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31.3.16

DECONSTRUCTION DE CERTAINS TRUCS TENACES

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C'est en lisant un des billets de Anne-Solange  sur le bonheur (la tournure que prend son blog d'ailleurs est vachement intéressante) que je me suis souvenue que j'avais assez envie d'aborder avec vous certaines légendes avec lesquelles je ne suis pas tout à fait d'accord et qui, je trouve, ont la dent un peu dure et ne font pas forcément du bien...

Aujourd'hui  une notion dont j'aimerais parler avec vous,  «la peur de réussir».

✔︎ On ne peut pas avoir peur de réussir, on ne peut avoir peur que d'échouer

Pendant très longtemps, quand j'analysais ma capacité stratosphérique à me tirer des balles dans le pied, je ne pouvais absolument pas penser que c'était lié, de près ou de loin, à une quelconque peur de réussir (ou de briller mais c'est du pareil au même).

C'était un non sens complet pour moi.
Peur d'échouer d'accord, dans ce cas , si on y va pas c'est parce qu'on préfère vivre dans le fantasme d'une éventuelle réussite, ça, ça pouvait encore avoir un sens pour moi, mais la trouille de réussir... Non mais restons sérieux, comment peut-on avoir peur qu'il nous arrive un truc bien?


Donc ça a été longtemps (genre 25 ans) ma pensée dominante et du coup les balles dans le pied que je me kalashais dans le pied n'étaient que le produit de ma trouille de me planter, c'est comme ça que je le voyais.

Ne pas faire les choses de peur de se planter et continuer de vivre dans le fantasme c'est l'expression de notre orgueil qui, hypertrophié, ne supporterait pas la moindre déconvenue. On a déjà abordé l'échec ici et vous savez que je porte à cette notion un regard tout à fait bienveillant.
Je le maintiens, pour réussir il faut avoir beaucoup échoué, tâtonné, failli, ré-ajusté, et souvent, ça ne suffit toujours pas. Alors on recommence, en tous cas si ça nous tient à coeur.
C'est comme ça. Il ne faut pas voir cela comme une mauvaise chose ou une chose fragilisante (il est plus utile de renforcer son égo et de ne pas y mettre trop d'enjeux personnels plutôt que d'éviter l'échec).
Bon on parlait pas de ça et puis surtout j'ai déjà abordé cette question.

Mais en fait, dixit une meuf qui a un un nombril et qui a pas mal réfléchi à tout ça, la peur de réussir existe vraiment. Mais genre vraiment. Elle a même dominé majoritairement les choix de mon existence pendant longtemps...
Dans mon cas, parce que je me suis traînée de longs mois (années mais j'ai une dignité du coup je minimise ) de loose intergalactique, je me suis rendue compte que mes coups de kalash (j'en peux plus de cette métaphore) étaient bien plus liés à ma peur de réussir, de "briller", que d'échouer. Ca j'étais habituée du coup ça ne m'effrayait pas, mais la réussite et ses conséquences, c'était une autre histoire.
J'avais peur des conséquences, des trucs que ça pouvaient provoquer... Que ça pouvait provoquer chez l'autre essentiellement.
La position de "loosse" n'est pas bien brillante pour soi mais elle ne pose pas problème pour l'autre. Dans ce cas là, nous ne sommes jamais un éventuel "danger", pour les névroses narcissiques de l'autre. Enfin pas vraiment. Si vous êtes entourés de bienveillance, de force de caractère, et de peu de névroses dans votre entourage, ce que je vous raconte dont vous sembler hallucinant.
Malheureusement, les êtres humains sont complexes et ils peuvent peut-être vous aimer mais avoir des difficultés à vous voir soit vous émanciper soit réussir.
Ce qui peut pousser des individus à prendre des décisions étranges pour ne causer aucun dommage (enfin qu'on croit...). Pire, on peut prendre des décidons, étranges, parce qu'on projette des choses chez l'autre qui peut-être n'existent même pas.
On agit sur une projection d'une projection.
Plusieurs expériences dans mon vie ont acté que "réussir" pouvait être mal vécu par les autres.
Et ça... Ca visiblement ça m'était insupportable.

Ne pas faire, ce n'est pas forcément ne pas se confronter à l'échec (perso j'm'en fous un peu, je n'ai jamais été aussi bonne que quand je m'étais violemment pété la gueule), mais ça peut aussi être ne pas se mettre dans une position valorisante.
Après les raisons sont personnelles, mais je suis maintenant convaincue que la peur de réussir est un concept qui tient vraiment la route et auquel on peut être confronté sans même, s'en apercevoir!


Je reviens vite avec une autre déconstruction d'un autre truc tenace que je trouve... un peu bébête, le concept de «bonne» et de «mauvaise» personne.

Bisous love! 

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30.3.16

MACÉDOINE RAPPORT QUE CA FAIT LONGTEMPS

the face, aout 99

The Face, 1999

Alors je vais un peu transgresser les règles, et faire un paragraphe un peu personnel dans une macédoine.

Bon j'espère que vous allez bien, moi ça va.
Ca va même plutôt bien d'un point de vue général.
Le truc c'est que je ne trouve, malgré tout, pas beaucoup plus de temps pour poster ici.
Depuis que j'ai écrit le billet où je vous parlais de mes interrogations quant à l'avenir du blog et face à vos réponses plutôt rassurantes (à propos de ma fréquence de billets), je me rends bien compte que je n'écris pas plus qu'avant. Avant d'avoir parlé je veux dire.
Et bien figurez-vous, alors que le postulat de base était de mettre un coup de collier, que j'ai décidé de ne plus me forcer. C'était contre-productif.
Je me suis rendue compte que cette volonté n'était pas liée à une envie profonde mais plutôt à des résidus de léger orgueil et qu'ils (le résidus) n'avaient plus lieu d'être.
J'avais envie de mieux, de plus, de plus fort... mais pourquoi au juste? Et bien pour légitimer tout ça, avoir plus de lecteurs, un blog plus "pro", quelque chose de plus abouti...

Et pour tout ça il faut s'en donner les moyens que, visiblement, je n'ai pas envie de mettre en place.
Maintenant je m'en fous, c'est pas si grave, ce qui compte c'est le kiffe, je vais continuer tranquillement.
Ecrire quand je veux pour ne pas tout à fait perdre le plaisir. Et puis vous semblez vous en foutre un peu d'un certaine manière de comment je poste, mon blog ne sera pas ce journal quotidien...
Et puis le ralentissement réel de la fréquentation des blogs me conforte un peu dans cette idée (qui sont un média que perso j'adore mais qui est, d'une certaine manière "vieillissant". En l'état je veux dire, sûrement pas dans l'absolu mais certains blogs mode ont quand même pris un petit coup de vieux je trouve, pas tous bien sûr, mais je ne vais pas mentir, si je regarde ma propre consommation de l'internet, elle a plus qu'évolué et rares sont les blogs que je suis encore assidument et surtout, avec entrain, du coup j'imagine que pour vous c'est pareil, du coup pas la peine de mettre de l'enjeu là où il y en a finalement pas tant que ça).
Bref, tout ça pour dire que ça va, que je ne culpabilise pas de ma fréquence mais que j'ai encore des trucs à raconter et que c'est en soi, plutôt sympa.

Alors on enchaîne avec la macédoine.

Je n'ai aucun film à vous présenter, je ne suis pas allée au cinéma ces derniers mois (le truc dingue, j'y vais normalement 2 / 3 fois par semaine) du coup c'est un peu limité. Et je ne vais pas vous reparler de Vertigo (mon Hitchcock préféré)... Ah si j'ai vu un film qui m'a vachement impressionné en début d'année, c'est Ex Machina, réalisé par Alex Garland.

EX MACHINA


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Je ne vais pas rentrer dans un résumé qui sera à peu de choses près un "resucé" de la fiche wikipédia( ici ) mais ça m'a vraiment mais alors vraiment plu.
C'est un film de science fiction britannique (à ce propos vous connaissez la série Black mirror? je crois en avoir déjà parlé il y a plusieurs années mais pas de certitude... Si non, il faut absolument que vous regardiez cette géniale série, belle et profonde, elle aussi britannique).
Ca parle intelligence artificielle, rapport de domination, sentiments et projection amoureuses, c'est en huit-clos et c'est vraiment, mais alors vraiment bien.
J'aime beaucoup la SF, vous c'est peut-être pas votre came, mais le cas échéant, ça peut quand même vous parler, c'est assez fin et ça parle essentiellement humanité... Un peu comme Blade Runner même si c'est pas pareil (Marie aka Les cahiers du cinéma)

Côté série, j'ai fini la seconde saison de Murder...

MURDER


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Bon sans conviction cette deuxième saison. Je continue à apprécier le personnage d'Annalise Keating (que je trouve toujours aussi intéressant) mais alors ça bascule dans un narration grandiloquente qui perso me fatigue un peu...
Je continue à trouver ça assez divertissant mais je ne suis pas dupe sur la voie que prend la série... Du coup, bof quoi!

Mais y'a Girls qui a repris... Et tu sais comme je suis une petite groupie de la série et de sa créatrice, Lena Dunham

Girls


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La saison 5 de Girls, ah la saison 5 de Girls.
Je ne pensais pas avoir un tel attachement à cette série dans la durée.
Le côté glauque de la chose (alors que je suis sensible à ce genre de choses et que ça a tendance à bien me plomber) aurait dû vite m'en lasser mais putain pas du tout!
La finesse d'écriture, des problématiques rarement abordées de cette manière (tout court aussi d'ailleurs parce que Girls parle vraiment de ce dont on ne parle pas en général. Et en parler c'est les normaliser ce qui présente un grand intérêt) et les évolutions narratives qui bougent, d'une certaine manière, au même rythme que dans la vie. La vraie, pas celle qu'on fantasme, et le rythme de la vie, même si on en attendait plus, est quelque chose de lent.
J'aime ce côté réaliste et ce même si les personnages m'horripilent souvent.
Je ne sais plus si j'ai déjà abordé la question sur le blog (vu que j'en ai aussi pas mal parlé dans la vraie vie) mais bordel la représentation du corps dans cette série touche au génie.
Moi ça m'aide, cette normalité là, parfois "disgracieuse" selon les critères dominants, est au-delà du rafraichissant, cette liberté qu'a Hannah avec son corps est libératrice, c'est très fort tout ce qu'elle fait avec ça.
Je l'aime très fort pour ça.
Je ne vais pas vous spoiler, mais cette saison là est vraiment étonnante. L'épisode 6 diffusé dimanche soir, centré sur le personnage de Marnie (elle est la seule des 4 filles que l'on voit. Enfin quasiment!), l'un des personnages les plus antipathiques du programme, touche au sublime, passant de la grâce au coeur qui se crève, comme ça d'un coup.
Lena Dunham ne nous ménage pas, et même si ça m'a brisé le coeur, après coup, je n'en ai gardé que la grâce.

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Je suis tombée, clairement après la guerre, sur le Time never lies de Sage sur Nova et putain que c'est beau.

Sage

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Je ne connaissais pas ce jeune homme, Ambroise Willaume, ex-membre des Revolver alors qu'il avait sorti en 2014, un EP qui avait déjà beaucoup impressionné, In Between.

Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a le sens de la mélodie. Alors c'est pas guilleret guilleret mais c'est absolument sublime, mais genre vraiment.
J'ai écouté l'EP et son nouvel album, Sage, sorti cette année.







Et j'ai aussi beaucoup écouté Miles Davis... Mais là c'est pas la découverte du siècle mais tout de même, ça mérite d'être souligné.

Miles Davis 
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Je connaissais... De loin en fait... Mais c'est en regardant Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle que je m'en suis souvenue.
Depuis je suis un peu en mode j'écoute plein de trucs et j'en suis aux prémisses rapport que y'a de quoi faire.




Voilà... Vous savez tout! Ah ben non, j'ai aussi reçu ma deuxième commande Glossier (et oui ça se dit Glossi/e/ (é)  à la française)


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Verdict?

 ✔︎ Le démaquillant? Ben je sais pas trop encore, je l'ai utilisé qu'une fois mais pour le moment, et de mon point de vue, rien de révolutionnaire.

✔︎ Leur eau florale? De l'eau de rose ni plus ni moins... Sauf qu'elle pique les yeux.

✔︎  Leur gel à sourcil? Très, très, très bien alors que les trucs à sourcils c'est pas mon truc à la base. Je l'ai pris en brown.

✔︎ Leur correcteur? Ressemble beaucoup à celui de chez RMS (que j'aime bien) mais en moins gras. Il est pas mal du tout pour le moment. Je l'ai pris en médium.

✔︎ Leur rouge à lèvre? Texture intéressante. Transparent mais mat vraiment très très joli (je n'avais jamais vu un rendu comme celui-ci). Je l'ai en Crush.

 Toujours pareil, commande passée et livraison chez Shipito. En revanche, colis plus lourd du coup les frais de port piquaient un peu plus (29 $). Pas de frais de douane, livraison en 10 jours. Vachement séduite par leur make-up. Vraiment.

Allez je vous souhaite une super bonne journée, et vous dis à très vite!

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24.3.16

SHIPITO ET GLOSSIER

Je reviens avec une vidéo.
Du coup je pense que le son sera mieux, dites moi si la qualité de la vidéo est au rendez-vous, ça me permettra de progresser.

Bisous smack!





✔︎ Glossier

 ✔︎ Shipito Fr

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21.3.16

AMITIÉS

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Je me suis rendue compte il y'a quelques temps que je n'avais pas beaucoup parlé d'amitié sur mon blog.
Et c'est assez étrange vu que c'est un truc plus que central dans ma vie.

Du coup je vais vous parler de la manière dont je considère l'amitié et (disclaimer) ça risque de vous paraître un peu bizarre, je ne porte aucun jugement sur ce que les autres pensent de leurs amitiés et de comment ils doivent les vivre.
Il se trouve juste que l'amitié occupe un rôle central dans ma vie et que du coup ça implique des trucs un peu étranges que je ne vois pas si souvent autour de moi. Surtout à mon âge ;-)

Je vis en colocation avec mon meilleur ami, qui se trouve être un homme. Yassine est mon ami depuis 10 ans et j'aime vraiment vivre avec lui (on s'amuse beaucoup, autre pôle central de ma vie).
Je préfère vivre avec lui qu'avec mon amoureux. Pas parce que vivre avec mon amoureux est moins bien, non, mais j'ai toujours trouvé, après expérience et ça m'est spécifique, que le quotidien tout le temps n'allait pas forcément au teint du sentiment amoureux.
Mon amoureux est plutôt d'accord avec ces choses là et est tout à fait tranquille avec mes amitiés... Même si on aime passer des semaines ensemble, ça n'est pas que je vive spécialement dans le fantasme, c'est juste que s'interroger sur le dosage de nos interactions peut être pas mal...


Dans mon entourage, j'ai le sentiment que l'amitié occupe un peu une position de remplacement. Les amitiés ne sont jamais aussi fortes que dans le célibat, une fois qu'il s'arrête, le temps manquant, on traite ses amitiés avec moins d'égard.
Je vais vous dire un truc, même si je suis passionnément amoureuse, je ne peux pas considérer que l'amitié passe après mon amour. Et j'ai l'impression que c'est pas si courant...
En fait l'amour est à égalité, j'aime mon mec, j'aime mes amis.

En plus, négliger l'amitié une fois amoureux, c'est, de mon point de vue, un calcul qui n'est pas très pertinent.

Il m'est arrivé d'être une amie un peu naze, laissant les choses se dégrader, j'ai perdu des choses précieuses de cette manière, mais ça n'a jamais rien eu à voir avec mes amours.


De manière tout à fait réfléchie, je pense que miser sur l'amitié (profonde, sincère dans laquelle on se sent aimé et accepté et dans laquelle on accepte inconditionnellement l'être) est le meilleur des calculs à long terme. Pas de désir qui pourrait s'étioler et un amour croissant.

Yassine, et quelques rares autres, seront pour toujours dans ma vie. Pour toujours. Je souhaite qu'avec mon amoureux se soit aussi le cas mais les ruptures amoureuses étant plus courantes que les ruptures amicales je ne me vois pas les négliger, j'aurais trop à y perdre.
Certaines de mes amies (il se trouve que c'est plutôt féminin, mais encore une fois c'est pas un truc dans les gênes, c'est simplement qu'il y'a un truc dans l'éducation féminine qui dit que sans conjoint, c'est le vide pour la femme. Sans homme, point de bonheur. Ce qui est évidement faux mais c'est tenace dans les comportements) ont beaucoup de mal à gérer le sentiment amoureux, le couple et dans le même temps les amitiés.
Je peux le comprendre, je vois comment elles ressentent les choses mais je serai incapable de prendre cette direction là.


Je ne sais pas vraiment pourquoi je suis comme ça...
Mon hypothèse c'est que étant enfant unique élevée par une mère célibataire j'ai beaucoup investi dans mes amitiés et les ai vécues de manière aussi intense parce que ça ressemblait à l'idée que je me faisais d'une fratrie, un truc fort et invincible qui ferait la nique à ma solitude d'enfance.

Peut-être j'en reparlerai, il est possible que mon positionnement vous semble bizarre voire vous choque (enfin toutes proportions gardées) mais ça me paraissait intéressant de vous parler de mon point de vue qui, après 12 ans, n'est pas vraiment la norme...

Love U et bonne semaine.


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14.3.16

QUESTIONS AUTOUR DE LA NORMALITÉ ET DU SENS

Beyoncé/ Nickie


Salut les copains, ça va? J'avais envie de discuter un peu ici, avec vous, de la normalité.

Ce billet fait suite au texte d'un des dimanche où j'abordais la tragique question du "pourquoi se lever le matin".


J'ai longtemps gardé (je veux dire bien au-delà de l'enfance qui est un âge dont on tolère les égos et pensées magiques) que j'avais un destin. Et je ne pensais pas que cette pensée était tant répandue que ça (en fait si, j'ai rencontré un nombre important de gens qui pensaient plus ou moins à ce même genre de choses, des gens qui se voyaient faire des carrières flamboyantes alors qu'il n'avait encore rien fait, rêve de célébrité a priori).

(Tu peux outrageusement te moquer de moi dans ce billet, il va y avoir matière à, je crois)

Derrière cette idée de destin se cachait la notion de l'a-norme. (de la non norme si tu préfères).
Je n'aimais pas l'idée de vivre, d'être comme les autres alors que rien n'est finalement plus commun que de vouloir être différent tu noteras!

Ce n'était pas tant que j'y mettais une quelconque hiérarchie mais c'était comme ça, je me sentais pas à l'aise avec le modèle dominant de sécurité (couple / bonnes études / espoir de cdi / locations / achat de maison / enfant/ chien / autre enfant...). Je ne jugeais pas mais il y'avait, derrière ça, plus un rejet du monde dont je venais qui ne me semblait pas très épanouissant.

Alors pour donner du sens à mon rejet de ce dit modèle, je me suis inventé une posture.
Ce truc de destin était une très bonne réponse, ça donnait du sens à tout ça.

Ouais parce que de manière tout à fait adolescente, j'ai longtemps été obsédée par cette idée de sens de la vie.
Le destin, le projet de vie, c'est une réponse toute faite. D'un coup, même si je ne savais pas si ça réglait le problème du sens, j'aurais su quelle était ma place. La vie banale et simple, très peu pour moi.... (ce qui est d'autant plus amusant que c'est le type de vie que je vis maintenant et qui m'épanouit absolument... Il faut toujours se méfier des croyances que l'on a sur soi, ce sont souvent les pires et celles qui nous empêchent de vivre bien).

J'ai longtemps été habitée par ce type de schéma. Mes envies d'écrire allaient à l'époque dans le même sens, celui de donner un sens à ma vie que je sentais, dans le quotidien, plus fade que ce que le désirais au fond de moi.

(C'est un peu confus, je réfléchis en même temps que je tape...)

Du coup, et j'en arrive au coeur du problème, je négligeais mon quotidien à force d'être trop focalisée sur cette pensée magique de destin, de réalisation de soi à la force de sa volonté... Ca n'impliquait que de la dureté, parce que du coup rien de ce que je faisais n'était à la hauteur de ce que j'avais projeté, j'étais dans la déception constante, négligeant les étapes et surtout l'idée que "pour délacer des montagnes il faut d'abord déplacer des cailloux" #ConfuciusVoice

Et puis à un moment, un peu comme ça, j'ai commencé à aimer ma vie dans toute sa simplicité, sans envie, sans aigreur, juste comme ça.

En fait je n'ai pas spécialement changé mes goûts, j'ai juste assumé des trucs, arrêté mes postures successives.
Par exemple je n'aime pas tant sortir que ça, je suis une fille du dedans, je suis une fille du plaid, je suis une fille de câlins, je n'aime pas tant sortir que ça (en soirée j'entends, la plupart du temps je trouve ça décevant et un peu chiant... Ben ça il m'a fallu 20 ans pour comprendre que ça n'était pas parce que j'avais un problème auquel je devais remédier, mais juste que je n'aimais pas trop ça contrairement à plein de potes à moi. Et c'est pas grave).

A force d'être plus en phase avec mon quotidien, je me suis mise à aimer les journées, les semaines et les mois. J'ai aimé la simplicité, le soleil, mes amis encore plus, mon amoureux de tout mon coeur, j'ai chéri ma santé, j'ai aussi regardé ce qui allait... Et j'ai trouvé finalement que tout allait et que j'allais pas gâcher ma vie à être insatisfaite en permanence, à exiger toujours mieux et être trop focalisé sur moi et mes tristesses.

J'ai arrêté d'être focalisée sur la question outrageusement anxiogène du sens de la vie.

Rien n'est évidement parfait et il m'arrive encore parfois de me sentir envahie par ce type d'angoisse, à réfléchir à la question stérile et égotique de la trace que je laisserai (je n'ai pas d'enfant, du coup ça questionne un peu parfois) et puis ça part (la méditation aide vachement, c'est pas un truc magique mais au quotidien c'est un truc vraiment chouette). Et puis je m'en fous.

"Le sens de la vie supprimé, il reste encore la vie". Albert Camus

Love et à très vite

Edit: Je poste de manière sporadique, je sais normalement t'as vu. J'ai beaucoup tricoté ces derniers temps et c'est une activité chronophage.
J'ai acheté un micro pour mon appareil photo (clap cap cap , enthousiasme, rire, tête en arrière et cotillons).
Ah aussi je vais bien même si j'aimerais plus poster ici mais c'est pas si grave, ça reviendra.

Re-Love parce que je suis une gourmande.







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6.3.16

DIMANCHE 6 MARS, TEXTE 2

Delpy-Ne¦ügret-COPIE


Salut, 

je reviens avec un autre texte qui tourne (globalement) autour de la même  problématique que celle  de la semaine dernière mais du côté plus solaire. Du côté du love. 

Le texte, encore, a un peu plus de 3 ans. 

Je vous souhaite un très bon dimanche et vous dis à très vite.

« T’as pas envie qu’on aille se balader en ville, il fait beau. Et puis ça serait pas mal de sortir un peu du lit, non? » 

Il a prononcé ces paroles face à elle, nu, les mains sur la hanches, quasi à la Peter Pan. 
Elle, encore sous les draps, la culotte au pied du lit avait souri à l’écoute de la dernière phrase. C’est vrai qu’ils ne sortaient plus beaucoup de son tout petit appartement d’étudiante depuis qu’ils s’aimaient. 

 Leur environnement se résumait à ces 23 m2 d’une petite rue à Nancy, une résidence cachée dans les hauteurs de la ville. Une pièce unique, moquette marron du sol au plafond, etouffante probablement mais ils ne s’en rendent pas compte. Un couloir avec des placards dans lesquels elle met ses vêtements qu’elle a de plus en plus nombreux. Une salle de bain jolie avec une toute petite baignoire dans laquelle ils réussissent à se mettre tous les deux, presque confortables. 

Ils y restent assez longtemps en écoutant les albums de Gotan Project ou celui d’Helena Noguerra, Azul, composé par son amoureux de l’époque, Philippe Katerine, une bossa Nova susurrée, agréable avec le bain moussant. 
Nus la plupart du temps, ils passent leur temps, à s’aimer, à rire, à boire des litres de thé aux fruits rouges, à regarder des films des heures et des heures et surtout à se rouler des milliers de pelles. 


« Oui t’as raison il fait beau ». 

Cheveux défaits, elle s’assoit au bord du lit, enfile sa culotte et court à la salle de bain. Pas de douche, juste un coup d’eau, un peu de blush, c’est mieux, mais pas plus, le maquillage quand on est amoureux, on ne va pas se mentir, c’est complètement superflu. 
Elle peut passer des heures devant son armoire à se changer, jamais satisfaite de son apparence. Elle ne s'aime pas beaucoup. En tous cas pas toujours. 
Et croit qu'elle est versatile parce qu'elle aime les choses à la mode et même si ses moyens sont modestes, elle trouve toujours le moyen de se débrouiller. 

Mais là, après l’épisode du blush et des cheveux démêlés au doigt, elle court mettre un jeans, le premier qu’elle trouve, un 501 élimé très beau, qu'elle porte depuis sa seconde, et en haut la chemise à carreaux du dit Peter Pan qu’il a laissée là, sur le clic-clac défait. 

Elle l’enfile, met 3 boutons, le buste est dégagé, elle est prête. 
Et c'est comme ça, en 10 fois moins de temps qu'à son habitude, elle l’attend. Elle s'est dépêchée pour le regarder s'habiller. 

Clé dans la serrure, voiture démarrée, clignotants, feux verts / feux rouges, soleil qui tape, pare-soleils descendus, mais ça ne suffit pas, alors on enfile les Ray-Ban, le bras par la fenêtre, un baiser dans son cou, Dieu qu'il est beau de profil, main dans ses cheveux et caresser sa nuque.

« Là y a une place », ticket pris dans l’horodateur, ils se dirigent place du marché. 

Il fait beau et vachement doux. Elle voit son reflet dans une devanture de magasin, elle n’a pas été habillée si simplement depuis des mois. Elle se regarde vite, ne pas se faire prendre la main dans le sac à force d'être narcissique, ses yeux habitués vont de bas en haut, elle aime vraiment ce qu’elle voit. Elle se trouve belle avec sa chemise comme ça, déboutonnée presque trop. 


Ils ne se parlent pas, ils marchent là comme ça, au milieu des autres sans que les autres ne soient vraiment là. 

C’est la première fois de toute sa vie qu’elle aime comme elle l'aime. Jamais le coeur n’avait palpité autant. 
Jamais, aussi banalement que ça puisse paraître, elle ne s’était sentie aussi vivante que depuis qu’ils s’aimaient elle et lui. 
C’était tellement fort en elle qu’elle acceptait la vie comme était, que si elle devait mourir demain, ça lui était égal, l’immensité elle avait vu ce que c’était, alors qu’est-ce que la vie pouvait bien lui montrer de plus beau que ça? Rien. Là, avec lui dans sa main, en silence, marchant, mesurant la chance qu’elle avait d’être elle et d’être avec lui, elle se sentait à la bonne place, connectée à tout l'univers. C'était fort, elle avait aucun mot. 
Les Zara, H&M et autres boutiques si familières, si distrayantes à son habitude, ne présentaient aujourd'hui, à la place où elle se trouvait (la tête dans les nuages), pas le moindre intérêt. 

Elle est rentrée dans l'un d'eux, pour dire qu'ils n'étaient pas sortis pour rien, mais rien à faire, tout lui paraissait assez moche, rien ne lui faisait tellement envie. 
Ils sont ressortis indifférents à ce qu’ils venaient de voir. Pas un vêtement, pas une chaussure n’était monté dans son désir. 
 Elle, elle voulait surtout rentrer, mettre l’eau à chauffer, choisir un thé fraise des bois un peu cheap en vrac, le faire infuser, en même temps enlever sa culotte, déplier le lit, et l’embrasser. 
C’est là, en sortant de chez Zara rue Saint Jean à Nancy qu’elle a vu qu’aucun vêtement ne lui ferait se sentir comme ça, indifférente au monde et à ses problèmes. Et se sentir bien. Profondément calme. Il n’y avait que lui en fait qui réussissait à remplir ce vide-là.

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5.3.16

PLAYLIST, LE "C"

Bon la semaine n'a pas été très "blog" et je m'en excuse mais au moins on a un peu de musique pour ce soir.
La playlist est plus variétoche que d'habitude et des fois ça fait plaisir.



Je vous souhaite un très très bon week-end. Love et à très vite.

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