UN JEANS

30.11.10

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C'est vrai, la forme de ce jeans, la ceinture trop remontée, la taille de cette veste, les seins moitié à l'air, ça peut ne pas plaire.
Je trouve cette fille, pas si nouvellement que ça prise en photo par le Sartorialist, très belle.
Et puis il y a le jeans. La tenue complète, tellement 90's, tellement déjà revenue à la mode dernièrement (et conséquemment déjà repartie, ça fait longtemps que je n'arrive plus à suivre.) pourrait énerver. Pourtant, je ne trouve pas.
Le bleu, ça va à tout le monde comme couleur. Essayez, vous allez voir c'est incroyable!
Alors que le vert, le camel (à qui va le Camel? Trouvez son camel est encore plus compliqué que trouver sa forme de jeans) ou même le rouge, c'est une galère sans nom.
Le bleu non, pas d'erreur. Il sait même rattraper une mine d'après nuit blanche. Le bleu, surtout cette variante toute particulière de denim, le stoned (si on parle comme Levi's) usé, rappé, délavé par endroit est une perfection. Genre Klein, on comprend que tu veuilles rentrer chez ta mère, personne ne t'en tiendra rigueur. Miskin.

J'aime le jeans infiniment. C'est de très très loin ma pièce préférée. Pas qu'en pantalon, en chemise, en robe, en short, en barrette, en slip, que sais-je d'autre.
Et en plus de l'aimer infiniment le denim, je ne trouve les gens sublimes, qu'en jeans.

Je me souviens, pour prendre un exemple, de cet article chez Punky b où sa tête, ses cheveux et sa chemise Ba&sh étaient parfaits.

Pourquoi cet amour infini du denim?
Sûrement la faute à ma mère, elle n'a porté que ça et me suggérait lourdement, à 8 ans, de toujours investir dans du jeans de qualité au beau délavage.
Ma mère aime le jeans à un point que si elle avait dû se marier, elle l'aurait fait en jeans. Plus précisément en 501. Et en t-shirt blanc parfaitement coupé, mais là n'est pas le propos. Et ce que je vous raconte est la stricte vérité, pas un mensonge pour mettre de la poésie dans cette histoire.

Ce matin, je vois un post de Walinette sobrement appelé Jean-pull et je la regarde... Et je me dis que, de loin, c'est comme ça que je la trouve la plus jolie.
Rien ne rivalise avec le denim parce que, il a ce truc, un truc qui dit qu'il est bien au-delà de la fashion. Qu'il est acquis. Intégré.

La fashion (ben ouais on dit plus fashion, je sais, mais qu'est ce que je dis alors?), devient invariablement vulgaire. C'est pour ça que seule la simplicité trouve grâce à mes yeux, elle est élégance. Et un peu chiante aussi, je vous l'accorde.

Pas grand chose dans la mode peut se la raconter à la manière du jeans.
Et si finalement je l'aime toujours, sans m'arrêter, c'est parce qu'il a cet immense avantage, celui d'être indémodable. Non pire.

Ce qui est éternel en philosophie c'est :
1) Ce qui ne meurt jamais
2) Ce qui est en dehors du temps. Hors du concept temps.

Le jeans, ce n'est pas vraiment qu'il ne mourra jamais, c'est plutôt que ça fait bien longtemps qu'il est en dehors du concept mode. Vu qu'il embellit tout ce qu'il vêtit, ça n'est que justice.

Je vous embrasse.

PS: Toutes ces envolées lyriques pour un vieux 501 piqué à son mec, oh ben l'autre.
PS2: Je suis plus tout à fait sûre de vouloir vivre ailleurs qu'en ville. En vraie ville j'entends. C'est pas le propos, certes, mais si on peut plus rien dire ici...

LES CHOSES CHANGENT

29.11.10

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(Le dessin est de Manara)

(J'aime d'amour Booba. Voilà, c'est dit, on passe à autre chose!)

Billy est un jeune homme né en 1957 dans une petite ville, grise, fadasse, très ennuyeuse de l'Est de la France.
Il a du talent Billy, il sait peindre.

1975, le bac en poche, il s'en va "conquérir" la Capitale. Exactement comme dans un roman de Balzac sauf qu'en fond sonore, c'est Hendrix et que ses cheveux ne sont pas toujours très propres. Pas la peine de le blâmer Billy, c'était l'époque qui voulait ça.

Il rentre aux Beaux Arts de Paris, autrement appelés École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris.
Il ne sait rien de la grande ville, il va s'installer dans un chouette quartier, l'immobilier n'ayant pas encore flambé, il peut se le permettre. Après avoir fantasmé Paris, Billy ne vit pas de triste retour à la réalité à coup de trajets en RER interminables.

Oui les provinciaux, nous avons cette étrange sensation que Paris, c'est autre chose, un mystère qu'on ne peut pas percer. En tous cas sûrement pas en y allant 2 fois l'an pour s'émerveiller devant la Tour Eiffel ou pour s'imprégner fugacement de l'atmosphère spécifique des quartiers populaires en buvant un café, à 3 Euros, en terrasse.

Billy, lui, ce dont il est sûr, c'est que se balader dans Paris, avec ses cheveux longs ondulés, sa chemise étriquée, son pantalon en velours ras et son carton à dessin, c'est bien plus sensationnel que la vie dans la ville fadasse et ennuyeuse à mourir. Oui, sa vie, tout à coup, ressemble à un roman. Au moins à l'incipit, mais c'est sûr, sa vie, allait faire une belle histoire.

Il a toujours voulu peindre, il le fait bien, il le fait tout le temps. Ses profs l'encouragent, il va survoler ses 5 années de Beaux Arts sans arrogance, mais avec assurance. Il est le meilleur à ce qu'on dit.
Il expose ses œuvres en galerie, plusieurs fois, il est à peine surpris, quant à sa famille, elle s'enorgueillit de raconter aux braves gars de la ville grise à quel point le fils, a su conquérir la Capitale avec rien d'autre que son talent.

1980. Juin. C'est la fin de l'année. C'est la fin de la dernière année.

Billy a fini les Beaux Arts, les vacances scolaires commencent ce soir, il doit rentrer dans la ville fadasse, grise et qui n'en finit pas d'être ennuyeuse. Cette année, le retour est spécial, Billy a fini ses études, et le mois de Juillet qui arrive est sûrement le dernier de l'insouciance. Il commence à se poser des questions bizarres. Des trucs qui lui avaient jamais vraiment traversé l'esprit.

Comment on fait quand on a fait des études pour "être un artiste", dans la vraie vie? La vraie vie des factures, celle des amis qui se marient, celle où les enfants deviennent le centre ultime et absolu de l'existence, celle des parents qui attendent de voir les résultats de toute cette vie parisienne qui a dû rudement l'inspirer?

Billy ne sait pas encore très bien ce qu'il va faire, mais, le corps ne mentant pas, il se retrouve à chialer comme un con dans le train qui le ramène chez lui.
Parce que ces 5 années, même s'il a su bien faire semblant, ça n'a jamais été chez lui, il savait qu'il en repartirait un jour ou l'autre.

Chialer devant les autres ne le gêne pas le moins du monde. Rien à foutre de son orgueil, de ses spasmes (il pleure comme un nouveau-né), du regard des autres voyageurs, de leur gêne, des bustes qui se détournent pour ne plus l'avoir lui, le chialeur, en ligne de mire, parce que c'est sûr, quand ça se tétanise de tristesse, ça gêne tout le monde.
Billy s'en fout, y a que sa peine qu'il sent, ce truc qui se brise dans son cœur, ce truc qui va l'éloigner de l'enfance et de ses illusions de grandeur.

La vraie vie c'est peut-être ça, retourner d'où on vient, chialer comme un con dans un train. Rien n'est plus réel qu'un petit mec qui pleure de retourner dans sa province, parce que Billy le sait, il n'en partira plus jamais. Ni de la ville étriquée, ni du renoncement. Il a choisi.

C'est pour ça qu'il chiale, il va devenir un adulte. Il croyait que ça lui arriverait jamais ce con.

2010. Billy est bourré, ses mains tremblent, ses cheveux se sont raréfiés. Il a toujours l'œil qui brille, il sait plus très bien ce qu'il a fait de son talent et de ses pantalons en velours ras.
Il est juste en train de raconter comment ça a été de faire parti du monde, d'être dedans, vibrant et d'un coup, comme ça, revenir encore pire qu'en arrière. Il raconte comment c'est le renoncement, comment à un moment donné, on a le sentiment de ne plus avoir le choix et d'être écrasé sous le poids de la vie. Pas de sa vie, de la vie, sa vie elle est plus là, ça fait longtemps qu'il ne sait plus ce que ça veut dire que d'être en vie, il ne s'interroge même plus, sinon, invariablement, il retourne 30 ans en arrière, dans ce train, à chialer. Et à force, il a plus envie d'y penser.
Il préfère conclure son histoire avec la classique justification "les choses changent Marie".


29 NOVEMBRE 2010. J'ai un mal fou à grandir alors que je commence déjà à vieillir. Cette résignation que je vois, subis aussi, parfois contre mon gré, m'est insupportable.
Je pourrais pleinement l'assumer, vivre comme je l'entends mais ce poids des responsabilités, cette impression de devoir quelque chose à quelqu'un, de ne pas pouvoir choisir, si librement, sa vie, est paralysant.
Qu'est ce qu'on fait? Et surtout comment on fait?
Oh l'acceptation et le courage ils ont bon dos. C'est des concepts beaux à dire en société, mais quand t'es tout seul, à poil, tu peux plus faire genre, tu vois qui t'es et surtout, tu vois ta trouille, celle qui te dit, "va ma fille, fais comme les autres, ça sera moins dur!".
Et on se retrouve le cul entre deux chaises, ni tout à fait résigné ni tout à fait déraisonné. À force de ne pas savoir choisir, on se retrouve nulle part.

Une dame qui compte beaucoup pour moi m'a dit, à notre dernière entrevue, "Par pitié, ne te calme jamais".
J'aimerais être capable de ne jamais me calmer, mais c'est dur, c'est dur de tracer sa voie, parce que pour le coup, éloigner le mimétisme demande une réinvention permanente, et parfois, même si je ne veux pas me calmer, je suis fatiguée...
Billy me dit de faire attention et que dans le fond, la pire chose qui lui soit arrivée, c'est ça, avoir cédé et s'être calmé.

Je vous embrasse.

BRIGITTE

28.11.10

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(Ça c'est si tu te sens nostalgie, sable dans les cheveux et glaces qui coulent sur tes petits bras... Mais que c'était pas grave pour autant, parce que maman avait toujours des kleenex dans son sac. Sauf que toi, alors que t'es devenu grand, t'oublies tout le temps. Le kleenex est un bon baromètre, le baromètre de "l'adultie".)


( Ça, c'est si tu te sens chaude, mais chaude, porte-jarretelle qui claque, cheveux dans les yeux, et regard de braise... Mais que c'est pas grave pour autant, vu que t'es grande, tu fais ce que tu veux avec tes nylons...)

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Ce week end j'ai:


1) Continué à écouter Kanye comme une dingue.

2) Alterné avec Booba.

3) Acheté des fondants chocolat cœur caramel chez Picard... Un dessert de Sheitan.

5) Écouté les 4 morceaux existants de Brigitte (les nanas des photos).

6) Presque fini les sapes pour le lancement de Coconutwool, notre marque de laine à nous.

7) Apprécié franchement la Bretagne et sa douceur.

8) Porté des talons, compensés mais tout de même. Je me suis prise pour Sharon Stone pour la peine.

9) Été plutôt contente, presque sereine.

10) Presque racheté Original Musk de Kiehl's que j'adore.

11) Pensé à être snob et acheter une bougie Diptyque à l'odeur du bois de Santal. Ça sent bon le santal, pas comme J'adore de Dior en page central du Elle. Je ne suis pas un bon exemple en même temps, j'aime 3 parfums sur Terre, les autres c'est physiquement insupportable...

Bonne fin de week-end, je t'embrasse.

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MONOMANIAQUE

26.11.10

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"Le kitsch, c'est la station de correspondance entre l'être et l'oubli", Milan kundera


Bien les zoulettes?

Bon, je suis un peu en boucle ces derniers temps, mais tout de même.
Je voulais revenir sur un sujet qui est, aussi, un peu en boucle en ce moment:

LA BEAUFISATION DE LA BLOGOSPHÈRE MODE.

Alors libre à chacun de se faire un avis sur la question, pour ma part, j'ai vachement traité la blogosphère mode ( dont je suis membre) mais là, je trouve le traitement, de plus en plus:

1) hasardeux
2) et fastoche.

Comment elle s'appelle cette courbe? Mais si la courbe qui explique les phénomènes et leur succès? Le blog le plus branchouille du monde, une fois le succès arrivé, deviendra un truc un peu plus beauf jour après jour, c'est comme ça, inévitable.
Et ce n'est pas que pour la mode ce truc, mais pour tout... À moins d'avoir un immense talent, genre Jackson ou David Fincher, mais vu l'aspect rarissime de la chose, peu de chance de côtoyer le truc au quotidien dans son Netvibes.

En ce sens, les blogs mode sont effectivement devenus un phénomène qui n'a plus rien de frais.
Le dire, c'est comme tirer sur une ambulance en même temps.
Même Bebert et ses énervées sur le blog Fashion Faut Pas, n'ont plus grand chose à dire...
Parce qu'en un sens il n y a plus rien à dire.
Et c'est peut-être là que les choses vont devenir peut-être (ou pas) plus intéressantes.

Je m'explique.

La blogosphère, et j'en suis convaincue pour chaque bloggueuse, au tout début, n'était pas un phénomène ambitieux. Il ne s'agissait pas d'y arriver, de sortir de son quotidien ennuyeux en réussissant tellement qu'on pouvait, enfin, avoir des bons d'achat chez Asos.
C'est certain. Parce qu'avant de voir les potentialités commerciales de quelque chose, il faut d'abord envisager/fantasmer les possibilités de la chose.
Rien ne pouvait laisser supposer que "bloggeuse mode" serait un métier, avec un avenir, une sécurité et tout ce qui va avec.
Pour se dire que c'était possible, il a fallu, dans un premier temps, se faire draguer par le grand Capital.

Il y a 3 ans, 4 peut-être, qui aurait pu dire, "oh putain un jour, on m'offrira des fringues, j'aurai même pas à les acheter et on me paiera pour me prendre en photo avec dans les rues de Clermont-Ferrand"?
Personne et vous savez pourquoi, parce que ça n'a rien d'une ambition, un cadeau chouette certes, mais une ambition certainement pas.

Je suis un animal extrêmement futile avec un lourd passé de compulsion alors je pense être bien placée pour évaluer ce type d'ambition, je ne suis ni pire ni meilleure qu'une autre.

Donc je disais, le grand Capital, la mode également, se sont intéressés à un micro-phénomène, les bloggueuses, des petites meufs normales, pas plus belles, pas plus malignes, pas plus drôles que la moyenne, juste des petites meufs, et l'ont balancé au médiatique.
Des petites meufs à qui on va demander, par la suite, une fois la fraîcheur passée et l'énervement arrivé, d'avoir une déontologie, une morale, un sérieux dans le travail, des posts sans coquilles ou fautes d'orthographes sous peine de passer pour des cruches décérébrées...

Une bloggueuse n'est pas une rédaction, c'est d'une évidence telle que le rappeler est pratiquement vulgaire. En tous cas, ce non-phénomène ne nécessite pas d'être rappelé toutes les 30 secondes.

Oui c'est vrai, une bloggueuse n'a pas de formation d'écriture, de culture globale et suffisemment vaste pour parler, argumenter et avoir un avis utile sur la question de tel ou tel défilé parce qu'une bloggueuse n'est pas pro.

À force de se faire draguer, elle l'a un peu cru (la vanité, c'est pas comme si c'était une surprise. Rien de ce qui est humain ne nous est étranger, non?), mais non, la bloggueuse n'est qu'une girl next door, et sa force se situe dans ce point là.

Elle a un avis subjectif sur les questions ô combien importantes de la vie, du make up et des balayages californiens.
Subjectif pas parce qu'on la paye (souvent mal) pour le dire, subjectif parce que c'est son avis à elle, vécu à l'intérieur même de sa normalité. Alors le mieux serait peut être de niquer la chose de l'intérieur.
Pour ne pas être considérée comme des piètres vendues sans moralité ou sans professionnalisme, il faut que la girl next door reprenne le pouvoir.

Il y a quelques temps, une boîte est entrée en contact avec moi pour que j'écrive des posts payés.
Travail on ne peut plus fastoche, j'ai pas une thune en ce moment (mais genre pas une thune), et effectivement c'était easy money.
J'ai hésité longtemps...
Et puis finalement, j'ai privilégié cette idée, non pas d'avoir du pouvoir (n'exagérons rien), mais de dire la vérité sur ce que j'aime et comment je le vis de l'intérieur.

Je n'en tire aucune fierté, et me trouve même nunuche vis à vis de ça.

Je ne peux donc pas juger le fait que des bloggueuses le fassent.
Putain, c'est normal, elles postent tous les jours (ce qui est loin d'être mon cas, malgré le fait que je le dise au moins une fois par mois), les lectrices sont exigeantes avec elles et en plus dés qu'il y a un article sponso, tout le monde se sent trahit dans sa chair.

Les râleuses je vous propose un truc, virtuellement, faites vous un planning de blog sur un mois, chaque jour un post (pertinent, joli et travaillé) et en vous mettant des oeillères dés que vous recevez de l'argent pour parler d'un truc... Ben ouais, attends, gagner de l'argent pour un truc qu'on fais plusieurs heures par jour c'est de la prostitu... Ah non, remarque ça a un autre nom, le travail!

Bref, tout ça pour dire quoi, que les blogs ne sont plus à la mode, vite, à de rares exceptions près, ils vont devenir beaufs, c'est comme ça.
Il serait alors temps de revenir à un processus plus naturel, avec une ambition moins mercantile et plus souriante. Un truc next door, revenir aux fondamentaux quoi...



Il ne faut pas chercher en être, il ne faut pas chercher à appartenir à un phénomène qui, quoi qu'il arrive, gagnera.
Vaut mieux être contente de ce que l'on fait, de toutes façons, un jour nous ne serons pratiquement plus lues.

Je vous embrasse.

LA PROBLEMATIQUE DU LISSE

23.11.10

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J'ai des tas de défauts. Cette phrase ("j'ai des tas de défauts") est un processus argumentaire,
un peu naïf je le conçois, visant à se traiter soi-même, pour avoir la liberté de le faire avec les
autres, sans qu'on puisse, réellement, se le voir reprocher. Un processus argumentaire d'auto-
lapidation fort utile pour s'adresser à des gens qui ne vous connaissent pas, puisqu'il (le
processus) vous rend infiniment sympathique...

Alors où je veux en venir avec cette drôle d'entrée en matière? Suspense... On se croirait dans
Vertigo tellement le ventre se noue, hein!

Ce week-end, après avoir lu l'article qui traite les bloggueuses dans Grazia, je vais voir le blog
d'une fille, MayBach Carter Ewing cité dans le dit article.
Je ne connaissais pas ce blog.
Et de ce que je comprends et ai vu depuis, il est probable que j'aie été la seule ignorante.

Bref, immédiatement, j'aime bien ce blog, je trouve que la manière dont les choses y sont
traitées est vraie. La fille qui écrit ce blog est une vraie personne. Elle ne semble pas être la
version aseptisée d'un humain, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.

En la lisant, j'ai compris cet "éloignement" qui avait commencé à se faire petit à petit dans les
blogs. Il arrive qu'on y raconte, finalement, plus grand chose.
Si je prends mon cas, même si je partage des vrais trucs qui me traversent, je suis en contrôle.
Mes lecteurs sont multiples, il y a:

- des copains
- des inconnus bienveillants
- des inconnus plus énervés
- ceux qui s'en foutent
- ceux qui sont tombés là par hasard et se barrent immédiatement
- ceux qui me prêtent des intentions étranges
- des bloggueuses
- des ex
- les meufs des ex
- des ex-amis
- des gens chelou
- des gens qui nous aiment dans la vraie vie
- ceux qui aiment pas lire
- ceux qui ne veulent que du lol
- ceux qui ne veulent surtout pas de lol
- ceux qui voudraient des photos, des photos, des photos...
- et puis des autres...

J'ai un mal fou à me détacher du regard des éventuels lecteurs. La pire des choses qui puisse
arriver quand t'écris c'est l'ultra empathie. L'ultra empathie a cette caractéristique de ne vouloir
froisser personne. Ne vouloir froisser personne à ce désavantage d'aseptiser le propos. C'est
pas en disant rien ou pas grand chose que tu risques d'être bon, hein!
Comment être frontale si on pense à la lectrice qui (en mode slasher, en mode Jalouse) est
tombée là par hasard / vient de se faire larguer et est donc énervée par tout, par rien et donc
pourquoi pas par moi / s'en fout de moi et n'est donc motivée par aucune bienveillance?
Ben cette lectrice, il faut, dans mon esprit tordu, que je lui plaise aussi. En tous cas que je ne
lui déplaise pas.
Et c'est comme ça, qu'on en vient à raconter des trucs sans intérêt de peur de froisser et d'avoir
à se justifier.

Cet été, dans un post, j'ai parlé du fait que, sur une photo, j'étais bonne. Alors, n'étant pas une
habituée/amoureuse/fervente du smiley dans les posts, v'là pas que j'ai pas pu modérer,
subtiliser le propos, et je me suis retrouvée bien mal quand une lectrice, un brin énervée, a
demandé ce que j'entendais par "bonne"? "Bonne à baiser, c'est ça, hein!"? Heu... Merde.

Si vous saviez comment je parle en vrai, dans ma vrai vie, de la vraie manière dont je me tiens
sur un canapé et à quel point je passe ma vie à être salace, j'en fais même un point d'honneur,
le "bonne" serait, vraiment un détail. Et presque un détail de bon goût. Or (la classe de mettre
un petit "or", comme ça de bon matin!), je ne suis pas journaliste, le réel intérêt de ce blog,
c'est le ton non? La meilleure chose à faire, aurait été de ne jamais prendre le parti du
consensuel. En tout cas le but ultime n'est pas de parler comme dans Cosmopolitan.

Ce qui est bizarre, c'est le temps que j'ai mis à me travestir sur la Chic Fille, à ne pas déborder,
à presque devenir une petite chose (tout ça pour pas dire trop de gros mots, alors que j'en ai
des bons. Je connais plein de titres de films de cul trop classes aussi... Certes, sur ce blog ça
n'aurait pas grand intérêt, mais... ). Rien n'est moins complexe que la personnalité de l'auteur
du blog quand il fait comme moi, puisque rien ne doit être ni froissant / ni irritant.

Hormis le propos de son blog, j'ai bien aimé l'auteur MayBach Carter Ewing pour une raison
fondamentale, un blog fille qui écrit pour de vrai et qui s'en tape/contre-tape/tamponne le
coquillard de plaire avec ce qu'elle dit.
Une vraie fille qui pense/dit/ne minaude pas/a un avis, c'est suffisamment rare pour m'avoir
vraiment inspiré.

Je vous roule des pelles en vous pelotant.

Marie aka la salace

12 ANS, CA, C'EST UN BON ÂGE POUR LA VESTE!

19.11.10

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(Je la connaissais par coeur avant cette chanson... C'était sensé être impressionnant, comme une année de sciences po' cette révélation, mais je ne suis pas sûre de l'effet escompté)

Vu que j'étais pas au top of the pop de la bonne humeur et de l'optimisme, je me suis abstenue du post. Et je vous jure que j'ai bien fait.

Alors, qu'est ce que je porte pour véhiculer, à l'image, toute cette "châtoyance"?

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- Un bonnet Coconutwool, de notre création donc.

- Un jeans H&M, 39,99 Euros.

- Un t-shirt Numph acheté à Nancy, Empire des Sens représente... Enfin représentait plutôt, maintenant, on en est plus là. 14 Euros je crois.

- Chemise en jeans H&M, 19,99 Euros.

- Une veste, taille 12 ans, que je vénère depuis 5 ans au moins. J'entends ma mère, à chaque fois que je la porte, "Marie, arrête de mettre des fringues qu'on dirait que t'as pleuré 15 ans pour l'avoir. C'est ridicule".
Achetée aux Emmaüs de Nancy, 5 Euros je crois.

- Un sac Emmaüs aussi, 3 ou 5 Euros max. (+ un foulard autour de l'anse, une quinzaine d'Euros chez Etam)

- Les boots de la Redoute, je ne sais plus le prix... 60? 69? Pas 150 ça c'est sûr et j'ai envie de dire, heureusement, c'est pas comme si c'était du Louboutin!

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Je vous embrasse, à lundi les rock'n'roll pupuces en colère.

KANYE, LA GROSSE TÊTE ET LE RESTE

16.11.10

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(Kanye West par le Sartorialist)


Samedi soir, en allant me coucher, je me décide enfin à regarder de plus près, ce grand clip de près de 35 minutes, du morceau Runaway par Kayne West.



J'aime ce que fait Kayne West, mais j'ai le sentiment de ne pas beaucoup l'aimer lui.
C'est pas la seule personne qui me fasse ça et, visiblement, c'est possible (que je te f'rai dire...).

La faute à ces excès egotiques (et assumés), la façon qu'il a de penser que seul lui, est dans une démarche esthétique, belle plutôt, bref, avec Kanye, à l'entendre, on a le sentiment qu'il a le monopole du bon goût. La manière qu'il a de dire un peu partout, qu'il est une sorte de Dieu de la musique, ça a tendance à le rendre très antipathique. Surtout en France où, la réussite est quelque chose de suspect!

Et, sans savoir encore bien pourquoi, ça me gonfle quand ça se la raconte premier degré.

Entre Kanye (malgré sa musique que j'adore) et moi, ça avait commencé moyen. Ca avait commencé comme dans une comédie romantique. Il ne sait pas que j'existe, quant à moi, ben j'l'aime pas.

Le clip se lance, je ne sais pas encore que c'est lui qui l'a réalisé.
Oui, c'est vrai, l'immense clip de Runaway est un grand déballage qu'on pourrait trouver un peu trop, un peu trop kitsch, coloré, un peu trop dans la toomuchitude (kassdédi Lara Fabian!).

- La jeune fille, sublime, oiseau, porte les plumes comme personne. Et même si ces ailes sont importables pour le commun des mortels (et encore je parle pas des gougouttes moitié à l'air), je trouve ça beau, mais beau. Le choix des couleurs, ces grandes choses qui peuvent voler, je trouve ça sublime. Ces plumes sont signées Martin Izquierdo, à l'origine des plumes sur le dos d'Heidi Klum au défilé Victoria's Secret, ici.


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- Les costards de Kanye, signés Phillip Lim sont sublimes.
J'ai toujours trouvé Kanye West élégant, parfois too much, mais frais face à la mode, curieux.


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- Ce film, alors que ce n'est pas le propos, m'a rappelé très fort, la première fois que j'ai vu Fahrenheit 451, l'adaptation du bouquin par Truffaut. La faute à la lumière orangée, aux meubles, à ces grandes baies vitrées. Dans la vision qu'on avait, dans le cinéma fin 60's début70's, des meubles du futur. Un futur très 70's qui n'a rien à voir avec la sobriété de Minority Report par exemple.

En plus, il y a le feu omniprésent dans tout le clip.
Comme de par hasard. Rhamrham (onomatopée marquant le "comme de par hasard, on est pas dupe!").

J'ai adoré ce grand clip.
Et je regardais cette débauche d'effets, de thune, de gens qu'il avait fallu pour arriver à un film pareil et je me disais que, quand on est producteur et chanteur de hip hop, il faut être vachement couillu pour arriver à faire un clip pareil.
Pire que couillu, je pense qu'il faut être vachement sûr de son talent.

Dans mon éducation judéo-chretienne, j'ai appris qu'il était limite de se la raconter. Qu'il était, en d'autres termes, limite d'être prétentieux.


C'est vrai que c'est pas très beau. Il faudrait, donc, faire ce qu'il faut faire pour "être plus grand que ce que la vie a décidé pour nous" et dans le même temps ne jamais se contenter de soi. Ne jamais s'enthousiasmer de ses efforts, de ses prouesses, de sa progression, de son travail, éventuellement de son talent qui aurait été mis au service du dit travail (à quoi il sert d'autre en même temps?).
Il faudrait travailler dur, vraiment dur, et continuer de pratiquer l'humilité à tout prix, comme si ce qu'on avait fait c'était rien, pas dur, à la portée de n'importe quel branleur...
Je ne le pense pas.
En regardant Kanye West et son grand clip, je comprenais pourquoi ce mec réussissait, pourquoi il allait, d'album en album, de plus en plus loin. Parce qu'il est sûr de son travail, de son talent et de sa marge de progression (David Fincher, dans une interview, tient ce type de discours, il ne se regarde pas le nombril et la réussite en se disant qu'il est génial. Il sait après chaque réussite, qu'il est capable de mieux. Ses réussites sont une motivation pas un contentement, elles lui ouvrent les yeux sur ses compétences).

Timothy Ferriss, dans La semaine de 4 heures, dit, en substance, quelque chose d'intéressant, on a toujours tendance à surestimer les compétences de nos congénères et, dans le même temps, à sous-estimer les nôtres. C'est comme ça.
L'éducation de "flagellation" qui consiste à dire qu'il ne faut pas prendre trop de place, faire trop de vagues, se contenter de soi, s'aimer, être fier de soi, fonctionne parfaitement.
Elle fonctionne à tel point, que nous détestons les gens qui s'aiment, qui se trouvent beau, qui sont fier de leur travail et seuls ceux qui pratiquent, même faussement, l'humilité trouvent grâce à nos yeux... à nos yeux d'aigris. Nous n'aimons pas que l'autre réussisse mieux que nous, qu'il ait plus de succès, de belles journées, de l'argent. Parce que nous, dans une certaine mesure, nous n'y arrivons pas. Et ça, ça ne peut pas être de notre faute, mais celle de l'autre. Alors on invente des trucs comme le piston, l'argent, la chance (n'importe quoi la chance...), pour ne pas voir, que non, ce n'est pas de sa faute à lui, et que oui, toi aussi, tu peux y arriver... Mais pour ça, il faut que tu aies les moyens de tes ambitions. C'est dur, je pense, mais c'est ça ou l'aigreur.

Plutôt de se concentrer sur les moyens, louches forcément, qui ont permis à l'autre de réussir, concentre toi sur autre chose. Sur tes propres moyens louches par exemple (louches pour les autres, pas dans l'absolu, entendons-nous bien!)

Kanye il se la raconte grave, ses chevilles vont peut-être faire exploser ses Air Yeezy, et alors? Si c'est pour faire des musiques comme celles qu'il fait, j'm'en contre-cogne. Ca me va!

Je vous embrasse fort!

PIRE, BIEN PIRE QUE TATIN, PLUTÔT IRRÉVÉRENCE. OU INSOLENCE.

14.11.10

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( En juin 2003, j'ai découvert sur une compil', le morceau Frontin', Jay Z featuring Pharell et ma vie d'écouteuse de Hip Hop n'a plus jamais été la même. Ma préférence va vers leur premier album et notamment le morceau Provider... Comment je raconte trop ma vie, laisse tomber. Bref, tout ça pour dire que l'album Nothing n'est pas ce que j'attendais, celui d'avant non plus remarque, mais que ce morceau, Hypnotize U, je l'adore.)

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Causons tricot, si vous le voulez bien!

Histoire de détendre tout le monde, je tenais à vous dire que je suis certainement, la nana la moins manuelle du monde. Et comme j'ai une patience d'ange en colère, ça ne rattrape rien.
Pourtant il y a un truc avec le tricot.
La pelote, brute, qui devient un vrai vêtement, j'sais pas, je trouve ça presque excitant... Coquine quoi, bisous dans la bouche, string qui vole, ardeur et compagnie.

Comme je vous l'ai déjà dit moult, j'ai commencé le tricot avec des écharpes, à la chaîne, avant de me dire que j'aimerais bien faire mieux.

Les modèles que j'ai tentés, après les avoir décortiqués sur les petits livres Phildar ou Bergère de France, ne m'ont pas aidée à y voir plus clair.
Putain, mais c'est vrai, on y comprend rien, en plus, on a même plus de mère pour y voir plus clair en 2010. Ma mère en tous cas, le tricot, elle sait pas. La cuisine non plus remarque (toute une enfance à avoir eu des fraises Tagada en guise de dessert, ça vous rend taquet de l'équilibre alimentaire.).
Alors, pour le tricot, on se débrouille, et on se goure et c'est moche et on arrête tout.

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Mais c'est là que l'irrévérence prend le pas sur le reste.
Après tout, moi, j'ai rien à perdre, je ne savais pas tricoter il y a quelques années, je ne sais pas coudre, j'ai 2 mains gauches, alors toutes ces faiblesses, je vais en faire des atouts. Ça ne m'arrêtera pas, je vais les contourner.

Le pull que vous voyez sur les photos, c'est moi qui l'ai fait... (break d'orgueil...je lève les yeux au ciel, pendant quelques secondes je suis imbuvable... Ok c'est bon terminé, je reviens sur Terre.) Si je le montre à ma mamie, elle me jettera des caillasses tellement il est approximatif. Tellement il baille. Tellement "c'est quoi cette histoire Marie, non mais tu trouves que tu te respectes avec ce pull?".
Et elle aurait raison.
Mamie n'est pas sensible à ce que font Kate et Laura Mulleavy
Moi si. Je les trouve tellement inspirantes, c'est tellement joli, j'aimerais vraiment pouvoir faire ce genre de choses, alors je fais des trucs approximatifs parce que mes goûts, mon affection pour Rodarte, me l'a permis.

"Je suis pas approximative mamie, je suis fan et, comme avec Mylène Farmer, ça mérite toute ton indulgence..."

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(Les couleurs du dit pull, ont un petit air du Roseanna qu'on a beaucoup vu ces derniers temps... Là, c'est fortuit, c'est tout ce qui me restait comme pelotes...)

Donc, à toutes les demoiselles et messieurs, qui veulent se mettre au tricot, j'avais juste envie de vous dire ce soir:

"T'es pas manuel, et alors? Dis-toi que tu seras moins restreint par les conventions techniques... Et puis après, quand t'auras kiffé, t'apprendras des techniques et tu pourras, encore mieux, faire du n'importe quoi avec tes sapes. Avec tes sapes que t'auras créées... Et ça, c'est pas rien! Et, surtout n'hésite pas, après, à bien te la raconter..."

Je vous embrasse.
À demain, on parlera grosse tête, Kanye West et réussite.

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UGG POWER

13.11.10

SIENNA MILLER - MR


La UGG revient à la mode.
(Je sais bien que dire "revenir à la mode" est tout sauf mode, mais c'est bien beau de nous dire ce qu'on ne peut plus dire pour en "être" mais encore faudrait-il ajouter ce qu'il nous est maintenant possible de dire.
Devant ces gens qui se gardent bien de nous offrir des solutions lexicales, je conserve le vocabulaire le plus obsolète qui soit
).

En ce qui me concerne, vous imaginez bien qu'elle n'est jamais vraiment partie, parce qu'en toute honnêteté, je ne peux pas m'en passer.
Dans mon quotidien , c'est impossible.
Je vais acheter, incessamment sous peu les hautes en noir. Je ne peux donc pas m'en passer, mais je vais vers le plus sobre maintenant...


Je trouve que la UGG est un cas très intéressant en "mode". En "sape" si vous préférez...
Il y a certaines choses comme le slim, le perfecto qui, après une entrée en matière fracassante, sont devenus des basiques.

(Grand Dieu je parle comme le magazine BE)

Vous voyez ce que je veux dire, des choses (surtout le slim) qui paraissaient improbables a priori, mais qui se sont petit à petit imposées (oui , je sais, c'est beau comme du Cohen quand je parle de mode!).

Mais la mode, ou plutôt les modasses, ont un avis très tranché, et radical sur la question de la UGG.
Des tas de nanas, dites expertes en mode, aimant la mode, fricotant avec elles pour flirter avec les sommets, ne comprennent pas l'intérêt que l'on peut porter à la UGG.
L'argument, remarque, est imparable: "c'est moche!".
Certaines, dont moi, répondent que "ouais peut-être mais c'est confortable!".
Et comme si l'esthétisme devait forcément l'emporter sur le confort, l'autre répond "ouais mais c'est pas une raison... d'autres choses sont confortables, et moins moches!".

Je me suis toujours demandée en quoi le port de la UGG par certaines étaient une motivation de lutte pour celles, qui ont, visiblement, le monopole du bon goût. N'y aurait-il pas d'autre combat à mener?
Moi, par exemple, je trouve que les bottes domina, cloutées et sanglées sont d'un goût douteux. Ou le retour du sabot, j'étais dubitative, et pour le coup, on ne pouvait pas prendre l'argument du confort... Il suffit de regarder une minette marcher avec des sabots pour douter de l'utilité réelle de ceux-ci. Mais si certaines aiment et sont à l'aise avec, alors c'est cool, je suis contente... Ca ne me regarde pas vraiment les goûts de l'autre quoi!

Mais la UGG depuis son lancement, déchaîne les passions.
C'est même, pour des tas de nanas, la pire des hérésies, comment peut-on dire qu'on aime la mode et porter des UGG?


- Après l'énorme teasing qu'il y avait eu il y a quelques années (avec une Pamela Anderson en tête de file...), la UGG a envahit peu à peu mon esprit.
Je n'avais jamais essayé la UGG, donc n'était pas tentée par cette histoire de confort, mais c'est bien l'ésthétisme de la chose qui m'a plu.
Je ne suis pas sensible au goût vestimentaire de la miss Anderson, donc l'idée de la voir porter des UGG n'était pas une tentation. Je ne voulais pas lui ressembler.
C'est bien cette étrange botte qui m'a plu.
Je les ai commandées sur la Redoute, les sable, le plus vite que j'ai pu, à une époque où Mademoiselle Agnès était égérie du catalogue.
La Redoute a été submergé de demandes.
Je ne les ai jamais eues. Sold Out.
A l'époque, j'étais au Québec et j'ai pu, après moult recherches, les acheter dans la seule boutique de Montréal qui vendait des UGG.
Les gens avec moi, ont regardé mes étranges bottes en se demandant bien ce qui me passait par la tête...
Dés que j'ai essayé ces bottes, j'ai compris que leur intérêt n'était pas qu'esthétique (en ce qui me concerne), c'est au-delà de tout en ce qui concerne le confort.

- La question du confort. Elle est centrale avec la UGG.
J'adore la mode, j'aimerais modifier souvent, l'allure générale que j'ai, pour aller vers des chemins plus élaborés, plus tranchés, moins casual.
Mais la question du confort me rattrape systématiquement.
En tant qu'être humain (et je ne parle pas de femme), je ne comprends pas que la mode puisse être acceptée si elle est contraignante.
Les choses les plus gracieuses, sont rarement, confortables, mais je ne me vois pas choisir la grâce au détriment du confort. De l'ultra confort même.
Une de mes amies a eu 30 ans en Février, le cadeau choisi était une paire de Louboutin, et comme nous faisons la même pointure, j'ai été chargée d'essayer les pompes...
12 cms. Mes jambes grandes et embellies. Mais soyons honnêtes,je n'étais pas tentée, ça ne m'intéresse pas la précarité de la démarche. Je ne suis pas encore sensible à l'idée d'apprendre à marcher avec des 12 cms parce que ce n'est pas classé dans mes priorités. En plus je risque de me péter la gueule, c'est sûr!

Alors je ne justifie plus mon port de la UGG uniquement avec l'argument du confort. J'aime la UGG, je trouve que cette pompe va bien avec l'idée que je me fais de la mode, avec cette idée que je n'ai pas envie d'être esclave d'un truc qui rend les mouvements inconfortables.

Comme en architecture, le premier critère de mes sapes, maintenant, c'est l'apathie. Plus question de se galérer.
Je ne suis ni mannequin, ni rédactrice de mode, ni styliste, alors, pourquoi me forcer?

Je vous embrasse fort.

LA FILLE A GROS NEZ

8.11.10

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(Ben quoi? En 90, on écoutait Téléphone... Attends, le moment où Aubert dit, avec le break musical, "Car ça, ça... Oui ça..." et que ça monte et qu'on hurle "ça se sent, ça se sent, ça se sent que c'est toi...", dans les boums à Valcourt laisse tomber comme c'était bien et qu'on transpirait!)

En 1993, pas peu fière d'être en 4ème D et de devenir, à coup d'apprentissage des différences d'utilisation de "Ser" et "Estar", une héroïne d'Almodovar, j'ai un tout petit peu de mal à appréhender les changements qui s'opèrent en moi.
Et même des changements que je n'avais pas vus toute seule, non non, y a des changements qu'on me montrait, en foutant, par la même occasion, de bons gros coups de boule à mon égo d'adolescente complexée.

Je suis à un match de basket (j'y passais ma vie) et un vague pote de mon collège me regarde le visage et dit "Oh elle exagère un peu quand même Anne-Lise!". (NDLR: Anne-Lise était ma copine du collège. Et comme toutes les amitiés du collège, c'était pour de faux qu'on s'aimait bien, le collège, c'est cruel. Alors on se traite, on se trouve tous moches et cons et on le dit aux autres, pour traiter!)

" Exagère pourquoi Tony?" (Ouais il s'appelait Tony...)
" Ben elle disait que t'avais un gros nez, mais moi je trouve pas..."

Oh merde, j'avais jamais pensé à mon nez.
Adolescent, les oreilles et le nez, ça pousse un peu comme ça veut, mais avant que ma copine me traite j'avais jamais vu.

Je rentre, file dans la salle de bain et regarde ce connard qui, soudain, est devenu un vrai problème dans mon visage.
"Ouais, elle a pas tort remarque! Il est pas proportionné au reste. Déjà que j'ai des gros cheveux. Ah ben merde alors, je suis pas épargnée... Il faut que je me fasse opérer (à 13 ans, comme c'est judicieux!)".

Jusqu'à l'âge de 18 ans, j'ai été persuadée que mon nez était gros, et moche, et c'est pas possible, le cap, la péninsule, c'est lamentable...

Et pour être tout à fait honnête, 10 ans plus tard, je trouve qu'il n'est pas immense, mais, il n'est ni petit ni aquilin. J'aime bien les petits nez sur les filles, ça fait des bouilles à traits fins.

Je ne veux, depuis longtemps, plus me faire opérer du nez (d'ailleurs, me faire opérer de rien, ça me parait le mieux!).
Il y a des tas de filles au nez plus gros que le visage vraiment très jolies. Ca donne quelque chose à la figure (je vous épargne le "ça donne du caractère!). Déjà ça donne un truc assumé, même si c'est un chouïa disgracieux, c'est un type de physique que je trouve fort.

Et puis pour être tout à fait honnête, je n'ai pas le choix, sans mon nez je n'aurais pas ma tête, et même si elle ne plaît pas toujours, c'est sympa d'apprendre à cohabiter avec.

Pour sûr, les cheveux, la silhouette, le nez, les pieds, les mains et le reste, sont sûrement les choses qui étaient le mieux pour moi. Si ça c'est fait comme ça, c'est qu'il y a une raison.

Alors le week-end, bien?

J'vous kiss et j'vous smack, c'est de circonstance en ce quart d'heure américain.

ROMY

5.11.10

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Si je l'aime et que je la trouve sublime Romy c'est pas de la faute à Sissi, c'est de la faute à Claude Sautet...

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Alain Delon, en toute objectivité, c'est pas humain comme il est beau...

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Je vous embrasse fort!
Passez un bon week-end.

PS: Merci pour tout.

CONFIANCE/COURAGE/MAL AU CUL

4.11.10

Rocky



Il y a quelques temps, je ne sais même plus dans quel post, une lectrice a écrit en commentaire:

"Cela fait des années que je lis ce blog. Question. Cet idéal d'ascèse pourquoi tu n'y arriverais pas, toi? Tu ne crois pas qu'il serait temps?"

Elle aurait pu écrire cet idéal tout court que ça aurait été pareil. Il ne s'agit pas que de l'ascèse vestimentaire, mais de rigueur en entier.

La question que je me pose le plus (hormis la problématique de la bonne manche du pull), à travers ce blog (mais aussi dans mes insomnies ou dans mes tergiversions "j'ai mal au cul"), c'est l'idée du temps qui passe (et de ce que j'en fais), du choix, de la radicalisation, de l'affirmation, de la mise en place, de la mise à l'écart de l'orgueil, et de la mise en marche de la machine et... Et encore une fois de l'orgueil. C'est central. Et difficilement abandonnable. Etonnamment. Ou pas. Enfin bref.

J'ai l'impression d'avoir déjà écrit ce post mille fois, mais comme en psychanalyse avec cette notion de retour, je ne peux pas m'empêcher d'y revenir. Et c'est sûrement parce que tout n'a pas été dit (bien sûr que ce blog est cathartique).

Le postulat est que : je n'ai pas confiance en moi et en mes possibilités.Alors je gaspille mon temps et ne suis que très rarement dans la construction d'une vie remplie.

Certes, je ne suis pas un cas isolé, mais pourquoi, alors même qu'Amel Bent crâne comme c'est pas permis qu'"elle se sent bien", je n'arrive pas à arrêter d'avoir mal au cul.

(NDLR: Je reprécise qu'avoir mal au cul est cette tendance à voir uniquement ce qui ne va pas, s'en plaindre, chialer comme une madeleine devant son manque d'audace, de courage et le reste. Et, surtout, être paralysée. Vu que la vie est une chienne, que c'est naze, que je finirai seule, frustrée, aigrie. Et drôlement optimiste, vous en conviendrez.)

- Pendant longtemps, j'ai cru que c'était la flemmardise, qui faisait que rien de ce que j'avais décidé, n'allait comme je le voulais. Ah ben ouais, attends, l'orgueil a cette particularité de te faire croire que tu es différente, que les choses arriveront de toutes façons. Sans rien faire, comme ça par magie (dois-je rappeler la définition de "spéciale"?)
Donc, une fois que je me serai mise à vraiment décider que, ça se fera...
Ou pas.

- La discipline: Ca c'est la faute à Madonna.
Elle raconte à qui veut l'entendre, sûrement la faute à la toute-puissance, que seule la discipline compte. Il n y a qu'elle qui te fait être ce que tu veux.
Mmmh, intéressant. Ce que tu veux être? C'est à dire que ça se décide?
Possible, mais si ça se décide, ça se construit, et si ça se construit, ça se réfléchit en amont, non?

Calvin Coolidge, un président américain, le Wikipédia dit que c'est le trentième, a écrit:
" Rien au monde ne peut remplacer la persistance. Ni le talent: rien n'est plus commun que les personnes talentueuses sans succès. Ni le génie: le génie non reconnu est presque un proverbe. Ni l'éducation: le monde est rempli d'épaves éduquées. Seules la persistance et la détermination sont omnipotentes."

(ouais je lis tout ce que je peux trouver sur la question...)

La puissance absolue de soi sur soi, ça serait la persistance et la détermination?

Ah ouais.
Attends, attends Calvin, t'es en train de me dire, comme ça, de bon matin, qu'il faut que je persévère et que j'ai le coeur rempli de détermination. C'est tout? Et prends le comme tu veux ce "c'est tout".
Mais... Heu... Ca s'apprend cette histoire? Avec des cours, des livres, je peux me la jouer auto-didacte sur la question ou quoi?
Non parce que sur ce coup-là c'est pas l'expérience d'autrui qui va m'aider.
Je veux bien moi, t'as peut-être raison, mais il faudrait pas commencer avec la confiance? Faire les choses dans l'ordre quoi!

C'est ce que j'ai pourtant tenté de faire.

1) ÉTAPE 1: Avoir confiance.

Et comme le suggère finement Amel Bent devenir enfin celle qui clamera "je ne suis plus celle qui pour un rien, perdait toute confiance en elle, oui, tout ça c'est loin".
Parce que la confiance en one shot, ça marche toujours.
Il suffit de mettre "Gonna Fly Now" (tu sais comme j'aime Rocky) et je te jure, pendant au moins 4 heures, je suis quelqu'un!
Mais si tu parles de persistance, c'est qu'il faut que ça dure plus que 4 heures pour que ça marche vraiment, non?
Merde, il faut trouver quelque chose qui fasse tenir plus longtemps que 5 épisodes de Buffy contre les vampires d'affilé.


2) ÉTAPE 2: Dans les livres.

Débordée par tout un tas de sentiments paralysants, j'ai pris le taureau par les cornes. "Changez de vie en 7 jours", "Le chemin le moins fréquenté", "La semaine de 4 heures", "La prophétie des Andes"... "Deviens quelqu'un le ciel te checkera", "Dieu est ton poto ouvre lui ton cœur". Bref, j'ai beaucoup lu sur la question.
Oh j'étais motivée, j'ai fait les exercices, j'ai cru en moi, je me suis forcée en tous cas... Jusqu'à ce qu'un jour, la mine chiffonnée, je n'ai plus levé le poing pour checker le ciel.

3) ÉTAPE 3: L'incompréhension la plus totale.

Y en a qui arrivent. Ils se posent même pas de question, ils font tout simplement.
Si ça trouve, dans le fond, tout le monde en est au même point, celui d'avoir peur, seule la gestion et l'optimisation de cette peur diffère.
Privilégier l'action, mettre de côté les doutes et les appréhensions, parce que ce n'est quand même pas eux qui vont décider.
Mais moi, je comprends toujours pas comment faut faire!

En guise de PS, je vous mets une partie du texte que j'ai commencé à écrire (encore une chose entamée...) il y a quelques années, qui parle d'enfance, et dans lequel, il y a déjà ces interrogations...
En boucle le thème, c'est bien ce que je disais.

Je vous embrasse très fort.

Comme ça se voit sur ma figure que je suis pas une grande optimiste, y'en a qui disent que je suis pas gaie comme enfant. Des profs, des copains de maman, ma tata qu'est chauve, ma cousine qui sourit toujours niaisement, même maman des fois, elle est désespérée de ma bouille de dépressive... Et si j'étais honnête, je dirais que c'est pas vraiment faux. Mais il y a une explication... C'est simplement parce que j'ai pas de raison de rigoler à tout bout de champ que je boude et sûrement pas pour faire mon intéressante comme toutes ces ados. A part Lula. Lula c'est ma copine de classe. Elle se fend la poire  toute la journée même quand il pleut. La vie, elle est belle pour Lula. Enfin je crois, parce qu'en fait je sais pas trop. Elle me le dit pas vraiment, mais comme elle montre tout le temps ses dents comme si sa vie en dépendait, je me dis que c'est sûrement plus cool  dans sa vie que dans la mienne.
Quand je lui demande:

 "Pourquoi tu souris là Lula? T'as des vraies raisons d'être contente ou quoi? Parce que si tu tiens une info secrète sur la vie qui me donnerait envie d'être heureuse et de sourire comme ça, je suis super preneuse. T'as qu'à pas faire pas ta grosse radine du bonheur Lula! C'est chiant à la fin, j'aimerai bien me marrer moi aussi!! Ca me détendrait la bouche et le coeur".

Elle dit presque rien quand je lui dis ça Lula, elle fait que rerire de plus belle.
Genre elle est pliée en 14 et moi je comprends toujours rien. Lula elle est petite comme moi. Quand on s'est rencontré le jour de la rentrée, elle portait une salopette short bleue avec des notes de musiques de toutes les tailles dessus. Avec ses cheveux tout droits et son cartable violet, j'aurais très bien pu ne pas lui parler... Déjà y avait la salopette et ça, mine de rien, ça n'a pas joué en sa faveur dans notre amitié pas encore naissante... Mais elle avait le visage doux, avec des toutes petites fossettes qui plissaient quand elle souriait... Ah ben oui, elle souriait déjà, un jour de rentrée, en sixième, juste après le CM2, ça prouve bien que Lula elle est vachement forte et pis surtout, qu'elle n'a pas peur. C'est ça qui m'a fait l'aimer... Lula elle est la "light side of me". 

PS bis: Faisons la nique à cette conasse de peur. Qu'on en parle plus, qu'elle ne soit plus jamais la chef de quelque chose!

PS ter: La vie de Lula n'est pas mieux... Ça n'est que la perception qu'elle en a qui est différente.

TARTE TATIN

3.11.10

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Vous saviez que la tarte tatin était une erreur culinaire? Une tarte aux pommes qui aurait trop cuit et qu'on aurait réparée.

Le pull que je porte ne devait pas ressembler à ça au départ.
Une des deux manches devait être plus longue que l'autre mais c'est tout. Bon, j'ai ajouté deux ou trois mailles tombées pour le côté grunge imposteur (technique pompée sans vergogne sur le site de WATG).

Au moment de monter le pull ("monter", c'est coudre les morceaux ensemble, une des parties les plus relou du tricot à mon sens), Angel me dit, "monte le vite fait, pour au moins voir ce que ça donne (comme j'avais inventé les dimensions), comme ça, s'il y a une partie à refaire, tu te seras pas trop pris la tête à coudre."

Je m'arme d'un gros fil en laine bordeaux et fais ça à la va comme j'te pousse. 15 minutes et c'était réglé cette histoire.
Je l'enfile, pour vérifier.

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Quelque chose cloche, une des deux manches n'est pas du tout à la bonne dimension. Bizarrement, alors que j'ai tricoté sans faire d'erreur, une manche fait le double de l'autre. C'est pas que ça m'embête, mais ce n'est pas ce qui était prévu.
10 minutes.
Il a fallu 10 minutes pour que je me rende compte que j'ai monté le dos à la place de la manche prévue.
La maille est tellement distendue et les proportions de base tellement grandes, que le "devant" et la manche qui se retrouve, pour le coup, à la place du dos, ne rende pas ce pull importable.

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La manche droite est immense. Et j'adore.
Ma mère regarde le résultat et me dit "c'est marrant, en 1985 j'avais un pull comme ça (NDLR: En 85 les deux manches étaient immenses mais symétriques. L'époque était rigoureusement Grace Jones, pas branleusement Alexander Wang). Il est beau" (NDLR: Une mère ça n'est pas objectif, c'est même ce qui la caractérise).

À bien regarder les proportions bizarres du pull en acrylique, je trouve qu'il est mieux comme ça que ce qu'il aurait été s'il s'était retrouvé cousu normalement.
Je garde l'erreur, elle est peut-être là par hasard, mais j'aime bien mettre du sens dans tout ce qui n'en a pas. Dans tout en fait. Je fabrique du sens, je trouve ça poétique. En tous cas plus poétique.

Pull: Tarte tatin (gratos ou n'a pas de prix, c'est une question de point de vue)

Jeans: H&M, vieux. (39 Euros)

Debardeur: H&M. il a été mélangé et tournicoté avec le soutien-gorge noir. C'était moins indécent. (6,99 Euros)

Pompes: UGG parce que je suis un ersatz de poufiasse californienne. (129 Euros)

Lunettes: Clubmasters, comme Malcom X. (Cadeau... Pour mon anniversaire)

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J'ai enfin déménagé, ce qui explique la mort des bonnes résolutions que j'avais prises, mais c'est bon, je suis installée. Plus d'excuse. J'espère que vous allez bien.

Je vous roule des patins.

Bonne journée.
 

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