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7.9.12

NON LAISSE MOI JE SUIS TROP GROSSE...ENFIN PAS ASSEZ... OH TU M'ÉNERVES

demarchelier

 (Patrick Demarchelier)

 

Fulgurance estivale.

Une nana parle avec son mec. Elle se plaint de son corps "je suis trop grosse. Il faut vraiment que je fasse attention, c'est plus possible".
Son mec ne sourcille pas, ne tourne pas la tête, il a l'air plutôt habitué. Il l'est autant qu'un bon paquet de mecs sur Terre. Ces mecs qui passent du temps à dire "moi je te trouve trop belle", "t'es parfaite" et autre "Mais oui t'es belle".
 La faille narcissique féminine est abyssale. Rien ne la remplit jamais, rien ne vient à bout de ses inquiétudes.

 Donc je disais, la nana se plaint et emploie ce mot "trop grosse". Je tourne la tête et elle est là, la trop grosse, à côté de moi.
 Petit 38. grosso modo. Elle a 22 ans, sa cuisse est fuselée, sa taille fine, son ventre plat, ses seins sont "normaux"... Normaux... Ah mais c'est sûrement là que se cache sa faille, au creux de sa normalité.

 La fille de la plage est un exemple, j'aurais pu écrire ce texte à la première personne, qu'on ne se méprenne pas.

Je remets mon casque et réfléchis à ce qu'elle vient de dire. Cette fille (comme un certain nombre de filles, comme moi) ne peut pas, objectivement se plaindre d'être trop grosse (trop grosse comment ça se quantifie en plus, c'est quoi le point de comparaison, vu qu'en plus il n'existe pas de "modèle", ça n'a aucun sens. Dire trop grosse c'est se prendre pour un médecin ou un nutritionniste ce que nous ne sommes, pour la plupart, pas. En plus vu qu'il y a des médecins qui disent plein de conneries sur la question, vaut mieux ne pas en tirer de conclusions hâtives sur notre IMC). Elle ne l'est pas, alors à moins d'un trouble important qui la rendrait incapable de se voir bien, cette fille ment.

Elle ment, et ça on le sait pour beaucoup d'entre nous, pour que son mec la rassure, encore cette histoire de faille narcissique. La pauvre, c'est vain, rien ne rassure ça.
Mais elle ment aussi pour une autre raison.

Se dire "trop grosse", c'est ne pas dire le vrai mot, la vraie "faille". Cette fille ne se trouve pas trop grosse elle se trouve pas assez bonne. Belle. Bien foutue.
Peut-être à cause de ses seins "normaux", pas assez Scarlett Johansson, pas assez "whaou".

Je tweet "Ah mais ça y est, j'ai compris, quand on on se plaint d'être trop grosse, c'est pas ça qu'on veut dire, c'est pas assez bonne en fait" (je sais que certains et certaines d'entre vous détestent que j'emploie le terme "bonne", je le sais, mais c'est le plus parlant).
On me répond, et on me dit que oui bien sûr enfin (l'étrange impression d'enfoncer des portes ouvertes).

Se dire "trop grosse" et estimer qu'on "va faire attention" pour changer ça c'est avoir l'impression qu'on peut changer ce corps. Modifier ses volumes ne veut pas dire le changer au fond (quoique maintenant avec la chirurgie esthétique) et certains corps ont du mal à se faire accepter par leur propriétaire. Des femmes souvent (rien de misogyne dans ce que je viens dire plutôt l'affligeant constat que l'enveloppe féminine est quelque chose qui compte plus que de raison). En fait, si le corps n'est pas "parfait", on a l'impression que "faire attention" pourra changer ses imperfections (dans le fond on est pas dupe, mais ne plus le faire est difficile et oui, on le sait bien que le régime ne changera rien à ça) . Le seul qui trouve grâce à nos yeux c'est celui qui est absolument parfait... N'importe quoi (je m'inclus hein, je ne juge pas. Ou plutôt je m'auto-juge, tout le principe de ce blog. Mais je m'auto-juge avec tendresse. L'auto-dérision quoi!)

80 % des filles se trouvant trop grosses ne peuvent décemment pas le penser, c'est absolument impossible, la clé est ailleurs. Se dire trop grosse pour certaines, c'est dire qu'on ne se plaît pas, que notre corps ne nous plaît pas.

Alors j'ai pas de réponse pour enfin "s'accepter", mais ce qui est sûr, c'est que si on employait les bons mots, on éviterait les quiproquos et les regards affligés de certains et certaines face à quelqu'un qui se dit "trop gros" alors que dans le fond, il trouve juste son ventre pas assez plat et ses seins pas assez gros.

La précision lexicale, j'y travaille

Je vous embrasse fort les copains.

28 commentaires

Anonyme a dit…

Bonjour Marie,

as-tu lu / entendu parler du livre "Beauté Fatale" de Mona Chollet ?

Si oui, ça ne m'étonne pas.

Si non, je te conseille sa lecture, il risque de provoquer en toi encore plus de questionnements sur tout ça, notre rapport au corps, et d'où ça sort qu'on est obsédé par l'apparence quand on est une femme dans cette société (même les plus cérébrales/ intellectuelles, même les moins superficielles sont concernées).

La bise, et bonne lecture ;)

Pauline

Ninoou a dit…

ça touche tellement un sujet pas évident. Parfois on le pense "le "je suis trop grosse" en sachant que...parfois on va faire le "je fais attention" et parfois, shallah, on s'accepte...
Moi, (attention egocentrisme inside!) il y a 6 7 ans (quand j'avais 20 ans quoi!), j'étais la meuf bonne (ton emploi de ce mot ne me dérange pas!), bien foutue quoi, sportive, musclée, des fesses, un peu de sein, ce putain de ventre plat... et puis les années passent (les 27!mon dieu comme c'est horrible!), les hormones de la pilule font leur mesquin travaille, ce corps de bonnasse se retrouve enveloppé de peau en plus, on a des bourrelets au ventre, des cuisses plus si fines, mais on gagne en volupté et le cher et tendre ne voit pas de différence (j'étais déjà avec lui à l'époque)... ça ne m'empêche pas de me dire assez souvent, "ouais mais je vais refaire du sport à fond (alors que j'en fais déjà pas mal!), comme ça je serais musclé, on verra mes abdos, mes fesses ne seront plus cellulitées (si seulement!) et mes cuisses fines..." mais bon, je vais boire des bières avec les potos parce que je vis... si on se laissait vivre au lieu de se poser toujours ces questions de merde? (mais je n'y arrives pas non plus...)
j'arrête là, ma précision lexicale à des limites!
je kiffe vraiment ce que tu écris en ce moment...

Ninoou a dit…

sorry pour les fautes, là prochaine fois je me relirais!
et j'aime le premier commentaire, sur le fond rationnel des intellectuels... ça ne s'explique pas, ça doit être plus profond que ça, mais qu'est ce que ça apparaît superficiel.....

Ysabelle a dit…

Moi je suis pas "grosse", encore moins "trop grosse". Mais ma silhouette me pose un problème d'harmonie : seins normaux (!) tendance menus, taille de guêpe abdos inclus, hanches fines...jusque là tout va bien c'est après que ça se gâte, j'ai des cuisses qui "débordent". Je suis sans doute la seule à la voir, cette mini culotte de cheval qui fait que les pantalons baillent à la taille ou restent coincés aux cuisses...et c'est à elle que je pense quand je parle de "faire attention" alors que rien n'y changera rien (si ce n'est un coup de scalpel que je ne suis pas prête de tenter).

J'ai un corps qui en contenterait sans doute plus d'une, mais je ne suis pas "parfaite" et c'est bien là mon drame !
Bon ok c'est un drame relatif, et heureusement avec le temps on prend un peu de recul sur tout ça...mais j'ai encore un pincement au cœur quand je croise mes cuisses dans la glace...

severi27 a dit…

Je partage ce constat lié à l'emploi des mots, c'est terrible je fais aussi souvent la confusion parce que je ne parviens pas à m'enlever ce poids de la tête. Je suis petite, on voit donc vite quand je grossis, et le sujet devient vite obsessionnel.
Objectivement, rien de grave mais pourtant il ne me quitte pas et ne trouve jamais résolution !!!

Marie Fournet a dit…



Pauline: Non on m'a souvent parlé de ce bouquin, mais je l'ai pas lu.
Je vais regarder dans ma bibliothèque. Merci :)

Ninoou: ce qui est drôle, c'est l'arrogance qu'on a à 17 18 ans, quand on voit le corps des adultes! Merci pour ton commentaire. Bise

Ysabelle: Voilà, tu dis les choses avec beaucoup d'honnêteté.
Bise

severi27: Oh mais on est vachement dans ce cas. Le pire pour moi, c'est de ne pas réussi à prendre de la distance. Ca ça craint. Bise

severi27 a dit…

Il y a en effet une explication parfaitement rationnelle et une vraie démonstration dans le livre de Mona Cholet lu récemment mais cela n'empêche pas mon esprit de se focaliser systématiquement sur le sujet, au point que parfois, je me demande quelle blessure ancienne et visiblement profonde y est liée ...

Anonyme a dit…

Mince, c'est fou... pendant quelques secondes je me suis dit "merde, j'ai croisé la chic fille et je l'ai pas reconnu", rapport que je me suis dit ue t'avais du surprendre une de mes conversations avec mon mec.. c'est mot pour moi le genre de truc que je peux dire.. apres plusieurs années d'anorexie et une taille 34 je ne peux honetement me trouver trop grosse c'est la que j'ai du trouver un nouveau défaut pour pouvoir me plaindre comme il se doit: je suis mal proportionnée. voila, en gros ca veut dire mon cul est plus gros que mes seins.. on frole le pathétique hein? je comprends tellement le "bonne" que tu emploies.. je suis mignonne mais pas bonne et ça m'énerve de me dire que je serai jamais la meuf aux longues jambes qui attirent tous les regards. pourtant mon copain me trouve belle et si j'étais sexe je crois que je le suporterai même pas.. le chemin est long. je t'embrasse
neva

Jade a dit…

♥ ♥ ♥

ps : merci Pauline pour le conseil bouquin ! :)

Dididoumdida a dit…

Comme tu as raison! C'est vrai, souvent je me dis "purée, je suis trop grosse" en regardant mes jambes, mes cuisses molles... C'est juste que j'ai un soucis avec la non harmonie de mon corps. Non-harmonie que je trouve souvent charmante ou jolie sur les autres, mais sur moi ça ne passe pas!

Pauline a dit…

De rien !

Et venez nous en reparler ensuite !

:)

Anonyme a dit…

hello hello
on trouve "beauté fatale" en ligne à http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=149
belle journée

Anonyme a dit…

je n ai rien a redire tellement ce que tu as ecrit est totalement juste !
trop grosse/pas assez si ou ca... cela est tellement lie a l image que l on a de soi meme, aux modeles imposes...

Anonyme Amande

ah si ! un truc : merci pour la chanson de VS qu on m a dedicasse y a pas longtemps, je le prends comme un signe ;-))

karima a dit…

Sujet intéressant et qui tient une place omniprésente dans notre société. Beaucoup trop d'ailleurs...

Qu'est ce qui fait que nous ayons ces phases (ou pour certaines ca doit être toute l'année!) où l'on remet toute nos "insatisfactions" sur le compte d'un corps trop "imparfait"?

Les insatisfactions sont des parasites, sinon le bonheur se trouverait sitôt l'objectif du corps de bombasse atteint, non?

C'est d'actualité : http://www.rtl.be/pourelle/article/bonheur-une-question-de-genes-chez-la-femme-140485.htm

J'ai l'impression que ces "plaintes" et "mensonges" que l'on se répète sont liés certainement à différentes choses dont peut être :

- la fréquence, par période, des images reflétant la Femme dite "parfaite" des médias avant la saison estivale ou autre (des fois pubs débiles et autres marques qui vendent du rêve) : là dans notre petite tête ca fait tilt => elle est comme je VEUX être :)Et s'en découle une bataille pour parvenir, en vain bien sûr, à atteindre ce même reflet fictif, illusoire, irréel,... Une mission à la con pour femme quoi!

- les aléas de la vie qui nous font douter de nous même et de ce fait, nous font recentrer sur notre petit nombril. Pire, nous nous retrouvons dans l'idée que, se trouver bonne et emballer tout ce qui bouge nous boostera...

On se ment à soi... oui.

En fait-on autant vis à vis des autres? J'ai l'impression que l'indulgence et l'objectivité sont de mise quand il s'agit d'un corps qui n'est pas le sien.

Notre regard sur nous, sur les autres, ceux des autres sur nous... ca fait beaucoup... au final, il faudrait désarticuler tout ca, fragmenter ces idées pour y extraire les parasites sur pattes, les caprices de nanas, etc.

J'suis sûre qu'à un jeu qui pourrait s'intituler "dessine moi ton corps" :) On s'rait drôlement surprises par les dessins de nos proches ou même d'inconnus! => peut être que le constat serait : mon reflet dans le miroir se fout de ma gueule, en fait, j'suis au top!

Bon, j'arrête, je vais dans tous les sens...

Désolée d'avance... c'est spontané... pas trop réfléchi, si un peu quand même...

Une bonne fin de journée!

Claire L a dit…

Marie
merci pour ce post très éclairant... Je me retrouve dans ce que tu dis même si pour moi les choses ont changé... Mon amoureux et moi avons fait des travaux de malades dans notre maison et en six mois j'ai perdu ce qui s'était accumulé au gré des années et j'ai retrouvé le corps que j'aime et où je me sens bien. C'était il y a 1 an et demi et depuis je reste avec ce corps là. Je ne vais pas mentir je vais du sport et de la course à pied et j'ai banni certains aliments mais la sensation d'être bien dans son corps c'est juste le bonheur. Je me trouve bonne je sens les regards sur moi et c'est flatteur d'autant que ça n'a pas toujours été le cas...
Merci Marie pour tes posts de ces derniers jours et celui-ci en particulier...
Toi je te kiffe !!!

Marie a dit…

C'est exactement ça "pas assez bonne". Moi c'est les hanches, alors qu'elles sont objectivement fines, mais bon, à quoi on passerait notre temps si on ne se prenait pas la tête? :D

De mon côté, j'ai comme tu dis "un trouble important qui la rendrait incapable de se voir bien". C'est marrant que tu parles de ça aujourd'hui, car je publiais justement un billet expliquant comment j'ai perdu 20kgs. Depuis, même si mon poids est stabilisé depuis 1 an, j'ai encore beaucoup de mal à appréhender mon corps: lorsque j'essaie un vêtement en magasin, je prendrais toujours trop grand, 1 taille, très souvent 2 tailles en plus. C'est rageant, je ressors de la cabine, je retourne chercher l'article en plus petit et c'est parti pour l'essayage. Quand je regarde mon jeans avant de l'essayer, je me dis toujours "'tin, je ne vais jamais rentrer dedans... Mais si c'est TA taille bordel!". Je suis contente de mon poids, mais je me vois toujours au travers des yeux d'avant (alors qu'avant bien entendu j'essayais des vêtements trop petits sinon c'est pas drôle).
Du coup lorsque je vois une fille dans la rue dont les proportions me plaisent, je demande à mon copain de comparer (non ce n'est pas un piège pour lui en coller une si elle est plus fine :D), et je suis souvent comme la nana, très souvent plus fine.
Ça me fait penser à cette émission "Belle toute nue" que j'ai regardé quelques fois. Bon le principe ne m'enchante pas, mais ça serait pas mal de se prendre en photos à côté de nana plus ou moins comme nous. Attention, le principe n'étant pas d'avoir des filles qui ont 3 tailles de plus pour se rassurer comme dans l'émission, mais d'avoir des nanas plus fines, d'autres plus rondes, je suis une personne très visuelle, peut être que ça fonctionnerait pour me créer "des points de repère".

aloÿse a dit…

Je l'avais aimé ce tweet. Beaucoup aimé.
Cet été j'ai réalisé une chose (tu vas voir le scoop...un truc de dingue)...le corps de la femme est unique à chacune (wouhou la nouvelle). En même temps, les seules de ces corps que je vois au quotidien sont ceux des magazines et le mien...un fossé entre les deux. Des moment d'autoflagellation degueu parceque je ne suis pas parfaite. Mais réaliser que la majorité des femmes que j'ai vu à moitié nue cette été étaient loin de ressembler à ces images parfaites également, loin de me ressembler aussi, loin de se ressembler entre elles m'a fait du bien.
Je vois de plus en plus ces corps parfaits de bonasse un peu triste...trop peu naturels...trop identique entre eux.
Je ne suis pas bonne. Mais je ne suis plus vraiment certaine de vouloir le devenir. Pas certain que ce soit plus fun que ce que j'ai.
Comme les autres au dessus, je trouve que tes articles en ce moment sont particulièrement savoureux

Avril a dit…

je suis d'accord avec toi, d'autre part je rajouterai que être grosse/trop grosse/ronde/en forme etc... ne veut pas dire être moche selon moi. par exemple sur twitter je dis souvent que je suis 'gros' (je ne dis jamais grosse parce-que je trouve ça moins 1er degrès et peut-etre plus facile a entendre) et la réponse que mes twitt-copines me font le plus souvent c'est 'mais nan, t'es belle'
ce à quoi j'ai envie de répondre 'oui bien sur je suis belle, ce n'est pas ce que je dis, je dis juste que j'ai du surplus de graisse, donc, comme je n'aime pas vraiment les termes 'ronde' 'avoir des formes' etc... je dis que je suis gros. mais les gens ne peuvent pas l'entendre, c'est trop une insulte pour eux, mais non c'est juste un constat en fait, j'ai un surplus de graisse, ce qui fait de moi quelqu'un de gros ou de gras tiens, si on veut être encore plus précis.
bref, je suis d'accord pour dire que certaines filles disent d'elles même qu'elles sont trop grosses pour s'entendre dire qu'elles ne le sont pas et qu'elles sont belles, mais personnellement y'a rien qui m'énerve plus que les gens qui me répondent 'mais nan t'es belle' quand je dis que je suis gros.
bon bref voilà, on s'en fout, en plus ça n'a ni queue ni tête mais c'est ce que j'avais envie de dire!

des bisous!

Aube a dit…

tiens Marie, IMC toussa... je sais plus , je crois que ct sur ARTE que j'avais vu un truc au sujet de l'IMC.

Tu savais que cette mesure est apparue dans les années '50 aux states (si ma mémoire est bonne) et que c'est un truc des compagnies d'assurances... l'IMC étant une marge d'erreur assez petite du rapport poid/taille, c'est fait exprès... si tu n'es pas dans l'IMC "imposé" tu es donc susceptible de payer une assurance plus chère. Cela étant justifié par le risque de maladies cardio vasculaires etc... As they say...

Tu trouves donc pas ça remarquable ? moi, ça m'a fait hurler de rire et j'ai repris deux fois des moules... (erf)

The Cs Touch a dit…

Superbe analyse ... tellement juste

Alex a dit…

apprendre à s'accepter et être réaliste envers son image...le programme d'une vie ... c'est un grand challenge avec des hauts et des bas....une bataille toujours à renouveler, pas de perdant ou gagnant, juste son image et son reflet dans les yeux des autres...ahhhh ces autres qui comptent parfois trop pour se faire "accepter" ..mais en fait ils ne sont que des inconnus, alors ...prendre de la distance et ne pas se prendre la tête, se regarder sans haine et sans orgueil, ...en fait c'est ça le truc, mais c'est dur parfois, souvent.... peace &love les meufs

Anonyme a dit…


Marie, pour une fois je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que tu dis. Je crois qu’on peut sincèrement se trouver grosse dans un 38, et vouloir réellement maigrir et même trouver Scarlett Johanson beaucoup trop grosse à notre goût… En effet je pense qu’on nous a tellement nourries (nous les filles) d’images de minceur extrême depuis que nous sommes petites, que nous désirons réellement atteindre cette minceur extrême. Les hommes fantasment sur Monica Bellucci, Scarlett Johanson… Mais les femmes elles, ne rêvent-elles pas plutôt de ressembler à Kate Moss, Freja Beha, … ? Je pense qu’il y a un réel problème d’échelle de la minceur dans la tête des femmes et qu’elles ne rêvent plus d’un corps avec des formes mais d’un corps lisse qui rentre parfaitement dans un slim et un haut moulant. Elles veulent que plus rien ne dépasse.
Bises
Jeanne

lenna a dit…

hello,
être bonne, c'est être bien foutue mais aussi et surtout drôle, généreuse, intelligente, pleine de bonté, de fantaisie, de distance joyeuse avec soi, aventureuse, tout ça. et je suis d'accord avec la belle formule d'Alex que s'accepter c'est le programme d'une vie (je n'en suis pas là encore, comme tout le monde, ah ces contradictions mais il faut les embrasser). il n'y a pas que le physique dans nos vies. et puis n'oublions pas que les tops sont considérées grosses par leurs agences ou je ne sais qui si elles prennent qq grammes, qu'elles sont souvent toutes jeunes, et photoshoppées... faisons aussi attention à ce qu'on met dans nos têtes que dans nos assiettes ou nos oreilles.
bises
lenna

Marie Fournet a dit…



severi27: Je me le demande aussi pour moi...


Neva: :D non, ce n'était pas toi? Le mal proportionné, c'est souvent que je le pense aussi!

Jade: :)

Dididoumdida: Etrange effectivement...

Anonyme: Merci pour le lien

Amande que je chéris: On t'a dédicacé "amoureuse"! Mazette, ça c'est classe

Karima: ça rejoint une discussion qu'on avait eu ici il ya quelques mois. Serions-nous mieux dans notre peau d'imparfaite sans la presse féminine?
Merci pour ton commentaire vachement intéressant.
Bise

Claire L: Oh comme je te comprends...

Marie: Je vais aller lire ton post merci :) Et oui, c'est clair que la non objectivité sur son propre corps, c'est un peu flippant

Aloÿse: OUi c'est vrai que dire que chaque corps est différent enfonce des portes qu'on pense ouvertes, mais pas tant que ça finalement...
Merci, bisous

Avril : Merci pour ton com. Aucune corrélation entre beau et gros, merci de le repréciser <3

Aube: Sérieux???? Je l'ignorais... C'est fou

The CS Touch: :)

Alex: Et oui, que des inconnus, tu as raison...

Jeanne: Je ne sais pas... Peut-être oui, mais tu ne crois pas qu'il s'agit (pour beaucoup) d'un corps qu'elles imaginent disharmonieux plutôt que gros?
Bise

Lenna: Tu as raison!
Bisous

anna a dit…

pas trop grosse mais trop grasse en fait, des fois je vois comme ça pas assez sportive, pas assez définie. Et un régime n'y fera rien, à part perdre du boule

laïka a dit…

La précision n’aurait pas forcément demandé à changer le mot grosse, mais à compléter sa phrase. On ne se trouve pas « trop grosse » tout court, mais « trop grosse pour ». Au choix :
- bouger aisément
- être en bonne santé
- s’habiller dans les grandes chaînes de pap
- s’identifier aux photos de mode qu’on admire
- prétendre être une bonasse
- être séduite par son reflet
- que certains vêtements tombent bien sur soi
- continuer à croire qu’on maîtrise l’image qu’on renvoie
- être enviable
- être désirable
- se fondre dans n’importe quelle peau
- ne plus penser à son corps, ne plus être ramenée à lui par telle ou telle protubérance
- être regardée avec amour
- ne plus sentir le poids de la comparaison aux autres
- etc.
Il importe de savoir mettre les mots sur nos fantasmes et nos déceptions. Et d’identifier là d’où ils viennent pour voir ce qu’on peut y faire et s’ils méritent l’importance qu’on leur accorde.

La dernière fois que j’ai entendu quelqu’un dire « je suis trop gros », ça sortait de la bouche de mon mec plutôt maigrichon qui se désespérait de l’apparition d’un coussin ventral sur sa personne. J’ai salué la puissance des gènes et l’extrême confort de ce nouvel appendice. Mais lui, je vois bien que ça le chagrine de devoir se reconnaître dans cette nouvelle apparence.

Pour ma part, j’évite de me plaindre. Je crois que ça avait déjà été dit il y a peu, le meilleur moyen pour que ce qui peut nous complexer ne devienne pas le centre d’attention, c’est de ne pas en faire la publicité. Et puis, je dois le dire, je suis du genre à considérer mon mec comme mon premier ennemi sur ce plan, car cet homme délicieux, loin de l’image du mâle réconfortant sa chérie au moindre doute, est le premier à demander si je ne pourrais pas ressembler plus à ci ou à ça, à « faire un effort », à remarquer tel ou tel caractère décevant de mon anatomie. Ce qui force à prendre conscience de la variété de formes de ce corps idéalisé propre à chacun, et du non-sens qu’il y aurait à vouloir atteindre cet idéal. Parce qu’il est globalement inaccessible. De petits arrangements, des petits jeux sont possibles, voire plaisants. Au-delà, je considère que ce n’est plus de mon ressort parce que ce n’est pas vraiment moi que cela concerne.

mimi a dit…

Bonjour,

intéressant ce poste, je me suis sentie comme beaucoup trèèèès concernée!

Mais de mon point de vue s'accepter comme on est ne doit pas forcément être le combat de toute une vie. En tout cas moi je le savais perdu d'avance...

Alors après avoir perdu les 10 kg que j'avais objectivement en trop, m'être mise au sport, et appris à manger sainement (en gros, pas d'interdits mais en quantité limitée) j'ai estimé avoir fait de mon côté tout ce que je pouvais.

Mais voilà, mon corps ne me plaisait toujours pas et je sentais le risque arriver de tout abandonner (sport, bonne alimentation) en m'abandonnant de nouveau aux excès de la nourriture.

Alors j'ai décidé de faire une lipo-succion et de "gommer" définitivement ces cms qui ne m'appartenaient pas. J'ai réfléchi, beaucoup discuté avec mon excellent chirurgien (qui très honnête m'a dit dès ma première visite que la nature avait été sympa avec moi!) et j'ai sauté le pas avec confiance et bonheur.

Cela fait 2 ans aujourd'hui, je ne me sens pas parfaite loin de là mais je me sens moi. Je suis fière de mes défauts, fière de ce corps que j'entretiens, (et soyons honnête que je surveille de très près et qui me préoccupe encore quotidiennement) fière de voir comme mon hygiène de vie a changé en quelques années.


Et le progrès de cet été: me rendre compte que prenais moins de poids en assumant pleinement mes écarts de l'été en oubliant la balance plutôt qu'en me privant de tout et en culpabilisant à chaque pesée quotidienne!

Bises, Emilie.


Anonyme a dit…

Voilà. Après lecture de ce billet, c'est le seul mot qui me vient à l'esprit ; voilà. Dans le sens tu as tout compris, c'est exactement ça, t'as bien résumé l'affaire ...

Pour parler un peu de moi (Mode narcissique ON), j'ai souvent utilisé cette expression "je suis grosse" et malgré les propos de mon entourage rien n'y faisait... j'avais toujours ce sentiment, ce malaise même devant la glace. Mais là ou ça devenait carrément bizarre, c'est que j'admirais certaines de mes copines qui étaient plus "rondouillettes" (mon dieu que ce mot est laid, mais c'est le seul qui est venu spontanément ...), j'aimais leur silhouette, vraiment.

Bon. Pour résumer l'affaire j'ai fait un régime, j'ai perdu presque 5 kilos... et je me trouvais plus mince. Mais pas plus jolie. Et surtout en manque cruel de nutella, chocolat et autres sucreries adorées. (Mode je raconte ma life OFF)

En fait, je percevais mon corps comme un objet qu'il fallait sculpter selon mes envies, et je croyais naïvement que faire un régime me permettrait de "tracer" mes courbes selon mes désirs : un peu plus ici, un peu moins là... Mais non, ça marche pas comme ça. Et je peux perdre autant de poids que je veux (enfin... que je peux surtout!) , ma morphologie ne changera pas...

Aujourd'hui, j'ai 21 vingt ans, je ne me pèse plus, je ne m'interdis pas grand chose niveau bouffe sauf les trop grandes quantités et j'essaie de choisir les vêtements en fonction de mon corps, et pas en fonction de la silhouette que je voudrais avoir et que "miraculeusement" le port de telle ou telle fringue me permettrait d'acquérir...

Le problème selon moi c'est qu'on réfléchit (moi y compris) de la mauvaise façon : plutôt que de se dire "comment je vais me mettre en valeur, m'épanouir avec le corps qui est le mien"... On préfère se dire (parfois inconsciemment, souvent même)" Qu'est ce que je peux faire pour me rapprocher le plus possible du corps idéal tel que je le conçois ?". Et c'est triste parce qu'on passe à côté de nos propres atouts en faisant ça !

Voilà. Vaste sujet que le poids et surtout notre regard sur le corps. N'empêche que ça en dit long sur notre psychologie, je trouve.

Au passage merci pour ces billets pleins de réflexions personnelles vraiment intéressantes... j'ai tendance à me poser plein de questions après lecture de ton blog (genre en temps normal j'suis pas du tout ébouriffée d'la timbale... ) Bref. A la revoyure !

Singé : Marie.