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31.10.15

VIDEO DU SAMEDI 31 OCTOBRE


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30.10.15

2 FILMS: LOLO / MON ROI

Deux films cette semaine, l'un adoré (déjà vu 2 fois), l'autre qui est une déception totale .

LOLO, Julie Delpy 

(avec Julie Delpy, Dany Boon, Vincent Lacoste et Karin Viard)

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J'aime beaucoup le cinéma de Julie Delpy avec une tendresse toute particulière pour Le Skylab sorti en 2011.
Je trouve cette nana drôle et même si, dans le cas du Skylab, je ne sais pas vraiment ce qu'elle raconte et où elle veut totalement en venir, je trouve ses histoires et son humour hyper charmants.

Alors là, quant j'ai vu la bande-annonce, Vincent Lacoste (que je trouve drôle à mourir... Il est bien ce mec, Team Les Beaux Gosses de mon côté), Karin Viard (dont je vais voir tous les films sans exception tant je l'aime)... Et aussi, Dany Boon. Bon Dany Boon, je suis moyen fan, parce que je suis une connasse snob des fois et que j'ai une tendresse relative pour lui. Donc, Dany Boon dans le film, je me dis que c'est le prix à payer mais qu'au bout, le reste est tellement cool que c'est pas si grave.

Donc mercredi, prête, enthousiaste, ravie de voir enfin ce Lolo, je souris niaisement à l'idée de passer 1H30 dans l'univers de Delpy.
...
...
Et très vite, je le sens pas.
Je trouve que tout le monde joue mal, ça sonne faux (bon en fait, ce n'est pas un film réaliste mais quand même, un peu de justesse n'aurait fait de mal à personne)... Sauf Dany Boon qui lui joue bien (tiens ça m'apprendra à être pleine de préjugés).
Rien dans ce film ne m'est sympathique. Lolo, le fils maléfique, est tellement too much que j'avais juste envie de lui mettre un coup de barre à mine dans la nuque (le sens de la mesure), le perso de Julie Delpy, snob mais en fait non, mais en fait si, mais on sait pas.
L'ambition du film est très claire, être une comédie populaire.


J'ai été très gênée pendant tout le film, j'arrêtais pas de dire "Mais bordel, ça joue mal".
Mes potes me répliquaient que, au vu de mes goûts ( ils faisaient référence au cinéma de Rohmer dont j'aime tout, même le ton "je joue mal" inhérent à son cinéma) j'étais mal placée pour la ramener, mais je vous jure, ça joue grave mal.

Bref, ça ne m'a pas tellement plu et je suis sortie de là hyper déçue. Ni l'histoire, ni le jeu, ne les intentions ne m'ont convaincue.


MON ROI, Maïwenn

(Emmanuelle Bercot, Vincent Cassel, Louis Garrel, Isild Le Besco)

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J'attendais le Mon Roi de Maïwenn avec une très grande impatience.

Même si les critiques que j'avais lues étaient loin d'être élogieuses, même si je n'ai pas aimé Polisse
( pas du tout aimé alors que Pardonnez-Moi et Le Bal des Actrices étaient 2 films qui m'avaient vachement impressionnée) j'avais hâte de le voir.

Pas complètement conquise mais très curieuse.
Et j'ai beaucoup, beaucoup aimé.
Je l'ai même vu une deuxième fois...
Mon Roi c'est le récit de l'histoire d'amour que vit Tony (Emmanuelle Bercot) avec Giorgio (Vincent Cassel) sur 10 ans (comme Laurence Anyways :-) )
Enfin rapidement ça part un peu un couille cette histoire, mais la passion de Tony pour cet homme est dingue. Elle va au bout de son concept, s'abandonne absolument.
2, 3 trucs m'ont moins plu, le manque de connexion parfois dans l'histoire.
S'il y avait de la ponctuation au cinéma comme dans les livres, ce film en manquerait, les choses s'enchaînent d'une drôle de manière parfois.

Mais le charme (magnétisme) de Cassel est dingue (moi aussi, j'étais conquise en 5 minutes alors que je ne suis pas sensible à son charme à la base), les dialogues, Louis Garrel tellement drôle (j'ai oublié de vous parler de Les deux amis, son premier film que j'ai trop aimé... Je vous ferai un post pas d'actualité là-dessus), l'histoire, le partage de moments intimes, et surtout la fin (je vais un peu spoiler mais c'est pas un spoil de dingue non plus).

Sentir le désir et l'amour intacts de Tony pour Georgio est une idée ultra intéressante.

le récit est construit sur 2 narrations, la vie de Tony dans un centre de rééducation après une chute à ski et son histoire d'amour avec Georgio racontée par flash-back.

On se dit que sa vie au centre de rééducation aura une influence positive sur cette histoire d'amour qui l'aura, à plusieurs reprises, détruite. En gros, elle guérira de son genou et de Georgio.
C'est comme ça que le cinéma procède le plus souvent, un événement, une reconstruction morale et le protagoniste redevient un être humain libre et débarrassé de ses pulsions destructrices.

Dans Mon Roi c'est moins évident, le feu ne s'est jamais arrêté de brûler totalement dans le coeur de Tony. Malgré tout ce qui s'est passé... Ses yeux qui se posent sur cet homme jusqu'à la dernière seconde  m'ont laissée une très forte impression. S'il n'y avait pas eu cette intention jusqu'au bout, j'aurais été moins séduite... Mais là, c'est fort, c'est beau.

Je vous laisse avec quelques photos sur lesquelles je suis tombée que j'ai trouvées très très belles.

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Allez, bisous.

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28.10.15

QUESTION D'OSEILLE

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S'il y a bien un truc qui a tendance à bien disfonctionner dans ma vie, c'est l'oseille.

Je suis nulle en argent.
D'ailleurs c'est pas complètement un hasard si j'ai été acheteuse compulsive parce que j'ai un rapport assez étrange avec l'argent.

J'ai cru comprendre ne pas être la seule dans cette situation mais j'aimerais quand même vous raconter comment je le vis et vois de l'intérieur et qu'on échange là-dessus parce que, bien heureusement, on est pas tous comme moi, et qu'il est possible d'avoir un rapport tranquille avec l'argent.

1)  LES DÉPENSES 

Donc je dilapide l'argent, ça on sait déjà, j'en ai longuement parler ici... J'ai acheté beaucoup de fringues, maquillage et livres (mon triptyque à moi).

Plusieurs raisons à ça: une gestion à la frustration vaguement acquise (à mon âge je sais ça craint), une condition "sociale" dont j'imaginais sortir hypothétiquement en achetant des choses chères, un désir insatiable, une estime de moi relative et un regard sur l'avenir pessimiste.

Ces 5 points m'ont fait dépenser le peu d'argent que j'avais dés la fac. Enfin quand je dis dépenser je veux plutôt dire dilapider parce que j'avais besoin de changer des trucs en moi mais aussi parce que je ne vois pas pour quelles raisons j'aurais dû garder mon argent...

Pour vous donner une idée, quand j'étais en maîtrise (Mot que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre) je bossais dans une boutique de fringues à Nancy. Je gagnais à l'époque, 700 euros par mois, et bien je dépensais entre 80 % et 90 % de ce que je gagnais chaque mois dans les fringues (c'était mon époque fringues) et me mettais dans des situations impossibles. Oui parce que si je bossais en plus de mes études, c'est bien que j'en avais besoin pour des vrais trucs!
Un de mes potes m'avait dit à l'époque que je devais gagner plus (était-il précurseur?) et avait évalué mes salaires futurs en fonction de mes dépenses du moment... Mais je sentais bien que si je gagnais plus ça n'aurait rien réglé, ça m'aurait juste fait dépenser plus.

Donc, ma dépense d'argent, mon gaspillage même c'était du gâchis parce que je ne croyais pas vraiment en mon avenir à ce moment là. Il n'y avait pas du tout de superficialité dans ma compulsion, du tout, ma gestion d'argent définissait parfaitement le rapport que j'avais au monde, je n'y croyais pas, n'avais donc aucune raison d'économiser ou de projeter.

(Vous connaissez tous je suppose le test du chamalow pour mesurer la capacité des individus à gérer la frustration et leur capacité à voir à long terme plutôt qu'à court terme? J'en reparlerai dans un (le) prochain post, une partie des réponses pourrait se trouver là).

Donc, mon rapport à l'argent se définit d'abord par le fait qu'il me brûle les doigts et qu'il ne soit pour moi qu'un moyen d'accéder à des plaisirs immédiats et sûrement pas de construire pour un plus grand projet dont je ne suis pas sûre du résultat et qui me demanderait des efforts, notamment dans la gestion de ma frustration.

D'ailleurs le test de 30 jours où je devais apprendre à gérer ma thune a été un échec cuisant.


2) LE GAIN


Et l'autre versant de ce rapport à la thune qui me tire balle dans le pied sur balle dans le pied, c'est que je ne sais pas en gagner et suis même plutôt gênée à cette idée.

Je bosse depuis que j'ai 16 ans, là n'est pas la question, je parle de travailler pour que ça rapporte vraiment.

Je connais des gens qui sont capables de gagner de l'argent avec n'importe quoi. Je ne porte aucun regard sur la valeur de ce qu'ils font et suis même relativement admirative face à la capacité qu'ils ont à gagner de l'argent aussi facilement.
Moi, même compétente, j'ai un rapport difficile avec ça.

Vous vous souvenez y a quelques années, avec ma pote Angel, on avait vendu des tricots.
J'adorais ça, elle aussi.
Quand il fait fallu estimer le prix, on avait un peu fait au pif parce qu'en demandant autour de nous, notamment nos potes qui créaient des trucs, on arrivait à des prix hallucinants tellement c'était cher.
On a réfléchi, on a additionné le prix des matières premières, et compter les heures à un taux horaires ridiculement bas (5 euros je crois si ma mémoire est bonne) et mis ça en vente.
J'avais reçu à l'époque beaucoup de commentaires qui me disaient que c'était hors de prix, du vol et tout...
Alors que non, on s'est payée moins cher que ce qui est légal dans ce pays mais c'était encore pas assez pour certains.
Qu'on puisse ne pas se le payer, je le comprends, je ne peux pas me payer (alors que j'en rêve depuis 4 ans) un bombardier Acné qui est bien au-dessus de mes moyens, mais là, je ne voyais pas comment on aurait pu faire moins...

Que des gens se plaignent de prix, c'est normal, tout le monde le fait plus ou moins.
Mon pote Yassine a ouvert un business de service qui fonctionne bien.
Au début il avait aussi ce genre de problèmes, les gens qui demandaient des prix moins chers ou qui faisaient les yeux ronds quand il leur disait combien ça coûtait. La compétence se paye, c'est comme ça. Je le sais mais n'arrive pas à l'intégrer pour moi.
Yassine ne volait personne, mais malgré tout, les gens réclamaient.
Il a petit à petit appris à composer avec ça et maintenant il s'en fout, mais au tout début de sa boîte quand il n'était pas tout à fait confiant dans ses compétences, il avait tendance à se vivre comme une imposture.

Et bien pour moi ça a été pareil, nos tricots, alors que je savais que ça nous prenait du temps, que si on voulait en vendre, on allait pas juste faire payer la matière première, je suis devenue de plus en plus mal à l'aise. Jusqu'à me dire que ouais, c'est vrai c'était trop cher (5 euros de l'heure bordel!) et que j'avais abusé. Marie aka la meuf qui se laisse pas faire :-)
Je ne suis pas à l'aise avec l'idée de gagner bien ma vie avec des compétences que j'ai pourtant (je ne parle pas nécessairement du tricot d'ailleurs) et suis tout à fait capable de travailler dans des tafs à très grosses responsabilités et d'être très très mal payée.

Là je refais des gilets en tricots et des pulls et j'aurais vachement aimé en revendre, parce que ça me plait, c'est un truc en plus, mais je suis encore mal à l'aise avec cette idée.

De manière très simpliste, mais peut-être un peu vrai, le rapport que l'on a à la thune en dit beaucoup sur la valeur que l'on s'octroie...
Et d'ailleurs, le fait que j'en ai jamais gagné sur ce blog est aussi lié à ça.
Bien sûr que je n'aime pas la publicité sur les blogs la plupart du temps, je la trouve assez vulgaire, et me mettre "au-dessus" de ça n'a pas qu'à voir avec une certaine morale, non, ça a aussi un rapport évident avec mon incapacité à monétiser mes compétences. C'est comme ça pour tout.


Je crois que le plus handicapant est bien mon incapacité chronique à ne pas en gagner. Vous me demandez souvent ce que je fais comme travail sur le blog et je ne vous réponds pas souvent.
Mais c'est parce que vous semblez avoir des attentes, alors que je ne peux pas vous en dire grand chose parce que c'est pas forcément intéressant.
je ne suis pas dans une réussite professionnelle qu'on pourrait qualifier de flamboyante, je fais un paquet de taf plus ou moins alimentaires, parce que justement, je ne sais pas "vendre" ce que je sais faire.

En revanche, je suis très très bonne pour aider les autres à s'optimiser et à avoir confiance en eux, mais alors moi... remballage de gaule!

Evidement que c'est un problème complexe mais comme on échange beaucoup sur le blog, et que c'est un sujet qui me tient à coeur, vous avez peut-être des pistes à me donner, des trucs qui pourraient m'aider à sortir de ce truc.

Merci en tous cas d'avoir lu jusqu'au bout ce post que j'avais envie d'écrire depuis des mois mais qui avait du mal à sortir...

Lov U sur ta joue.


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26.10.15

LES ALBUMS IMPORTANTS: THE MISEDUCATION OF LAURYN HILL

J'ai envie de faire (encore je sais), une nouvelle rubrique sur le blog, qui consisterait à vous parler des albums qui ont comptés pour moi dans ma vie.
Alors encore une manière de laisser la part nostalgique en moi s'exprimer, c'est évident, mais c'est aussi une manière de porter un autre regard sur les contextes, les époques, et les goûts. Et puis qui sait, même si ça ne sera pas forcément des petites choses undergrounds, ça pourrait être des mini "découvertes" pour mes plus jeunes lecteurs.

Pour la première, je commence avec un de mes albums préférés, encore maintenant. C'est à dire que je l'écoute encore, pas toutes les semaines, mais je me retrouve bien une fois par mois à en écouter au moins un morceau.

THE MISEDUCATION OF LAURYN HILL

(Lauryn Hill, 1998)

the miseducation


The Miseducation of Lauryn Hill est le premier album solo de Lauryn Hill sorti à l'été 1998.
Il a été nommé 10 fois aux Grammy Awards de 1999 et remporta 5 prix. Lauryn Hill avait 23 ans, du talent comme c'était pas permis,  sortait de sa période The Fugees (groupe qu'elle formait avec Pras Michel et Wyclef Jean ) et était promise à une très belle carrière.


 

Sur cet album, elle a collaboré avec D'Angelo, Mary J.Blige, Carlos Santana, John Legend (dans une temps bien avant le drame de sa pub pour les rouges à lèvres roses pour L'Oréal), le groupe New Ark  (plutôt considéré comme co-créateur de l'album d'ailleurs) et plein d'autres
Et c'est un grand album.
La légende raconte que c'est en écoutant, jusqu'à l'usure What's Going On de Marvin Gaye (album-concept, i.e disque où toute les pistes sont globalement liées à un thème, une idée ou un concept. Comme Le fil de Camille ou... Histoire de Mélody Nelson de Gainsbourg (mais y  en a 1000 autres)) que Hill a écrit le Miseducation.
C'est un album qui balaye tellement de courants musicaux, c'est fou. Il est, je trouve, une oeuvre totale. D'ailleurs heureusement, parce qu'il sera, d'une certaine manière, le seul qu'on aura à se mettre vraiment sous la dent.
A sa sortie j'ai 19 ans. Je n'écoutais pas tellement les Fugees, sauf quand ils passaient dans la voiture de mon amie Sophie qui portait une admiration sans borne à leur album éponyme.
Tout le monde voyait de la modernité folle chez les Fugees, moi aussi d'un certaine manière mais, ça me plaisait bof. ce truc n'avait ni vice ni vertu à mes yeux.


L'album de Lauryn a réglé ce problème. J'ai tout de suite été folle de cet album.
Ce qui est toujours le cas, je le trouve figé dans le temps, s'il sortait aujourd'hui, je suis sûre qu'il serait reçu avec ce même enthousiasme... Enfin je peux pas savoir et si ça se trouve ça a beaucoup vieilli et je ne me rends pas compte, mais dans mes oreilles à moi, il est toujours d'une modernité folle et très classe. Lauryn avait une classe folle.
C'ets un album que j'ai reçu différemment en fonction de mon âge. J'ai fait un gros revival il y a 8 ans, je le ré-écoutais sans arrêt et je n'y sentais pas les mêmes choses que presque 10 ans plus tôt.
Il est aussi un album de promesses non tenues.



Lauryn Hill amorçait avec The Miseducation une carrière vraiment pleine de rêves, de talent, de nouvelles choses, d'attentes... Et puis plus rien.
Enfin si, un album acoustique en 2001 dont il reste quelques perles mais qui montrait qu'elle basculait de plus en plus dans une ascèse dont la musique aurait du mal à sortir indemne.


Et puis il y a eu une attente interminable. Les retours de Lauryn Hill étaient des promesses qui n'arrivaient jamais.
Elle a eu 6 enfants, a connu beaucoup de problèmes, une santé mentale que certains disent relative, une grande fragilité. Quelques retours par ci par là qui me donnaient l'impression d'un immense gâchis. Comment cette nana avec autant de grâce et de talent avait pu en arriver là?

On l'a revu il y a peu interprétant le Feeling Good de Nina Simone au Tonight Show de Jimmy Fallon. C'est vrai que c'était impressionnant mais moi, je n'ai pas ressenti grand chose en l'écoutant. Rien de comparable à son album en tous cas. Et rien de comparable à son magnifique morceau éponyme qui m'a toujours donnée l'impression qu'elle y donnait toutes les clés de qui elle était, précisément, à 23 ans. 


PS: j'aime bien l'idée de parler des trucs importants en musique, en cinéma, en littérature. Je ne sais pas si ça dit à certaines et certains, mais ça serait chouette si parfois on mettait des posts ici sur les choses que vous vous aimez.
Des textes que vous écririez vous, et que je pourrais poster ici, avec vos vidéos, vos photos... Vous en dites quoi? Ca dit à certains?
Si oui, envoyez moi un mail qu'on en discute, unechicfille@gmail.com

Bisous smack 


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14.10.15

L'ENVIE OU LE SYNDROME "T'AURAIS FAIT LA MÊME CHOSE À SA PLACE"

Katsushika_Hokusai,_Goten-yama_hill,_Shinagawa_on_the_Tōkaidō,_ca._1832

Hokusai 




Feist que j'aime depuis longtemps 

La semaine dernière dans une émission d'Affaires sensibles sur France Inter consacrée au couple Balkany, on entend l'enregistrement d'un dame qui explique, en substance, que, peut-être, le maire de Levallois-Perret (Patrick Balkany donc) aurait "fraudé" (bien que la dame ne dise jamais tout à fait le mot) mais dans le même temps, tout le monde (elle dit tout le monde) aurait fait pareil à sa place... Ca ne la choque pas, à sa place elle aurait fait la même chose et elle ne voit pas trop pourquoi on serait gêné de ça et ceux qui disent le contraire sont des menteurs.

Je suis toujours très stupéfaite quand j'entends ce genre de choses. Il y a encore tellement de gens qui estiment que le "pire" de la nature humaine est, LA nature humaine et que ceux qui condamnent ça sont malhonnêtes et / ou jaloux.
Sincèrement, je ne m'estime vraiment pas au-dessus du lot, clairement, mais admettre que le mensonge, la traitrise, les passe-droits sont absolument naturels et qu'il n'y rien à redire là-dessus, c'est un peu au-dessus de mon champ de compréhension. Sans être absolument moral (bien qu'un peu ne fasse de mal à personne, hein!), il peut-être utile de s'interroger sur ce que nos actions vont provoquer dans la vie des autres. Au moins un peu et si on fait ça, d'un coup notre petit nombril avide de choses qui le satisfassent dans l'immédiateté pourrait comme qui dirait avoir des remords et voir un peu plus que son propre plaisir.
En bref, je suis toujours stupéfaite de voir que le repli egotique où l'autre ne compte pas est de plus en plus décomplexé, c'est un peu comme si tout le monde avait 3 ans et ne savait pas que les autres sont aussi de humains.
Non tout le monde n'aurait pas fait comme untel qui exploite, ou untel qui utilise l'argent public. Ny voir que de la normalité, qualifier cela d'une caractéristique humaine, c'est assez grave je trouve.

Dans le post de lundi, une demoiselle a écrit en commentaire que, tout le monde pensait que c'était injuste de voir les "enfants de" accéder si rapidement à une notoriété "a priori" mais écrire ce genre de post (le mien donc) c'était dommage parce que ça faisait "envieuse" et que je ne sais pas ce qui se passe dans sa vie réellement et qu'elle peut tout à fait souffrir.
Je comprends ce que cette demoiselle veut dire dans le fond et qu'elle ne puisse voir dans la critique éventuelle qu'une envie d'être à la place de et une incapacité que j'aurais à me réjouir dans ma position de "roturière"  qui ne connaît pas ce type d'avantages.

Alors je me suis demandée si c'était vrai. Après tout, pourquoi pas, je ne suis au-dessus de rien et cette chose que je n'arrivais pas à nommer lundi (ce mélange de tritesse et de colère) pourrait être, en fait, une envie, une jalousie non assumée.

Mais plus j'y pensais, moins je me disais que ça tenait la route. Ce type de raisonnement m'apparaissait comme étant de plus en plus simpliste et de moins en moins fondé.

La critique est-elle nécessairement la manifestation d'une envie cachée? Pourquoi ne croit-on pas spontanément que la colère soit juste l'expression de ce qu'on perçoit comme injuste?

Parce que je n'envie pas ça, je ne le peux pas, d'où je viens, éducation / système de valeurs / expérience ça n'aurait pas de sens, en revanche je trouve ça profondément injuste.
Je ne vois pas pourquoi on devrait laisser une chance à un talent a priori alors que dans le même temps on néglige certains talents a posteriori sous prétexte qu'ils sont moins "sexy" ou "glamour" mais surtout moins bien nés.

Essayons de déconstruire ensemble cette idée fort répandue sur les internets de la galaxie que la critique est de près ou de loin un proche parent de la jalousie.


Qui dit envieuse dit envie.
Qui dit envie dit "avoir envie d'être à la place de l'autre".
Mais ça voudrait dire que si j'étais irritée par ces processus de reproduction sociale (dont je vous rebats les oreilles depuis plusieurs mois) c'est uniquement parce que je serais mal née. Elevée par une mère célibataire aide-soignante, grand-père ouvrier en usine né très pauvre et grand-mère devenue infirmière à 39 ans après avoir été ouvrière en bonneterie. Classe populaire, je n'ai manqué de rien mais effectivement, chez moi, ça roule pas sur l'or.

Ma classe sociale étant dépourvue de ces avantages sociaux évidents (mais je le répète au vu de certaines et certains je suis une bien lotie, ces choses sont très relatives) je serais, comme tout le monde, dans l'envie d'avoir plus de possibilités, d'argent, de chances en quelque sorte.

Et bien si je trouve injuste qu'une jeune demoiselle de 16 ans ait accès à tant de possibilités alors qu'il ne lui est, pour le moment, rien arrivé, ce n'est pas pour moi.
Restons sérieux, je n'ai pas 16 ans et ce type de choses n'a strictement aucune incidence sur ma vie, c'est l'image véhiculée qui me gêne.
Parce que ça dit, comme toujours, que seul le physique d'une femme peut lui permettre d'accéder au succès (le fait qu'elle soit bien née est plus anecdotique que le rapport à son physique / sa jeunesse que cette info donne).
Si ma fille avait 16 ans, je serais triste qu'elle croit ça, que ça l'angoisse. Je n'aime tout simplement pas ce que ça dit et pas parce que je suis plus moche qu'elle, que je le sois, me permet surement de porter un certain type de regard là-dessus.

Mais toi t'as vraiment envie qu'on ne propose jamais des modèles féminins drôles, intelligents, courageux? je ne dis pas que cette jeune demoiselle ne l'est pas, je dis simplement que, comme toujours, on privilégie ce qui est ne dure pas (la jeunesse / la beauté) pour valoriser une personne tout en connaissant les répercussions que cela peut avoir sur l'estime de soi lorsque ces choses s'en vont (oui niquons tout suspense, ces choses se barrent toujours).
On propose aux jeunes filles ce modèle parce qu'il est précaire et permet de mieux dominer leurs "centres d'intérêt".

Je n'ai aucune envie pour ça, je trouve cela injuste et toxique pour les femmes dont je suis et les jeunes filles dont je ne suis plus mais que je souhaiterais voir vieillir sans ce terrible rapport anxiogène à leur propre image.

Voir des modèles intelligents, courageux, droits, moraux, altruistes, curieux aiderait sûrement à se dire que La nature humaine n'est pas qu'une succession de carences affectives et morales.

Voilà, dites moi ce que vous pensez de tout ça, ça m'intéresse vachement.

Bisous smack






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12.10.15

LILY ROSE ET LES AUTRES

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En photo, Lily Rose Depp, fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp.
Elle est adorable, pose dans les pages du Vogue de ce mois-ci et on l'a aussi vue dans Grazia, Elle, Glamour aussi sûrement...
Bref, on voit cette jeune demoiselle partout... C'est pas la première fille de qui truste les pages des magazines comme ça, vous noterez!

Mais en quel honneur exactement? Elle pose même pour Chanel... Est-elle mannequin? Non je crois pas...
Je sais que c'est vieux comme le monde, qu'un bon pedigree suffit à faire passer ces choses là pour une normalité mais bordel, qu'est-ce qu'elle a fait exactement Lily Rose pour être partout?

Alors elle est très jolie (d'ailleurs une fille a-t-elle besoin d'une quelconque autre qualité pour être visible? Quelle idée ça donne de la reconnaissance féminine aux autres jeunes filles? Ouais ça craint...) mais elle a rien fait bordel. J'ai cru comprendre qu'elle jouera dans le premier long-métrage de Stéphanie Di Giusto qui s'intitulera La Danseuse et sera aussi la soeur de Nathalie Portman dans Planétarium, film de Rebecca Zlotowski mais là, maintenant, à l'heure où je vous parle, rien... On a rien vu? On sait pas si elle a le talent de Jodie Foster? Non, pour le moment, elle a rien fait.

Je sais c'est con, mais j'ai été assez choquée de lire tous ces articles dithyrambiques à son sujet sans qu'il n'y ait la moindre remise en question même de l'origine de tout ça. Et vas y qu'on s'extasie:  "délicieuse", "mystérieuse" "son destin est de passer du réel au grand écran"... Son destin carrément ...

Parce qu'en vrai, ce qu'elle est c'est l'enfant de parents célèbres et une fille très jolie.
Le talent se transmet-il avec l'adn? Je sais que les Gainsbourg c'était pareil, Charlotte en tête, mais dés L'effrontée, on a vu quelque chose du talent de la jeune fille, rien à voir avec les projections assez simplistes qui semblent dire qu'évidement qu'elle a du talent, tu as vu d'où elle vient?

Sinon pourquoi parler d'elle comme ça alors qu'elle n'a, je le répète rien fait.

Ce que je trouve triste c'est ce que ça transmet aux autres gens de voir les choses se dérouler de cette manière.
Ne pas remettre en question ça, c'est admettre et accepter qu'il suffit d'être belle (oui c'est bien ce que ça continue à dire, que si la jeune fille est belle cela suffira bien, indépendamment de son hypothétique talent dont pour le moment personne ne sait rien et dont on semble se foutre éperdument, comme s'il allait de soi, sans travail bien sûr... Encore une très bonne chose à transmettre aux autres, les laborieux ... Si être belle suffit, c'est vraiment terrible pour les autres et  s'enthousiasmer de ça, c'est cautionner le système...  Ce que continue de faire allègrement la presse féminine qui n'a de cesse de nous faire nous sentir toujours trop grosse, trop vielle trop moche et pas assez célèbre... Et en  misant si rarement sur les qualités d'esprit) et d'avoir de bons parents pour réussir.

Qu'importe le talent, on dirait même dans cette histoire qu'il est quasiment anecdotique...

Je sais pas pourquoi ce truc me rend assez triste et m'énerve vachement.

Bon allez salut, bisous smack 

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8.10.15

CES TRUCS QUE PERSONNE N'AIME MAIS MOI OUAIS

Y a une grosse année, j'avais fait un billet sur ce que les gens ont l'air d'aimer alors que moi, je suis clairement pas sûre  et là je vais vous faire l'inverse. Je vais vous parler des trucs que moi j'aime mais qui rencontrent une adhésion toute relative auprès de mes congénères...

Go pour un post de la honte ! Faisons fi du bon goût et de la mise en valeur, soyons sans goût, soyons gênés mais soyons nous avant tout les copains...

LE LEGGING


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(Ca va pas fort pour American Apparel, c'est la fin des 00's) 


Alors s'il y a bien un truc qu'on a visiblement pas le droit de porter dan la rue, avec des vrais gens sous prétexte de passer pour une grosse plouc, c'est bien le legging.
Pire, ça serait anti-dignité cette histoire, trop de confort pour être honnête cette petite chose en mix coton-élasthanne.

Passe encore si tu le mets chez toi et que tu n'as pas prévu le moindre rapport sexuel dans la journée, sinon, brûle mon ce truc dégueu et tiens toi bordel!

Ben en fait, moi j'en porte des leggings, dans la vraie vie.
Même dans la rue.
Même que des fois je me la raconte avec. Je sais que tout le monde dit que c'est "No way" (expression dont l'utilisation même doit être "no way") le legging, mais en vrai, j'aime bien... J'en porte un Nike en ce moment même alors que j'ai pas fait de sport de la journée et que j'ai fait des trucs qui impliquaient des congénères.
Marie aka la plouc!

LES CHTIS/ LES MARSEILLAIS/ ET PLEIN D'AUTRES TRUCS QUI TE FOUTENT LA HONTE


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(Ouais t'as bien vu, c'est surtout les meufs qui sont quasi à poil sur la photo... Ouais je sais, c'est une émission dégueu de sexisme...)

J'aime la télé dégueu. La télé honteuse, la télé qui tâche... Passion Confessions intimes, et depuis quelques années, les Chtis .
Je sais pas ce que j'y adore, je sais que c'est vraiment tout naze de cynisme de regarder ça et de se moquer, mais y a aussi des fois où je suis émue pour eux, je ne suis pas que cynisme. Mais j'ai un paquet de copains qui me trouvent vraiment ploucasse pétée à regarder ce genre de trucs... Ca doit parler au pire chez moi, je vois pas d'autres explications...
Allez Shogoun les copains
Marie aka la plouc vener

MYLÈNE FARMER

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Bon je ne dis pas que Mylène c'est nul, je dis juste que dans mon entourage j'ai jamais eu beaucoup de fans de Mylène.
On est un paquet à l'aimer vu qu'elle vend énormément de disques mais elle a réussi à faire un truc intéressant avec les gens.
Il y'a deux catégories de personnes, d'un côté, ceux qui n'aiment pas Mylène Farmer, ceux qui se moquent, qui méprisent son univers et de l'autre, les fans et leur regard énamouré et leur adoration pour Mylène. C'est comme s'il n'y avait pas tellement de juste milieu (bon en fait y en a mais pour les besoins de ma démonstration, j'ai décidé d'être de totale mauvaise foi).

Elle n'a jamais cherché à modifier ses thèmes, ses attitudes, sa posture pour plaire au plus grand nombre. C'est un marché de niche Mylène (enfin relatif mais tu vois ce que je veux dire), elle cherche à plaire à son coeur de cible (ceux qui aiment la dépression et les loups dans les étendues enneigées dont je suis...) et les autres elle semble s'en foutre.
On s'est énormément foutu de ma gueule avec mon love pour la chanteuse. Mes copains, ces snobs qui se touchaient sur le Velvet Undreground en pouffant de mes goûts!

C'est pas que j'en avais honte mais j'ai quand même rapidement senti que ce qu'elle faisait, si ça ne te parlait pas, ça te donnait très fort envie de se foutre de sa gueule.
J'écoute toujours ses disques mais avec nettement moins d'enthousiasme, j'aime plus vraiment, mais ses premiers disques restent vraiment un truc fort pour moi. Mylène c'était quelque chose.
Grâce à elle, j'ai découvert Baudelaire les films de Garbo, Allan Edgar Poe, Albert Cohen, tous ces trucs auxquels je ne me serais jamais intéressée si elle n'en avait pas parlé.
C'est con dit comme ça mais elle m'a ouvert une fenêtre sur d'autres choses, l'envie de lire, de développer mon vocabulaire... Et aussi de faire quantité de spectacles avec ma cousine dans le garage de mes grands-parents... Et de prendre en otage ma famille tout un dimanche pour leur montrer nos chorégraphies... 
3 morceaux géniaux si tu ne connais pas vraiment ou de loin ou que tu te moques...

 






LES SPECTACLES DANS LES CLUBS DE VACANCES


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Bon, depuis que je suis petite, j'ai une passion pour les spectacles faits dans les clubs de vacances type Club Med / Marmara et compagnie. J'allais enfant dans une station qui s'appelait Lamoura avec mes grands-parents et déjà, quand je voyais les animateurs qui gigotaient en chantant du Starmania, je me croyais à Broadway. Et je déconne pas du tout!
Pourtant, je n'aime pas les clubs de vacances, les jeux apéro et tous ces trucs, ça me met même plutôt mal à l'aise. Je n'aime ni la fausse ambiance, ni le cocktail du directeur ni le Madison.
Je suis une conasse rabat-joie.
Mais c'est circonstanciel, j'ai vachement de mal avec les discussion de circonstances, parler de la pluie et du beau temps avec des semi-inconnus en slip de bain, c'est au-dessus de mes possibilités. Je suis fin nulle en discussion de politesse, je te jure c'est un drame, de fois j'aimerais bien, c'est quand même utiles ces trucs là, mais mon cerveau bloque ce con et je suis là, bouche en coeur à chercher très très loin ce que je pourrais dire... En général rien... Bon bref c'est pas le sujet.

En revanche aussi snob et désagréable que je suis devenue, j'adore les spectacles dans les clubs de vacances. Même s'ils sont approximatifs, même si ça chante faux, même si je ne connais pas Broadway, je suis sûre qu'ils ne doivent pas beaucoup  y ressembler, j'adore les regarder. Premier degré, je me moque de personne, j'adore, je suis émue, je clappe les mains même des fois j'ai les larmes aux yeux quand je vois les gens (à qui je ne parle pas vu que je suis une conasse) être émus et chanter.
Voilà! Unfollow moi, je comprendrais...
Et en discutant avec les autres, j'ai cru comprendre que aimer ces spectacles, c'est pas si courant que ça.

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 (J'ai pas pu m'en empêcher... "Azur, nos bêtes sont bondées d'un cri")


CLOCLO


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(J'ai cherché la meilleure photo possible... Et je crois que je l'ai trouvée... Je mets ma main à couper que cette photo a été prise au premier degré)


Entre 8 et 10 ans j'ai eu une obsession musique des 60's.
Pourquoi je sais pas, personne n'écoutait ça chez moi.
L'autre jour chez mes grands-parents j'ai retrouvé un graffiti (au crayon mine... Mais j'ai appuyé fort... Même que j'ai pas essayé de le gommer...) fait par mes petites minimes enfantines sur un mur où j'ai écrit, haineuse de la société que j'étais, "Cloclo for ever".

-__-'

J'aime toujours bien en fait. Et Alexandrie Alexandra me rend toute chose et pas uniquement parce que je vais claudetter (NDLR: Danser comme une claudette) avec mes petits points rageurs qui vont aller d'avant en arrière en faisant "AAAhhhhhhh"


SEX SYMBOL: PETER FALK


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 Bon vous savez que j'adore Columbo j'en ai beaucoup beaucoup beaucoup parlé.
Mais il y a aussi un autre truc qui expliquait mon amour de la série c'est que j'ai toujours trouvé Peter Falk très beau. J'ai toujours été vaguement amoureuse de lui et ce depuis très petite!

Alors je voyais pas vraiment où était le problème jusqu'à ce que je voie la tête gênée de ma mère quand je lui ai fait part de mon béguin.
Et ça a longtemps continué, à chaque fois que je disais "moi Peter Falk, je le trouve trop beau" je ne récoltais que regard en biais, silence et tête qui se tourne pour ne pas avoir à gérer cette info.

Marie aka les drôles de goûts.

Allez bisous smack les copains 

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5.10.15

MANGER / FAIM

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Photo géniale de Ryan McGinley


J'ai été étonnée, mais genre vraiment, de la quantité de commentaires et mails que vous m'avez envoyés après le billet où je vous demandais des conseils sur comment ne "plus avoir les cuisses qui se touchent autant parce que ça fait mal".

Déjà, ça m'a fait comprendre que je n'étais clairement pas toute seule et ça c'est cool.
J'ai tout lu, certains commentaires m'ont plus parlé que d'autres, et c'est en lisant vos mots que je sentais que finalement, alors que je pensais le contraire, j'avais déjà une pensée relativement bien construite autour de la nourriture.

D'abord j'aime bien manger, j'aime être sensible aux plaisirs de la bouche (... coquine un peu quand même la phrase). J'ai certains amis qui ne sont pas gourmands, qui mangent sans y prendre particulièrement de plaisir, ce n'est pas mon cas, et je voudrais en aucun cas avoir l'impression que mon amour de la nourriture est une "mauvaise chose", je le considère vraiment comme une chance.
Et mon autre chance, c'est de ne pas du tout être difficile. J'aime presque tout manger, je suis allée en collectivité très petite (colo presque à toutes les vacances) et j'ai toujours eu l'habitude de tout manger avec le même plaisir. J'aime autant les tomates que les frites. La nourriture et moi c'est comme la musique et moi, éclectique.

Je mange relativement équilibré déjà.
J'ai vu un naturopathe, ai réfléchi à la manière que j'avais de m'alimenter, je mange déjà très peu de plats tout faits (jamais je crois en fait) et certes, ce n'est pas parfait, mais c'est déjà pas si mal.

En revanche, là où je vous suis pleinement et qui est sûrement l'un des points que j'aie à travailler, c'est la faim.
Je mange aussi quand je n'ai pas faim. Pas de temps en temps, non tous les jours, donc même si je me doutais bien qu'il y avait un truc à faire autour de ça, tous vos commentaires m'ont quand même vraiment donné envie de mieux réfélchir là-dessus, la faim, arrêter de manger quand je suis rassasiée, pas plus, ne pas manger si je n'ai pas faim, bref...
Ca peut paraître assez évident, mais c'est bizarre parce que je ne trouve pas si simple que ça ce truc de faim.
C'est basique alors je me demande bien comment je peux me retrouver à manger alors même que j'ai pas ou plus faim...

Je vous tiendrais de toutes façons au courant.
Je tenais vraiment à vous remercier très très fort d'avoir pris du temps pour tout me dire, m'expliquer ce qui marche pour vous ça m'a vachement aidé.
Merci!

Bisous smack 


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4.10.15

DIMANCHE 4 OCTOBRE


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3.10.15

SAMEDI 3 OCTOBRE


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2.10.15

AVOIR CONFIANCE ÉTAPE 2

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 Photo de Edo Bertoglio (je crois que la nana de gauche c'est Eva Ionesco)




Après avoir fait une sorte d'état des lieux il est temps de passer à la mise en place.

Je vous disais donc que j'étais une petite chose très angoissée depuis toujours et que je ne pouvais pas accepter cet état de fait sans rien faire, fataliste et puis c'est tout.

Un jour un psy m'a expliqué un truc très intéressant sur les émotions, il me disait que la tristesse était la seule émotion que les militaires devaient proscrire.
Ils ne devaient pas la proscrire parce qu'elle était moins "bonne qu'une autre", non, s'ils devaient le faire c'est parce qu'elle les mettait en danger.
La joie c'est cool, ça rend vivant, actif, entreprenant, optimiste même.
La colère, c'est tout de suite moins agréable, mais ça n'empêche que ça nous maintient dans un état "actif". Une personne en colère n'est pas prostrée.

La tristesse, présente le désavantage de bloquer le processus du mouvement.
Et pour un soldat, l'immobilité c'est très compliqué, ça empêche de chercher à manger, un endroit où dormir et tous ces trucs assez utiles pour nous les humains.
Ce psy disait même qu'il était dangereux de croire qu'il y'avait la moindre chose à trouver dans la tristesse. Bon, là je ne me prononcerai pas, j'en sais rien en fait, mais j'ai trouvé ce point de vue intéressant.

Soyons pragmatique, parlons de moi ;-)
J'ai l'angoisse tenace comme je vous le disais mais surtout l'angoisse qui me fait vite basculer dans une forme de mélancolie qui n'a rien de bon.
Si je laisse l'état s'installer (ce qui est plutôt dans mes habitudes) il devient difficile de faire marche arrière.
En réfléchissant à ce que disait ce psy, j'ai commencé à me dire que trouver des solutions avec mon esprit triste n'était probablement pas le truc le plus malin à faire.

Non, ce qu'il fallait que je fasse, c'était de ne surtout pas laisser l'état s'installer, ne plus avoir de complaisance pour ça même si, dans une certaine mesure je devais m'y sentir à l'aise puisqu'habituée... ( À ce propos, je me suis souvenue d'un post écrit en 2012 qui parlait de ça, ça s'appelait les 4 murs et traitait des hostilités internes qui empêchaient de "se réaliser").

Donc la vraie piste pertinente, c'était l'action. Des actions simples, rien d'exceptionnel finalement, c'est plus un retour à la simplicité.

LE SPORT

Oui, la raison principale qui me fait faire du sport, qui me fait sortir quand il pleut, qui fait me galérer alors que j'ai un niveau relativement médiocre,  c'est que ça me fait du bien, profondément. Et ça fait du bien à mes angoisses.
Je dors un peu mieux (rien de miraculeux non plus, je suis bien insomniaque) mais c'est mieux.
Je respire mieux et quand je me sens angoissée, une course règle en général le problème (pas à chaque fois mais quasiment 9 fois sur 10).
Je ne suis pas forcément responsable de mon rapport au monde, je suis plutôt sensible et je n'y peux pas grand chose, ça a des implications sur moi, c'est vrai. Certaines implications sont plus pénibles que d'autres, c'est vrai aussi.
C'est un état de fait mais ce n'est pas une raison pour accepter les choses et ne pas faire au mieux pour les améliorer.
Je n'ai rien d'autre à faire que me forcer à mettre mon short et mes baskets et faire le premier pas dehors. Certains jours je n'y arrive pas mais c'est quand même rare.
Il faut envisager le sport comme une béquille importante dans le quotidien.
Pour moi en tous cas, c'est central, pas encore suffisamment à mon goût, mais je vais tout faire pour que ça s'améliore.


MANGER 

Je vais faire qu'enfoncer des portes ouvertes vous noterez :-)
Pour mettre toutes les chances de son côté et à tout point de vue, il n'y a pas de mystère il faut manger assez correctement.
Kiffer gustativement parlant, certes, mais aussi aller dans le côté du "mieux manger"(l'un n'empêchant pas l'autre, on est d'accord)!
Je ne vais pas rentrer dans les subtilités du truc que je ne maîtrise pas, mais commencer à augmenter sa consommation de fruits, légumes, flotte sembler être un bon début.
Plus je mange "mal" moins ça va côté moral et je ne suis pas sûre que ça soit un hasard.


MÉDITATION / CONTEMPALTION


Bon ce billet entre directement dans la catégorie "cliché bonjour" et j'en suis désolée mais bon, je vous dis ce qui marche pour moi.
Je médite de fois (mais ne suis clairement pas l'assiduité incarnée) et je dois avouer que ce truc fonctionne quand même bien.
Des fois je trouve ça laborieux voire chiant comme la pluie mais quand je passe cet état "putain c'est relou" j'en ressors toujours mieux que quand j'ai commencé.
Pour gagner en assiduité il faudrait que je fasse ça au lever à mon avis.

La contemplation en revanche, ça s'impose vachement souvent à moi. La meuf chelou que tu vois seule regarder dans le lointain, Chateaubriand style, c'est moi.
Voir de belles choses ça me fait du bien et ça fait du bien à mes angoisses, ça remet les choses en perspective et leur gravité à leur mesure, bien plus basse que je crois.


FAIRE LES CHOSES QUI FONT PLAISIR ET POUR LESQUELLES ON A DES APTITUDES


J'avais été très impressionnée par S'épanouir, livre de psychologie positive écrit par Seligman, que j'ai lu il y a deux ans.

Alors je vous mets en-dessous la vidéo qu'il avait fait pour Ted qui résumera mieux que moi la globalité du propos.

Ce que j'ai trouvé tout particulièrement intéressant, c'est la manière dont Seligman envisage l'amélioration de l'état des patients.
Il a longtemps été un psychologue à la méthode "classique" qui pensait que pour guérir de leurs maux, les patients devaient régler ce qui n'allait pas. Régler la colère, la tristesse, les TOC, les angoisses, la dépression... bref, régler ce qui ne va pas.
Le postulat de la psychologie positive est inversé, plutôt que de se focaliser sur ce qui ne va pas, il va falloir s'interroger et amplifier ce qui va bien en nous. Nos goûts, nos aptitudes, nos talents...
Il s'agit de développer nos points forts (le concept est plus complexe mais vous voyez ce que je veux dire) et d'arrêter de se focaliser sur nos dysfonctionnements.
Et pour les jours "sans" (il y en a pour tout le monde et pour certains plus souvent, c'est comme ça) il faut apprendre à fonctionner malgré eux.

Et c'est un point de vue qui a absolument modifier mon rapport au "bien être".

Il existe un test que je vous conseille vivement de faire ici qui permet de cibler les choses dans lesquelles vous êtes "bons", "doués".

Par exemple, l'un des points forts à moi (le plus d'ailleurs au vu du test), c'est la gestion des équipes et c'est vrai que c'est quelque chose que j'aime faire. J'aime gérer des équipes, trouver des solutions collectives, gérer de problématiques, former, valoriser les compétences ou trouver de outils qui vont permettre d'amplifier le degré d'exigence chez l'autre (plus que chez moi, d'ailleurs...).
Faire ça, me plait et me valorise.
(Il y'a aussi la contemplation de mon côté, l'amour du beau et l'activité créative).

Une fois les points ciblés, appelons les vos "compétences", il suffira de multiplier les actions qui permettront de les utiliser.
Plus vous agirez en conformité avec vos aspirations, goûts et compétences, plus votre degré de bien être augmentera.
Le bien être ( = grosso modo chez Seligman Bonheur même s'il y ajoute des valeurs supplémentaires à celles que l'on imagine au départ) se développe à mesure que nous augmentons les choses qui nous font du bien et nous valorise.

Donc, il s'agit, aussi pour gérer l'angoisse de me focaliser surtout sur ce qui va bien et agir en fonctions de mes goûts / aspirations / compétences et ne plus me focaliser sur mon, au choix, hypocondrie / angoisse de la mort / ...

C'est con, c'est qu'un changement de perspective, mais c'est un changement qui fait basculer la réflexion et les lamentations dans l'action et qui met l'accent sur ce qui va bien chez nous. Et ces choses là, il y en plein.




IGNORER LA PEUR 

 Je suis l'incarnation de la trouillarde, j'en ai parlé 1000 fois ici.
De manière un peu inconsciente, j'ai longtemps eu l'impression que la peur était une boussole peu flamboyante pour l'existence (c'est vrai, c'est vaguement pété d'avoir peur) mais c'était une boussole sûre.
L'écouter rend tout très angoissant mais au moins on est sûr de pas faire d'erreur...
Faux!
Le seul truc dont on est sûr c'est de ne rien faire parce que la peur est la pire des conseillères, c'est une boussole (ouais j'aime bien ma métaphore de ma boussole vous noterez, ça fait 3 fois que je la ressors) cassée.
Il vaut mieux, pour contrer l'angoisse, essayer de minimiser la prise de décision sous le prisme de la peur.
En ce qui me concerne elle est si dévorante qu'elle ne mène qu'à un seul truc, l'inertie.
Donc, la peur même si elle continue à s'exprimer, elle a tendance à être bavarde, devra être mise au second plan (voire 5ème plan), il va falloir ignorer ce qu'elle dit, tous les malheurs auxquels elle pense, toutes les horribles choses dont elle est sûre qu'ils vont nous arriver.
Il faut lui donner tort et à mesure qu'elle aura eu tort, sa parole aura moins de poids, et la peur redeviendra ce qu'elle est, une alarme qui ne doit pas être la seule preneuse de décisions de nos vies.

Voilà, j'ai fini.
Rien de bien spectaculaire dans ce que je vous ai dit, j'espère que ça pourra peut-être vous donner des pistes de réflexion.
Et je le répète, vous n'êtes pas forcément responsable de vos angoisses, craintes, doutes ou peurs, chacun est comme il est avec son degré de sensibilité, en revanche, il est important de ne pas accepter ça avec fatalisme en étant sur que rien ne pourra changer, l'important c'est d'agir. Ca marchera peut-être pas du premier coup, mais là n'est pas la question, ça marchera bien un peu à un moment donné...

Allez bisous smack, bon vendredi et bon week-end!


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