LA MOTIVATION : Généralités et introduction

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C'est la rentrée. Alors comme à chaque rentrée, c'est la même rengaine du renouveau et du "moment parfait pour enfin devenir une meilleure version de soi-même" et plus cet être imparfait qui baisse les bras à la moindre micro contrariété ou difficulté.

Comme chacun semble intéressé par le "bien-être" et la "réalisation de soi" de ses congénères, tout le monde y va de sa petite phrase stimulante, boostante, énergique, bref un discours qui ne vise qu'à aiguiser un truc.
Ce truc qualifié d'essentiel pour aller au bout des choses - remplacez choses par "rêves", "ambitions", "projets" ou tout ce que vous voulez - j'ai nommé LA MOTIVATION.

Ca fait 1000 ans que je dois vous parler de la motivation, sujet sur lequel je me suis particulièrement penchée durant l'écriture de mon mémoire de  M1. La motivation en était la grande star, du genre Nicole Kidman chez Baz Luhrmann, ce qui m'a permis d'apprendre plein de choses intéressantes que j'avais envie de partager avec vous.

C'est assez difficile de parler de motivation en 2018 tant le sujet est partout mais surtout tant il est simplifié voire essentialisé : le comportement motivé est bon pour l'individu et le comportement a-motivé est mauvais pour lui.

Lire des choses sur la motivation, écouter des podcasts aussi bienveillants soient-ils, regarder des vidéos, aboutit, en tous cas pour moi, dans un premier temps à la renaissance d'une énergie folle dans laquelle je suis super motivée, où j'ai envie de casser des culs (au sens figuré) et dévorer le monde - rapport que le monde dans lequel on vit nous suggère que "dévorer le monde" est l'ambition ultime -.
Puis la seconde phase, de manière quasi systématique, pointe le bout de son nez relou ... La seconde phase est celle de la culpabilité naissante après avoir pris conscience de l'inefficacité pragmatique de nos bonnes intentions pourtant profondes.

« Je comprends pas, qu'est-ce qui s'est encore passé ? J'étais tellement motivée, à fond, sûre que cette fois c'était la bonne, que j'allais me mettre enfin à courir plus que deux semaines (ou manger bien, ou tous les trucs qui vous posent question).  Je savais pourquoi je le faisais, je me suis abonnée à des comptes instagram pour me stimuler où les meufs sont bonnes comme c'est pas permis, mais dans lesquels elles arrêtent pas de dire qu'elles sont complexées - comme moi - mais que quand même "no pain, non gain" ... mais attention il faut être exigeant avec soi mais en douceur, faut pas se brutaliser . Malgré tout ça, ça n'a pas pris. Merde pourquoi après les deux premiers mois d'acharnement je fais plus rien, je sais que c'est pas qu'une question de temps disponible, y'en a même qui disent, des coachs que c'est pas le temps ne manque pas, le temps on le met où on veut, dans ce qui compte... Je le crois, mais alors pourquoi je ne réussis pas à maintenir un comportement que je sais être bon pour moi et à l'intégrer dans ma routine »

Vous voyez ce que je veux dire ? 

Il est, je pense, important, de comprendre ce qu'est la motivation, ses véritables ressorts, ses origines, son "essence" afin de mieux en saisir son fonctionnement. 

Avant de commencer, petit disclaimer, les choses dont je vous vous parler sont basées sur des travaux essentiellement de psychologie et ne sont pas, comme souvent en ce qui concerne l'humain, des vérités universelles dans lesquelles vous rentrerez forcément. 
Les choses sont plus subtiles, pour autant, elles peuvent être des pistes intéressantes dans votre parcours de réflexion. Je rajouterai aussi que n'écoutez pas trop les discours simplifiés, ce n'est pas qu'ils ne marchent pas ou ne disent que des absurdités, mais il simplifient quelque chose de plus nuancé et c'est souvent dans les nuances qu'on trouve les explications de nos comportements. De toutes façons, je ne pense pas avoir besoin d'insister pour que vous le compreniez, vous l'avez déjà, probablement, vécu dans votre chair : "Non quand on veut on ne peut pas toujours". 
Et on met du temps à le comprendre parce que l'on croit longtemps que le seul qui ne réussit pas à maintenir des comportements motivés, c'est nous. Comme si les autres, eux, réussissaient et allaient au bout de tous leurs projets. 

C'est donc autour de ces questions que j'avais envie de discuter. Ces billets resteront des "billets d'humeur" c'est pas une thèse, c'est sans prétention aucune sauf celle de creuser un peu plus ce qu'on nous décrit être des évidences et de vous amener à devenir un peu plus, je l'espère,  réflexif et spécialiste de vous-même (en tous cas plus spécialiste qu'une niaiserie lue sur Facebook). 


Alors je savais pas trop comment aborder cela sans que cela soit un peu relou et pompeux, et puis ce matin une illumination, comment mieux parler, ici, de la motivation et de l'a-motivation qu'en vous parlant de mon parcours de blogueuse. 


Etat des lieux : mon blog existe depuis 12 ans. En ce début d'été, comme à peu près depuis 4 ans, j'ai encore dit que j'allais être plus présente sur mon blog. Ecrire plus de billets, répondre bien à mes commentaires, me mettre enfin à une utilisation régulière des réseaux sociaux etc. Tous ces trucs qui font qu'on est une blogueuse légitime et qui peut prétendre à avoir du succès (oui c'est important pour moi même si je m'en défends depuis 10 ans mais je vais en reparler dans les prochains billets autour de la motivation). 

Quand je dis que je vais reprendre "sérieusement" mon blog, à chaque fois que je le dis, je suis sincère. A chaque fois. Mais à chaque fois aussi, ça ne marche pas, très vite, vraiment très vite, je disparais de nouveau et n'écris plus. On pourrait se dire, simplement que je ne veux plus le faire. Pas la peine de chercher midi à 14 h. C'est une possibilité, mais c'est pas la seule, ça mérite de creuser un peu plus... 

Pourquoi alors que je suis vraiment motivée à reprendre possession d'un espace que j'ai créé il y'a longtemps, que j'ai des raisons profondes de le faire, je ne fais pas ce que je dis ? Ce que je vous dis et ce que je me dis. Pire ce que je m'engage à faire. Oui parce que la caractère solennel de la démarche, le côté "grandes pompes" est un engagement. 

Je m'engage depuis des années à reprendre sérieusement et régulièrement mon blog. Mais après les soubresauts des débuts, j'abandonne. Et j'abandonne de plus en plus vite. Et je me déçois un peu plus  chaque fois (et probablement que je vous déçois ou vous ai déçu vous aussi). 

Maintenant que l'état des lieux est fait, il faut commencer à comprendre ... 

Pourquoi ? Est-ce un problème de motivation ? Est-ce autre chose ? La motivation peut-elle s'envoler si vite ? Est-ce révélateur de quelque chose  ? Est-ce parce que je veux arrêter depuis longtemps le blog mais ai du mal à m'y résoudre et mon a-motivation est juste l'indicateur que tout cela c'est fini ?Etc. 

Alors dans mon cas c'est le blog mais dans le votre ça peut être autre chose : le sport, les projets, la bouffe, vos relations, la travail, l'écriture d'un livre etc. Et ça peut être intéressant de mener ensemble cette réflexion ... Bon moi c'est une réflexion méta, c'est à dire auto-référencé, utiliser le sujet blog sur le blog, mais ça vaut pareil pour tout le reste. 


Je vous propose alors, dans les billets suivants, d'approfondir ces question pour trouver l'origine de ma non-persévérance en utilisant des théories et des concepts qui vont nous  permettre de comprendre  le problème. 
Pourquoi je ne réussis pas à maintenir des comportements motivés alors même que je sens en moi une vraie envie de les maintenir ? 

Je reviens très très vite pour la deuxième partie de ce travail autour de la motivation. 

Bonne rentrée à tous. 

15 commentaires

Elodie a dit…

C'est un sujet qui me parle tellement depuis quelques temps, j'ai vraiment hâte de lire la suite!

MarieL a dit…

Salut Marie, ravie de te re-lire, de façon paradoxale j'aime bien te lire et ne pas te lire, i.e j'aime aussi le fait que tu écrives "parcimonieusement" (je ne veux pas dire "chichement", "pingrement", mais plutôt soigneusement,avec douceur et pondération, ce qui est le contraire d'un post insta par exemple, et évidemment c'est un compliment, ne le prends pas autrement ;-).) Dès que je pense à ma propre procrastination, c'est la notion de peur qui me semble la plus pertinente, et aussi une vile et odieuse lâcheté dont j'ai honte mais qui me protège bien finalement d'une vérité sans doute peu agréable (nullité effective, autoaveuglement flatteur, etc...). Les mécanismes d'auto-défense sont tellement efficaces qu'ils empêchent même de tenter l'expérience, où de se mettre dans des conditions d'effectuer quelque chose. Bref, moi aussi j'ai hâte de te lire la suite (même si ça vient lentement!!)

Antonia a dit…

J'ai eu envie de surligner mon écran en lisant ton article. La phrase sur l'être imparfait qui baisse les bras, celle sur ce qui se trouve dans les nuances, l'idée que la motivation est simplifiée voire essentialisée. C'est tellement passionnant de réfléchir comme ça et on en a tellement besoin. Hâte de lire la suite ! Je t'embrasse

Anonyme a dit…

La motivation ou une de mes motivations va avec le plaisir. Lorsque le plaisir supplante même la motivation. C’est comme ça que j’arrive à faire du yoga tous les jours, que j’si Écris mon premier roman. Sitôt que je n’si Plus de plaisir, ça ne dure pas. A l’ecole C’etsit Si le prof était sympa, au boulot un chef con et la motiv décampe. Peut être que tu aimes l’idee De tenir ton blog mais que le plaisir que tu en retires n’est plus assez fort ? Bises Marie. Sarah

lenna a dit…

salut Marie,
hâte de lire la suite !
belle rentrée à tou⋅tes,
& des bises
lenna

Anonyme a dit…

Super! Hâte de lire la suite! Je mets ici le lien de la vidéo d'Esther qui parle de motivation et que j'ai trouvée très pertinente ! https://youtu.be/dpZCF5olydo

PM a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pauline a dit…

Bonsoir Marie, le moment est bien choisi pour décortiquer ce sujet...Je suis encore en vacances et déborde d’envies, comme avant chaque rentrée, mais la procrastination et le train-train quotidien finissent toujours par reprendre le dessus après quelques semaines. J’ai hâte de te lire pour en apprendre un peu plus sur les mécanismes à l’œuvre (les nuances sont importantes, mais certaines clés de lecture peuvent permettre de les identifier). Merci de partager ça ^^

Dom a dit…

Bonjour Marie,
Je parcours avec ravissement mêlé d'admiration le contenu de vos articles...merci pour cette belle découverte et bravo !
Dominique

Soraya a dit…

Bonjour Marie,
Hâte de lire la (les) suite(s) de cette réflexion. La a-motivation ne serait-elle pas un manque d'autodiscipline, quelque chose qu'on nous inculque (ou pas) tout jeune? Je vois parfois des personnes autour de moi faire preuve d'une persévérance à toute épreuve, j'en suis admirative, et me dis qu'il me manque ce truc intrinsèque, mais comment faire pour avoir ce truc? Ou peut-être est-ce autre chose, qui s'apprend, qui se travaille. Donc le sujet m'intéresse grandement!
Je t'embrasse,
Soraya.

Anonyme a dit…

Bonjour Marie,

Peut-être que le noeud du problème se trouve dans l'emphase justement. Dans le fait d'annoncer, de prévoir tout de suite quelque chose de grand, de fort, de déterminant. Parce que c'est beaucoup de pression aussi. Soit un réussi et on est génial, soit on échoue et on est une merde.
Peut-être que le truc se trouve ailleurs. Je vois des gens autour de moi faire des choses que je trouve profondément admirables. Et je crois qu'en partie, c'est que ce qu'ils font, il le trouve pas admirable et incroyable justement. Ils font. Et ils font tous les jours.
J'ai fait une dépression. Méchante, longue, qui m'a envoyé à l'hôpital pendant plusieurs mois. Et un des trucs que j'en ai retenu, c'était d'arrêter l'emphase, les grandes déclarations, la dualité génial/merdique, "dans ma tête, ce que je fais c'est super, mais quand viens l'heure de faire les choses, je nulle", "je ne suis pas à la hauteur de mes idéaux", etc.
D'avancer, petit à petit.
De se dire : aujourd'hui, je vais courir. Cette semaine, je fais courir trois fois. De le faire et de le recommencer chaque semaine.
Pour moi, c'est courir comme faire la vaisselle. Se dire, aujourd'hui, je fais la vaisselle. La faire. Recommencer tous les jours. Et pas de se dire : à partir d'aujourd'hui ma vaisselle sera faite !
Sortir d'une représentation idéalisée de soi-même et avancer, même à vraiment tous petits pas, mais avancer tous les jours.

Finalement, une absence de motivation.

Merci de continuer ton blog. Bonne journée

Anonyme Amande a dit…

Ouais je crois qu il y a aussi le besoin psychologique de "creer" l habitude.
En se forcant a creer l habitude (d ecrire tous les jours ou tous les 2j, d aller courrir, de zapper cette cigarette là...), le cerveau integer l habitude et rend l action plus facile, plus naturelle. Bon du coup on est deconnecte de la motivation en tant que concept mais autant on peut etre motive, si l habitude ne suit pas, ca peut ne pas marcher... sais pas si je suis tres claire ? ;-)))

Anonyme Amande a dit…

De la difference entre la motivation et la perseverance......

Marie a dit…


Elodie : <3

MarieL : Merci pour tes gentillesses. Je ne suis pas si sûre que la procrastination ait véritablement à voir avec la motivation. C’est intéressant que tu aies immédiatement pensé à cela, je vais me pencher là-dessus !

Antonia : Merci … Je t’embrasse !

Sarah : Alors oui il y’a le plaisir (c’est ce qu’on appelle la motivation intrinsèque, c’est à dire la motivation de faire pour l’activité et le plaisir qu’elle procure en soi) mais la motivation ne se résume pas à cela,. Donc oui, tu as raison, intrinsèquement il faut se poser la question pour le blog mais ma motivation n’est pas besoin d’être intrinsèque pour être efficiente !

lenna : <3 Bise et belle rentrée à toi aussi

Anonyme : Oui j’aime bien le travail d’Esther ! Merci

Pauline: Habitude et procrastination, c’est là que tu vois les freins à ta motivation ? C’est intéressant, on va creuser …
Bise merci à toi !

Dom : Oh merci c’est adorable !

Soraya : Alors oui ça pourrait mais ce n’est pas suffisant cette histoire de discipline. la question de la discipline n’est pertinente que si l’individu se discipline pour quelque chose qui a du sens pour lui et qui répond à ses valeurs. L’auto-discipline en soi (surtout qu’elle est souvent liée à des valeurs valorisées socialement -mais pas forcément en lien avec les vraies valeurs de l’individu -) n’est pas un concept, à mon sens, suffisamment fort pour expliquer l’amotivation ou la motivation… e t’embrasse aussi !

Anonyme : Merci pour ton témoignage et ton commentaire. alors oui cette histoire d’emphase (et de déception dans le cas de non respect de ses déclarations) je vais y réfléchir, je trouve cela tout à fait pertinent. Quant aux engagements pris pour soi qui s’étendent sur une longue période ça peut effectivement être un frein, la question du jour le jour, de faire au jour le jour (comme chez les alcooliques anonymes) marche bien …
Tu sembles dire que l’action qui se réalise le mieux à long terme est celle qui est exempte de motivation… Très intéressant ! je vais y réfléchir . Encore merci !

Amande que j’aime : Habitude et motivation … Oui on tient quelque chose mais est-ce qu’une habitude installée a encore besoin de motivation ? Je dirais que la motivation c’est le déclic et que la persévérance est le déclic qui se prolonge …
Merci je t’embrasse

Sophie a dit…

Hâte de lire la suite 👏 merci Marie

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