EDIT 2018 : « Leçons de joie avec Columbo » ( 12 / 07 / 2016 )

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EDIT : 

Tout l'été, je mets en avant d'anciens billets qui me plaisent ( en les modifiant éventuellement ).


Si vous lisez le blog depuis longtemps, vous savez que j'entretiens une relation tout particulière avec le Lieutenant Columbo.

Ouais ce flic de la télé mal coiffé, mal fagoté, l'air un peu nigaud mais qui, au bout du compte, coince toujours le meurtrier riche et / ou célèbre.

J'aime Columbo très fort, d'abord parce que ça me fait penser à ma grand-mère (on les regardait ensemble quand les épisodes passaient sur TF1 et c'était des moments vraiment chouettes) et aussi parce que c'est une série policière que je trouve super cool. Mais genre vraiment super cool !

Elle est différente de toutes les autres, n'est jamais anxiogène et le rapport qu'entretient le lieutenant avec les " méchants " est à l'opposé de ce que la narration propose classiquement.
Dans Columbo il y'a de l'intelligence, de la nuance et de l'humour.

Columbo est un personnage vraiment atypique, a priori bancal, mais absolument brillant ( il y'aura d'autres personnages de ce type plus tard mais il est, je pense, le premier dans ce genre là ) .

Il se fout de l'apparence, ne porte pas d'arme (il ne sait même pas tirer avec un flingue), il n'est pas le flic flamboyant, sans faille que la fiction américaine déclinera plus tard à l'infini, en revanche il est bon, très bon.
C'est un flic humble et intuitif mais laborieux.

En ce moment je déménage ( NDLR 2018 : Je déménage aussi à la fin de cette semaine  😉 ) et c'est encore très "encombré" chez moi (doux euphémisme) du coup, j'ai besoin du doudou ultime, et Columbo (avec Buffy) est ma série doudou.

J'ai vu tous les épisodes 1000 fois avec un plaisir inchangé.

C'est en matant un épisode que je me suis dit que ça serait chouette de faire un billet sur la «philosophie» de vie Columbo, parce que ce mec est vraiment, mais alors vraiment bien dans sa peau.

Alors les tips du lieutenant, c'est quoi?

✔︎ Ne se vexe pas (absence d'ego) : 

Ce qui frappe quand on regarde Columbo c'est de voir à quel point il ne se vexe jamais.
Tout le monde se moque de, au choix : sa bagnole (une 403 très belle mais très négligée), son chien qui se traîne, sa tenue (souvent confondue avec un pyjama), sa coupe de cheveux (le cheveux épais mal mis, je compatis, on est de la même team lui et moi!), de son apparence en général, personne ne le prend jamais pour un flic, même les flics qui ne le connaissent pas le prennent pour un mec qui erre et qui a sûrement rien à foutre là!

Et les gens ne se gênent pas pour lui dire et se moquer, et ben lui, il s'en fout comme de l'an 40.
Jamais ça ne le touche, il garde ce même sourire un peu en biais, plus amusé qu'autre chose.
Il n'a pas d'ego. Quand j'entends les gens dire "untel m'a manqué de respect" pour un oui ou pour un et les voir se mettre en colère comme pas permis (donc souffrir un peu quand même) je me dis que son flegme et sa distance semblent être un choix nettement plus judicieux que cette histoire du « Tu m'as pas respecté ».



✔︎ Aime les plaisirs simples : 

 Un des ressorts narratifs (le plus essentiel d'ailleurs) de cette série est de confronter Columbo, un homme simple, fils d'immigré italien, à la haute-société californienne.
Les tueurs ont tous des professions de folie, dans lesquelles ils gagnent plein d'argent et sont souvent vachement célèbres dans leur domaine.
Columbo est toujours super content de les rencontrer, c'est un enfant, il est jamais blasé, un quasi fan.
Mais jamais, vraiment jamais, on ne ressent chez lui une quelconque envie. L'envie quelle terrible chose qui rend diablement malheureux.
Lui, il est heureux pour les gens, il ne se projette pas dans des rêves ou dans une vie qui ne sont pas les siens.

Ce mélange de candeur et du « plaisir d'être à sa propre place » est tellement frais. Il ne questionne même pas son « sort social ». Mieux il l'utilise.
Il ne se compare pas, il est qui il est, mais dans sa meilleure version.

C'est un mari aimant, un flic consciencieux et un homme qui aime sa famille.
Columbo est simple, pas simpliste, et c'est cette simplicité là qui est au coeur du raffinement.
Il joue son propre rôle à la perfection, ne ressent pas le besoin d'être autre chose que lui et il s'incarne à merveille. C'est très beau à voir.




✔︎ Optimise ses compétences :

Columbo optimise son caractère avec un un pragmatisme qui force le respect. Il analyse  ses points forts / points faibles sans le moindre égo. Il utilise ce qu'il est, sans chercher à se changer afin de se maximaliser.

Dans le premier épisode (qui est en fait un téléfilm dans lequel le meurtrier est un psy) Columbo se fait « psychanalyser » par le meurtrier avec une grande justesse. Le psy lui dit qu'il a réussi à transformer son « manque de charisme », dont il aurait pu antérieurement souffrir, en un atout professionnel.
Les meurtriers ne se méfient pas de lui ce qui lui donne systématiquement une longueur d'avance. Le psy suggère même qu'il a probablement « accentué » volontairement cet état de fait (absence de charisme) pour le transformer en un artefact professionnel.


On sent que Columbo fait le métier qui lui est destiné, celui dans le quel il est bon, il a su optimiser ses compétences.



✔︎ Ne confond jamais l'acte et la personne :

Socialement, il ne confond jamais la personne avec l'acte qu'elle a commis.
Il fait tellement souvent preuve d'humanité et de respect que ça mérite d'être souligné.
On (moi) a parfois tendance à confondre l'acte et la personne ( nous-même y compris ) mais lui jamais.  Il est fondamentalement emphatique et c'est très chouette et inspirant à voir.



✔︎ Est un laborieux  :

Il y'a un truc que je rajouterais en 2018, c'est que le lieutenant ne compte sur pas un supposé talent de flic, il compte sur l'acharnement, le travail, la minutie, les heures à tout détailler et à scruter les indices. 
Et c'est en y passant ce temps là qu'il réussit à coincer le tueur. 

Et en quoi c'est intéressant ? Et bien c'est intéressant parce que ça rassure d'arrêter de croire à la puissance indéfectible du talent et que ça décontracte franchement de commencer à comprendre que souvent, ce qui fait la différence, c'est le temps qu'on passe sur les choses. 
Ca je l'ai compris depuis peu et c'est surement la prise de conscience la moins sexy, la plus réaliste et la plus efficace dans mon quotidien.


Donc je résume Columbo ne se vexe pas / n'a pas d'ego mal placé  / a des plaisirs simples / accepte son "sort" et en fait une force / ne confond jamais l'acte avec la personne / optimise ses compétences / passe du temps et s'acharne pour résoudre les choses.

Et ça a l'air de quand même de vachement bien lui réussir.


A très vite. 

4 commentaires

nini a dit…

Ah oui c'était un très article. moi aussi j'ai un petit faible pour lui car je le regardais avec ma grand-mère (ça et arabesques...)

lenna a dit…

merci Marie ! et courage pour ton déménagement

Anonyme a dit…

Eh bien je suis en train de de venir Colombo... l'âge sans doute :-)

Belle analyse ceci dit.

Virginie

Giu a dit…

Ahah mince, Colombo c'est presque les quatre accords toltèques

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