LA TÊTE SOUS L'EAU...
Un homme tombe à la mer.
Prêt à se noyer, il attend de l'aide. Plutôt divine l'aide. L'impression que seul Dieu pourra le sauver. Il compte les étoiles pour passer le temps, s'impatiente vaguement et puis envoie son impatience aux oubliettes. Il sait que ça va arriver de toutes façons, pas la peine de trépigner. Il sait que Dieu ne le laissera pas se noyer.
Un bateau passe tout près de lui. Si près qu'il pourrait le toucher du bout des doigts. L'équipage le voit. S'inquiète...
Le capitaine lui envoie une corde très longue. Pour qu'il s'accroche. Qu'il revienne chez les humains.
L'homme regarde la corde. Ne sors même pas les bras de l'eau. Pas envie...
Le capitaine lui dit de la prendre. Qu'il faut faire vite.
"- Je ne prendrai pas cette corde... J'attends que Dieu me vienne en aide!"
- Si tu ne prends pas cette corde tu vas mourir... Dépêche toi!"
L'homme tourne les yeux, baragouine des trucs sur Dieu. Dit que c'est Dieu qu'il l'aidera et personne d'autre.
Le bateau s'éloigne, l'équipage étonné. "La folie humaine" qu'ils se disent.
L'homme patiente. Des jours, des semaines. La faim. La soif. Il attend.
Un autre bateau. Un autre équipage. Le même homme avec un autre capitaine.
Et tout pareil. Même refus de l'homme d'être sauvé. Même étonnement. Même éloignement.
Même solitude de l'homme.... Les vagues. Les étoiles dans la nuit...
L'homme meurt. Se dit que Dieu l'a abandonné... Il ne comprend pas, il a mal à son coeur.
En chemin vers les étoiles...
"- Pourquoi tu m'as laissé tomber. J'ai attendu ton aide des heures, des journées entières... Et toi rien. Pas un souffle de compassion.
- J'ai dû mal entendre là... Pas de compassion tu dis. T'es sûr de toi là..."
Dieu regarde l'homme avec les yeux d'un père protecteur mais surpris.
" - Je t'ai envoyé deux bateaux et toi tu me dis que je ne pense pas à toi. Regarde bien autour de toi le noyé... je ne t'ai jamais abandonné."
15 juillet. La Bretagne. Un temps pourrav'. La Bretagne c'est pas gagné pour le beau temps.
J'aimerai avoir un vrai pull marin. En laine qui gratte. Un Saint James. Je suis la touriste la plus premier degré qui existe. Je me tâte même pour le bol avec mon prénom écrit dessus. Quitte à m'appeler Gwenaël pour la peine... Même pas peur.
Je fume une clope. Comme je suis disciplinée j'écrase le brûlant rouge par terre et jette le mégot dans la poubelle.
" - C'est pas bon pour ce que vous avez mademoiselle.
- Je sais monsieur. Je vais arrêter (attention c'est pas un faux argument, c'est vrai... Dixit la toxicomane pas encore manque!).
- C'est parce que vous êtes jeune et il faut faire attention à vous."
Je regarde le monsieur. M'assurer qu'il ne s'agit pas de drague pourrie déguisée.
Il me regarde juste avec une vraie bienveillance. Je suis touchée. Sans savoir pourquoi.
" Merci monsieur de prendre soin de moi..."
Et je m'éloigne...
Et pour la première fois je sens. Je sens que parfois il y a des interventions...
Alors je vais faire de mon mieux. Pour la clope mais pas que. J'ai plus qu'à ouvrir les yeux du plus grand que je peux...
PS: Ouais, mais c'est parce que vous me manquiez. Et pis ça me manquait aussi... Ca ne sera pas régulier, mais parfois, bim!!!!
Je vous embrasse fort. Et il fait beau chez vous??? Non parce que là, je vais me pendre!!
