EDIT 2018 : "DANS TES YEUX" (19 / 05 / 2015)

 robertFrankKISS

Photo de Robert Frank







EDIT : 

Tout l'été, je mets en avant d'anciens billets qui me plaisent ( en les modifiant éventuellement )

NDLR 2018 : 

Je peux encore, 4 ans plus tard, me voir encore dans ses yeux ...

T'avais la main dans mon cou, il faisait encore un peu jour et on roulait le long de la côte.
Les fenêtres étaient ouvertes, ça faisait du vent dans nos cheveux, les miens me gênaient, volaient devant mes yeux, l'air était chaud, tu me souriais.

Ton sourire imparfait est un éclat mon amour. Nos mains se serraient fort, on se regardait avec toute l'ardeur dont on se sentait capable, demain, on allait devoir se séparer pour quelques jours.

Devant le soleil déclinant, on se promettait des trucs avec nos yeux, peut-être qu'on faisait semblant que les choses allaient bien se passer, que rien n'allait ni s'affadir ni s'oublier. Nos rares mots avaient un goût de future consolation, on n'arrêtait pas de se dire que la suite allait être aussi bien, il n'y avait pas de raison, on s'aimait et on s'aimerait aussi en hiver.

Mais en vrai, on n'en savait rien et au fond de nous, c'est même pas sûr qu'on y croyait vraiment. Peut-être que toi tu y croyais, tu crois nettement plus en la vie à chaque seconde que je serai bien capable de le faire dans toute une vie. Tu devais y croire mais pas moi, pas ce soir là, j'avais le coeur lourd, plutôt sûre que les belles choses s'essoufflent vite, alors je regardais tes yeux, sentais tes mains, entendais ton rire comme s'ils étaient des flashs exceptionnels dans ma vie, que je devais les graver pour les moments lourds, pour les désespoirs, pour les nuits d'insomnie, pour me souvenir de la grâce, pour savoir ce que c'est de t'aimer et d'être aimé par toi.

C'est ce que je me disais, je me concentrais ce soir là parce que je devais absolument me souvenir de toi avec la plus grande précision, retenir les battements de ton coeur, les pauses que tu mets entre certains mots, tes éclats de rire, la manière dont tu me caresses la nuque, ton odeur, ton goût, ta langue, tes mots d'amour, tes gentillesses, tes profondeurs, tes silences, je ne voulais rien oublier parce que j'étais sûre mon amour que tu étais une exception et que je devais profiter de toi parce que ça ne pouvait pas durer, tu ne pouvais pas durer.

Et le long de cette côte, me semblait être la dernière fois, la dernière fois aussi intense avec toi. Est-ce que ces regards, ce soleil qui se couchait, nos mains l'une dans l'autre suffiraient à nous donner envie de se voir une autre fois?

Si je te serrais si fort la main c'est parce que j'y croyais pas mon amour, et si j'y croyais pas c'est parce que tu es une chance. T'aimer, voir tes yeux dans mon rétro, Woodkid à la radio (tu ne sais toujours pas qui est ce mec, j'en suis sûre) et te sentir à mes côtés étaient, pour moi, d'une intensité inouïe. 
En rentrant chez moi, dans la voiture silencieuse, tu as continué à me regarder, qui peut résister à ces regards-là, j'avais l'impression que si un jour tu devais arrêter de me regarder comme ça, j'allais mourir, je ne pourrais pas survivre à ça, ça serait trop dur que tu ne me regardes plus, à quoi j'allais bien pouvoir servir alors?

 Je te demandais d'arrêter, je simulais la pudeur ou la gêne, mais la vérité c'est que je ne m'étais jamais sentie autant en vie qu'à cet instant, là, dans la voiture, avec toi. Tu ne répondais rien quand je te demandais de tourner la tête ou que je singeais l'irritation en te disant "arrête", tu gardais ton sourire en biais, ralentissais tes caresses dans ma nuque pour les rendre quasiment obscènes, j'aimais cette arrogance tranquille et bienveillante que tu avais déjà avec moi. Tu savais qu'être toi était la meilleure chose que tu pouvais me faire. J'ai cédé, je t'ai laissé ma caresser le cou en silence sans me plaindre, la nuit était tombée, tu posais régulièrement un baiser sur ma main que tu avais enlevée du volant pour quelques secondes et que tu remettais vite, tu me trouvais imprudente en voiture, tu ne voulais pas être responsable d'un accident. 

J'étais bien, si tu savais comme j'étais bien, je n'avais pas peur du monde, ni de l'après, ni de tous ces trucs qui, toujours, me terrorisent, non, ta joie me protégeait, j'étais préservée avec toi, parce qu'avec toi mon amour, en regardant le monde avec tes yeux à toi, tout était beau. 

5 commentaires

Elodie a dit…

"Peut-être que toi tu y croyais, tu crois nettement plus en la vie à chaque seconde que je serai bien capable de le faire dans toute une vie."
Wouah, j'aurais aimé écrire ça... si juste... Si beau! Merci Marie pour ce partage!

Anonyme a dit…

Je m'en rappelle de celui-là, qu'est-ce qu'il est beau... Belle journée!

Céline D.

Flora a dit…

Sans voix. Très réaliste dans la description des tiraillements internes si on a sans doute toutes vécus mais rarement mentalisés et exprimés aussi bien.

Cécile a dit…

Oui je me rappelle aussi bien de ce texte magnifique de vérité!

Medespoir beauté a dit…

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