
LE MÂLE...ET LA FEMELLE...
Il y a deux ans, en matant l'émission de Fogiel sur la 3, j'ai découvert une actrice un peu particulière, qui venait faire la promo de son bouquin fraîchement sorti, La Voie Humide .
Cette fille c'est Coralie Trinh Thi, une ex-hardeuse reconvertie dans la littérature. Sa manière de parler m'intéresse, sur le coup, modérément, mais je ne sais pas, les passages que lit Fogiel à l'antenne eux, en revanche, me plaisent vachement.
L'interview est à charge, Fogiel s'emparant de ce qu'il estime être des failles, des éléments du bouquin qui ne sont moralement pas à son goût (la non utilisation des préservatifs par exemple... Mais comme c'est pas le propos, on s'en tape!), pourtant j'ai tout de suite envie de le lire.
Je suis rapidement allée acheter ce bouquin.
La taille déjà m'a surprise. Plus de 700 pages. Elle n'a pas 90 ans la Coralie, le nombre de pages semble suggérer qu'elle en a des choses à dire. Ou qu'elle meuble avec pas grand chose, mais ça, je ne le sais pas encore!
Bref...
Je me mets à lire La Voie Humide... Et je tourne les pages et je deviens avide de ses phrases et de son propos.
J'ai adoré ce livre.
C'est un des livres de ces dernières années qui m'a le plus marqué.
Son propos, le style, Coralie, sa vie, son regard sur l'humain, cette fille est positivement DIFFÉRENTE.
Ce qui me parlait le plus, c'était ce qui était le plus exotique pour moi et paradoxalement le plus intime.
Je la fais courte (mais je vous conseille très vivement de lire...):
Coralie, une fille lambda et son parcours dans le porno... Non, c'est pas ça... Coralie et la voie de la connaissance de soi qui (chaque chemin étant différent) est passée par le corps, l'esprit, le sexe. Oui, surtout le sexe.
La Voie Humide est un parcours initiatique. Savoir qui on est, savoir qui on aime, savoir comment s'affirmer dans le monde, le regard moral de la société, la place de l'individu entravé dans des règles qu'il n'a malheureusement pas choisies... La Voie Humide est un livre pluriel, riche et inattendu.
Le chemin charnel de l'auteur est TRÈS éloigné du mien pourtant ça me parlait.
Je découvrais ce qui se passait dans la tête d'une fille qui ne recherchait que la liberté à coup de films pornos et de photos à poil et cette fille, sous des tas d'abords, c'était moi. Les mêmes réflexions, les mêmes prises de conscience à l'exception qu'elle, elle était capable de les exprimer, de mettre des mots dessus.
En réfléchissant sur le thème de ce post, je ne sais pas pourquoi, ce livre m'est revenu en mémoire...
Je me demandais ce qui distinguait les gens lambda de ceux qui ont un gros modjo (i.e. fort pouvoir sexuel, gros charme, gros gros charme...).
Il y a quelques temps je m'interrogeais sur le sexy. À une époque, l'exemple de Fashiontoast, dans la blogosphère me paraissait le plus frappant... et puis finalement plus maintenant. Il y a quelque chose d'assez évident dans le sexy tel qu'on l'entend. On y trouve toujours les mêmes éléments:
- une bouche charnue entr'ouverte!
- La tête en biais...
- Une peau satinée et hâlée...
- Des cheveux longs qui volent au vent...
- Du court pour les vêtements, de l'évident pour la peau. De l'évident tout court!
Alors c'est bien, ça fonctionne, mais c'est sexy, pas plus. Il ne s'agit pas d'un état supérieur.
Les gens les plus hot ont quelque chose qui me frappe: même s'ils ont d'un genre, ils sont remplis de l'autre genre aussi. Une fille HOT a quelque chose de viril très présent en elle. Quant au mec il a cette dose de... fragilité toute assimilée, normalement, à l'état féminin.
Il y a du "transgenre" dans l'ultime modjo.
Il y a plus de transgenre que de perfection cutanée, de formes, de muscles saillants...
Mais finalement, est-ce du transgenre ou simplement de la liberté d'être, indépendamment des carcans imposés pour chaque genre?
C'est effectivement possible. Voir du viril chez une fille ou un sursaut de fragilité chez un homme, un vrai, sous-entendrait qu'être un sexe, c'est en adopter ses codes.
Grossièrement, la femme est tendre, rassurante, féminine et l'homme protecteur, intimidant et masculin...
Sauf que, ce ne sont pas les gênes qui imposent ça, c'est soi. Le rapport que l'on entretient avec son propre genre.
Rien ne dit, dans les doubles chromosomes XX, que les filles savent mieux nourrir leur famille que son double, le XY.
Adopter les codes c'est se soumettre sans chercher à se poser de questions sur qui on est vraiment.
C'est comme croire en Dieu parce qu'on nous a dit qu'il fallait le faire. Il ne s'agit pas d'un acte de foi, mais seulement de la fainéantise sociale.
Le modjo, plus que le mélange des sexes, c'est être libre, libéré de idées préconçues que l'on se fait de la beauté, de la féminité, de la masculinité, c'est juste être soi. Et être soi, c'est pluriel, mais ça nécessite de se poser de véritables questions, de s'inventer soi, sans copier.
Je vous embrasse...



