Ulysse et intimidation
(Le "s" à Ulysse c'est parce que le titre est en anglais)
(Mettre du R&B qui dégouline sur un post qui parle de James Joyce est un grand plaisir pour moi...)
Mon copain Karim dit que l'Ulysse de Joyce est un livre immense. Enfin c'est pas précisément ses mots à lui, mais vous voyez l'idée. L'excellence.
Il n'est pas le seul à le dire, j'ai lu plein de trucs dessus. Ulysse ça a l'air d'être un livre à lire impérativement si tu veux en être. Si tu veux voir ce que c'était la vie à Dublin et aussi et surtout si tu veux voir comment c'est un mec qui sait écrire.
Mais il parait aussi que c'est un livre difficile, qu'arriver au bout est une épreuve.
Parce que je veux en être, j'ai acheté ce livre. Il y a plusieurs années. Et je ne l'ai jamais lu. Enfin si je mens, quelques pages. Peut-être même quelques lignes, et puis j'ai arrêté pour ne jamais reprendre.
Ce n'est pas que je ne veux pas le lire, c'est plus que je n'ose pas le lire.
J'ai tellement lu que Ulysse était complexe, dense, brillant que j'ai une pression monstre. Impossible de commencer.
J'ai l'impression que je ne peux pas lire ce livre, que je ne suis pas à la hauteur.
Pas assez brillante, pas assez complexe, pas assez subtile. Ce livre, et ce n'est pas le seul, semble être trop pour moi. Trop fort.
Je pense à tous ces gens qui ne lisent plus, et je pense à moi avec l'Ulysse et je me dis que c'est pas normal. Cette intimidation n'est pas normale après tout. La culture c'est chacun son rythme, on peut y revenir, relire, recommencer, attendre, alors pourquoi voir, dans une activité intime (la lecture) des castes "culturelles"?
Pourquoi on accepte ça? Pourquoi on accepte de se dire qu'on est pas à niveau pour certaines choses?
Si j'étais prof j'adorais être capable de décontracter ma pratique. Rendre les choses accessibles, même dans leur complexité, que les élèves y voient une épreuve qu'ils réussiront à relever.
(Post un peu hors propos peut-être, mais on a dit qu'on parlait de tout, non?)
Je vous embrasse fort.
Commentaires
Ma mère, qui lit tout et tout le temps, dit plusieurs choses: que quand on ne comprend pas ou qu'on s'ennuie, on peut toujours sauter des pages, parce que finalement, on est le maître de ce que l'on lit. Pas de sacré, mais du plaisir, quitte à y revenir... Aussi, Ulysse de Joyce, c'est un peu comme Proust, il faut être prêt, ne pas hésiter à reposer le livre et à le reprendre, longtemps après, ne jamais hésiter à réessayer... La dernière chose, qui a dit que tu devais commencer par le début? Essaye d'abord d'ouvrir le livre au hasard, de prendre quelques lignes ou quelques pages, prends le à rebours... C'est quand même pas mal, de faire son propre chemin au milieu de la culture. A bientôt! Noémie
Il y a un texte de Miller qui me semble juste sur le propos (je te l'envois par email).
Et puis tu as aussi des auteurs qui se sont appliqués toute leur vie à rendre la lecture, et la littérature decomplexée (Pennac et Perros sont pour moi les pilliers ...)
Je suis dans le même cas avec "L'art du bonheur" du Dalaï Lama et "Le livre tibétain de la vie et de la mort". J'ai peur de ne pas comprendre, de mal comprendre ou encore de trop bien comprendre.
De ne pas y voir ce que tout le monde a compris ou vu.
Ça m'arrive aussi avec les films, et en particulier avec toute la pression qui tourne autour de Into The Wild. Le dvd m'attend depuis de longs mois au fond de ma bibliothèque...
Rien ne presse ... tout vient à point comme on dit ...
On en tire bien ce qu'on veut, ce qu'il nous faut, mais aussi ce que nous sommes capables d'intégrer au moment où ça arrive.
Le cerveau est bien fait pour pas mal de choses, et effectivement, chacun son rythme, il est plus sain et intelligent de penser que ça n'est pas le moment et que plus tard ce sera mieux, putot que de se forcer comme beaucoup le font, juste pour "avoir lu joyce" et pouvoir le dire, mais ne rien en avoir tiré pour soi.
Très long ce com, sorry, ça faisait longtemps et ça m'a parlé :)
et oui, jai adore 100 ans de solitude et je continue ma plongee dans la " litterature" ce qui ne m empeche pas de prendre les super picsou a la plage ...
bises
Je dis toujours à mes élèves que le plaisir d'aborder des bouquins comme un bon gâteau, c'est de le savourer à son rythme (et c'est pour ça que la façon militaire d'aborder la lecture dans les programmes m’horripile, genre "un mois pour lire Madame Bovary, et vous m'en ferez une fiche de lecture", grrrrrrrrr...
De même, en salle des profs, lire autre chose que ce que publieraient GF ou la Pléiade, c'est très mal vu... Du coup, si je lis mes bouquins intellos devant les collègues, je réserve les bouquins moins littéraires pour des moments moins "publics". Je prends autant de plaisir à lire les deux, mais je sais que mes collègues me pourriraient s'ils savaient que j'ai lu "L’Étrange vie de Nobody Owens" et que j'ai adoré... et je ne veux pas qu'on me gâche mes lectures.
Bref, on peut lire un bouquin plein de fois dans sa vie, y revenir, recommencer, l'attaquer par le milieu, en général, on va y trouver et y comprendre plein de choses différentes à la fois. Et il faut se souvenir des auteurs, comment ils étaient : comme je dis à mes élèves, ils sont tout à fait capables de comprendre et de ressentir ce que l'auteur a voulu transmettre, et peut-être qu'eux, avec leur perception de jeunes du XXI°s, ils vont enrichir le sens du texte de leur propre imaginaire. Les bouquins ne sont que la lecture qu'on en fait.
1) l'âge. A ce qu'il parait, il est impossible d'être sensible à à la recherche du temps perdu quand on est jeune, c'est un livre qui nous parle quand on avance en âge...il y a des livres qui correspondent à des périodes de la vie et qui nous passent complètement par dessus la tête avant, parce qu'on a pas assez vécu.
2) Je pense que dans certains cas, il ne faut pas se forcer, surtout avec ces espèces de livres "pilier de la culture" qui reviennent tout le temps chez les gens censés être cultivés. On pourrait parler de Bourdieu et de comment la culture est utilisée pour affirmer sa supériorité (en mode "si tu n'a pas lu Ulysses tu as raté ta vie"). Moi aussi j'ai essayé de lire Ulysses, j'ai pas réussi. La manière dont c'est écrit m'est très pénible (et pourtant j'aime beaucoup lire). Je pense qu'à un moment il faut arrêter d'être snob et lire ce qui nous enrichit, pas ce qu'il "faut" lire (autre exemple: Kant...c'est illisible Kant...c'est super chiant...or c'est un philosophe qu'il "faut" avoir lu)
3) c'est vrai que la lecture c'est comme le cinéma, la mode, comme tout...faut lire beaucoup pour commencer à apprécier des choses nouvelles, sortir peu à peu de son cercle de choses connues. Plus on lit et plus notre sensibilité devient précise, on apprend à apprécier des trucs qu'on aimait pas avant... (comme les aliments qu'on aimait pas quand on était petit et que maintenant on cuisine).
Pas de conclusion donc :)
Je lis en ce moment un roman « La physique des catastrophes »
Page 161 Double bigup à la Chic Fille:
« Il est difficile aux Etats-Unis de séparer bonheur et consommation » et, plus loin, « Trop de Joyce nuit à la santé, disait papa. A force, cela devient indigeste »
Avoue Marie, ton vrai nom c’est Marisha Pessl.
Et non tu ne mélanges pas tout, il n’y a jamais de hors sujet. Une femme peut parler littérature en se maquillant avec une tarte dans le four et de belles nike air toutes neuves aux pieds ;)
Oui madame... Le tout avec vue sur mer.
Zoubi de Galpi.
fait référence à Ulysse en ces termes
Je deteste quand les gens me disent "ouuuuh ce film est GENIAL".. je m'attend à du genial et je suis souvent decue alors que si on m'avait rien dis, il aurait été surper je suis sure..
Mais aller zoup: LIS LE!
Apres tout: c'est que un livre, et prend le comme tel.
mouahmouahmouahmoauuuuuuuuah!! (ca fait assez de bisous?)
PS: ça fait quelque temps que je lis ton blog et c'est la première fois que je commente, mais à chaque fois je trouve que tes billets sont super pertinents, j'aime beaucoup te lire:)
Ca me parle beaucoup ce que tu exprimes là, je ressens la même chose avec d'autres classiques, moins difficiles d'accès peut-être. L'an dernier, j'ai "attaqué" (et adoré!) Victor Hugo, cette année je me lance dans Dostoïevsky... C'est dingue, c'est précisément ce que je ressens, une sorte d'angoisse à l'idée de ne pas capter le truc, de ne pas être réceptive au côté "chef d'oeuvre" de la chose...
"Activité intime" ... mmmmmmmm, c'est bon la lecture !
C'est bien un post qui parle bouquin je trouve, tu devrais en faire plus souvent ...
ce soir obligee de commenter : je vis entouree de super-profs et de super-eleves, qui ont tous une these, une specialite, qui semblent avoir tout lu, tout retenu, tout compris (je suis a Normale Sup...) Donc cette sensation, oooh oui je la connais aussi !!
Mais je crois pouvoir dire aujourd'hui que beaucoup de ces gens d'une part confondent comprehension profonde, humaine et pedanterie; d'autre part....qui se font profondement chier a vouloir etre a la hauteur de ce qu'ils croient devoir etre.
Je suis desolee, c'est tres confus, mais voila ou je voulais en venir : peut-etre que si tu n'as pas touche ce livre.......c'est qu'au fond tu n'en as pas envie. Je me trompe peut-etre ! Mais si c'est le cas, tu as le droit ! je ne suis pas en train de dire : Joyce est chiant, on ne peut pas sincerement aimer Joyce. Mais on peutTRES BIEN vivre sans !!! :)
http://www.lemouv.fr/diffusion-what-s-up-beauty
Celui-ci m'a fait penser un peu à ma relation (durant ma courte vie) avec les livres.
Jusqu'à être en humanité (collège en France je penses). Je lisais énormément. J'adorais. Tous les livres d'enfants et adolescents sont passés. Et puis BIM. J'arrive à l'école. On me déclare que ce que j'aime lire. C'est de la connerie. C'est révolu. Je n'ai pas du tout aimer la transition du livre jeune au livre plus sérieux. Je me souviens. Le premier livre qu'il m'ont fait lire. C'était un livre sur la prostitution...
Je comprends que l'école a pour but, de nous montrer d'autres lectures.
Cependant. Pendant 6 ans. Je me suis dit. Je n'aime plus lire. Je ne lisais plus que par obligation. Je n'ai pas apprécié grand chose. (Obligation = pas de plaisir).
Ce n'est que quelques années plus tard. En commençant à travailler que je me suis remise à lire des livres que j'aime. Effectivement. Ce ne sont pas des bouquins tel Ulysse. Mais, je progresse à ma manière, tout en douceur. Je n'achète aussi, qu'un livre ou deux à la fois. Comme ça, quand j'ai envie de lire, j'achète le livre que j'ai envie de lire dans l'immédiat. Ca marche plutôt bien.
Enfait c'est moi qui suis hors propos... Héhé. Mais merci. Tes posts me font toujours réfléchir, même si dans un premier temps c'est sur mon petit moi personnel.
Bises
A mon avis la crainte est de se sentir rester sur la touche alors même qu’on a fait l’acte pour en être:
- de montrer qu’on n’a pas la culture et l’intelligence nécessaire pour comprendre et apprécier sa lecture. Impression de stérilité. (je confirme, Kant m’a tuer.)
- de montrer qu’on reste insensible à une œuvre reconnue comme un classique. Peur de passer pour une brute épaisse qui ne sait rien voir en face des délicats amateurs de l’oeuvre, et pour un ingrat face à l’infinie mansuétude de l’auteur qui a fait le travail de nous introduire à sa façon de voir le monde.
- de se sentir à l’écart, sentir que le livre n’a pas besoin de nous pour exister.
- de s’ennuyer beaucoup et de se faire mal à la tête pour un bouquin dont on ne saisit pas bien au juste pourquoi on s’y raccroche.
Plus jeune, les romans pouvaient m’intimider parce que j’y voyais une sorte de chose calculée, d’énigme à résoudre, à laquelle il y aurait une bonne solution, et donc une bonne façon de lire pour la trouver. L’écrivain avait toujours une bonne distance d’avance sur moi. Et ceux qui connaissaient l’œuvre aussi.
Certaines lectures me donnaient l’impression que je ne savais pas voir les indices qui auraient donné du sens à ma lecture. Ou alors que je lisais à un niveau, mais que c’était un autre qui comptait. Il y a des choses qu’on ne sait pas comprendre parce qu’on n’a pas les bases conceptuelles pour, il n’empêche que beaucoup d’entre elles passent et sédimentent. On s’aperçoit parfois plus tard qu’on avait fait une lecture incongrue par rapport à ce que la majorité y voit ou par rapport à ce qui était attendu, mais paradoxalement, ces écarts de lecture participent à la singularité de l’expérience.
Heureusement qu’il y a d’autres personnes pour nous introduire par touches au sens possibles d’une œuvre, mais perso, si on me fait sentir que je dois lire tel ou tel truc (« il faut avoir lu machin truc » (mais, heu, de quel Olympe tu me parles, toi ?)), ça me rend rétive.
Certains livres, je vois de loin ce qui fait leur intérêt, et pour l’instant ça me suffit. Par exemple, je ne lis pas de poésie. Mais quand dans un livre un auteur parle de la place de la poésie dans sa vie ou dans la genèse de son œuvre, je partage mieux cet intérêt.
L’intérêt c’est quand on sent qu’une lecture nous devient nécessaire, qu’on en a saisi un angle d’attaque stimulant, et qu’elle va consolider quelque chose en nous. Je sens qu’un auteur compte pour moi quand à un moment j’ai l’impression qu’on pourrait se faire des clins d’œil : « ça y est, je vois ce que tu veux dire, je vois ce que tu as essayé de faire. » Et puis si le déclic ne se fait pas, ben voilà tout, une œuvre n’est pas obligée de faire sens pour tout le monde au même moment.
PS : oh mais ça y est, je crois que j’y suis, cette hésitation à lire Ulysse rejoindrait bien la thématique dead fleurette, jeûne et compagnie : à la poursuite de la purge ultime !
PS2 : tu nous feras une vidéo de lecture de la première page d’Ulysse ? Pour voir si ça nous met la bave aux lèvres et qu’on a la révélation « ouah, comment c’est trop intéressant lu par Marie ! Je veux le même livre qu’elle !»
Gamine ma maman me lisait tous les soirs des passages de l'Odyssée... j'étais passionnément amoureuse d'Ulysse et de ses aventures; j'avais l'impression étrange d'être une Pénélope qui attendait chaque soir le dodo pour le retrouver.
Puis il y a eu Ulysse 31, le dessin animé ;-))))))
J'avais toutes les figurines!!! (oui même nono le petit robot!)
Ma mère était prof de français, donc autant te dire que les livres ont toujours été mes peluches et mes meilleurs amis imaginaires!
Plus tard ma maman m'a offert Ulysse de Joyce en me disant:
"Ils disent tous que c'est compliqué, illisible, une fumisterie pornographique et bien d'autres choses encore.Ce sont leurs avis! Fais toi le tien à ton rythme, fais ta Pénélope. Maintenant, dans 5,10,ou 50ans!"
Je l'ai ouvert,humé, feuilleté,j'avais l'impression d'avoir la chose la plus précieuse dans mes mains. Le saint graal! C'est un livre qui me rassure et j'envisage les choses autrement en fait: je veux pouvoir tout au long de ma vie découvrir encore des auteurs classiques majeurs, m'émerveiller et me dire mais pourquoi je ne l'ai pas lu avant! j'aime me créer des sources d'émerveillement. Je ne sais pas si c'est très clair mais c'est comme Gainsbourg avec qui je me suis construite petite: j'en connais un paquet sur lui mais je me refuse régulièrement d'écouter certaines chansons ou de lire certains topics car ainsi jusqu'à ma mort j'en apprendrai et je découvrirai de nouvelles chansons comme s'il était encore là!
Et voici un article que ma mère m'a envoyé il y a quelques temps alors que je triturais mon saint graal avec mon sempiternelle "j'y vais? J'y vais pas"
http://www.slate.fr/story/39359/joyce-ulysse-bloomsday-idees-recues
kiss kiss
J'ai pensé quelques fois, que peut être, quand je prendrais ma retraite et que j'aurais tout le temps du monde (mais peut être plus toutes mes capacités intellectuelles) je recomencerai. Peut être...
C'est fou les barrières qu'on se mets tout seul comme des grands... Et cette notion de "je me sens bête, pas assez intelligente pour lire ce livre..." Je connais bien... Moi, je me dis qu'il ya un temps pour tout. Un jour, tu voudras l'ouvrir et tu n'auras pas d'appréhension...Comme un jour j'arrêterai peut et' de cataloguer les auteurs classiques français comme "chiant" a mes yeux. On a le temps de découvrir et surtout on a le droit de ne pas le faire. et après on a le droit de ne pas aimer...
tiens dans le genre , on a pas le droit d'aimer... tu sais que je déteste Bob Marley et the Doors? et bein ça, quand je l'ai dit la première fois, c'était un putain de coming out hein! et d'ailleurs, depuis j'en rajoute une autre couche... J'aime pas Gainsbourg. a part les débuts (poinçonneur des lilas toussa...) Sinon, le mec, il me fait chier. Et PAf!
Assumer, assumer , assumer!
T'embrasse. (Par contre, là, je lis "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" et je me régale... Et même qu'après, je regarderai la version ciné avec Grégory Peck. Et que je me réjouis autant que je m'attriste de mon avancée rapide dans ma lecture... Succulent! Je te le conseille surtout au soleil (ouais ouais.. avec indice 50 et passe montagne... blabla ... ;) )
Bref je résume:
Joyce on aime beaucoup où on n'accroche pas du tout, à mon avis; c'est dense en effet. Je crois même qu'il vaut mieux s'imprégner un peu de son univers et de l'époque pour l'appréhender...
Bref, ce que je voulais dire c'est qu'on peut adorer untel et ne pas réussir à lire un autre: cela n'est pas graave! Ça m'est arrivé avec de "grands" auteurs, pourtant je suis une vraie littéraire comme on dit ;-))
Cela dit, je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut aussi parfois se "faire mal" en lisant, pour expérimenter à travers la littérature aussi le fait que l'apprentissage et le plaisir ne sont pas toujours faciles...Je ne sais pas trop si je suis claire mais bon...!??
Suivre ses goûts, se faire plaisir tout en restant exigeant avec soi-même, c'est le message que je m'applique à ce propos et que je tente de faire passer à mes élèves.... ;-))
Bisou et bon week-end!
C.
Huuum
La vie est trop courte pour te faire chier volontairement (bien d'autres occasions ne sont pas volontaires). Donc, essaye. Si ca te fais chier, arretes. Recommence dans 2 mois, 2 ans. Cries sur tous les toits que Ulysses c'est nul (si tu le penses). Les cons eduques, te regarderont de haut et les autres se diront "tiens, moi non plus j'ai rien pige". Et essayes Dubliners de Joyce, ou son bien bien meilleur Portrait of the Artist as a Young Man. Merci pour tes posts qui me font souvent sourire tot le matin en Californie.
ps (pas de clavier Francais donc pas d'accents, sorry)
Marina
Anonyme: sauter des pages? Et si je me perds?
Merci pour ces conseils étonnants.
Irène: C'est vrai...
Nunu: Oui sûrement.
Jade: Ben tu sais quoi, Into the wild m'a ennuyé ;-) Je te jure c'est vrai. je te trouve ce film surestimé
Elodie: Comme si le problème c'était nous et pas l'oeuvre avec nous, le manque de confiance probablement...
Anonyme: :D Ah oui? J'ai pas fait lettes, je ne savais pas tout ça
Nina: <3 (tmtc)
Geraldine: On va survivre à la fin du monde... Et Picsou bien sûr qu'il est hors de question d'arrêter
Anaïs: :)
Princesse Audrey: J'attendais ton commentaire (espérais ton commentaire), et merci. Ce que tu dis en tant qu'enseignante est vraiment décomplexant.
Colporte Masqué: Oui c'est vrai, c'est peut-être tout simplement pas le moment... En parlant de Bourdieu, d'ailleurs, la misère du monde, c'est hyper chaud patate à lire, non? ;-)
severi27: La question de la sensibilité vs la connaissance, c'est bien ça? Et donc finalement ne pas comprendre froidement peut être une bonne chose?
Elise: :D trop drôle
bisous
Cécile: Oui tu as raison, essayer...
Anonyme: C'est fou ...
Anaelle: C'est vrai oui.
ben: Ah oui je n'avais pas pensé à ça... Genre si je ne suis pas touchée par ça, je ne serais pas de la bonne espèce d'humains?
Merci pour le PS
Bise
Sarah: Exactement comme moi...
Magali: Je parle moitié du bouquin, non :D
Cla: "qui se font profondement chier a vouloir etre a la hauteur de ce qu'ils croient devoir etre.", sérieux? oui c'est vrai, je peux vivre sans... je ne l'avais jamais formulé avec des mots aussi vrais
severi27: Merci pour le lien...
emyb: comme toi, si les choses deviennent obligatoires, j'en perds systématiquement le goût. merci beaucoup pour ton commentaire :)
Je t'embrasse
Laïka: Merci beaucoup pour ce commentaire, il développe finalement vachement bien tout ce que j'avais en tête.
<3 je t'embrasse
PS: Dead fleurette et Ulysse énorme...
fouh: <3, ton com est la chose la plus décomplexante que tu aurais pu me dire sur Joyce. Merci d'avoir partagé ça ici!
Bise
Rose: Les fleurs du mal <3 en même temps...
Ice: Ah oui peut-être avec du temps devant toi
Aube: Les coming out de ce type font du bien (et pourtant j'adore, mais alors j'adore Marley)
C.: Ben je me l'étais demandé à un moment donné: dois-je me faire un peu plus violence?
Comme toi, ce truc d'exigence.
Bise
Anonyme: :)
Anonyme: Merci beaucoup pour ton commentaire :) (La Californie, mazette, classe )<3
Bise
marina_guerin: Ce type de décomplexion est parfaite
claire: Et toi tu l'as aimé?
Anonyme: C'est vrai...
ça fait longtemps que j'ai envie de "commenter"...
sujet sensible et qui me touche, c'est pourquoi.
Chez moi, le livre était collectionné (genre reliure en cuir et doré sur tranche) mais pas lu (famille complexée de la matière grise)...va comprendre.
Donc pour moi, un livre, c'était juste un objet intouchable, compliqué et qui me faisait chier (disons le).
Jusqu'en 3ème où ma prof de français nous a dit que le livre qu'on lisait, on devait se l'approprier: corner des pages, écrire dedans, revenir en arrière et sauter des pages... bref, devenir le livre :)
Ce fut un choc symbolisé par "Bel Ami" de Maupassant (mieux vaut prendre un poche quand même) dans mon cas.
J'ai découvert donc en 3ème la littérature et ça a changé ma vie.
Il y a toujours des livres que je n'arrive pas à lire (Céline), mais je les mets de côté et j'y reviendrai.
Un livre m'a décomplexé aussi beaucoup, c'est "Comme un roman" de Pennac, je te le conseille, si tu me le permets.
Voilà, je suis pas sûre que ce soit une bonne entrée en matière pour un 1er commentaire mais bon...
ps: je n'ai jamais lu Ulysse
pleine d'attention de nous répondre à tous, je te répond à mon tour, je pars en Andalousie l'an prochain, pour étudier l'architecture islamique et sentir la véritable convivialité de ce mode de vie pendant un an, aurevoir le froid nancéien, grande hâte !
Je ne sais pas si c'est particulier à ma génération, mais il est mal vu de n'avoir pas une certaine culture, populaire d'un côté, classique pour les intemporels, et la culture pointue de tout "jeune" qui veut se faire respecter. Je suis plutôt complètement dépourvue de culture populaire (influence de mes parents qui petite m'ont fait lire des classiques, visiter des églises pendant les vacances, trainée dans des expos, et qui avaient un violent mépris pour tous ces films et émissions télé (gros handicap pour les blind tests !).
La culture fait peur, elle rapproche les gens, elle créée aussi une norme à laquelle on voudrait correspondre. Mais le plus beau c'est la culture délivrée, décomplexée, éclectique.
Bon, là je regarde silence ça pousse qui utilise C2C en bande-son, j'aime bien ces surprises !
Niveau lecture, mon Ulysse c'est Paul Auster là, j'arrive pas à y rentrer, le souci, c'est que c'est mon amoureux qui me l'a offert alors, j'essaie un peu plus fort, mais peut etre que c'est une bonne chose, que ce livre dure finalement, il fait partie de mon présent plus longtemps que tous les autres livres que je range quand je les ai lus, là, il reste sur mon tabouret de chevet :).
Une belle journée !
Avant je ne connaissais pas ce sentiment. Avant que je fasse une prépa Lettres : Hypo et khâgne, ouais.
Après, j'étais fâchée avec les livres. Soit on me dit qu'ils sont trop complexes ou que la plus part des gens passe à côté de l'essentiel ou alors qu'ils sont nuls alors que j'avais envie de les lire. L'horreur.
Et puis, en plus, moi, je faisais beaucoup d'humour et de dérision sur les livres que je lisais. Les gros, les fous, les nuls. Et on aimait pas ça, c'était pas "scolaire".
Avec le recul, j'ai réapprivoisé les livres et mon plaisir de lire, je me dis que j'avais raison, que c'est perso, que les bouquins on en parle comme on veut et que le mieux c'est de donner envie de le lire si on a aimé.
Maintenant, il m'arriver de me pointer devant mon ancien prof de lettres et lui dire : " Monsieur, se livre il envoie grave du bois! "
Alors oui, ça vient comme ça, on lit un jour et on s'arrête, on reprend ou on ne finit jamais.
Et après, on n'a pas tous à répondre à une soit disant norme de la culture/ des livres qu'on doit lire. Un peu comme les livres genre " Les 101 films à voir" ou autre ... on est libre quoi !
http://ernestineetcompagnie.blogspot.fr
blague à part, j'avais bien aimé la misère du monde (enfin: seulement les parties où il y a les dialogues avec les gens). Parce qu'on trouve toujours un entretien par rapport auquel on peut s'identifier, et c'est assez fou)
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