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29.12.15

BILAN PERSONNEL DE L'ANNÉE 2015

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Photo de Roger Minick 
❤️



2015 aura été une année qui, d'un point de vue global, aura été difficile.

J'avais envie de faire un retour sur mon année d'un point de vue plus personnel.

Avoir un blog c'est aussi avoir un retour direct sur notre quotidien et si je relis mes billets de 2008 je pourrais y ressentir ce qu'était cette période pour moi et ça, je trouve ça chouette.

Un retour sur 2015 me paraissait être une idée sympa, donc je m'exécute.

Ca sera peut-être long je sais pas mais ce que je sais, c'est que ça sera sûrement délivré tel quel, sans calcul ni rangement. Un bon vieux post à l'ancienne, bordélique et très très mal rangé, vous avez ma parole.

Depuis quelques années, j'avais un sentiment général de stagnation.
J'étais incapable de différencier 2012 de 2013 et j'ai commencé à flipper et à me dire que mes fonctionnements solidement ancrés n'avaient plus la même pertinence. Un truc avait bougé, un truc costaud, je le sentais, je me sentais armée, mieux en tous cas, mais comme j'avais répété certains schémas, j'étais encore trop coincée dans mes habitudes. Difficile de voir plus loin que la répétition notre quotidien quand on s'y est habitué (et qui nous ne satisfait plus, je ne dis pas que la répétition est une mauvaise chose ne soi, non, là je parle bien d'habitudes insatisfaisantes).
J'ai senti cette année que j'étais arrivée au bout d'un cycle, que je devais dépasser un état et surtout que je devais arrêter de m'excuser d'être moi.

Que je vous dise, j'ai passé une grande partie de ma vie à me voir comme hostile à moi-même. Mais genre vraiment, alors ça passe par une dépréciation systématique, un amoindrissement de mes compétences, un refus de trop parler de moi (si vous étiez mes amis dans la vraie vie, vous seriez surpris de la difficulté que j'ai à parler de moi... ce blog a dû être un prétexte pour moi, j'y ai forcément le dernier mot) , l'impression de tout faire mal, un refus de se voir comme une victime mais dans le même temps l'impression d'être dominé par le sentiment de ne pas être actrice de sa propre existence.

J'ai passé une bonne partie de ma vie à penser que j'avais tout mal fait.

Et puis cette année, ça a commencé à changer. J'ai commencé à analyser objectivement ce que je faisais, étais et d'un coup, j'y ai vu beaucoup plus d'amour et de facilité que d'hostilité. J'ai même commencé à me dire que j'avais fait plein de trucs bien... Et l'estime de soi a commencé à grandir en moi.

L'amour de mon amoureux, pur, profond et le respect que je porte à son jugement m'ont porté. A force de l'entendre dire "Arrête de te diaboliser mon amour", j'ai commencé à voir que c'était vrai, j'avais porté un regard tragique sur moi. C'était bien le regard que je portais sur les choses, les choses ne sont n'étant ni particulièrement bonnes ou mauvaises, elles sont juste les choses...

Je ne m'aimais pas alors ne me sentais capable de rien. Je passais régulièrement par des périodes où d'un coup mon nombril s'hypertrophiait à force d'avoir dû se taire mais c'était à chaque fois trop, comme inadapté.

Et puis là, à tête reposée, 2015 est devenu un truc plus rationnel. J'ai arrêté de me flageller, j'ai vu l'hostilité autour de moi, je n'ai plus eu envie d'y être confronté, j'ai arrêté de penser que telle chose, telle préférence, tel goût était anormal (ouais aussi ma vie c'était ça, un sentiment tenace d'anormalité )

Je ne compte plus le nombre d'années où j'ai dû composer, ou j'ai dû taire mes désirs, envies, ou j'ai dû faire moins bien que ce que je me savais capable de faire.
Pétrie par la peur (j'en ai déjà parlé) j'ai découvert que j'avais un désir si fort de ne pas prendre trop de place, que je ne souhaitais pas déplaire. J'ai mis du temps à me rendre compte de cela, comme je ris fort, que je me fais des gros chignons, que j'aime les discussions passionnées, je n'aurais jamais imaginé que, dans le fond, je ne voulais pas gêner l'autre. Jamais. Quitte à taire celle que je suis. Quitte à ronger mon frein. Ce que j'ai pu ronger mon frein, la trouille du conflit, de la dispute, un désir profond de l'arrangement et d'être celle que l'autre attendait. Mais ces choix là ont également un prix, la lâcheté, même la toute petite, a des conséquences, c'est juste qu'on se dit que c'est pas important, qu'on s'en remettra, que ce n'est pas si grave.


Mais il y a toujours un prix à payer. A ne pas se permettre d'être en colère sans culpabiliser, c'est après soi qu'on est en colère, une colère froide et une aigreur grandissante.

Et puis petit à petit ça s'est arrêté. En 2015 j'ai été de nouveau excitée à l'idée de vivre et je me suis promis de ne plus me négliger. Jamais. Je ne serai jamais une bonne amoureuse, amie, personne, fille, si je ne sais pas être gentille avec moi.
Et finalement, j'ai vu que mes choix, que je pestais, sûre d'avoir fait erreur sur erreur  n'étaient pas si mauvais que ce que j'en avais toujours pensé... Certains étaient même bons.

Tout n'est qu'une question de point de vue. Tout. Chacun son rythme, chacun sa vie, ses goûts, ses amours, sa manière d'être, rien ne prévaut, tout n'est que particularité pour des individus singuliers.

Du coup, 2016 devrait voir un certain nombre de changements de mon côté en tous cas, je le souhaite.



Love U et j'espère que votre année a présenté, aussi, quelques trucs cool.



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28.12.15

BILAN 2015, LES FILMS



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Cette année je vais faire des bilans (non, je sais que tu m'attends sur la vanne, Nèg'Marrons tout ça, mais j'ai dit non ;-) ) parce que l'an passé, je me suis retrouvée en avril à me dire que merde, j'avais zappé alors que j'adore les listes en tout genre.

De manière globale, on va pas se mentir, 2015 c'était pété, une bonne année de merde.
Mais si je devais ne retenir que le meilleur (en faisant un très gros effort), voilà ce que je dirais...

Aujourd'hui on va parler cinéma, mais on parlera aussi musique, beauté / mode et moi... Attends c'est mon blog, mon nombril faudrait quand même pas voir à trop s'éloigner du propos de base ;-)

Alors je peux pas dire que 2015 aura été mon année préférée en cinéma mais tout de même il y aura eu des trucs sympas.

Je vais lister les films sans préférence réelle, c'est pas vraiment un classement, juste la liste des films sortis cette année au cinéma et que j'ai aimés.



CHAPPIE, Neil Blomkamp 

Chappie

Je ne crois pas vous avoir parlé de Chappie sur le blog, mais c'est un film que j'ai vraiment aimé. Même que j'ai pleuré, même que c'est pas comme si c'était rare mais quand même. Et puis le robot est génial et puis les Die Antwoord sont super comme acteurs. J'ai trouvé ce film aussi crasseux que brillant. 



COMMENT C'EST LOIN, Orelsan et Christophe Offenstein

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Ben du coup j'en ai parlé il y'a peu ici donc vous pouvez toujours relire vu que je décortique plus, mais en gros ce film a été une très belle surprise pour moi, je l'ai trouvé percutant et vachement bien écrit. 




LES CHATEAUX DE SABLE, Olivier Jahan 

les chateaux de sable

Et bien et bien, j'avais écrit aussi un billet sur le blog pour vous dire à quel point ce film a été une jolie surprise. J'en garde encore un souvenir très fort ( lecture du billet en question ici ). C'est un film tendre et vraiment joli.

MAD MAX FURY ROAD, George Miller


mad max, fury road

J'avais aussi écrit un billet sur ce film  parce que au-delà de l'aspect simple du scénario, c'est un film bien badass que j'ai trouvé ultra jubilatoire


MON ROI, MAIWENN

mon roi

J'aurais vu ce film deux fois et je ne suis pas sûre, a posteriori, qu'il me laissera un souvenir si fort, mais je ne pouvais pas ne pas le mettre dans ce classement, ne serait-ce que pour la dernière scène que j'ai trouvé hyper forte. 





RESPIRE, Mélanie Laurent 

respire

En remontant la liste des films de 2015 je suis retombée sur l'article que j'avais écrit après l'avoir vu . Certains trouvaient ce film caricatural, c'est peut-être vrai, mais moi, je l'avais trouvé aussi dur que touchant.C'est pas le film qui m'aura le plus marqué mais je trouvais qu'il avait sa place ici.





TAXI TÉHÉRAN, Jafar Panahi


texi teheran

Comme j'avais été emballée, émue, charmée, enchantée par le film de Jafar Panahi, Taxi Téhéran.
Là pour le coup je ne vous en avais pas parlé mais si vous avez l'occasion, regarder ce film, je vous le conseille très très fort.




WHIPLASH, Damien Chazelle

whiplash

J'ai ADORÉ le film de Damien Chazelle sur le monde la batterie, de la relation prof / élève, je classe pas, j'ai dit, mais si je le faisais, il serait dans le top 3 (j'avais d'ailleurs écrit un billet sur ce qu'il m'avait inspiré ici )



VICE-VERSA, Pete Docter / Ronnie Del Carmen 

vice-versa

Bon que dire de Vice-Versa l'un des deniers Pixar? Ah si peut-être qu'il est intelligent, sensible, drôle, émouvant, brillant, génial... J'ai adoré aussi (dans Top 3 aussi, sans l'ombre d'une hésitation)



STAR WARS, LE RÉVEIL DE LA FORCE, J.J Abrams 

star wars, le réveil de la force

J'y suis allée dimanche sans grande conviction. Sincèrement j'y croyais pas. Sûre que ça serait sans intérêt, et bien et bien j'ai été tellement emballée. J'aime beaucoup Star Wars à la base, donc ce retour à l'ambiance originelle a fait palpiter mon petit coeur. C'est drôle, galvanisant, gigantesque, beaucoup d'émotion de mon côté. Love love très fort pour cette nouvelle trilogie qui démarre .


GIRLS SAISON 4


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Et même si c'est pas du cinéma, il y'a aussi eu la saison 4 de Girls que j'ai trouvée très forte, comment j'aime Lena Dunham laisse tomber.

THE AFFAIR SAISON 2


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Beaucoup ont été déçus par cette deuxième saison de The Affair mais moi, je n'en fais pas partie. 
J'ai vachement aimé cette saison. Tous les épisodes, la transformation narrative, tout. 

THE LEFTOVERS, SAISON 2

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Bon du coup là je triche vu que je n'ai pas encore vu la deuxième (ou seconde vu que l'avenir de la série semble incertain) saison de The Leftovers mais je ne crois pas avoir lu autant de bonnes critiques depuis une éternité, du coup je vais finir 2015 avec la saison 2 de The Leftovers 



Bisous smack les copains, on se dit à demain

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24.12.15

LE CORPS SOCIAL SUITE... ET RECHERCHE DE SOLUTIONS

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( Toujours Jeanne Moreau dans Baie des anges de Jacques Demy )



(Petit son moite très chouette, et puis il y a Kelis qui chante dessus, du coup ça fait très très plaisir)

 En lisant vos commentaires sur le précédent billet, l'une de vous proposait de refaire un bilan en cours de route de comment ça s'est passé avec ma famille cette histoire de corps social et j'ai trouvé ça cool comme idée... Et j'ai surtout trouvé ça cool dé réfléchir à des options pour bien vivre tout ça...

Parce que tu déconnes mais si j'avais eu 13 ans, je sais pas si tout ça ne m'aurait pas atteinte au point de faire n'importe quoi avec la bouffe après. Oui parce que la connerie n'a en général ni empathie ni projection, elle sort ce qu'elle a dans la tête sans le moindre recul, elle s'en fout elle sait même pas qu'il y'a des conséquences.  Elle voit pas plus loin que le bout de son nez qu'elle a en général très mal éduqué.

Donc je me ravise (un peu) puisque au départ j'avais ciblé le propos en insistant bien sur le fait que le regard se portait essentiellement sur le corps féminin mais certaines d'entre vous m'ont dit que leur amoureux avait pu être victime du même type de réflexion, donc je tenais un peu à modérer mon propos sur la question. Je trouve juste que, malgré tout, ça a un caractère moins systématique et que le jugement sur la bonne apparence du corps des femmes est plus strict.

Donc pour moi, ça se passe comment alors ces quelques jours? Ca se passe mal et on sait tous, en plus, que c'est pas fini. Noël 2015 sera l'année où j'aurais admis que je n'aime pas cette période de l'année.
Et au vu de ce que ça a provoqué en moi, une grande tristesse mêlée à de la colère, faut croire que la connerie sans empathie ni projection a fait mal à mon petit coeur de petite grassouillette.

Alors grosso merdo, j'ai eu le doit à plein de blagues, (oui ça les fait marrer en général le gros cul), et si tu soupires, objectes, t'as juste pas d'humour (niveau d'argumentation zéro mais que veux-tu, ils sont au max...).
Les mecs sont pas drôles, mais grave pas drôles, quand t'en es à te moquer du physique c'est que t'es au bout de la vanne...
Et ce qui est amusant (en fait c'est pas le bon mot, le vrai mot c'est "glauque", "dégueulasse" ou "lamentable") c'est qu'on sent la prise de plaisir dans le fait de se moquer, on voit le sourire qui kiffe... Ce qui est quand même très étrange, j'avais cru comprendre (ironie) que la famille était le refuge de la bienveillance...


Et ça m'a inspiré quelques trucs que je trouve assez intéressants (tu me diras ce que tu en penses):

1) D'abord une partie de moi est très contente de vivre ça de l'intérieur.
Mes changements corporels m'offrent une vision nouvelle sur le jugement du corps par autrui (et ça tu sais que j'aime bien. Ca me fait penser à la notion de grande santé nietzschéenne, i.e. le corps / esprit qui auraient expérimenté tous les états, la grande santé n'est pas la bonne santé qui elle, n'a jamais connu de  maladie, inconfort, mal-être et est donc une santé a priori, une santé non-savante)... Et puis qui dit vision nouvelle dit nouveaux billets, nouveaux trucs à raconter, nouveaux trucs à expérimenter... Et ça c'est bien les copains.

Ben oui si t'es pas concerné directement, tu t'offusques pour la forme, t'aimes pas les discriminations et les discours cruels, t'es sincère attention, mais tu ne sais pas de quoi tu parles (par exemple je ne suis pas noire et n'ai pas d'expérience de ce qu'est la racisme... Du coup ce qu'en j'en sais n'est qu'a priori, et ne présente pas la moindre pertinence).

J'ai toujours su que ma grand-mère avait une obsession pour les gros. Elle en parle souvent, ouvre grand ses yeux quand elle dit comment telle personne était "éénnnnnnnorrrrrrmmme", elle est vraiment outrée. Ce que ça peut lui foutre j'en sais rien, mais apparemment, ça la met colère.

Ben là, je vois vraiment frontalement son agressivité sur la question...

2) Ca permet de voir la superficialité des rapports qui me liaient avec certaines et certains.
Alors sans aller dans les conneries de la "beauté intérieure" il se trouve que certains "états" font tomber les barrières chez l'autre. L'autre, qui avait déjà ça en soi, s'incarne en un truc qui ne t'aurait jamais effleuré l'esprit. T'as devant toi un truc que tu ne connais pas, l'autre est en roue libre, surmoi en berne et inconscient à ciel ouvert.

3) Et surtout ça crée un rapport à son propre corps qui se radicalise. Mais plutôt dans le bon sens du terme.
Je m'explique, toi tu le vis de l'intérieur, t'es la même personne, le miroir est moins ton poto, mais à part ça, pas grand chose. T'es toi, comme toujours, et recevoir des moqueries et autres agressivités, ça provoque un regain d'amour pour toi (alors c'est peut-être un moyen de défense immédiat qui ne serait pas complètement honnête, j'en sais encore rien, en attendant ça marche pas mal). 
Et ça te force à mettre à distance des comportements et des gens dont tu savais bien que c'était pas génial, mais là, à moins de kiffer sa race de se faire malmener petite masochiste, tu ne veux plus te confronter à ça.
Finalement la prise de poids n'est qu'un prétexte, le truc qui permet de lever un peu plus le voile, mais le propos n'est pas là, les dysfonctionnements, la superficialité des rapports existaient bien avant tout ça.
Mais là, ça force à t'interroger, tu te rends compte que tu ne peux pas continuer à te confronter à ce type d'agressivité sans dommage, donc, il faut soit lutter, soit fuguer (kassdédi Laborit tahu).


Bon voilà où j'en suis (j'ai des pistes de solutions mais tout n'est pas encore très clair)

Je vous souhaite à toutes et tous un très bon noël.
Je vous souhaite de kiffer tous les moments passés avec les vôtres et de surtout de ne plus vous laisser faire, de redresser la tête, d'ouvrir votre bouche et de laisser votre intelligence vous défendre et prendre soin de vous...

Love U, je reviens vite...



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22.12.15

LE CORPS SOCIAL

baie des anges, Jeanne Moreau

Jeanne Moreau, Baie des anges


Salut les copains, alors comment ça va? J'imagine que ton humeur dépendra de la team dont tu fais partie:  soit la team "cool Noël arrive et je suis content" soit "Noel? Putain..."

Je me situe perso entre les 2, donc ni vice ni vertu de moi côté, je m'en tamponne le coquillard.

Mais comme à chaque période de Noël, je reviens chez moi pour passer cette période en famille et ça m'a inspiré ce billet...

Je ne sais pas si ça vous fait pareil mais revenir "là où je suis née" peut me mettre "dans des états" que je ne croyais plus d'actualité. Comme une certaine gêne, un inconfort, quelque chose à l'intérieur qui est familier mais pourtant plus d'actualité depuis longtemps.
Chacun reprend son rôle, ce qui présente évidement des avantages géniaux, des moments très agréables et d'autres un peu plus gênants.

Dans ma bagnole, entre la Bretagne et Saint-Dizier, j'ai commencé à me sentir engoncée, serrée dans mes vêtements. Sur l'A4, je me sentais grosse.

Plus grosse que normalement. Je vous ai déjà parlé de ma prise de poids ici mais je voulais aller plus loin dans ce post pour interroger l'image sociale de notre propre corps et de ce que nous permettons à l'autre.

Je n'étais pas une ado en surpoids, ni grosse, j'étais de l'autre côté, le côté qui se goinfre et qui ne prend pas un gramme.
Et cet état, par chez moi, est très bien vu.
Être mince pour une femme, c'est être dans la bonne catégorie.
Il y a un lien évident entre la réussite (alors que bien sûr c'est sans rapport) et la minceur. Être mince est vu comme une qualité, le contraire devenant donc, un défaut. Un défaut pour lequel il faut se sentir "mal dans sa peau".

Grossir (parce que c'est de ça dont il s'agit) est socialement perçu comme un échec. Celui ou celle qui grossi à comme qui dirait renoncé.

Et sur la route, je me suis laissée déborder par ce type de pensée. Rien de rationnel, juste une gêne, comme une légère honte (dont je ne suis pas très fière) à l'idée d'être devenue grassouillette.

Que ça soit clair, ce que je décris est l'expression d'un ressenti, pas du tout quelque chose que je cautionne en moi, non, vraiment pas. Mais je trouve ça intéressant de décortiquer ça pour voir ce qui s'y cache (et tenter d'y remédier).
Et ce qui s'y trouve c'est le corps social, ce que notre corps dit de nous et surtout ce que les autres peuvent en dire (alors qu'il faut bien restituer les choses, ils n'ont rien à en dire).

Donc je disais, j'avais pas envie que les gens me voient "comme ça". Et c'est terrible, c'est terrible de penser à ce genre de conneries.
C'était, dans mon imaginaire, un constat d'échec.

Ce que je trouve intéressant dans mon parcours corporel (le nom qui veut rien dire) c'est que je suis passée d'un état à un autre, de maigrichonne à "en chair", et ça permet d'expérimenter de l'intérieur les 2.

La minceur est un état qui est envié. Surtout quand elle est vécue sans entrave, genre "je bois 2 litres de Coca par jour, je mange pas de légume, j'y pense pas et je grossis pas".
J'avais beaucoup moins de discipline "corporelle" dans cet état là que maintenant, ce qui ne correspond pas du tout à la perception sociale pourtant.

Quand tu grossis (et quand tu mincis aussi d'ailleurs) t'as certains membres de ta famille qui te le disent, comme si ton corps était 1) un sujet de discussion sur lequel ils étaient autorisés à avoir un avis, 2) un élément qui déterminait ton caractère (et ta capacité à te "laisser aller").
En vrai, c'est comme si t'avais besoin de te justifier, d'expliquer comment t'en étais arrivée là.

Et ce que tout ça dit, c'est que mon corps, le mien, personnel, qui ne concerne que ma personne, est un sujet sur lequel les autres, qui ne sont pas concernés, peuvent porter un jugement.
Mon corps est social.
Ta famille peut considérer que les kilos cumulés sont la preuve d'un échec éducatif (je ne généralise pas j'imagine que ce n'est pas pareil partout).
Une amie à moi me raconte régulièrement les mots (durs) de sa maman sur son corps, sur sa volonté que sa fille maigrisse, sa maman (mince) vit mal de voir sa fille (son unique fille) plus grosse que ce qu'elle aurait voulu.
Je lis aussi plein de mots comme ça... C'est fou... C'est fou que ça ne soit pas plus interrogé que ça dans les familles...


Alors tu vas dire que je suis relou et que je vois le mal partout, mais j'ai quand même le sentiment que ces constats / critiques sont surtout dirigés vers le corps des femmes.
Il ne faudra quand même pas qu'elles se mettent à grossir sans culpabilité.... Continuons à les tenir et à les faire culpabiliser.
Le corps des femmes (je le perçois plus en grossissant mais c'était plus ou moins le cas avant) est à la portée du jugement de tout le monde. Et c'est intégré, accepté par la plupart des femmes.
Mon ressenti l'intègre, s'excuse, culpabilise dans le même temps que ma pensée est tout à fait objective, s'en fout, trouve que c'est finalement un combat intéressant à mener et qu'il ne cèdera pas. Je ne vais quand même pas m'excuser d'être ce que je suis, bordel sa race (ouais bordel sa race, ça veut rien dire mais j'aime bien).

Parce que, ce que ça provoque c'est un éloignement de son propre corps, l'idée qu'il nous est hostile, l'idée qu'il n'est valable et acceptable que dans un format socialement valorisé.

Et ça craint... Ca craint vraiment...

Alors on ne vient pas à bout de tant d'années de considération corporelle en 1 billet sur un blog, mais ça vaut le coup de s'interroger et d'essayer sérieusement.
Qu'en serait-il si les proportions idéales du corps social étaient celles de mon corps actuel? Ben c'est simple, je ne serais pas complexée.
Alors dois-je attendre d'attendre d'être dans le "bon corps" pour être bien?

Bien sûr que non. J'aimerais bien incarner ce petit changement que j'aimerais voir dans le monde dans ma propre existence...

Voilà, allez salut. Je t'aime.





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19.12.15

SON LITTLE, MERCI JESSICA

Dans un mail, Jessica me balance ces 2 clips là en pièces jointes.
J'écoute et je me suis immédiatement dit que les mettre ici pour le week-end serait une très bonne idée. C'est super super bien. Tellement chaud et original, trop de love dans mon coeur... (C'est très beau aussi).

Allez bisous love, smack





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14.12.15

COMMENT C'EST LOIN

orelsan gringe




Alors que ça soit clair, je suis la première surprise de vous parler ici du premier film d'Orelsan (co-réalisé avec Christophe Offenstein), Comment c'est loin.

Je n'avais même pas envisagé d'y aller, j'aime beaucoup la musique d'Orelsan (depuis le début et malgré les polémiques, je trouve que ce qu'il fait est ultra catchy et vachement bien écrit), mais il se trouve que je suis passée un peu à coté de son projet avec Gringe, Casseurs Flowters et en plus, leur programme court, Bloqués, ne me fait strictement jamais marrer.
Alors le film, tu te doutes bien que j'étais pas super chaude, j'en avais à peine entendu parler.

Mais hier matin en regardant la critique de In The Panda, je me suis dit que finalement, pourquoi pas!



Et dieu que j'ai bien fait d'y aller, Comment c'est loin fait trop plaisir (mais vraiment... Ca faisait un petit temps que j'avais pas kiffé comme ça et que j'étais pas sortie de la salle dans un état d'esprit si chouette. Un vrai feel good movie!)

Je vous raconte.

Hier, texto à Yassine (mon meilleur poto):

- "Et j'ai trop envie d'aller voir le film d'Orelsan. Si t'es chaud je t'attends, sinon j'y vais tout à l'heure"
- "Jamais de la b'vie" (Ouais il a textoté vite et a buté sur le "B" et en plus l'iphone a une passion totale, celle de te foutre la honte en permanence avec ses corrections chelou)
- "T'as pas envie de le voir?" (Marie aka l'insistance qui n'a pas compris ce qui était pourtant évident)
- "Non" (du coup là c'est plus clair)

Ok j'y vais toute seule (vous savez de toutes façons que j'aime y aller seule).

Et on verra bien.

Le film commence et ça part tout de suite bien. Vraiment bien. Je me marre, j'explose de rire régulièrement, je gigote (les sons sont hyper bien), les personnages sont bien écrits, drôles, (la plupart sont de potes des 2 mecs). Y a même Skread, ouais le Skread, producteur de Tallac, morceau grandiose de Booba (un de mes morceaux préférés) qui joue le rôle du producteur (ce qu'il est pour Orelsan ) et surtout, surtout je m'identifie tellement, ça en est flippant.





 Tout dans ce film me parle, l'ennui. L'ennui de la petite ville. Le temps qui passe. Les 10 piges qui passent alors que toi tu te vois toujours comme une ado (alors que, comme tout le monte, t'as vieilli. T'es sensée être un peu une adulte, c'est en tous cas c'est ce que les autres ont l'air de projeter sur toi).
Le temps qu'on remplit de manière étrange plutôt que de faire les trucs qui comptent vraiment, avoir toujours mieux à faire que travailler sur l'important, les journées qui sont longues mais les années qui filent, la procrastination, la peur de l'échec, alors du coup, on ironise, faudrait pas qu'on se prenne trop au sérieux! Et la volonté fragile comme du papier de soie... Tout y est si bien décrit.

Comment c'est loin est un film solaire, drôle qui prend appui sur des problématiques réelles mais pas tant représentées que ça dans le cinéma, français a fortiori. Et vraiment, j'ai trouvé ça fort. Vraiment fort, fin, intelligent.
Alors oui y a des trucs un peu moins bons, en même temps normal, mais il y a des passages tellement justes que ça ne m'a pas dérangé. La réalisation est propre, vraiment c'est pas une comédie sans consistance et sans fond, c'est du vrai travail sérieux qui dit un truc très juste de notre époque.

"A quel moment on a commencé à kiffer la médiocrité comme ça?" dit Gringe à Orel.
Parce qu'à 20 ans, jamais tu te dis que la médiocrité environnante ne t'atteindra, et puis d'un coup comme ça, à force de plein de petites choses comme la paresse intellectuelle, ou affective, la lâcheté un peu molle, des trucs qui sur le coup n'ont pas beaucoup d'incidence sur ta réalité mais qui à force d"accumulation donne lieu à des choses super craignos. Et puis d'un coup, t'y es, ta vie est à des bornes de ce que t'avais prévu dans ta tête, tout ça parce que tu te dis, que c'est pas grave, ta vie peut bien commencer "après-demain". Alors que c'était juste de tout petits trucs sans importance... En tous cas c'est ce que tu te disais au début...

Comment c'est loin est le contraire du cynisme et ça, on va pas se mentir, ça fait plaisir.

J'ai vraiment adoré.

Le film se termine (de manière parfaite à mes yeux).
Le générique démarre, texto à Yassine "Le film d'Orelsan est mortel".
Lui "Arrête tes conneries"
Moi "Mais de ouf. mais vraiment de ouf" (Marie aka 12 ans quand elle parle)
Lui "Allez arrête"...

On en discute le soir, je le chauffe, il veut le voir.

Il y va ce soir et j'y retourne avec lui.





Bisous smack



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11.12.15

HISTOIRE CAPILLAIRE

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Sac kiki (de tous les kikis) donc vient pas me parler de style vu que je sais! (En vrai la salopette elle est pas mal, non?)


Allez Véro, donne tout ce que tu as, je te love tellement 


Salut les copains, ça va?

Régulièrement vous me faites de très jolis compliments sur mes cheveux et ça me fait sérieusement plaisir. 

J'ai depuis maintenant très longtemps, une relation apaisée avec mes cheveux mais toutes celles (et tous ceux) qui ont les cheveux bouclés, ondulés, volumineux savent que ça peut prendre du temps.

Genre en Sixième, j'étais pas tout à fait au point par exemple... (La tête que j'ai -__-)
Cette époque où ma mère disait "On faisait ce qu'on pouvait avec tes cheveux c'était pas facile"... et je  ne vois pas pourquoi elle disait ça... Vraiment j'vois pas!

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(je ris tellement quand je vois cette photo (le sourire...). Swag du pull marron col cheminée Chevignon (Chevignon c'était la marque pour en être, et preuve en image, j'en étais). La coupe de cheveux mon pote? La coupe de cheveux ... Voilà!

De mon côté, ça a pris du temps mais moins que d'autres.  Ouais ça a pris du temps... En cinquième c'était pas encore ça. En portant mon bandeau, un truc "Jacques Dessange" que je mettais dans l'autre sens pour pas trop me la raconter genre "je vais chez Dessange", donc déjà Low Profile, minimalisme précoce, à la suédoise.


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 (J'offre mes services en formation Photoshop au cas où!)

(En terme de mode, pull Chipie pour moi et on peut voir, année 93 oblige (il est bien possible que tu n'étais pas née)  de la coque de cheveux en veux-tu en voilà, du pull Fido Dido (Fido Dido -__-... ), sweat Waikiki et autre bandana autour de cou... Yo! Swagggy Swagg baybay 


Donc moins pire en 5ème, ça évolue doucement. Ca devait être ma première phase (suivie par d'autres récurrentes) "ouais je laisse pousser ma frange!" d'où le bandeau!

Et en 4ème, tête "j'm'en bas la race de ta photo bouffon" avec pull Benetton + 501 (so so 2015), petite chemise oklm piquée à ma mère (j'ai eu le collège klepto avec les sapes de ma mère), queue de cheval et frange sur le téco.


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(L'offre pour photoshop court toujours)



Si t'as les cheveux bouclés t'as forcément des photos comme ça où ta tête ne veut rien dire... Mes cheveux sont très épais (ma mère) et plutôt ondulés (mon père). Ondulés beaucoup mais pas frisés. En tous cas pas partout. Mes cheveux sont décolorés depuis très longtemps (balayages à répétition) et comme ils sont fort ondulés ils sont très secs. 
La texture des miens est à mettre en lien avec les balayages. S'ils sont ondulés, détendus, pas si frisés que ça c'est que je les ai fragilisés avec les décoloration (ils étaient plus bouclés quand mes cheveux avaient leur vraie couleur).



Le plus gros souci des cheveux comme les miens, c'est de trouver une bonne routine. 

Je tâtonne encore parfois, parce que les routines s'usent. Avant je n'utilisais que la gamme karité / avocat de Garnier et puis un jour ça n'a plus marché. 
Un autre je ne jurais que par l'après-shampoing à la banane The Body Shop (sans silicone) et puis un jour, il est passé de 5 à 10 euros... 100 % d'augmentation oklm.
J'ai fait du No-Poo, j'ai arrêté, j'ai repris. 

Je n'utilise quasiment pas de produits de luxe parce que j'utilise BEAUCOUP de produit (en quantité)  et la perspective de me ruiner pour prendre soin de mes cheveux ne me ravit pas vraiment.
Mais si vous vous avez pas tant de cheveux que ça, pourquoi pas? Moi c'est inenvisageable, je suis la meuf qui chez le coiffeur passe 10 minutes au bac à shampooing alors que l'autre meuf à côté y passe 1minute30. Je suis la meuf qui ne peut pas se laver les cheveux tous les 2 jours. J'utilise beaucoup de produit ne serait-ce que pour recouvrir tous mes cheveux.
Je suis la meuf qui se démêle elle-même ses cheveux chez le coiffeur tant c'est la galère...

Donc, quand une routine fonctionne moins, ben je me retrouve fort dépourvue (bise venue ou pas d'ailleurs... La vanne de La Fontaine, ringos de ouf -__-')

J'ai finalement acheté le bouquin de Lorraine Massey, Curl Power, même si je ne pensais pas y apprendre grand chose.

Et finalement, j'ai adoré et j'ai revu plein de trucs.

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 Depuis ça (4 mois peut-être. Ou 3 je sais plus), je n'utilise que 3 produits.

✔︎ Comme depuis 10 ans, huile végétale en soin avant shampoing (en général 24 ou 48 heures, c'est les moments où je porte un gros chignon sur mes photos insta ;-) ) Amande Douce / coco / Argan... en vrai je m'en fous, des fois je mélange avec de l'huile de ricin mais c'est une huile relou l'huile de ricin, elle est épaisse (donc doit être diluée avec une autre) et vu que j'ai beaucoup beaucoup de noeuds, ça pose vite souci. Mais j'imagine qu'elle renforce bien et rend les cheveux plus épais (ce dont je n'ai pas du tout besoin).

✔︎ Après-shampoing Le petit Marseillais karité et miel. Alors du coup je refais du no-poo (qui avait à la longue terni mes cheveux) mais comme je ne mets plus tant de produits, mes cheveux ne s'alourdissent pas. Alors ce truc est bien, pas naturel, mais n'a pas de silicone et mes cheveux sont assez beaux avec.
Donc ce truc est mon shampoing. Je le mets sur mes cheveux, humidifie, frotte pour décoller, comme un shampooing. Je rince, je remets, comme un après-shampoing, je laisse poser, je démêle (et là c'est posage de RTT obligatoire) et je rince. Une fois rincé je le mets en truc de coiffage.
En fait Massey conseille de ne pas beaucoup rincer son soin, ce que j'ai perso toujours fait, le demandant même au coiffeur, parce que ça ajoute une couche douce. Donc là, j'en ajoute sur mes pointes et longueurs (mais trop en racine).
Donc ce produit est mon 3 en 1 et ça marche bien. Mes cheveux sont beaux.

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 ✔︎  Et je fais un truc dingue, que jamais j'aurais pensé faire mais les 3 ou 4ème jours après le shampooing, je mets du gel sur mes racines.
Mes cheveux sont des fois mousseux et après avoir lu dans le bouquin de Massey qu'elle mettait du gel, j'ai été curieuse.
Je n'aime pas quand j'en mets après le shampoing comme elle le conseille vu que ça cartonne un peu les cheveux et que ce n'est pas l'effet que je recherche (dans le même genre je DETESTE les mousses à coiffer)  mais quand mes cheveux deviennent mousseux, j'en mets pour calmer le bordel et ça marche, et ça cartonne pas vu que j'en mets très peu...
Je mets lui, mais vu que c'est le seul de ma vie que j'ai utilisé et j'en suis satisfaite.

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(J'ai toujours trouvé que la communication, le packaging et l'univers du gel était un peu de mauvais goût, le tube de celui-ci fait ne dément pas ma théorie)


✔︎  Je me suis coupée les pointes toute seule comme l'explique Lorraine Massey dans le livre. Et même en ne coupant que 3 cms, je me suis trouvée grave punk (le sens de la mesure).
Coupe à sec avec de bons ciseaux, boucle par boucle, et vraiment c'était bien, ils repoussent assez bien!

✔︎ Et dernier truc, que je faisais déjà le plus souvent possible même s'il faut être réaliste ce n'est pas possible tout le temps, je n'utilise pas de sèche-cheveux. En Novembre / décembre c'est un peu tendu mais je fais au mieux.

Et c'est vrai que ça va.

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 Je peux de nouveau avoir une coupe pas mal plus longtemps (grâce au gel) sans pester sur cette putain de mousse dans les cheveux.

Allez bisous



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8.12.15

REFLEXION AUTOUR DE LA NOTION DE CONVICTION

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J'avais, après " la non-surprise mais choc quand même " des élections de dimanche, commencé à écrire un billet sur la politique, sur mon infinie tristesse et surtout sur mes convictions.

N'étant pas particulièrement habituée à l'exercice je n'étais pas du tout satisfaite du résultat.
Ca n'avait ni queue, ni tête et surtout ça ne comportait pas le moindre intérêt.

Et puis je me suis dit que réfléchir ensemble de manière moins "émotive" serait peut-être le début d'une piste et, qui sait, un certain refuge.

Je vais décortiquer, dans ce post, mes propres convictions afin de m'appuyer sur une "réalité" et de constituer un début de réflexion autour des notions de vérité / conviction / opinion.

Il est préférable d'aller au bout de la lecture et de mon explication avant de porter un jugement, qui serait sorti de son contexte général.

Prenez un café, ça a des chances d'être long...

Avant de débuter,  pourquoi pas se remettre en tête les définitions de  Opinion, Réalité et Conviction

Opinion: Jugement, avis, sentiment qu'un individu ou un groupe émet sur un sujet, des faits, ce qu'il en pense

Conviction: État d'esprit de quelqu'un qui croit fermement à la vérité de ce qu'il pense ; certitude

Réalité: Caractère de ce qui est réel, de ce qui existe effectivement


En regardant les résultats du premier tour des Régionales de dimanche, je me doutais que l'ambiance générale, les drames de Novembre, un rejet de l'autre de plus en plus décomplexé, une peur et des partis politiques qui s'étouffent tous dans les problématiques du front national, allaient avoir raison d'une victoire électorale pour les partis les plus "traditionnels".
Et ça a, bien sûr, été le cas.

J'ai voté dimanche. Comme depuis longtemps, sans conviction, juste pour faire bloc, contre l'extrême droite, ce qui n'est pas la situation la plus excitante dans une vie citoyenne.

Je vis en Bretagne et c'est une région qui a été moins touchée par ce tsunami (en tous cas dans une moindre mesure même si le parti d'extrême droite a récolté plus de voies que dans les élections précédentes) mais étant originaire de Saint-dizier, une ville de Haute-Marne où Florian Philippot a fait dimanche, 44,99 % j'ai clairement mon petit coeur de gaucho en miettes.


J'ai toujours voté à gauche. En 2002, plus à gauche que socialiste mais la présence de Le pen (le père) au second tour de la présidentielle m'a bien calmée, j'ai depuis ce jour toujours voté pour le candidat au plus près de mes convictions mais aussi le plus réaliste qui soit.

Je n'ai, depuis longtemps, plus la naïveté de croire que mes convictions politiques sont ancrées en moi par l'opération du Saint-esprit, je sais qu'elles sont contextuelles: mon éducation, le travail de mes parents, mes études, ma classe sociale... Tout ça a défini, dans un premier temps ce que je pense et ce que je vote.
Grand-père ouvrier communiste et immigré italien.
Grand-mère infirmière plutôt gaulliste. Mes grands-parents ne parlent pas de politique et respectent mutuellement les convictions de l'autre.
Mère peu engagée politiquement.
Mon père je ne sais pas.
Moi, clairement à gauche mais dans un engagement un peu tiède. Je vote souvent mais pas toujours.


Ce qui est étrange avec les convictions, les miennes en tous cas, c'est que même si je sais qu'elles sont issues de mon propre contexte, qu'elles sont l'écho de ce que je sais, vois, vis, à l'intérieur de moi, je suis sûre de détenir la vérité. Et la vérité universelle avec ça.
Mais attention, sympa la vérité, je tolère qu'on ne pense pas comme moi, mais tout au fond de mon esprit immature, je suis sûre que l'autre, celui qui ne vote pas comme moi, est dans l'erreur.

Pour moi, voter à gauche c'est être du "bon côté" (humainement, moralement, philosophiquement...).
(Ma conviction a parfaitement vu que ceux qui gouvernent et ont gouverné à gauche ne se situaient pas du "bon côté" et que le pouvoir politique et la responsabilité ramenaient systématiquement les convictions dans cette grande broyeuse de rêves qu'est la vraie vie) (D'ailleurs n'hésitez pas à relire Le Prince de Machiavel en ce moment, ça peut toujours aider. C'est un livre important). 

Lorsque mes propres convictions se heurtent à la réalité et que déception il y a (dans mon cas j'ai voté Hollande et suis comme beaucoup assez choquée de la politique de Valls et de la manière dont la gauche crache sur tout ce qu'elle avait dit) le cerveau entre en dissonance (i.e. "Manque d'harmonie, désaccord entre des idées, des caractères, des sentiments").
D'où la mauvaise foi, l'évitement, le mensonge, plein de trucs pour ne surtout pas admettre que l'on s'est trompé ou qu'on a été trompé.

Mes convictions ne comprennent pas comment on peut voter à l'extrême droite. Vraiment, je ne comprends pas.
Je ne comprends pas que des femmes par exemple votent à l'extrême droite, pourquoi feraient-elles ça vu qu'elles ont, de mon point de vue, tout à y perdre?

La limite de la conviction se situe là, dans les limites de sa propre pensée. Je ne peux pas voir plus loin que ça.

L'opinion est un jugement, juste un jugement, nullement un fait, on le sait pourtant certaines et certains continuent à lui accorder du crédit. Pire, lui accorder plus de crédit qu'à la réflexion même.

A ce propos, j'avais adoré le passage dans le film Pixar, Vice-versa qui traitait justement de la confusion que fait le cerveau entre les opinions et les faits

- Joie en renversant une boîte qui fait tomber des petits dominos "Oh non, les faits et les opinions... En fait c'est quoi la différence? 
- Bing-Bong, en rangeant les petits dominos, sur lesquels il y a écrit "opinion" et sur d'autres "fait" "Oh aucune importance, je les mélange tout le temps"



Il faut prendre cette confusion très aux sérieux et il faut savoir, parfois, ne pas faire confiance à ce que nous pensons spontanément.

Il est évident que toute la vie politique axe ses angles de campagne sur l'émotion et parle totalement à des parties du cerveau qui ont du mal à gérer ses informations de manière rationnelle.

Je ne regarde jamais les infos en boucle, jamais, je ne peux pas le gérer, je me transforme en angoisse et prendrais des décisions inappropriées. Je lis Slate, Le Monde et regarde Ce soir ou jamais et c'est tout.  Je ne peux pas plus, les informations traitées sous le prisme du fait divers sont trop pour moi!

Et mon cerveau (comme tous les cerveaux) est sensible à ses signaux: la peur, la menace permanente, la colère... Et les événements de novembre n'ont, bien sûr, fait qu'accentuer cette émotion là alors elle s'est mise à prendre des décisions.

Mais l'émotion est spontanée, immature, elle a 6 ans, elle a envie que maman vienne la rassurer parce que dehors ça fait peur. Elle veut des réponses simples à des problématiques complexes, elle sait bien que c'est un peu du mensonge mais après tout, ça peut peut-être marcher (elle aime les pensées magiques). Elle attend que les choses se règlent sans qu'elle-même ne fasse rien, elle veut qu'on le fasse à sa place. L'émotion seule, lorsqu'elle ne s'incarne dans rien ne peut pas aller plus loin que ça... Elle n'agit pas, elle réagit.
Elle est très sensible, ce n'est pas de sa faute, mais elle n'est pas la seule à exister en nous et il faudrait tâcher de ne pas l'oublier.

Il faut lutter contre ce travers, ne surtout pas se fier à ses propres opinions et autres convictions comme si elles étaient une manifestation pure du réel.
Il faut impérativement déconstruire son propre ressent . Que dit-il?
Accepter d'avoir peur, d'être en colère ou triste, ce n'est pas laisser ces émotions là décider, c'est les accepter, les digérer, les analyser et passer au stade supérieur.


Si vous souhaitez continuer à croire aux pensées magiques et que vos convictions sont la réalité, c'est votre droit le plus strict biens sûr, mais dans le fond, je ne le pense pas, personne n'a envie d'accepter d'avoir sa pensée simplifiée.


Comprendre, lire, faire de son mieux, s'interroger, ne jamais être sûr, remettre en question et ne pas céder sous cette année 2015 qui ne nous aura rien épargné.


Désolée par avance pour la longueur, le caractère parfois approximatif et pour les digressions mais j'avais envie de réfléchir à tout ça et j'attends vos retours sur ça avec impatience.

A jeudi.

Je vous embrasse.






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2.12.15

PAUL AUSTER ET SIRI HUSTVEDT PAR ANNE DE N'AIES PAS PEUR MICHELINE

Bonjour,

aujourd'hui troisième publication du troisième texte reçu par l'un-e d'entre vous. 
Aujourd'hui Anne (dont le blog sur la peur est tellement chouette) va nous parler du couple d'écrivains Paul Auster et Siri Hustvedt qu'elle adore.
Je vous laisse et vous dit à très vite pour un autre post.

Love U


PAUL AUSTER ET SIRI HUSTVEDT 

paul auster Siri


Chronologiquement, ça a d’abord été Paul Auster. Paul Auster, c’est les éditions Actes Sud, la collection Babel, c’est un gage de qualité, un petit snobisme littéraire, c’est mes parents.

Leur goût commun pour la littérature, la « bonne » littérature. Lire Paul Auster, ça a donc été, un peu, rencontrer mes parents. (Est-ce que ça n’est pas le cas pour tous les livres qui nous sont conseillés par quelqu’un ? Rencontrer quelqu’un à travers un livre c’est un peu lire à travers ses yeux…)

Ça, c’était pour le contexte.

(Il faut savoir une chose sur moi : je n’ai absolument aucune mémoire quand je lis un bouquin. Je me rappelle si ça m’a plu ou pas, mais l’histoire s’évapore très rapidement. Donc je vais essayer de faire avec ce qu’il me reste.)

Paul-Auster-Chronique-dhiver


Ça a d’abord été La trilogie new-yorkaise (le plus connu, je crois). Et ça n’a pas été simple ! Ce n’est pas un « feel-good book », ce n’est pas un drame, ce n’est pas de la science-fiction, ce n’est pas une histoire vraie… Impossible de le classer.
C’est onirique, c’est étrange, ça dérange un peu, ça résonne, comme un écho. Ce sont trois histoires qui, apparemment, n’ont rien en commun. Et puis, en fait… Paul Auster joue sur les mots (d’ailleurs les traductions sont excellentes), les références, la réalité, la fiction, les noms propres (l’un de ses héros s’appelle Paul Auster) et son livre est un labyrinthe, un rébus, un rêve, une poupée russe, une enquête de détective. Bref, je n’ai pas adoré. Je n’ai pas tout compris… Mais ça m’a marqué.

Et puis je l’ai relu, plus tard. J’y ai trouvé de l’intelligence, j’ai eu envie d’en lire plus. Le voyage d’Anna Blume, Leviathan, La Musique du hasard, Mr Vertigo, Tombouctou, Moon Palace… Une œuvre dense et multiple dans laquelle on retrouve ses repères : le base-ball, New-York, le hasard, les jeux sur les mots. Toujours cette impression de me faire entrainer dans son univers étrange, poétique, aux personnages ambivalents dont les rencontres découlent sur des péripéties incroyables et inévitables, comme on déroulerait un fil qui prendrait de plus en plus d’ampleur sans qu’on s’y attende et pourtant sans qu’on en soit surpris.


Il y a aussi les œuvres autobiographiques de Paul Auster, celles que je préfère, je crois. Il parle de son passé, de son père, dans L’invention de la solitude. Des coïncidences incroyables dont il a été témoin au cours de sa vie dans Le carnet rouge (un de mes préférés, très rapide à lire). De ses différents lieux de vie dans Chroniques d’hiver, plus récemment. Et il y parle de sa femme : Siri Hustvedt.

Siri Hustvedt, je l’ai donc rencontrée à travers le regard amoureux de Paul Auster. Je crois que le premier de ses livres que j’ai lu était : Tout ce que j’aimais. J’y ai retrouvé l’intelligence et la poésie que j’aimais chez Paul Auster. Sauf qu’en plus c’était une femme. Et lorsque j’ai lu Les yeux bandés, l’écho a résonné plus fort. Elle y questionne sa féminité et sa part de violence, toujours de manière étrange, presque dérangeante. Et j’ai lu L’envoûtement de Lily Dahl, Un été sans les hommes

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Et ses livres plus autobiographiques. Je dis « plus » car, comme Paul Auster, peut-être même plus que lui, la différence entre sa propre vie et ses fictions est souvent fine. C’est, je crois, ce qui me plait tant. Le personnage dans Les yeux bandés s’appelle Iris (Siri à l’envers), elle vient du même patelin paumé du Minnesota, elle a des migraines monumentales. Migraines que Siri Hustvedt analyse dans La femme qui tremble, complètement autobiographique. Et pourtant elle y décrit son corps qui s’effondre, qui se déchire, qui se morcelle, elle romance son rapport à son corps.


Ces deux auteurs me fascinent. Je n’ai jamais un rapport facile à leurs livres, ils me mettent parfois mal à l’aise. Mais dans les deux cas, c’est la part non-fictionnelle qui me plait, la façon dont tout part d’eux. De leur vie quotidienne. Ils deviennent réellement des personnages de mon imaginaire, des personnages que j’aime, que j’admire. Ils sont beaux (non mais Paul Auster sur la couverture de Chroniques d’hiver !!), intelligents, subtils, ils vivent dans les sphères intellectuelles et artistiques de New-York et ils ont le courage de se donner à lire complètement, sans autre pudeur que l’enrobage d’une part de fiction. Le rêve…



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