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20.5.07


VERS L'EPURÉ...


J'ai d'abord aimé First De Van Cleef & Arpels et Chanel numéro 5. Odeurs familières maternelles.
J'ai commencé avec Tartine et chocolat, le cheap Naf Naf vendu à Auchan et Loulou de Cacharel. Anaïs Anaïs me paraissait fadasse, trop jeune fille en fleurs alors que moi je grimpais aux arbres les genoux écorchés.
Quand on entre dans l'adolescence, on se dit que pour faire le plus femme possible on a intérêt à avoir le corps qui suit. Plantureux, courbé et volupteux. Si on a pas la silhouette qui va avec, pas la peine de mettre des décolletés, on risque de se faire démasquer. Alors moi, je décidais de me faire sentir femme. Avec du lourd, du capiteux: Angel de Mugler et même Obsession de Klein. Comme il y avait de l'ambre, c'était encore mieux... L'ambre érotise n'importe quelle odeur de peau, et jamais je ne me suis dit que ça pouvait contrarier la naïveté de mes 14 ans.
Le lycée est la période où l'androgynie est la plus palpable. Pas encore femme, pas encore homme, CK one allait bien avec ce concept. Et le concept a duré longtemps. Jusqu'à la fac. Pas encore définie, ce parfum me correspondait bien. Et puis il ressemblait vaguement à de l'eau de cologne, propre, frais et léger.
En grandissant la femme terrée en moi commençait à vouloir dégager la gamine mal finie. Et c'est comme ça que je suis revenue vers le capiteux, Obsession est réapparu. Brièvement. Hypnotic Poison de Dior est arrivé. Je l'ai beaucoup porté, mon amoureux l'adorait... Alors je le gardais. Et puis j'ai commencé à le trouver trop peu discret. Trop évident. Trop de "Mais j'adore ce parfum" autour de mes oreilles. Je n'ai jamais aimé les odeurs récurrentes, présentes à chaque coin de rue. Comme si j'étais comme toutes les autres. Ca me pose moins de problème pour les vêtements. L'odeur est si caractéristique qu'elle ne peut, à mon sens, pas se confondre. C'est la raison pour laquelle j'ai arrêté Angel. L'odeur est si spontanément séduisante que je la croisais toutes les heures. Et je déteste l'évidence.
Au moment où on sort de sa crise d'adolescence, on a fini de rejetter en bloc les fondamentaux familiaux. C'est comme ça que je me suis mise à porter Chanel 5. Et ça a duré longtemps. Des années, j'adorais l'odeur des roses et l'aspect "conventionnel" de ce parfum. Un monument que moi je portais avec mes jean's défraîchis. Ca me donnait l'impression d'être en décalage et en mêmes temps complètement femme.
À la même époque j'ai porté Boucheron (toujours 4 flacons entamés chez moi. J'alterne. Et après je me plains que je n'ai plus d'argent!). Même catégorie de parfum. Classe, élégant, femme distinguée. Et Shalimar aussi... La classe de la classe. De la vanille, beaucoup, mais c'est tellemnt bien fait que je ne m'en lassais pas... Et m'en suis toujours pas lassée d'ailleurs.
Et puis Jicky de Guerlain est arrivé il y a 3 ans. Et là, j'étais sûre d'avoir trouvé le bon. J'aime son côté masculin (c'est un masculin à la base). Il m'allait bien. Discret et en mêmes temps diablement efficace. À cette même époque je suis devenue difficile en parfum. La plupart me donnait la nausée. Je les trouvais tous "trop". Je rêvais de discretion et ne sentais que du chargé, du beaucoup trop féminin.
Des gouttes d'Artemisia de Penhaligon's arrivaient dans mon cou les jours où Jicky n'y était pas.
Plus le temps passait, plus je voulais des parfums légers abandonnant la vanille et le sucré que j'avais tant adoré...
Aujourd'hui je mets White Musk, comme beaucoup de filles je crois. Mais j'adore ce parfum. J'adore le musc. Celui de Kiehl's au moins autant que celui de Bodyshop...

Je suis fascinée par les odeurs. Mon odorat est très développé (pas comme Grenouille, n'exagérons rien!) et je ressens une sorte de fierté à ça. Je me trouve animal quand je sens. Il m'est impossible d'aimer un garçon dont je n'aime pas l'odeur. C'est inenvisageable. c'est de l'ordre de la chimie. Et ça n'a rien à voir avec le parfum. J'adore sentir, renifler, traquer l'odeur de mon prétendant... Je me retrouve vite fait bien fait dans son cou à promener mon nez sur sa peau, même en société oui je sais ça craint (et ça n'a rien à voir avec un surmoi déviant, ça va!) pour le sentir. Mes madeleines à moi ce sont toutes les odeurs, elles sont mes plus fiables souvenirs!
Et s'il y a un point où je suis bien une vraie fille (femelle même au sens tribal du terme, parce que les choses ont évolué avec l'arrivée des metrosexuels sur le marché de la conquête hétérosexuelle) c'est sur le fait que j'adore les poils et la sueur. Je n'ai jamais rêvé d'un torse imberbe et d'une odeur de cocotte. Moi ce que je veux, c'est un truc plus "mâle" (ou mal d'ailleurs, on peut l'écrire des 2 façons) que ça!!!! Un animal je vous dis!!!

10 commentaires

amnesik a dit…

Je crois que je suis un peu comme toi, je ne peux m'empecher de renifler mon amoureux, qu'il porte un parfum ou non je suis attirée par son odeur... chimique comme tu dis ;-) ^^
Bel article.

rosalie a dit…

c'est fou, j'allais écrire un post sur l'odorat...
{et aussi le fait que j'aime les odeurs très marqués "mâle"... d'ailleurs la plupart de mes parfums sont our hommes à la base...]

Lachipie a dit…

joli post , du plus tres vrai sur l'importance de une odeur (specialement celle d'un namoureux) et ca m'a fait repenser a chacun des parfums qui sont passer dans ma vie ..

Lachipie a dit…

ahhh, je viens de voir le commentaire de rosalie
et c'est vrai que pour moi aussi , plusieurs de mes senteurs preferees sont pour homme drole vu que le reste est plutot odeur fleuri.

alexia a dit…

j'aurais pu écrire la fin de ton article, quasiment mot pour mot :)
mon parfum fétiche est un parfum masculin-féminin, il n'y a que moi qui le porte (enfin parmi les gens que je connais) et mes amis m'associent à cette odeur 'oui c'est bien toi'...
et il n'y a pas meilleur moyen pour retrouver une émotion passée que de sentir l'odeur qui y est associée...

Anonyme a dit…

bravo, bravo
j'ai adoré
une femme que tu connais ....bien !!

Sacha a dit…

Ahh j'adore cette auto analyse du pourquoi du comment d'un parfum ou d'un autre! Il est archi sensé ce post!

wentworthlady a dit…

ahhhhhhhh les effluves magiques!!!
Je suis fana de parfum aussi, cela commence de l'odeur d'un sous bois au petit matin, à l'iode frais et insolent respiré à l'aurore sur une plage du Portugal, un véritable "splash" pour mon sens préferé: l'odorat.
Mon 1er parfum fut :Quartz de Molyneux ( à 15 ans), puis Turbulence de Révillon à (17 ans), puis l'Interdit de Givenchy (à 18), puis ça s'accélère : 20 ans : Y de St Laurent, Poison de Dior,Opium de St Laurent, à 25 ans : Rive Gauche de St Laurent (je le porte toujours car c'est mon chouchou, je me sens si bohemian-chic quand je le porte!) à 30 ans ce fut un coup de foudre pour Aromatic Elixir, une passade sans lendemain pour fracas de Robert Piguet, Jicky porté pour faire plaisir à un ami gay qui trouvait que c'etait "Mon parfum", en ce moment je porte plusieurs parfums en intervalle : AquaMotu et bois de Filao (quand il fait chaud) de Comptoir Sud Pacifique,Narciso Rodriguez for her (cadeau de mon chéri : une pure merveille!!!) et mon favori oriental : Mitsouko de Guerlain!!!!!

unechicfille a dit…

Amnesik: Merci

rosalie: Ah c'est fou ça! Ben j'ai bien envie de lire ton rapport aux odeurs moi!

Lachipie: Quand je croise une odeur familière sur un inconnu, ça me rend toujours toute chose!

Alexia: L'odeur est partie intégrante de notre personnalité, c'est quand même fou!!

Anonyme: En vous remerciant femme que je connais et que j'ai hâte de revoir vite... En juin, ça te va? ;)

sacha: merci. Je n'avais pas pensé au pourquoi du comment en l'écrivant, comme quoi les lecteurs apportent une autre perception, j'adore.

Wentworthlady: Quand les gens me parlent de leur parfum (j'ai dans mon cerveau des cases qui se souviennent de chaque odeur) ça me donne l'impression de mieux les connaître... Et là, j'ai l'impression de mieux te connaître.

balibulle a dit…

Comme ton post touche juste ! Moi aussi j'ai aimé puis abandonné Loulou, CK One et Hypnotic Poison dans mon vécu olfactif. Et ils correspondaient aux mêmes désirs identitaires : quitter l'enfance (Loulou), échanger le rentre-dedans contre le charme (CK One), me rassurer sur ma féminité (Hypnotic Poison). J'ai l'impression qu'on aime une "idée" de parfum, plutôt qu'une odeur elle-même. Il y a celles qui aiment parler aux tripes et celles qui aiment parler à l'intellect. Le top étant de s'adresser aux deux, l'air de rien. J'ai trouvé la formule magique, Bois Farine de l'Artisan Parfumeur. Merci Marina ! (elle se reconnaîtra...)