LA TENTATION DE LA PÉTASSE...Au lendemain de la journée de la femme (
grotesque mais ça n'engage que moi!), je me suis dit qu'il était temps de vraiment parler de l'étonnante alternative proposée aux femmes (
souvent proposée par elles-mêmes d'ailleurs!), qui est pour le moins étonnante au même titre qu'elle peut être parfois touchante! La fragilité et le manque d'assurance sûrement.
L'alternative "pétassière". 30 ans (
donc ni 15, ni 20 encore moins 10 ans), n'est pas un âge de "vieillerie", soyons sérieux, mais ce n'est pas un âge d'ultra-insouciance ou de néo-jeunisme non plus, restons sérieux.
30 ans c'est 30 ans (
efficace comme formule, hein?), ni plus ni moins.
J'ai le sentiment que pour être vécus pleinement, les âges, quels qu'ils soient, nécessitent du renoncement en plus de l'acceptation.
Quand t'es petite, ado, jeune adulte, adulescente (
état dans lequel je tends à me maintenir), tu expérimentes la féminité. Tu tâtonnes, tu essaies, tu rates, tu échoues, tu remontes en scelle, tu te cherches, tu te trouves pas encore (
sinon quel ennui pour les dizaines d'années restantes) mais tu t'affirmes un chouïa plus chaque jour.
C'est pas si évident que ça de trouver l'état féminin dans lequel on se sent bien, c'est même super relou. Même si on a pas envie de se diriger vers un système de pensées arrêté et évident (
i.e les filles ça a des formes, c'est doux, tendre, ça a les cheveux longs et c'est féminin... La femme féminine, je suis au fond du gouffre là!), quelque chose nous y ramène forcément. Ce quelque chose, en ce qui me concerne, ça a été, par exemple, l'appréhension du corps.
L'androgynie recule l'appréhension de son propre corps comme un élément typiquement féminin.
Les petits seins, l'absence de taille, le peu de hanches ne sont pas, en tant que tels, des éléments pénibles à vivre au quotidien, mais dans la connaissance et la construction de sa propre féminité, ils nécessitent un paquet de réglages.
On peut dire ce que l'on veut, dans l'imagerie collective, une femme ça ressemble à une femme, et une femme, on pense naturellement que ça a de formes par exemple.
La photo ci-dessus de Pamela Anderson, est un exemple d'ultra-féminité toute fabriquée, mais ça reste le modèle dominant.
Le contre-exemple de femmes comme Jane Birkin existe mais dans la construction de ma propre féminité, je ne pensais pas à cela. Petite, je ne me disais pas qu'une femme ressemblerait à ce à quoi je ressemble aujourd'hui. Je ne me plains pas, j'explique, hein! Et ce même si je trouve cela joli, le problème n'est pas lié à l'esthétique.
Et donc, (
enfin) j'arrive au propos du jour, la pétasse... Sans jugement de valeur, on est toute la pétasse d'une autre et on a toutes, à un moment ou à un autre, expérimenté volontairement, cette étrange expérience qu'est la pétasserie.
La pétasse, dans le cadre type de la séduction, est attractive. De ce que j'ai vu, aussi gracieux et raffinés qu'ils puissent être, les garçons ont une légère prédilection sexuelle pour la pétasse. Pas pour la vie, ni pour la rigolade, ni pour le mariage, juste là, comme ça, dans un échange spontané et bref.
Il existe des pétasses intelligentes, il n'y a pas de lien de cause à effet, mais la pétasse est nécessairement une femme (
quoique!) qui va se diriger volontairement vers des attributs dits féminins de la manière la plus grossière et évidente possible.
La jupe sera courte, très.
Les cheveux seront choucroutras (
de choucroute, parfaitement) ou en mode Sue-Ellen de Dallas.
Les talons seront hauts.
La bouche sera pulpeuse et mise en avant grâce à cet outil, que nous les filles on peut utiliser à loisir, la moue boudeuse.
Après il y a pire, le string apparent, le décolleté ultra-pigeonnant...
Bref, vous voyez ce que je veux dire????
Après la pétasserie peut être liée à un type de comportements plus qu'à une apparence physique. Ça gossip, ça piaille, ça pouffe, tout ça tout ça...
Donc on a résumé le bordel de manière un peu simpliste, soyons honnêtes.
Alors pourquoi l'alternative de la pétasse est si attractive?
Parce que même à moi il m'arrive d'être tentée par la démarche tout évidente de la pétasserie.
Je ne dis pas "même moi" pour dire que je me sens au-dessus du lot, mais simplement parce que c'est tellement loin de l'éducation féministe, 501-wayfarer-Stan smith de ma mère que même moi, ça me surprend.
Parce que c'est plus simple tout simplement.
À moins de 20 ans, t'as le droit d'être une pétasse, t'essaies, c'est tes parents qui te canalisent.
À 20 ans, c'est rigolo d'être légère de la sape et de la séduction, tu t'en tamponnes, t'as le corps, la fraîcheur qui te permettent de faire passer un paquet de choses"fémininement borderlines" sans une once de vulgarité...
Mais après, c'est clairement plus risqué. Un rien fait vite "mouais...".
Alors 30 ans ça va encore, mais 40, 50, c'est plus difficile. Ca fait vite "sur le retour".
Être pétasse à ses heures, c'est dire que l'on veut et que l'on peut encore plaire. Qu'on est pas encore prête à se faire ranger, calmer, et "des-hormoniser" de sitôt. On a encore des regards qui glissent sur notre corps et sur notre arrogante féminité à prendre et à caler au chaud dans la partie fragilité et amour-propre de notre petit cœur de midinette...
Et c'est ça qui est touchant!
Même s'il y a un refus de passer la main qui peut-être perçu comme pathétique, il y a aussi surtout, le refus d'abdiquer, le refus de mourir peut -être (
Marie aka pathos woman)... En tous cas, le refus de voir la femme biologiquement présente en nous, se faire la malle.
Je vous embrasse...