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29.1.07


PSYCHANALYSE DU JEAN’S…


Mon attachement aux vêtements a toujours été présent dans ma vie.
En primaire, ma mère m’avait acheté un pull POIVRE BLANC kaki (ça va, j’avais 9 ans et à l’époque, c’était un peu à la mode !). J’étais si fière et heureuse d’avoir ce pull que je ressentais une boule de félicité dans mon ventre. Cet état de joie a sûrement déterminé mon rapport à la sape !
À ce moment, je me suis sentie tellement vivante (oui, je sais, il ne m’en faut pas beaucoup) que je cherche certainement depuis à reproduire cet état encore et encore et encore.
Le fait que cela soit un cadeau de ma mère à ajouter une valeur affective au pull tellement désiré. Ma mère n’était pas riche, et je savais que ce pull, elle ne pouvait pas vraiment me le permettre… Sacha Guitry disait en substance que l’important n’est pas d’être riche mais de paraître riche. Ma mère, l’espace d’un instant m’avait permis de paraître riche. Un peu mais ça m’avait procuré tellement de joie que déjà en moi, s’est installé mon amour de la belle fringue ( et en 1988 quand on a 9 ans, POIVRE BLANC c’est de la belle sape !!!). Une joie que j’ai essayée et que j’essaye encore de reproduire à l’infini… Mais pour tout dire, je n‘ai jamais ré atteint cet instant. Plus jamais de boule dans le ventre… Pourtant, c’est pas faute d’essayer (j’achète toujours trop… Mais c’est quand même bizarre, j’ai jamais rien à me mettre ???).
Les choses s’aplanissent petit à petit, mais j’ai été plus qu’excessive dans mes shoppings rendant plus que frénétique n’importe laquelle de mes sorties en ville…Oui je sais, je suis un peu névrosée. J’ai déjà fait référence aux souvenirs de mode de mon enfance. Mais comme mon copain Freud a l’air de dire que tout se joue enfant alors je me suis dit que pour bien comprendre mon « addiction » il fallait que je fasse régulièrement des retours en arrière ! Et une chic fille met du temps à devenir chic. Les choses dans la vie d’une chic fille n’arrivent pas par hasard !

À travers ce tout petit événement de ma vie à moi, se dégage un élément un peu plus universel, LA MODE EST JUBILATOIRE , RÉJOUISSANTE. De tous les blogs que je lis, le premier adjectif qui me vient pour les qualifier, c’est PLAISIR. Un plaisir parfois honteux, mais un plaisir quand même. Et c’est ce qui rend la mode tellement addictive… Reproduire à l’infini cette joie ressentie après un achat particulièrement réussi… Mais il n’y a pas que le plaisir.
Pour la petite occidentale que je suis, chercher son look, tâtonner, essayer, assortir c’est une manière de se trouver. Une façon de trouver son identité… J’enfonce des portes ouvertes puis réouvertes, je sais, mais ça définit tellement la manière qu’on a de se voir et surtout de se montrer au monde que je ne peux pas m’empêcher de trouver ça touchant. On est un peu les cabotines du macadam avec nos slims (plus pour très longtemps) et nos chaussures compensées. On joue nos rôles à la perfection. La modasse joue son rôle à la perfection avec distance et humour (mais ça reste quand même sérieux la mode !!!)
Le plaisir associé à la quête identitaire alors qu’on n’arrête de nous dire que ça n’est que de la futilité…

11 commentaires

julien_ a dit…

ouais d'abord

Sardine a dit…

moi aussi j'avais un sweat Poivre balnc, violet, je l'adorais...

Mademoiselle C. a dit…

Tout à fait d'accord, je pourrais passer des heures à chercher et à regarder des fringues rien que pour le plaisir des yeux. Le shopping un passe temps à part entière pour moi :)

Anonyme a dit…

Ton blog est à mon sens un des plus intéressants (mot galvaudé mais qui prend ici son sens initial et essentiel:digne d'intérêt-plus qu'un autre blog d'ailleurs...) parce que tu y mets ton âme et que tu livres à l'autre tes ressentis.
Je serais éditrice, je comencerais à te tourner autour pour être sûre de pouvoir être la première à publier tes posts compilés dans un recueil quand tu en auras écrit suffisamment...
Je crois bien que cet espace de libre expression que tu t'es construit ressemble étrangement à une analyse sociologique qui ne dirait pas son nom...
Et arrête de dire que j'en fais trop!!!

Anonyme a dit…

et si j'étais éditrice, je mettrais 2 m à commencerais...

g. a dit…

C'est touchant et percutant à la fois.
Difficile d'imaginer alors ce qu'il en est pour ceux qui n'ont pas le choix de porter ce qu'ils aimeraient avoir sur le dos...
g.

punky b a dit…

le fameux poivre blanc... il était vert le mien.. et j'en pouvais plus de l'avoir, j'étais d'une fierté... mais moi je me souviens aussi de la fierté que j'avais quand je portais un caleçon rose avec élastique sous le pied!!!(j'étais en primaire hein) associé à mes petites boucles d'oreilles en or pendantes avec des petites pommes!!! mon dieu... ;) ton post fait un bien fou tu le sais ça au moins?

stroke a dit…

I think "fashion" serves a function if you take it lightly. I feel so bad for fashion victimes as much as I love girls who play with it. It's great fun to re-invent yourself from season to season. To surprise others and yourself. it's a way to be fully in the moment.

I think one just has to be careful not to look in fashion for answers that are not there. It's just clothes. it's a game. it's a business.

enjoy enjoy enjoy it, but keep in mind what it is.


stefan

stroke a dit…

PS. Your sweater story, is really touching.

Princesse Audrey a dit…

Ton blog est génial, j'adore le lire, il me passionne. Continue !

Anonyme a dit…

Je veux te dire que ton blog me réjouit, j'aime ta façon d'écrire, d'expliquer tes goûts, de nous faire partager tes ressentis. Je ne trouve pas ton blog futile, et tu m'as tout l'air d' être une chic fille.
En tout cas te lire, voir les photos qui illustrent tes billets, c'est PLAISIR !
Moon Palace