laisser continuer dans cette voie. Alors, la poupée c’est devenu moi ! Je suis venue en France pour faire mes études : accès illimité à toutes les marques qui s’étalaient sur les pages d’ « Ok Podium ! » ! J’ai commencé tout doucement, histoire de me forger mon style. Et maintenant (même si mon style n’est pas énOrme non plus) je consacre une grande partie de mon temps et de mes revenus à la mode. Pour moi, le vêtement n’est plus un rêve mais un mode de fonctionnement. J’achète une pièce parce qu’elle se marie bien à un aspect de ma personnalité, je suis obsédée par une autre et je finis toujours par l’acquérir. J’ose, quitte à friser le ridicule ! J’applique ce qui pendant tant d’années n’était que théorie. Tout cela me vaut bien sûr de passer pour une fille futile. Quand on aime s’habiller et s’arranger, c’est forcément qu’on cherche quelque chose … ou quelqu’un, c’est forcément qu’on a un pois-chiche à la place du cerveau (surtout quand on est prof), c’est qu’on a rien d’autre à faire ou qu’on n’a pas de personnalité. Mais moi je m’en fous, la mode je la kiffe sans limites. Pour moi, le mode c’est une carte de visite, elle résume qui on est et nous aide à nous positionner socialement. Bah oui, rien que ça ! ;)
Oops, j’ai été un peu trop longue, peut-être…?!

Marie a dit…

Fashionblahblah: Merci déjà!
Déjà toi c'est ton père qui choisissait tes vêtements... C'est pas si courant tu sais!
En d'autres termes, c'est un peu (attention psychologie de bazar) c'est un peu comme si, ton papa il te demandait pas ton avis, comme avec une poupée et que toi, tu faisais la poupée non pas avec toi mais avec de vraies poupées!
Comme toi j'ai voulu faire des études de mode en sortie de terminale, mais bon c'est pas comme si c'était, dans la tête des parents, un vrai métier, et pas encore assez mature, on se rebelle peu, peut-être que j'étais pas assez passionnée ceci dit!
Je suis d'accord avec toi, il y a de la carte de visite dans la mode!!!

Merci pour ton témoignage beauté!
Bise...
Non, comme pour les autres, vous n'êtes jamais longues, ça serait un comble que moi, je me plaigne!!!